OBLIGATION
i.^V>/HARLES VI 5 dans les années oii il fiit maître de son esprit, étoit doux, affable , et ne refiisoit audience à personne, même aux moindres du peuple. Il les saluoit , et les appeloit par leur nom. Jamais il n'dublioit les services qu'on lui avoit rendus ; et quelque sujet qu'il eût de se fâcher , jamais il ne maltraitoit personne. Il ne croyoit pas facilement les rapports qu'on lui faisoit ; et , persuadé que la passion pouvoit prévenir les plus sages : «J'aime mieux, disoit-il , ne pas « croire le mal ou il est, que de m'exposer à le croire « où. il n'est pas. » Un jour on lui dit qu'un homme qu'il avoit comblé de grâces parloit mal de lui. « Cela « ne peut pas être , répliqua-t-il ; je lui ai fait du « bich. » Dans une bataille qui se donna contre les Flamands , au commencement de son règne , fâché de voir beaucoup de ses gens tués , il vouloit s'avancer et charger lui-même 5 mais le duc de Boiu^ogne l'en ayant empêché : « Ah ! faut-il , s'écria le monarque, « demeurer ici les bras croisés , tandis que tant de 4( braves gens meurent ici pour mon service ? » à% Charles IX ayant demandé au maréchal de To^
ÉCONOMIE. 5oi
vannes à qui Von pourroit donner le gouvernement de la Provence, qui venoit de vaquer : « Donnez-le, sirè, « répondit le maréchal , à un homme de bien , qui ne <i dépende que de vous. » La conversation n'alla pas
fdus loin. Quelques jours après , le roi le manda , et ui dit qu'il avoit profité de Pavis qu'il lui avoit donné , et qu'il avoit pourvu du gouvernement de Provence un homme tel qu'il avoit conseillé de le choisir : c'est vousmême. « J'y consens , sire, répondit de Tavannes ; et « sachez que je fais autant pour vous en l'acceptant , « que vous faites pour moi en me. le donnant. »
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