MERITE
ménager , et user de tempérament. Il fit donc un de* cret qui portoit que le gouvernement serôit commun à tous les citoyens, et que les archontes seroient choisis désormais, sans distinction, parmi tous les Athéniens. En accordant ainsi quelque chose au peuple , il prévint de funestes dissentions qui auroient pu causer la ruine d^ Athènes et de toute la Grèce.
Pisistratey après s^être rendu maître d'Athènes, regardoit sa conquête comme imparfaite, s'il n'y ajoutoit celle du sage Solon^ qui toujours s'étoit fortement op» posé à son usurpation tyrannique. Bien instruit des moyens par lesquels im vieillard peut être gagné , il n'y eut point de caresses qu'il ne lui fit, point de marques d'estime et d'amitié qu'il ne lui donnât, en lui ren^ dant toutes sortes d'honneurs , en l'appelant souvent près de sa personne , en se déclarant hautement pour ses lois qu'il observoit effectivement lui-même , et qu'il faisoit observer aux autres. Soloriy voyant qu'il n'étoit p^s possible de porter Pisistrate à renoncer à la tyran*! nie, crut qu'il étoit de la prudence de ne point irriter l'usurpateur, en rejetant les avances qu'il lui faisoit 5 et il espéra qu'en entrant dans sa confidence et dans son conseil , il seroit en état de rectifier , au moins., ou de conduire une domination qu'il ne pouvoit abolir ,. et d'adoucir des maux qu'il n'a voit pu empêcher.