‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 100 sur 130 · LOIS · texte numérisé non relu

LOIS

1. « v/ù il ^ a beaucoup de médecins , il 3^ a beau- « coup de malades , disoit le philosophe Arcésilas ; « de même , où il y a beaucoup de lois , il y a beau- « coup de vices. »

2. Solon demandoit au philosophe Anacharsis , son nmi , ce qu'il pensoit des lois qu'il avoit portées pour le bonhçur des Athéniens ? « Ce sont , lui répondit- « il, autant de toiles d'araignées : elles arrêteront les « foibles , et laisseront passer les forls. »

3. « Les citoyens, disait lié raclide y doivent combatif tre avec autant d'ardeur pour la défense des lois,qiie ^ pour ceDe de leurs rcmpirts , car les lois ne sont pas

fc moins nécessaires que les remparts pour la cônser- « vation d'une ville. »

4- On demandoit à Démarate comment il pouvo't se faire qu^étant roi de Lacédëmone , il en fut cependant exilé ? « Parce que les lois à Lacédémone sont au-dessus <c des rois , » répondit-il.

5. I^OTSqu.^j4nt7gonus-Doson eut pris possession du trône de laMacédoine, il fit savoir à toutes les villes de son obéissance, que s'il arrivait qu'il écrivît quelque chose qui fût contraire aux lois , elles eussent à ne point ol>eir , parce que ses dépêdies auroient été sui-prises.

6* La discorde régnoit depuis long-temps dans Athènes ; et ce fléau des états populaires désoloit les différens corps qui composoient cette répuLliquefamcuse. Enfin, les gens de bien voulurent faire cesser ce désordre ; et tous les citoyens , par un choix unanime , jetèrent les yeux sur Solon , le plus grand philosophe de son siècle, et l'Athénien le plus vertueux. Ce sage fut éhi archonte, et nommé arbitre souverain et législateur absolu. Il n'abusa point de son pouvoir 5 et ne cherchant , à Texemple de Lycurgue^ qiie le bien de sa J)alrie, il rétablit le calme par des lois sages , dont voici les principales.

Il permit à tout le monde d'épouser la querelle de quiconque auroit été outragé ; de sorte que lepremier ^enupouvoit poursuivre et mettre en justice celui qui avoit commis Texcès. Par cette ordonnance , il vouloit accoutumer ses concitoyens «\ sentir les maux les uns des autres , comme membres d'un seul et même corps.

Ceux qui , dans les différents pubhcs , ne prenoient aucun parti, et attendoient le succès pour se déterminer , étoient déclarés infâmes , condîimnés à un bannissement perpétuel , et à perdre tous leurs biens.

Solon abolit les dots de mariages , par rapport aux ^^^ i^étoient pas uniques, et ordonna que les ma- ' riees né jîBkl eroient à leursépoux quetroisrobeselquelqiJfes meubles de peu de valeur. Car il ne vouloit pas que le mariage devînt un trafic et un commerce d'intérêt 5 niais qu'il fût regardé comme une société honorabl^^pour donner des sujets à l'état, pour vivre

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ensemble dans une douce union , et pour se témoigner une amitié , une tendresse réciproque.

Avant Solon y iln'étoit point libre de tester : les biens du mourant alloien t toujours à ceux de sa famille. Il permit de donner tout à qui Ponvoudroit, quand on éloit sans enfans , préférant ainsi Famitié à la parenté , le choix à la nécessité et à la contrainte , et rendant chacun véritablement maître de ses biens , par la liberté qu^il lui laissoit d'en disposer à son gré. U n'autorisa pourtant pas indifféremment toutes sortes de donations, et n^approuva que celles qu'on avoit faites librement, sans aucune violence , sans avoir l'esprit aliéné et corrompu par des breuvages , par des charmes , ou par les attraits et les caresses d'une femme.

Il diminua la récompense de ceux qui remportoient la victoire dans les jeuxisthmiques et dans les olympiques , en les fixant pour les premiers , à cent drachmes , c'est-à-dire , à cinquante livres ; et les seconds, à cinq cents drachmes, c'est-à-dire, à deux cent cinquante livres. 11 trouvoit que c'étoit ime chose honteuse de donner à des athlètes et à des lutteurs , gens non-seulement inutiles , mais souvent dangereux à leur patrie , des récompenses très-considérables,qu'ilfalloitgarderpoiir ceux qui mouroient à la guerre pour le service de leur pays, et dont il étoit juste de nourrir et d'élever les enfans qui suivroient un jour l'exemple de leurs pères. C'est dans cet esprit qu'il ordonna que tous ceux qui auroient été estropiés à la guerre seroient nourris aux dépens du public. La même grâce étoit accordée aux pères et mères , aussi-bien qu'aux enfans de ceux qui, étant morts dans le combat, laissoient une famille pauvre et hors d'état de subsister. La république alors, comme une bonne mère , s'en cbargeoit généreusement, et remplissoit à leur égard tous les devoirs , leur procuroit tous les secours qu'ils auroient pu attendre de ceux dont ils pleuroient Ja perte.

Afin de mettre en vigueur les arts , les niéliersetles manufactures , il chargea l'aréopage du soin d'informer desmoyens dont chacun seservoit pour subsister, etde châtier sévèrement ceux qui menoient une vie oisive,

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