‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 99 sur 130 · LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LIBERTÉ

1- V^u EL qu'un conseilloit au célèbre Hippocrate d'aller à la cour à'Artaxerxhs , • roi de Perse , lui disant que c'étoit un bon maître : « Je ne veux point « de maître , quelque bon qu'il soit , » répondit l'immortel médecin.

2. Le sénat de Rome , après la funeste bataille de Cannes , plutôt que de racheter les prisonniers, ceqiii aiux>it moins coûté, aima mieux armer huit mille esclaves ; et il leur fit espérer la liberté , s'ils combattoient vaiUamment. Ils avoient déjà servi près de deux ans, avec beaucoup de courage : la liberté tardoittoujoureà venir ; et ils aiinoient mieux la mériter que de la demander, quoiqu'elle fut l'objet de leurs plus ardens désire. Use présenta une occasion importante , où elle leur fut montrée comme le fruit prochain de leur courage. Ik grent des merveilles dans le combat , excepté quatre

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putés,qu'unprince qui aeniendusans slrriternnmot aussi outrageant , a en plus de considération pour : vous , que celui qui Ta prononce sans sujet. » V i4- i^rawçow J accordoit beaucoup de fil)ertc àceu^T" [iii aVoient l'honneur d^être présens à ses repas.En voici me preuve. Ce prince parloitî\ son dîner de l'antiquité , ielagrandeuretdela beauté de la ville deMilan;chacun en disoit son sentiment. Un Italien , prenant la parole, iit que Milan étoit, à la vérité, une belle et grande ville, mais que son port ne valoitrien.Le monarque, le regardant avec un souris agréable, lui dit de s'approcher, et de lui rendre compte des défauts du port de Milan,qu^il paroissoit avoir examiné de fort près. L'Italien, s'avançant, et en faisant une profonde révérence , dit , en sa langue : « Sire, j'ai eu rhonneur de parler à votre ma- « jesté; cela me suffit. — Que voulez-vous dire , lui de- « manda le roi? — Sire , répondit-il , voyant la bonté « que vous avez de donner à chacun la permission de « parler , je voulois en profiter. Je sais bien que la mer « n^est pas plus près de Milan que de Gênes ; mais si « j'avois dit quelque chose de raisonnable,on ne m'eût te point remarqué; j^ai trouvé moyen de me faire écou- « ter , et de me faire entendre de votre majesté ; c'est « le seul bonheur que j'ambitionnois. »

1 5» Louis //demanda compte au maréchal Desquerdes de l'argent qu'il lui avoit donné pendant la guerre, pour les dépenses dontil Favoitchargé. Desqueraes présenta unmémoirefortdétaillé, dans lequella dépense excedoit de beaucoup la recette.Lo«i\ysemetàdiscuter les articleSaLe maréchal selève,etditavec une noble liberté: « Sire, avec cet argent j'ai conquis les villes d'Arras, de « Hesdin, de Boulogne ; rendez-moi mes villes , et je «e vous rendrai votre argent. — Parlapàque-dieuirépond ^ le monarque , il vaut mieux laisser le moustier où il 4C est; » et il ne fut plus question de compte à rendre. . 1 6. Lorsque le maréchal de Biron produisit ses titres de noblesse pour être admis au nombre des chevaliers du Saint-Esprit , ce seigneur , voyant que l'on paroissoit avoir plus d'égards pour les preuves généalogiques que pour les services^ et que d'ailleurs, parmi ceux qui

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Jbumissoienl leurs preuves , il s'en trouvoit qui avûicnt passé avec des titres supposes , il affecta de ije produire que fort peu de titres. 11 n'apporta , dit Brantômêj ijue cinq ou six titres fort antiques ; et les présentant au-roi et à MM. les <*ommissaires et inquisiteurs : «Sire,* dit-il, voilà ma noblesse ici comprise 3 )» et puis^ met^nt la main sur son ëpëe y il ajouta : « Mais, sire , la voici encore mieux. »

17. Charl€9 Xlly roi de Suède, avoit accoutnnaé ses troupes h la discipline la plus sévère, et le solfiât ne se permettoit pas le moindre pillage dans le pays ennemi. Cependant un grenadier , ayant un jour enlevé le diner d'un paysan , et celui*ci étant venu s^en plaindre aa monarque , le soldat , interrogé sur cette action, répondit hardiment : « Sire, vous avez bien ôté un royaume à « l'électeur de Saxe; pourquoi ne pourrois-je pasenle-i «ver un misérable dindon à ce paysan?» Ce lx)n mot, malgré sa liberté, ne déplut point au roi : il fit grâce au soldat, et se contenta de luidire qu'yen ôtantun royaume hiAugustôy il n^en avoit rien réservé pour lui. Ensuite il renvoya le paysan , après lui avoir donné dix ducats pour le dédommager. Voyez Grandeur d^Ame , HÉ- BoïsME , Amour de la Patrie , Familiarité.

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