‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 95 sur 169 · Antiochus-le-Grand,TOiA.e Syrie, étant à la chasse · texte numérisé non relu

Antiochus-le-Grand,TOiA.e Syrie, étant à la chasse

VÉRITÉ. 32g

el poursuivant une bête fauve, s’écarta de ses amis et de sasuite,et SC retira dans la demeure de quelques pauvres ouvriers qui ne le eonnoissoienl pas. En .soiipant, il (it tomber la conversation sur le roi. Ses hôtes direntqiie le monarque actuelëtoi l nnhonnête hom me,un bonpriiiec ; mais qu’il se reposoil de presque tous les soins du ijouvenieiueut sur ses amis qui ne lui rcssenibloient pas, et qui lui faisoient agréer tout ce qu’ils vouloient ; que d’ailleurssa passion excessive pour la cbassc,lui prenant presque loutson temps, il néf'lijjeoit les allairesles plus importantes. Antiochus écoute , sans rien dire, la leçon qu’on ne croyoit pas lui donner. Le lendemain , quand sa suite l’eut rejoint , il dit , en prenant son diadème et ses liabils royaux qu’on lui présentoit :« Depuis « que je vous porte, ornemens plusdauf^ereux qu’ho- « norables , j’ai , pour la première fois , hier , entendu « dire la vérité sur ce qui me touche. »

S. Philippe , roi de Macédoine, aimoit qu’on lui dît la vérité. 11 souffroit que le philo.sophc Aristote lui fît des leçons sur l’art de réf^ner. Il disoit qu’il avoit obligation aux orateurs d’Athènes de l avoir corrigé de ses défauts , à force de les lui reprocher. U gageoit un homme pour lui dire tous les jours , .avant qu’il donnât audience , cette grande cttenible vérité, peu agréable aux monarques : ^.Philippe , souviens - toi « que tu es mortel ! »

îl. Ce célèbre ï7/ejp/j,le père du théâtre d’Athènes, •ayant réformé la tragédie , attiroit tout le monde à son speetacle. Le sage Solon y alla comme les .autres, pour juger si le mérite dueomédien répondoit .à .sa grande réputation. Quand la pièce fut finie , il Appela Thespis y et lui dem.anda s’il n’.avoit p.as de honte de mentir ainsi devant tant de gens? ï’/icjp/.f lui répondit qu’il n’y avoit point de mal dans ces mensonges et d.ans ce.s fictions poétique.s, qu'on nefaisoitque par jeu. «Oui, » répondit le légisjêleur d’Athènes, en donnant un grand coup de son bqfon contre terre , « oui , mais si nous « soufli ons , si nçms approuvons ce beau jeu-là , il « passera bientôt dans nos contrats et dans toutes nos « affaires. » Vo^-ez Véracité.

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1 . O N demandoit au chevaliet Bayard quels biens un père devoit laisser à ses enfans ? « La vertu et la « sagesse , répondit-il 5 ces richesses inestimables , « qui ne craignent ni pluie , ni vent , ni tempête , ni « violence humaine. »

2. Le sultan Mahmoud éXmïîorX. laid.Un jour son premier visir, ayant remarqué que ce prince étoit mélancolique , prit la liberté de lui en demander le sujet. « J’ai « toujours entendu dire , répondit le monarque, 'que le «visage du prince doit réjouir ses sujets; je suissurpris « que le mien, qui est si difforme, ne leur blesse pas les «yeux. — Seigneur, repartit le ministre, l’exc^lence « de l'homme ne consiste pas dans sa bonne mine : la « vertu et les qualités de l’esprit sont la véritable « source de la beauté. Parmi vos sujets, à peine y en « a-t-il un sur mille , qui voie les traits de votre vi- « sage ; mais vos mœurs et vos vertus sont regardées « de tous : c’est par elles quh vous devea gagner leurs « coeurs , et devenir l’objet de leur amoiu. »

3. Dans une conférence qui se tenoit entre les philosophes grecs et indiens devant le roi de Perse Chosroèsy on demanda qtielle chose étoit la plus fâcheuse en ce monde? Un philosophe grec dit que c etoit une vieillesse imhécille , jointe une extrême pauvreté. Un Indien avança quéc’étoit la maladie du corps, accompagnée d’une grande peine d’esprit. « Pour moi , dit le « visir Buzurgethihir , je pense que le plus grand des « maux que l’homme puisse éprouver en ce monde , « est de se voir proche du terme de sa vie , sans avoir « pratiqué la vertu. » Une acclamation générale prouva la vérité de cette opinion.

^.Démétrius dePhalhre, exilé d’Athènesparunefaction in] uste,apprit,dans sa retraite, qu’on avoitabattu les trois cent soixante statues d’airain érigées en son honneur.TNIais ce grandhommese consola sans peine de cette disgracejet, en continuant sa route, il s’écrioit: « Grâces

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« anxDieuT, la vertu qui me les fit élever , me reste ! » 5. Au sortir de sa préture , Métellus , l’un des plus illustres citovens de l’anrienne Rome , fut aeciisé de concussion et de rapines dans l’exerrice de sa eharije. li’accusaleur exigea qu’il fît voir scs registres ; mais toute l’assemblée rendit alors un témoignage éclatant à la haute vertu du préteur : personne ne voulut examiner ses registres ; et chacun détourna les yeux , s’imaginant commettre la pins criante injustice, s’il doutoit dt? l’intégrité de Métellus.

6.Le neveu du consul Caïus Marius Avant voulu faire violence à un jeune soldat d’une grande beauté , nommé ÏWAon/'ï«, le jeune hommeletuajaimant mieux comnietl renne action périlleuse, dit le prince des orateurs romains , que de consentir à un crime honteux. 11 fut conduit devant le souverain magistrat; et tout le monde s’altendoit qu’il alloit venger, d’une manière éclatante , le meurtre de son neveu ; mais , ayant été instruit des motifs mii avoient porté le sage l'réhonius .\ Je tuer , loin de le punir , il le couronna en présence de toute l’armée, pour récompenser et honorer sa vertu.

Louis , dauphin de France , dont nous regrettons encore la perte, digne père de notre auguste monarque,* montra , dès son enfance , tant de goût pour la vertu , que la reine sa mère disoit : « Le Ciel ne m’a accordé qu’un fris , mais il me l’a donné tel que j’aurois pu le souhaiter.» Un trait connu , et qui mérite d'être transmis h la postérité, c’est la sulilime leçon qu’il donna aux jeunes princes ses fils , lorsqu’on leur suppléa les cérémonies du haptéme.On apporta les registressur lesquels l’Eglise inscrit, sans distinction , ses enfans. «Voyez , leur dit-il, votre nom placé à la suite de celui du pauvre et de l’indigent : la religion et la nature mettent tous les hommes de niveau : la vertu seule met entre eux quelque différence ; et peut-être que celui qui vous précède sera plus grand aux yeux de Dieu , que vous ne le serez jamais aux yeux des peuples. »

8. Ijchhraire Berthier mettant au jour des mémoires jiour l’histoire dn cai-dinal de Richelieu, témoigna à la reine-mère la craintequ’il avoit quecertaines i)ersomies de la cour, dont l’historien ne parloil pas avantageuse-

ment, ne lui fissent de la peine. «Allez , lui dit celto ♦ princesse , Iravaillez en paix , et faites tant de honte « aux vices , qu’il ne reste que la vertu en France. » 9. Les cruautés de iVero» l’ayant rendu odieux à tous lesordresde l’état, plusieurs sénateurs conjurèrent contre lui, et résolurent de donner l’empire à Fison , le citoyen le plus illustre de son temps , par sa noblesse et par l’intégrité de scs mœurs ; mais la sublime vertu de ce grand homme fut cause de sa perte et de celle de fous les conjurés. Il avoit une maison de campagne où Néron alloit’souvcnt se divertir , sans gardes , et presque sans suite. Les conjjirés avoient résolu de le tuer dans cette maison , ce qui n’étoit point difficile. Mais Fison n’y voulut jamais consentir; et l’espérance de la souveraine autorité ne put jamais le faire écarter des principes de la vei’tu sévère. 11 dit que ce seroit vio 1er l'hospitalité, que de laisser assassiner dans sa maison un homme qui y venoit avec confiance. Quelque temps après , la conjuration fut découverte ; le vertueux , le généreux Fison fut mis à mort avec tous ceux qui avoient voulu couronner son grand mérite.

10. Le tyT^n Maxime , par une feinte douceur , avoit presquefait oublier ses crimes ; et le zèle qu’il affectoit pour la religion catholique , lui procuroit une foule de panégyristes. Lesévêqiiesmémese rendoientde toutes parts à sa cour; et, selon un auteur ecclésiastique de ce temps-là, ils prostituoient leur dignité à la plus honteuse adulation. S. iTJar//«, alors évêque de Tours , fut le seul qui soutînt rhonneur du ministère apostolique ; et ce 2>rélat fit voir quel est l’empire de la vertu. 11 vint demander grâce pour les proscrits ; mais il la demanda sans s’avilir, et d'un ton qui en imposoit au tyran même. Son extérieur n’étoit rien moins qu’.avantageux ; il n’a voit de grand que son ame et son caractère. Maxime l’ayant plusieurs fois invité , avec instance , à manger à sa table , il avoit toujours répondu qu’il ne se croyoit pas permis de s’asseoir à la table d’un homme, qui rebelle à deux souverains, avoit ôté à l’un la vie , à l’autre la moitié de ses états, il se rendit cependant aux pressantes sollicitations de Maxime , qui eu parut ravi de joie, et qui invita, comme pour

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une fête solennelle , les personnages les plus distingués de sa. cour. Martin s'assit à côté du prince ; un prêtre de l’église de Tours , dont il se fai.soit toujours accompagner, futplacé enlreiWflrce/in,frèredii tyran, et son oncle. Lorsque le repas fut commencé, l’échanson ayant jirésenté .à boire à Maxime , celui-ci donna la coupe à S. Martin , voulant qu’il en bulle premier, et la recevoir ensuite de sa main.IVIais l’évêque , après avoir trempé ses lèvres , fit ])ortcr la coupe à son prêtre,comme àceluiqui méritoitlapréférence d'honneur sur tous les convives. Celte liberté, qui Irouveroit aujourd'hui peu d’approbateurs ,fut admirée de toute la cour: on louoit hautement iT/nr^in d’avoir fait à l'égard de l’empereur , ce que tout autre évêque n’auroit osé faire à la table du dernier des magistrats. iV/ax/'/ne lui fit présent d’un vase de porphyre, *}ue le prélat consacra à l'usage de son église. Le tyran le mandoit souvent à sa cour : il le traitoit avec honneur ; et, soit par hypocrisie, soit par les accès passagers d'une piété supeificielle et inconséquente, il aimoità s’entretenir avec lui des matières de religion. Mais la femme de Maxime , dont le nom n’est pas venu jusqu’.à nous , avoit pour le saint évêque une vénération plus profonde et plus sincère.Elle l’écoutoit avec docilité : elle luirendoilles devoirs les plus humbles et les plus assidus ; et, comme la piété prend quelquefois une forme singulière dans les femmes de la cour , elle voulut un jour, avec la permission desonmari,leservir à table.Ellcapprêlaelle-même les viandes: elle lui donna è laver, luiservilà boire, se tint debout derrière lui, et recueilli lavée respectlesreslcsde son repas.S.iWar///îycons<?nlit avec peine, enfaveur de quelqties prisonniers dontil sollicitoit l'élargissement.

il. La véritable vertu ennoblit tout, et ne dédaigne que les fonctions qui pourroient altérer son éclat. C'étoit ainsi que pensoit le fameux maréchal Fabert. il crovoitqu’.\ la guen-e il n'y avoit aucune fonction avilissante. Quelques officiers du régiment des Gardes- Françaises trouvèrent mauvais que ce grand capitaine, au siège de Hapauine, s'occupât indiiréremmeut des sapes , des m iues, de l’artillerie , des machines, des ponts, et des autres travaux le plus pénibles; ils chargèrent

même nn de ses amis de lui représenter qu'il avilis" soit sa difpiité de capitaine aux Gardes , et d’offieiergénéral. «Je suis très-ohiigé à mes camarades du soin qu'ils prennent de mon honneur, répondit Je voudrois cependant leur demander si le bien que m'a fait le roi , est une raison de diminuer le zèle que j'ai toujours eu pour son service ? C'est la conduite que l'on me reproche , qui m'a élevé aux grades dont je suis honoré. Je servirai toujours de mênie , quand ce ne serait que par reconnoissance.Mais j’ose me flatter que ces travaux , que l'on trouve hun»ilians, me conduiront aux honneurs militaires les plus élevés. Tout Lien considéré, le conseil de ces messieurs n'est bon que pour ceux qui veulent vieillir dans le régiment des Gardes. Pour moi , je leur déclare que je n'ai aucune envie d’y reslipr: bientôt je leur en donnerai des preuves. La nuit prochaine , je ferai la descente du fossé jet, sans avoir égard à la dignité de mes grades , j’attacherai le mineur, je travaillerai moi-même à la », galerie , à la chambre de la mine, es j'y mettrai le feu si la garnison relYise de se rendre. » Le cardinal iVJazarin lui proposoit de lui servir d’espion dans l’armée. m Un grand ministre comme vous , lui répondit-il , doit avoir toutes sortes de gens à son service : les uns doivent le servir par leurs bras , les autres par leurs rapports : trouvez bon que je sois dans la classe des premiers. » Les habitans de Sedan, dont il ctoit le gouverneur , essayèrent , è plusieurs reprises , de lui faire accepter quelques foibles marques de leur reconnoissance ; toutes leurs tentatives furent inutiles. Un voyage qu’il lit à la cour leur fit hasarder d 'offri r.;i» sa femme une belle tenture de tapisserie , qu'ils avoient fait venir de Flandres. Le présent étoit du goût de madamedeZûzôer/j'inais elle le refusa pour ne pas déplaire à son mari. Quelque temps après son retour , Fabert apprend que ce meuble est .à vendre , et qu’on n’en trouve pas le prix qu'il a coûté. Le maréchal , qui ne veut^as être l'occasion d’une perte pour le magistrat, lui envoie l'argent qu'il a déboursé, et pour l’achat de la tapisserie, et pour les frais du transport. Deux jours après , il la fait vendre , et ordonne que le produit soit

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employé aux fortifications. Les troupes de l’empereur ayant pénétré en Champaf^ne, manquèrent de vivres. Les généraux français les ayant obligés de se retirer , elles tuèrent, dans leur retraite , tous ceux qui leur en refusèrent. Fabert, qui les poursui voit, entra d.ins leur camp abandonné et couvert d’officiers et de soldats autrichiens blessés et mourans. Un français , qui avoit Ta me féroce , dit tout haut : « 11 faut achever ces mal- « heureux qui ont massacré nos camarades. — Voilà « le conseil d’un barbare , reprit Fabert ; cherchons « une vengeance plus noble et plus digne de notre « nation. » Aussitôt il fit distribuer à ceux qui purent prendre une nourritture solide , le peu de provisions que son détachement avoit apportées. Les malades furent ensuite transportés à Mézières , où , après quelques jours de soins , la plupart recouvrèrent la santé. Ils s’attachèrent presque tous au service de la puissance qui, contre toute espérance, les traita si généreusement. Tel est le triomphe de la vertu.

13. Les Sidoniens s’étant soumis à Alexanàre-le- Grandyce prince chargea Ephestionde leur donner pour roi celui d’entre eux qu’il jugeroit le plus digne d’une si haute fortune. Ce favori était logé chez deux jeunes frères des plus considérables du pays, auxquels il offrit le sceptre ; mais ils le refusèrent j apportant pour raison que, par les lois de l'Etat, nul ne pouvoit monter sur le trône qu’il ne fût du sang royal. Ephestion admirant cette grandeur d’ame, qui niéprisoit ce que les autres cherchent par le fer et parle feu: Continuez, leurdit- « il , de penser ainsi , vous qui les premiers avez com- « pris combien il estplus glorieuxderefnseriin royaume « que deleposséder.Mais, au moins, donnez-moi quel- « qu’un de la race royale, qui se souvienne, quand il « sera roi, quevousluiavezmislacouronnesurlatête.» Ces deux frères, voyant que plusieurs, dévorés d’ambition, aspiroient à ce haut rang, et que, pour y parvenir , ils faisoient servilement la cour aux favoris d.’ Alexandre y déclarèrent qu’ils ne connoissoient personne plus digne du diadème, qu’un certain Abdolonyme y descendu, quoique de loin, de la tige royale,

niais si pauvre , qu’il ctoit contraint , pour vivre , de cultiver , par un travail journalier , un jardin hors de la ville. Sa probité l’avoit réduit, comme bien d’autres, à cette pauvreté. Uniquement occupé de son travail, il n'entendoit point le bruit des armes, qui avoit ébranlé toute l'Asie. IjCS deux frères aussitôt l’étant allé chercher avec les habits royaux, le trouvèrent qui arrachoit les mauvaises herbes de son jardin. Ils le saluent roi ; et l’un d’eux portant la parole: « Il s’aqit , lui dit-il , « de chauffer ces vieux haillons avec l’habit que je vous « apporte. Quittez cet extérieur vil et bas dans lequel « vous avez vieilli : prenez un cœur de roi ; mais por- « tez et conservez sur le trône cette vertu qui vous « en a rendu digne ; et quand vous y serez monté , « devenu le souverain arbitre de le vie et de la mort « de tous vos concitoyens , gardez-vous d’oublier « l’état dans lequel , ou plutôt pour lequel vous avez « été choisi. » Il sembloit à Ahàolonymc que c’étoit un songe ; et , ne comprenant rien à tous ces discours , il leur demanda s’ils n’avoient pas honte de se moquer ainsi de lui ? Mais , comme il tardoit trop à leur gré , ils le revêtent eux-memes , et lui jettent sur les épaules une rohe de pourpre toute brillante d’or ; et, après lui avoir fait mille sermens qu’ils parloient avec sincérité, ils le conduisirent au palais. Incontinent la renommée porta cette nouvelle dans toute la ville : le plus grand nombre en fut ravi de joie ; quelques-uns en murmurèrent , principalement les riches , qui , pleins de mépris pour la bassesse de sa.fortjine précédente , ne purent s’empêcher d’en maï quer leur mécontentement dans la cour du prince. ALexujtdre commanda qu’on le fit venir ; cl , après l’avoir long - temps considéré , il lui dit : « Ton air ne dément point ce qu’on dit de ton origine. « Mais je voudrois bien savoir avec quelle patience tu « as porté üi misère ? — Plaise aux 1 )ieux , répondit- « il , que je puisse porter cette couronne avec autant « de force ! Ces bras ont fourni h tous mes désirs; et, « taudis que je n’ai rien eu , rien ne m’a manqué. » Celte réponse fil concevoir au roi luic grande opinion

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