‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 120 sur 130 · Tome IL &g · texte numérisé non relu

Tome IL &g

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à se passer de pen » à souffrir lé cband et le frokt , I marcher dans des endroits rudes et escarpes y h £iii€ entre eux de petits combats , bande contre bande y i •ouffrir courageusement les coups qufjk se portoient l'un Tantre , et à s'exercer à une sorte w danse qui se fidsoit les armes à la main, afin que^ jusqu^à lêitrs divertissemens, tout ressentit la ^erre,et les y formât On leur fidsoit aussi apprendre de certains airs de mu* sique , mais d'une musique m&le et militaire. Ils n'ë* toiçnt point instruits à monter à cheval , ni à porter de^ armes pesantes ; mais , en récompense , ils excelloient à tirer de Tare , et c'ëtoit-là leur exercice le plus oldinaire. Mbias crut devoir établir dans la Crète k ^ 'communauté des tables et des repas. Outre plusieurs autres grands avantages qu'il y trouvoit^ conune d'introduire dans ^es états une sorte d'égalité y les riches ' et les pauvres ayant la même nourriture > d'accoutumer Mes sujets à une vie sobre et firtgale , de cimenter Tamitié et Punion entre les citoyens par la fiuniliarité et la gaieté qui régnent à la table y il avoit aussi en vue les exercices de la guerre y où les soldats sont obligés de manger enjsemble. C'étoit le public qui foumissoit aux dépenses de la table. Des revenus de l'état, on en employoit une partie pour ce qui regarde les frais de la religion et les honoraires des magistrats ; l'autre étoit destinée jpour les repas communs. Ainsi , femmes , enfans, hommes faits, vieillards, tous étoient nourris au nom et aux dépens de la république.

Après le repas, les vieillards parloient des affaires d'état. La conversation rouloit le plus souvent sur l'histoire du paj'^s ^ sur les actions et les vertus des grands hommes qui s'étoient distingués par leur courage dans Li guerre , ou pour leur sagesse dans le gouvernement ; et Ion exhortoit-les jeunes gens qui assistoient à ces sortes d'entretiens, à se proposer ces héros comme des modèles sur lesquels ils dévoient former leurs mœurs , et régler leur conduite.

Une des lois deMinos que Platon admiroit le plus, étoit celle par laquelle il étoit ordonné d'inspirer de }>onne heure aux jeunes gens un grandrespect pour les qiaxjunes de Tétat ^ pour les coutumes et les usages de U

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pairie, sans souffrir qu'ils missent jamais en question si elles étoient ^geihent établies on non , parce qu'ils dévoient les regarder non comme prescrites et imposées par les hommes, mais comme émanées de la Divinité même. En effet , il avoit eu grand soin d'avertir son pe€5ple que c'étoit Jupiter qui les lui avoit dictées. Il eut la même attention par rapport aux magistrats et aux personnes âgées , qu'il recommandoit d'honorer d'une manière particulière ; et afin que rien ne pût donner' atteinte au respect qui leur est dû , il voulut que si Pon remarquoit eu eux quelques défauts ^ on n'en parlât jamais en présence des jeunes gens.

5. Les Scythes vivoient dans une grande innooence et une grande simplicité. Tous les arts leur étoient inconnus ; mais ils ne connoissoient point non plus les vices. Us n'avoient point partagé entre euxles terres : les campagnes étoientoultivéesparuucërtainnombre de citoyens, mais pour un an seulement ; après quoi ils étoient rele-* vés par d'autres qui leursuccédoient auxmênies conditions. Ils n'a voient point de maison, point de demeure fixe j ils erroient sans cesse de campagne en campagne avec leiu's troupeaux. Us transportoient avec eux leurs femmes et leurs enfans dans des chariots couverts de peaux, qui leur tenoient lieu de maisons. La justice y ëtoit observée et maintenue par le caractère propre de la nation , non par la contrainte des lois qu'ils ignoroient. Aucun crime parmi eux ri'étoit puni plus sévèrement que le vol;car leurs troupeaux^qui faisoient toutes leurs richesses, n'étant jamais renfermés , comment auroientils pu subsister , si le vol n'eût été rigoureusement interdit Plis ne désiroient point l'or et l'argent , comme le reste deshommes;ctcesfunestesmétaux, source de tant de crimes, il leslaissoient cachés dans les entrailles de la terre. Le lait et le miel étoient leur principale nourriture. Us ne connoissoient point l'usage de la laine et des étoffes;etpoursedéfendredesfroi(îsviolensetcontinuels de leur climat, ils n'employoient que des peaux de bêtes.

Ce mépris de toutes les commodités de la vie leur avoit donné une droiture de mœurs , qui les empêchoit 4e jamais rien délirer du bien d'autrui. S'ils faisoient la

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guerre y c'ëtoUfMir r«padss6r im mfusteagrMseuri }•• Ittais pour acquërir.Uu heulreuxanur^ destiluédes se^ ccmis de ViéducatiGii y leoF «Toir dooné eette modéra*

tîoa , oetle Mg60se ail les Grecs B'oatpii parvenu, ni par kt étabKssemen» de leurs lëgislaieurs ^ lù par les pië- Mples de leurs plttlosophes ; et les mœiin d^ime nation fusils appeloimtiari^rtf.étoîeiapFëf^ables à celles ds Mspeviplescakiyés etfiolis parle&aHsetpar lesacienees. lies pères oroyi^ent^ avec raison , kôaser à lenn en- Auis une successioik préeieiise>. en leur hissant la paii ell'uBion entre eus. iJndelenrsroîs^ nomme «f^ryliire^ se voyant]^ de mourir^ fit venir ses en&ns, et lenr MësMilaat à tous successivement mi &isceiwi de daids • néifevlement eoisemble , les exbcutaà leA rampve.Quel^ tees effbrts qulk fissent ^ ils. n'en purent venir» à beat Qo^Hidle Ibisceaa fut déhé y ib rMopivent tous le» dards aans pekt»: «Voilà , leur dit-il y l'imagée de ce que pour» e ra parmi vous la concorde et l'umon. «Pour fortifier él étendre ees avantages domesticpies ^ ils j joigiBqieBf le secours des amis. L^suttitié, chez eiàx, ëtoknegwdét eomme une affiai^ce sacrée et inviolable ^ qoÀ ajqpvo* choit beaucoup de eette que la nature a mise entre les firères , et à laquelle on ne poovoit dtmner atteinte > •ans se rendre coupable d'un grand crimes • 6. Les Goths se croyoieijit né» pour la guerre, et nMtoîent curieux que de belles armes. Ils se servoient de piques et de javelots , de flèches , d'épéeset de massues : m combaltoient à pied et à cheval, mais plutât à che* val. Leurs divertissemens consistoient à se disputer le

{irix de l'adresse et la force dansle maniement des armes^ h étoient hardis et vaillans , mais avec phidence ; cons^ tans et infatigables dans leurs entreprises ; d'un esprit pénétrant et subtil. Leur extérieur n^avoit rien de rude iQÎ de farouche 5 c^étoient de grands corps, bien propoi^ tionnés, avec une chevelure blonde, un teint blanc, et une physionomie agréable. Les lois de ces peiiples sepfentrionaut n'étoient point, comme celles des Aomaiss, chaînées d'im détailpointilleux , sujettes à mille changemens divers , et si nombreuses , qu^elles échappent à Is tfliémoire laplus étendue : elles étaient iavariables y «m'-

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pies, courtes, claires, semblables aux avis d'un père de famille. La forme de leur législatiou communiquoit h leurs lois une solidité inébranlable. Elles étoient dis-^cutées par le prince et par les principaux personnages de tous les ordres. Rien n^échappoit à tant de regard»pénétrans. On pratiquoit avec zèle et avec constance ce que le consentement commun avoit établie Pour les charges publiques , ces peuples ne connoissoient point les titre» purement honorifiques et sans fonctions 5 tout étoit en action chez eux. Dans toutes les villes , et jusquesdans les bourgs , étoient des magistrats choisis. par le suffrage du peuple , qui rendoient la justice , et faisoient la répartition des tributs. Chacun se marioit dans son ordre : un homme libre ne pouvoit épouse? une femme de condition servile, ni un noble une roturière. Les femmes n'apportoient pour dot que la chasteté et la fécondité. Toute propriété étoit entre les mains des mâles , qui étoient le soutien de la patrie. Il n'étoitpas permis à une femme d^épouser un mari plus jeune qu^elle. Les parens avoient la tutelle des mineurs $ mais le premier tuteur étoit le prince. Les transports de propriété , les engagemens, les testamens se faiiBoient en jH-ésence des magistrats, et à la vue du peuple. Les conventions , appuyées de tant de témoins, en étoient plus authentiques; et le public étant instruit de ce qui appartenoit de droit à chacun , il ne restoit plus de lieu aux chicanes , au stellionat, aux prétentions frauduleuses. Les affaires s^'expédioient sans longueurs , parce qu^elles se discutoient sans frais. Pour arrêter la témérité des plaideurs , on les obligeoit de consigner des gages. Le sang des citoyens étoit précieux 5 on ne le répandoit que pour les grands crimes : les autres s^expioient par argent , ou par la perte de la liberté. Le criminel étoit jugé sans appel par ses pairs* L^adul-' tère étoit puni de la peine la plus sévère : la femme cou-» pable étoit livrée à son mari, qui devenoit maître de ses jours«Xies enfans nés d^un crime n'étôient admis ni au service militaire i ni à la fonction de juges , ni re-*^ çus en témoignage. Une veuve avoit le tiersi des biens^ fonds du défunt j «i elle ùè s« remarioit pas : autrement

elle n'emportoit;4iue le tiers des meubles. Si elle le dëdaroit enceinte y on lui donnoit ^es sardes ; et l'enfant né dix mois après la mort de stm père, ëtoit censé illégitime. Celui qui avoit débauche un fille j ëtoit ■dbligé de Tcpou^er , si la cattdition étoit égale ; sinon u âloit qu^il la dotât , caF une fille déshonorée ne pouYoit se marier sans dot : s!il ne popvoit la doter y on le faisoit mourir. Les Goths regardoient la pureté des mœurs comme le pri^lége de leur nation. Ils en étoient si jaloux ^ que, selon un auteur de ce tempslà , punissant la fornication de leurs compabriotes , ils la parddmoient aux Romains , comme a des hommes foibles et incapables d'atteindre au même degré de vertu.

* 7. Jamais peuple n'eut des mœurs pins singulières

Sue les anciens Grermains, long- temps rivaux ,• et enn destructeurs de la puissance romaine. La guerre

c'étoitpar lé choc de leurs armes qu'ils témpignoienk leur contentement. Chez eux , celui qui percbit son bouclier dans le combat , étoit regardé comme in- &me } et il n'avoit aucun accès , ni dans le conseil public , ni dans les temples.

'La première fois que ron armoit un jeune homme, c'étoit une cérémonie publique , que les suffrages de tout le canton rendoient solennelle. Dans une assemblée générale , quelqu'un des chefs , ou le père , ou un proche parent le présentoit; et, du consentement de tous les spectateurs, il lui donnoit le bouclier et la lance. C^étoit là le premier degré par lequel un jeune citoyen entroit dans la carnère de l'honneur: jusqu ji ce moment, il appartenoit à sa famille; alors

F ^®^r* membre de l'état.

échau^rlTl x^ *'°™^** ' *=«* intrépides guerriei» tenoY^?T *r'' *=T^^? P^"" ***>* chlmsons qui con. SlîtJ» x^^^^^l*^** **^^°» d« 'a nation, et des

?oïï fXle Tt""'"^,^' ^'i.^ "«"'ir» comme eux. P »r *a gloire de la patrie. Ce chasit mililïùre étoit

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len même temps pour eux un présage du succès de la Lataille ; car , selon la grandeur et la nature du sou qui résultoit de leurs voix, ils concevoient des craintes ou des espérances. On croira sans peine qu^iis n'y meltoient pas beaucoup d'harmonie : un son rude , un murmure rauque , grossi encore et enflé par la répercussion de leurs boucliers qu'ils placoient à dessein devant leurs bouches ; voilà ce qui charmoit délicieusement leurs oreilles , voilà ce qui leur annpn^ coit la victoire.

Ils n^avoient point de temples ; persuadés , comme les Perses y que c'est avilir la majesté divine , que de la circonscrire dans Penceinte étroite d'un édifice , et sous un toit, ou de lui donner une figure humaine. Ils ^xerçoient leurs cérémonies de religion dans le plus épais de leurs forêts. Le silence et l'ombre des bois leur formoient des sanctuaires qui les pénétroient d'une religieuse frayeur, et où leur respect étoit d'autant plus grand , que leurs yeux n'étoient frappés d'aucun objet visible. Ils avbient nne*fespèce de divination qui leuE étoit propre , et qu'ils tiroient de leurs chevaux. On faisoit paître dans les bois sacrés ^ et l'on ïiourrissoit aux dépens du public, des chevaux blancs, que l'on n'assujettissoit à aucun travail qui eût pour objet le serV^P des hommes. Lorsqu'il s'agllsoit de consulter par eux les ordres de la Divinité , on les atteloit à un char sacré 5 et dans leur marche , le prê' tre , âHteé le dief du canton , les accompagnoîent, en observant le^^Hiissemens et les hennissemens de ces animaux > ^IPbie autant de signes des volontés du CieL Ils pratiquoient fencore une autre manière de deviner l'événement des*guerres importantes : ils tâchoient de faire quelque prisonnier sur l'ennemi , et ils l'obhgeoient ensuite de combattre contre quelqu'un des leurs , armés l'un et l'autre à la mode du pays de chacun. Le succès du combat singulier étoit regardé €X>mme un présage du sort général de la guerre. Ils 3'imaginoient aussi que les femmes avoient quelque chose de sacré , de divin , de propre à les rendre les interprètes des volontés du Ciel : toujours quelque

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prétendue pixjphëtesse avoit leur confiance ; et si, pa^ un heureux hasard, Vévënement se trouvoit conforme à ses réponses , ils aHoient jusqu'à l'honorer comme déesse.

Ils laissoient en friche la plus grande partie de lenr

{>ays. La nécessité les contraignoit d^en cultiver seuement quelque portion pour avoir du blé ; c etoit là l'unique tribut qu'ils exigeassent de la terre : point de jardins , point de fruits , aucun soin de^ prairies. Ib ignoroicnt jusqu'au nçm de Pautomne , bien loin d'en connoître les dons. L'hiver, le printemps et l'été' faisoient le partage de leur année : ils ne s'attachoient pas même assez à la portion de terre qu'ils cultivoient , pour être curieux d'en avoir la propriété. Un champ labouré par eux une année , étoit ensuite abandonné au premier occupant , sauf à en aller labourer un autre , lorsque la diminution de leurs provisions les avertissoit du besoin. Cette pratique n'étoit pa^ chez eux une simple coutume introduite par les mœurs ; c'étoft une loi , à l'observation de laquelle les magistrats tenoient la main. Ils lîi fondoient sur différentes raisons qui partoient toutes de l'amour de la guerre , et de la vue des avantages que procuroit une vie simjle et pauvre. En permettant à^urs citoyens de posséder des héritages , ils craignoîlBt que le goût de l'agriculture n'émoussât celui des armes ; qne Von ne souhaitât d'étendre ses possessions , ce qui ouvriroit la porte aux injustices des puiMwis comre les foibles ; que l'on ne s'accoutumât àjj^Br avec plus de soin et plus d'attention aux comm^Hes ; que l'amour de l'argent , source inépuisable de factions et de querelles , ne trouvât entrée dans les cœurS : enfin , ils alléguoient l'avantage de contenir plus aisément le commun du peuple , qui ne pouvoit manquer d'être content de son sort, en le voyant égal à celui des premiers et des grands de la nation.

Leurs bestiaux, petits, maigres, sans beauté, mais en grand nombre , faisoient toute leur richesse. Ou ils n'avoient point d'or ni d'argent , ou ils n'en faisoient aucuii cas. Si l'on vpyoit chez eux quelque

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