‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 108 sur 130 · MANIERES · texte numérisé non relu

MANIERES

O Sacas ! pauvre Sacas ! te voilà perdu ; j'aurai ta harge. » ^^yffag-e lui témoigna beaucoup d'amitié. «Je : suis très-content , mon fils , lui dit-il : on ne peut : pas mieux servir. Vous avez cependant oublié une ( cérémonie essentielle, c^est de faire ressai.»En effet, • ^échanson avoit coutume de verser de la liqueur dans ►a main gauche , et d'en goûter avant de présenter la îoupe au prince. «Ce n^es tpoint du tout par oubli , reprit X CyruSyqne j ^ai agi de la sorte . Eh ! pourquoi donc?— K C'est que j'ai craint que cette liqueurne fût du poison. « — Du poison ! Eh ! comment cela ?— C'est qu'il n'y a K pas long-temps que, dans un repas que vous donniez « aux grands seigneurs du votre cour , je m'aperçus « qpi'après que l'on eut un peu bu de cette liqueur , « la tête tourna à tous les convives. On crioit , on chan- « toit , on parloit à tort et à travers. Vous paroissiez « avoir oublié, vous, que vous étiez roi , eux, qu'ils « étoient vos sujets. Enfin , quand vous vouliez vous « mettre à dansw , vous ne pouviez, pas vous soutenir. « — Comment ! la même chose n'arrive-t-elle pas à 4C votre père ?, — Jamais : quand il a bu , il cesse « d'avoir soif ^ et voilà tout ce qui lui en arrive. »

Durant tout le temps que Cyrus demeura à la cour de son aïeul , sesmanières douces et polies ne se démentîrenyamais.U étoit doux , affable, officieux, bienfaisant, libéral. Si les jeunes seigneurs avoient quelque 'ace à demander au prince, il la solKcitoit pour eux. Juand il y avoit contre eux quelque sujet de plainte , il se rendoit leur médiateur auprès du roi : leurs affaires devenoient les siennes ; et toujours il s^y prenoit si bien , que jamais il n'essuyoît de refus.

2.En 1 669 , Louis X ni formai le siège de Hesdin , qu'il pressa vivement. Charles de la Porte y marquis de la MeiUeraie , conduisoit les opérations sous les auspices du monarque. En peu de temps , la brèche fut praticable , et Ton ordonna l'assaut. On dresse les échelles î le roi monte des premiers , ayant à ses côtés MM. de la JUeilleraie' et de Puységur. Ce dernier avoit une canne à la main. Louis la prend , et la présentant à, la MeiUeraie : « Je vous fais maréchal de France , V\>\ % dit-il 3 voilà le bâton que \^ vous eu dkoxox^ 'A^V

« services qne vous m^avez rendus tn^obligent à cela;! « vous continuerez à me bien servir. » Le nouveai] maréchal répond qu^il n^est pas digne de cet honneur. «Trêve de compliment , reprend le roi d^un air obt « géant ^ et avec un sourire flatteur ; je n^ai pas fait un « maréchal de meilleur cœur que vous. » Au moins jamais on n^en avoit fait d'une façon plus glorieuse. 3.La veuve de Scarron , depuis madame dé Maintenon y fit long-temps solliciter auprès de Louis XIV une petite pension de quinze cents livres , dont son époux avoit joui ; enfin, au bout de quelques années , le monarque lui en donna une de deux mille , en lui disant : « Madame , je vous ai fait attendre long- « temps ; mais vous avez tant d'amis , que j'ai voulu « avoir seul ce mérite auprès de vous. »

4- Le comte de Soissonsy prince du sang , fut prié par un gentilhomme de lui rabattre la moitié deslods et ventes d'une terre qu'il avoit achetée , et qui relevoit de ce prince. « Cette moitié n'est plus à moi , » lui dit le comte ; ce qui fît croire d'abord à ce gentilhomme , qu'il en avoit disposé en faveur de quelque autre ; mais , s'expliquant ensuite : « Elle n'est plus « à moi , ajouta-t-if^ elle est à vous , dès que vous avez « pris la peine de venir me la demander. Mais puisque « vous me laissez la disposition de l'autre moitié» trou- « vez bon que je vous la donne de mon propre CToix.» 5. Un Persan , de la ville de Schiras , se présenta àewani Octaï'Kan y empereur desTartares, et lui dit que, sur le bruitde sa munificence, il venoitdu milieu de la Perse implorer son secours, pour«'acquitter d'une dette de cinq cents balisches. Octaïle reçut fort bien, et ordonna qu'on lui comptât mille balisches. Ses ministres lui représentèrent que ce n'é toit pas une largesse, mais une prodigalité de donner plus qu'on ne demandoit. Le prince repartit : « Ce pauvre homme a passé les « montagnes et les déserts sur le bruit de notre bienl^faîsance ; seroit-il généreux de ne point acquitter ^ cette sorte de dette , et de ne point payer le voyage « q^i'il a fait, ainsi que celui qui lui reste à faire? » ô. Balzac ayant demandé au célèbre P^oiture quatre

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