‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 13 sur 130 · CONSEIL · texte numérisé non relu

CONSEIL

« Quelque puissance que vous ayez , le cœur de vos

« peuples sera toujours libre. Occupez-vous de leiu*

« intérêt plutôt que du vôtre ; ou plutôt ne séparez

' «pasxe qui est inséparable : leur félicité seule peut

« vous rendre heureux. Si quelqu^m doit trembler ,

« c'est celui qui fait trembler les autres. Soyez vous-

« même une loi vivante. Vos exemples donneront i

«• vos ordres plus de force que ni les menaces, ni les

« cîhâtimens. Vous gouvernerez des Romains : ce n^est

« pas ^orgueil et la fierté qui les tiendront soumis :

« plus vous vous rapprocherez d^eux parla bonté et par

« la douceur , et plus ils vous élèveront au-dessus de

« leurs têtes. Apprenez la guerre ; étudiez-en toutes

« les parties : endurcissez-vous à tout ce quelle a de

« pénible. Laissez aux rois asiatiques ce luxe incom-

«mode qui accable les armées, et qui met obstacle

« aux succès. Partagez avec vos soldats' toutes les fati-

« gués : ils n'en sentiront que Thonneur. En attendant

« que Page ait fortifié voire corps, formez- vous Tesprit

« et le cœur ; remplissez-vous de grands exemples :

« Fhistoire de vos prédécesseurs vous montrera ce^que

« vous devez suivre , et ce qu'il vous faut éviter.»

iS.Un homme demandoit au philosophe Aristippe y. quelle soile de femme il devoit prendre. « Je n^en « sais rien , répondit-il : belle , elle vous trahira ; « laide , elle vous déplaira 5 pauvre , elle vous rui- « nera ; riche, elle vous dominera. Mon ami , conseil- ^ lez-vous vous-n^ême.»

i.V^^ÉTf)iT suMout au célèbre Thémistocle y que la Grèce devoit rherureux succès de la journée de SaLimine : aussi n'oublia-t-elle rien pour lui prouver la grande estime qu^elle faisoît de son rare mérite. Les Cacédémoniens , l'ayant mené à Sparte , pour lui rendre les honneurs qui lui étoient dûs , lui décernèrent une couronne d'obvier , et lui tirent présent

du plus beau char qui fifit dans la ville. A son départ ,^ ils le firent accompagner jusqu'aux frontières du pays, par trois cents je dues hommes de la première naissance : honneur que, jusqa^alors, ils n^avoient encore rendu à aucun général. Dès qu^il parut aux jeux olympiques 3 tout le monde se leva pour lui faire honneur. jPersonne n^étoit attentif aux jeux ni aux comLats : [Ihémistocle seul {'Aisoit]e spectacle. Tous les yeux étoient tournés vers lui ; et chacun s^'empressoit de le montrer de la main aux étrangers qui ne le connoissoient pas. 11 avoua depuis à ses amis, qu'il regardoit ce jour 'comme le plus beau de sa vie ; que jamais il ii^avoit ressenti une joie si douce ni si vive , et que cette récompense passoit tous 'ses désirs.

2,FrancoisI , plein d'estime pour la valeur du chevalier Bayardy voulut être armé chevalier de sa main. Il assembla les principaux capitaines de son armée ; leur proposa son dessein , et regardant J5ûyûr«î! : » Je ne « connois , dit-il , personne dans Tarmée plus généra- « lement estimé que ce chevalier ; je veux honorer en « lui la voix publique. Oui, Bayard mon ami , je serai « aujourd'hui chevalier de votre main, parce que celui « qui s^est trouvé en tant d^assauts et de batailles, tou- « jours en parfait chevalier, est le plus digne d^en faire « d'autres.» Bayard représenlsà. qu'Hun si grand honneur ne lui appartenoit pas. Mais le roi persista dans sa résolution. Il se mit à genoux ; et Bayard, tirant son épée , Pen frappa du plat sur le cou , en répétant ces mots qui n'éloient point préparés : «Sire , autant vaille « que si c^étoit Roland on Olivier , Godefroy ou Bau-'^ « douin son frère. Certes , vous êtes le premier prince « que oncquesfischevalier : Dieu veuille qu^en guerre « ne preniez fuite ! » Et regardant ensuite son épée avec une joie ingénue : «Tu es bienheureuse, mon « épée , dit-il , d'avoir aujourd'hui à un' si vertueux et « puissant roi , donné Pordre de chevalerie. Certes, ma « bonne épée , vous serez moult bien comme rehque « gardée et sur toutes autiés honorée , et rie vous « porterai jamais , si ce lA'çst contre Turcs, Sarrasins « oa Maures. »

CONSOLATïOTf. 25

9. Louis XI, "ri^étant encore que dauphin , quitta la cour ; et dans respéran<îïe de faire la loi h son père Charles P^II^ on d'être puissamment secondé dans sa révolte, il se retira auprès du duc de Bourgogne. Mais l'estirâé que ce prince faisoit du monarque étoit trop grande , pour Rengager à suivre aveuglément les impressions du dauphin rebelle. « Monseigneur , .lui « dit-il , mes soldats et mes finances sont a votre ser- « vice , excepté contre monseigneur le roi votre père; « et pour ce qui est d^entreprendre de réformer son « conseil , cela ne convient ni à vous ni à moi. Je le « coiinois si sage et si prudent, que nous ne saurions « mieux faire que de nous en rapporter à lui. » Ployez Estime.

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