‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 128 sur 130 · Tome II. li · texte numérisé non relu

Tome II. li

4^8 OBÉISSANCE

barrassées dans un buisson : il le prit , et Timinola an lien de son fils.

3.Un saint solitaire , nommé Jean , servant son supérieur dèssa|eunessc,s'appliqiioilàlni obéir jnsqiies dans les choses superflues , et même impossibles , qu^il lui ordonnoit quelquefois pour éprouver sa vertu. Ce bon vieillard trouvant doncim jourunbâton sec, il l^enfonca dans la terre en présence de son disciple, etlui commanda d'aller detix fois le jour chercher deux fois de Teau à ime demi-lieue de là pour Tarroser. Pendant un an entier , Jean obéit sans murmurer et s<ins raisonner. Enfin, son supérieur, charmé de sa persévérance, s'approcha de ce bâton, et demanda àJea/i; «Mon fils,cebois eommence- « t-il à pousser ?v> Ayant répondu que non , le vieillard , comme potfi' vérifier le fait, et voir s'il tenoit ferme par les racines , Tarracha djpvant lui , presoue sans aucim effort,et le jetajcn lui coinmaridant de nSte plus arroser.

4' Un soldat, prêt à percer un ennemi , entendit sonner la retraite , reniit son épée dans le fourreau , et partit. « 11 falloit donc expédier celui que tu tenois , lui « dit un de ses camarades. — Il vaut mieux , répondit le « soldat , obéir à son général , que de tuer un ennemi. )>

5. Cyrus faisoit la revue de son armée, il lui vint un courrier de lapartdeCj-â^arCjroi des Mèdes, son oncle, Tavertir qu'il étoit arrivé des ambassadeurs du roi des Indes, et qu'il le prioitde venirle trouver promptement. «Pour ce sujet, luidil-il, je vous apporte un riche vêle- « ment , car il souhaite que vous paroissiez superbement « vêtu devant ces étrangers , afin de faire honneur à la « nation. » Cyrus ne perdit point de temps : il partit surle-champ avec ses troupes pouraller trouver le roi, sans avoir d'autre habit que le sien , fort simple à la manière des Perses , et qui, suivant l'expression de Xénophoriy n'étoitpointsouilléni gâté par aucunornementétran^er. Comme Cyaxare en parut d'al)ord un f)cu mécontent: « Vous aurois-jo fait plus d'honneur, reprit Cyrus ^ si je « m'étoish.'ibilié dopourprCjsi je ni'étois cliargé doI>ras- « selets et de chaînes d'or, et qu'avec tout <'ela j'eusse « tardé pins long-temps 5 venir, que je ne vous en fais « maintenant par la sueur de mon visage , et par ma

ff diligence, en montrant à tout le monde avec quelle « promptitude on exécute vo& ordres ? »

6. Agé^ilas^ roi de Lacédcmone , ayant soumis plusieursprovincesd^Asie^rësoIutd'allertrouverlui-même le roi de Perse pour Pappaiser, et pour traiter avec lui^ Ce monarque , au lieu d'opposer la force à la force , n^avoit songé qu'à faire dans la Grcce , par ses présens , des ennemisauxLacédémoniens.Trentemilledariqnesque Timocrate a voit distribué de sa part, dans Athènes et dansThèbcs, à ceux par qui le peuple se Is^issoit gouverner, avoient engagé ces deux villes à faire entrer leurs troupes dans laLaconie.Leséphoresrappelcrent^gr^^îlas^ pour qu'il vînt défendre là patrie. Il alloit partir pour la cour du roi de Perse 5 mais , docile à l'ordre des souverains magistrats de Sparte, il leur réponditsur-le-champ par cette lettre : « ^gésilas aux éphores, salut. Nous « avons soumis» une grande partie de PAsie ; nous en « avons chassé les Barbares ; nous avons livré bien des « combats en lonie : comme cependant, par l'autorité de « votre charge,vousnousordonDez d'être àLacédémone « pourlejour que vous marquez, je suis cette lettre ,* et « peut-être la préviendrai-je. Ge n'est pas pour moi que « je suis roi , mais pour la république ^ pour ses amis, « pour ses alliés.Celui qui commande ne jouit d'une vé- 4C rilable et légitime puissance , que quand il obéit lui- « même à ce qu€ lui commandent les lois, les éphores, « ou quiconque exerce dans la république la souveraine « magistrature. » Il partit sur-le-champ, au grandregret des Grecs- Asiatiques, auxquels il dit<]^u'un bon généràil de voit, pour liien commander , savoir bien ol)éir.

7. LouisXIVy à la tête de son armée, marchoit le long d'une mare impraticable. Il donne quelqu'ordre à un jeune ai dc-de-camp languedocien.Dans l'ardeur d'obéir au roi , cet officier veut traverser .la mare. Dès l'entrée , son cheval se trouve embourbé jusqu'aux sangles. Le^ monarque vient lui-même à son secours, et dmine les ordres les plus prompts. Le danger augmcntoit , et la bourbe gagnoit déjàla selle JDansJeterops qu'on travailloit avec succès : « Est-ce que vous ne voyiez pas qu'onne « pouvoit point passer par là } lui dit le roi avec bonté- —

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5oO OBLIGATION-

« Je le voyois Lien , sire , rëpondit-il ; mais quand il est « question d'obéir à votre majesté , ou de la servir, les « gens de mon pavs ne connoissent point de périls qui « les arrêtent. » On dit pour lors au roi que ce jeune gentilhomme étoit intrépid«, et qu'il s'étoit signalé dans plus d'une action. Le roi l'assura qu'il s'en souvîendroît en temps et lieu- « Le temps est tout venu , sîre , ré- « pliqua-t-il, le lieu m'est Êivorable. :i^ Il met la main dans sa poche , et en tire un placet qu'il présente au prince , en lui disant qu'il le tenoit tout prêt pour le donner dans l'occasion. « Pour la rareté du fait, lui ré- « pondit le roi , je vous accorde ce que vous me demande dez. — Et moi, repartit le Languedocien, je vouspro- « mets, sire , de vous servir toujours de mon mieux, et « de n'éviter jamais aucun danger en vous servant. »

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