‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 93 sur 169 · Les Gaulois, après avoir mis en cendres la ville de · texte numérisé non relu

Les Gaulois, après avoir mis en cendres la ville de

Rome,tenoienlassicgés,depuisquelquetemps,lesrestes

des Romains, qui s’étoiei^t réfugiés dans leCapitole. A force de rôder au tou r de cette forteresse, iis re<-onn urent une route nouvellement frayée, par où ils crurent pouvoir y monter. Ils choisirent une nuit pour exécuter ce desseindeur marche ne fut ni aperçue des sentinelles qui vieilloient sur la citadelle, ni sentie par les chiens que le moindre bruit éveille. Déjà ilsavoientgagnélepicddes remparts, et s’éloient mis en ordre debataille poiirtentcr l’escalade; mais çe qui avoit trompé la sagacité des chiens, ne trompa point la vigilance des oies. On en élevoit une troupe dans une cour du Capitole, en l’honneur de Junon et de son temple. Dans la disette où l’on étolt des vivres, on avoit épargné les jours de ces animaux par un motif de religion ; mais on les iiourrissoit avec plus d’économie. Naturellement, ces oiseaux ont l’ou'ie rme;maisla faim les rendoitalorsplus attentifs. Ils

entcndirentquelquebruit;etd’abord, par leurs cris et le battement de leurs ailes, ils éveillèrentMa»//«.v, vaillant guerrier, et qui, trois ans auparavant, avoit été consul. II fait sonner l’alarme, et court sur le rempart. A son arrivée, il trouve deuxGauloisdéjà montéssurla muraille: un d’eux lève sa hache d’arme pour l’en fraj)per; mais le

Romain lui abatlebrasdroitd’uncoupdesabre: il pousse rudement de son boiiclierl’autre Gaulois,etle fait tomber du haut de la muraille; ce Gaulois, en tombant, en-

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traîne la plupart de ses compagnons. Ceux des ennemis qui se tenoient accrochés au faîte de la muraille par les mains,sonlpercésparl'infatigableikZa«/i«.î.EnfinIesRomains, qui s’attroupent, chassent leurs agresseurs àcoups de pierres et de dards, et prései’vent la citadelle du dernier malheur.Chez lesRomains, jamais ime action louable n’étoit sans récompense. Le lendemain, les troupes s'assemblèrent pour distribnerles prix militairesà ceux qui, la veille, en avoient mérité. iVian/iHjfutnomnié le premier.Pourre<oiinoîLrel’importantservicequ’ilvenoit de rendre, chac.un se reti’aneha une partie de froment qu’il recevoit du public, avec épargne; et une mesure de vind’environcinq onces, pour les céder au vengeur, au libérateur, au sauveur de la patrie; présent peu considérable aux yeux de la cupidité , mais grand et noble dans cette circonstance, parce qu’il honoroit la valeur.

8. Le consul Attilius, s’ét»ut engagé dans un vallon domine par une hauteur, sur laq iielle les ennemisétoient postés, se vit à la veille dépérir avec ses troupes. Mais la valeur intrépide de CalpurniusFlanuna, trij)iin légionnaire, le sauva de ce d.anger, avec toute l’armée. Ce brave guerrier , suivi de trois cents hommes que son courage anime, maichc à l’ennemi; et, s’étant emparé d’une hauteur voisine ; « Allons , camarades, dit-il aux « héros qui le secondent , moiiroas ; et par notre mort « délivrons les légions et le consul. » 11 dit, et par ses ci’is il attire l’ennemi de son côté. On l’attaque : ses guerriers se défendent avec une bravoure plus qu’humaine. Plus d’une fois les assaillans reculent; mais enfin les généreux Romains succombent sous l’effort du grand nombre , pendant que le consul se retire avec l’armée que l’ennemi n’ose insulter. On trouva Calpurnius au milieu d’un tas de corps morts, tant des ennemis que des siens , parmi lesquels seul il respiroit encore. 11 étoit couvert de blessures , mais dont .heureusement aucune n’étoit mortelle. On l’enlève, on le panse , on en prend un soin infini ; et parfaitement guéri , il rendit encore long-temps d’utiles services à sa patrie. Lhie couronne de gazon fut toute la récompense de ce héros , qui fut très-sensible à cet honneur.

9. Dans la dernière guerre que les Romains eurent à sou tenir contre Tacf/i/z/iet contre lesLalinsquivouloient le rétablir, un jeune patricien, noinm? Cd/u.s Marcius, voyant un de ses compatriotes en danger de périr, vole à son secours, écarte, renverse tout ce qui s’oppose à sa bravoure,ettue l’ennemi qui pressoit lecitoven romain. Il fut aussitôt honoré , par le dictateur, de la couronne civique, et obtint, à la fleur de son âge, une distinclion glorieuse, que les plus anciens guerriers acqiiéroient rarement. Ce premier succès ne fit qu’aigjiillonnerson courage. A 11 siège de Corioles, il monta lepremiersurles remparts; repoussa les ennemis qui s’empressoient de résister à ses efforts, et ne cessa de combattre qii’après qiielesRomainssefurentrendusmaîtrede la ville. Cette valeur héroïque Ini fit donner le surnom de Coriolan ; c’estee Romain fameux parl’inflexibilitédeson caractère, et la fierté de son ame. Quelque temps après, il se distingua beaucoup dans un combat contre lesVolsques : le consul lui fit présent d’un très-beau cheval, et lui destina la part la plus considérable du butin. MaisCor/o/zxw, s’avançant au milieu des sold.ats, répondit généreusement : «Je suis sensible aux éloges dont m’honore le consul, ef « je reçois le cheval dont il veut bien gratifier mon cou- « rage. Le r«ste me paroît plutôt le salaire d’un merce- « naire,que la récompensed’un homme de cœur. Je ne « demande seulement quela liberté d’unVolsque, mon « ami et mon hôte, que j’ai reconnu parmi les prison- « niers.» Après avoirvaincules Volsques,il poursuivoit avec ardeur les ftiyards ; et, comme on luireprésentoit qu’il devoitpliit6tretourner.au camp pour s’y reposer de ses fatigues : «Un vainqueur, dit-il, n’est jamais fatigué ; » et il continua de poursuivre l’ennemi , la douceur de la victoire suspendant en lui tout autre sentiment.

10. Le duc de \\ov\x^o^ne,Charles-le-Hardi, pouras- .souvir la haine qu'il portoit à Lo«z J A”/, ne cessoit de faire à ce prince une guerre cruelle. Après avoir porté dans tous les lieux de son passage le r.avage et la mort, il se jeta sur la ville de Beauvais, qu’il croyoit emporter dès la première attaque, pouraller de l.à se rendre m.-iître de lacapitale. Mais il vit alors combien la valeur française ekt

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