‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 17 sur 130 · CONVERSATION · texte numérisé non relu

CONVERSATION

t. v^ùSLQu'uN demandoit au philosophe AmmhmrM ce que l'homme avoit de meilleur, « La lan^e j » irépondit-il.

2. « On juge d'un homme bar les pan>lés , disoit \ Komulus j comme d'un vase de terre par le êoù qu'il « rend. »

3. Voulons-nous plaire dans la conversation ? efforçons-nous d'y paroître moins occupes de nous«mêmes que du mérite des autres. Faisons tarire notre amourpropre , et laissons briller celui de nos voisins. C'est le sens de cette belle instruction que l'illustre Racine donûoit à son fils aîné , qu'il songeoit à produire dans \t monde. « Ne croyez pas , lui dit-il , que ce soient mes «vers qui m'attirent toutes les caresses de la cour. t Cor mille fait des vers cent fois plus beaux qiie lei< ( mier.s , et cependant personne ne le regarde ^. on tifc

« sans fatiguer les gens du récit de mes ouvrages^ dont]e; « ne leur parle jamais , je me contente de leur tenir dea ^propos amusans , et de les entretenir de choses <}ul « leur plaisent. Mon talent, avec eux, n'est pas^ de Içiu? 4c faire sentir que j'ai de Tesprit, mais de leur apprendre k qu'ils en ont. Ainsi, quand vous voyez monsieur' le « duc pasçS couvent des heures entières avec moi , « vous seriez étonné, si vous étiez présent, de voir que « souvent il en sort sans que j'aie dit quatre paroles-, « mais peu à peu je le mets en humeur de causer ; et il ^ me quitte encore plus satisfait de lui que de moi. » 4- Ce ne sont pas toujours les plus grands génies qui brillent le plus dans la conversation. Il faut penser promptement et nettement , pour parler sur mille matières souvent différentes. Les têtes contemplatives n^ont pas ce talent. L'ordre de leurs idées est trop géométrique pour fournir au^ dépenses de cette lé-* gèreté aimable , qui vole avec rapidité d'objets en objets , qui les effleure tous , et qui paroît tout connoître. M. Nicole y un des premiers écrivains du siècle dernier, ne parloit presque jamais en compagnie ; et quand il lui arrivoit de vouloir dire quelque chose , il cherchoit ses mots, s'exprimoit mal, etfatiguoitmême ceux qui l'écoutoient. 11 sentoit lui-même ce défaut i mais il ne pouvoit s'en corriger. Aussi disoit-il , au sujet de M. de Tréville , dont la langue secondoiti admirablement la promptitude de son imagination i « Il me bat dans la chambre ; mais il n'est pas plutôj^ « au bas de l'escalier , que je l'ai confondu. »

j. vJne dame irritée contre une personne qui l'avoit offensée , jiua qu'elle s'en vengeroit. Un homme , qui ie croyoit raisonnable , mais qui ne le prouvoit pas alors , entreprit de lui démontrer qu'elle avoit tort de se venger. Cette remontrance mal placée la jeta 4ans une espèce de fiireur.. Elle jiu'a qu'elle hruleroit

COAAttTlON. 4^

plutÀt la maison , et qu'elle poignarderoit son enneinie. Dans ce moment arrive un de ses parens qu^ellé consîdéroit beaucoup. Il s'informe du sujet de sa colère , et' dit froidement qu^il n^y avoit pas moyen de sonffrif une telle injure. En un mot, il entre dans le jressentiment de la personne offensée. A mesure qu^il parloit , la colore de celle-ci s^appaisoit , et elle parvint à se tranquilliser entièrement. «Comment donc ? «lai dit sou parent , vous voilà toute appaisëe! Avez* « vous oublié qu^il tious reste une maison à brûler et € une femime à poignarder ?Pour moi , je vous assure « que je n^en rabattrois pas un ïota,» La dame , qui avoit été si irritée, se mita rire ; et Thomme raisonnable à contre-temps apprit qu^il ne faut jamais s^opposer à un torrent ; mais , au contrait-e y lui faciliter un passage , & moins qu'on ne veuille s'exposer à lui voir faire le» plus grands ravages^

2.Louis XIP^SLYoit donné au marquis de Barbezieux la place de secrétaire d'état de la guerre , qu'avoit occupée le marquis de Loui^ois son père. Mécontent de la conduite de ce nouveau ministre > il voulut le corriger , sans le mortifier. Dans cette vue , il s'adresse à son oncle, l'archevêque de Reims, et le prie d'avertir Son neveui C'est un maître instruit de tout ; c'est un père qui parle : «Je sais , dit-il, ce que je dois à la mé-- « moire de M. de Louvois / mais si votre neveu ne «change de conduite, je serai forcé de prendre un « parti : j'en serai fâché ; mais il en faudra prendre « un. Il a des talens ; mais il n'en fait pas bon usage : « il négligé les affaires pour ses plaisirs ; il fait atten- « dre trop long-tsmps les officiers dans son anticham- « bre 5 il leur parle avec hauteur , et quelquefois avec « dureté. » Peut-on donner une plus sévère leçon en termes plus doux ?

3. Un grand roi demandant à quelques-uns de ses courtisans les plus intimes, à quoi ils s'étoient occupés! dans les prisons oii des égaremens de jeunesse les avoient autrefois détenus ; l'un répondit qu'il y avoit appris les mathématiques , l'autre, le dessin ; un troiiièmé ; à jouer du iuth : <;<Et vous , reprit le monarque $

« en s'adressantiPun d'eux <jui ne disoit rien , qu'av» « vous appris dans votre pnson ? — Sire , répondit U « courtisan , j'ai appris à n'y plus retoiuner» »

4. Pendant que Vempereur Claude interro^eoit \t$ complices d'une conspirationformée contre lui, et cpi'il venoit de découvrir , on voyoit ses affranchis ^ssis à ses côtés prendre eux-mêmes eonnoissance des affaire Narcisse reçut en ce moment une bonne leçon d'iii certain Ga/^jw^, affranchi de Camille y un des chefii ck; la conjuration : l'impudent favori le fatiguoit par $e$ questions continuelles ^ et lui demandoit , entroi au^tre^ choses , ce qu*il auroit fait si son patron fut deveinn empereur. « Je me serois tenu debout auprès de lui y « repondit Galésus^ et j'aurois gardé le silence. »

5. Des courtisans s'entretenoient devant JLowir^Jf'') qui n'avoit que (quinze ans , du pouvoir absolu de^ sultans turcs , et disoiènt qu'ils disposoieUt , au gré de leurs caprices , du bien et de la vie de leurs sujets^ « Voilà», dit le roi, ce qui. s'appelle régner* » Le mar^ chai d^Estrées , qui étoit présent, craignant avec rai^. son les conséquences d'un semblable discours dan$ un jeune printe , lui repartit : « Sire , deux ou trois de « ces empereurs ont été étranglés de mon temps. »

6. Thyn^-'Ti y empereur de la Chine ;, àvoit deà^ vertus ; mais il éloit foible , et plusieurs fois il se seroit déshonoré sans les conseils de sa mère Pan-Uyay. U devint éperdument amoureUt d'une comédienne. Sa passion l'entraîna si loin , qu'il répudia Timpératrice , pourmettre l'histrionne à saplace.ll voulutque toutes ses reines assistassent à son couronnement. Enchanté de sa maîtresse , il demanda à sa mère ce qu'elle en pensoit : « Elle est à merveille , répondit Pfxn-Hyay ; « elle joue avec beaucoup de vérité , et \\xx premier « rôle ne lui messied pas. « L'empereur réfléchit sur cette réponse. On le vit pâlir et rougir successivement; enfin, if prit son parti. «Vous avez raison, s'écria-t-il; ^ son élévation n'est aussi qu'une comédie ; )> et il essaya en effet de persuader que le projet qu'il âvoit eu n'étoit qu'un jeu.

^7. Lorsque l'empereur Antonin n'étoib encore ijiwf

coRRECTîorr. 47

Keon$ul d^Asie , il prit pour son logement dan< jme, la maison du sophiste Polémon , actuellement en voyage. A son retour, cet homme vain et arrogant (ut très-îndimë de la voir occupée par le souveraia magistrat de la province. 11 cria ; il s'emporta ; et, par «es plaintes amères , il obligea le proconsul d aller eu plein minuit chercher ailleurs une autre retraite. r)ans la suite , qaand la fortune eut placé le sage Ântonin sur le trône des Césars, il ne se vengea de Torguei lieux sophiste que par des railleries aussi douces qu'ingémeuses.Po2<^zwoii étan tvenu à Rome , l'empereur 1 embrassa) et dit : «Qu'on lui donne un logement, et que t personne ne le déplace. » Un comédien lui ayant

Sorte ^e& plaintes contre Polémon , qui l'avoit chassé u théâtre : « Quelle heure étoit-il , demanda l^empe- « reur , lorsqu'il vous a chassé ? — Il étoit midi , ré- « pondit Facteur. — Eh bien, reprit j4ntonLn y il m'a 5 chassé de sa maison à minuit , et j'ai pris patience.» C'est ainsi que ce grand homme prctendoit punir et coiTÎger l'insolence d'un sujet.

8. Un jeune homme , à qui Charlemagne venoit de donner un évéché , s'en retoumoit très-satisfait. S'étant fait amener son cheval, il y monta si légèrement, que peu s^en&llut qu'il ne sautât pardessus. L'empereur^ qui le vit d'une fenêtre de son palais, l'envoya cher<< cher : «Vous savez, lui dit-il, l'embarras où je sui^ « pour avoir de bonnecavalerie; étant aussi bon écuyer <( que vous êtes , vous seriez fort en état de me servir. « J'ai envie de vous retenir à ma suite : vous m'avez; « tout l'air d'y réussii*, et d'être endbre meilleur cavale lier que bon prélat. » Il s'en tint â cette leçon , qui dut inspirer au jeune évêque l'esprit de son état.

9. Une femme de qualité , vieille et fort parée, demanda un entretien secret au saint roi Louis IX. Le monarque la fit entrer dans son cabinet où il n'y avoit que son confesseur, etl'écouta aussi long-temps qu'elle voulut. «Madame, lui dit-il , j'aurni soin de votre nf- « faire , si , de votre côté , vous voulez avoir soin de « votre salut. On dit que vous avez été belle : ce "K temps n^est plus, vous le savecXa beauté du corps

« passe comme la fleur des champs : on a beau feîïê j k on ne la rappelle point. Il faut songer à la beautédé * Famé , dont Téclat fest immortel; » Ce discours fit impression : 1& dame sliàbilla plus liiodesteinentâans la suite.

10. Lé tnëdeciii Ménécraté , dont PextràVatgancë àlloit jusqu'à se croire Jupiter, écrivit en ces termes à Philippe^ roi de Macédoine : « Ménécrate-Jupiter à « Philippe 5 salut; » Philippe lui téporidît î « Philippe à ^ Ménécraté ^ santé et bon Sens.» Ce prince ii'en de-' meura pas là ; et , pdul: guérir son visionnaire , il imagina une plaisante recette. Il le pria d'un grand rëpas^ ménécraté eut Une table à patt , sur laquelle on né servit pour tout mets que de Tencëns et des parfums , pendant (jue les autres conviés goûtoiënt tous les plai-^ sirs de la bonne chère. Les premiers tramsports dé joie qu'il ressentit en voyant sa divinité reconnue, lui fireiit oublier qu'il étoit homme : mais quand la feint le força de s'en souvenir, il se dégoûta d'être /iz/^i^erj et prit brusquement congé de la compagnie i biêU désabusé de sa divinité*

1 1 . Un courtisan de Dehys rancièn , iiômmé Da^ fnoclès y exàltoit l'opulence de ce prince , le nonibré de ses ti'oupcs, l'étendue de sori pouvoii* , la magnificence de ses palais , ses richesses en tout genre , et i^oncluoit que jatïiais personne n'avoit été si heureux; « Eh bien ! puisque cela vous parôît si beau, lui dit « le despote, seriez-vous d'humeur à en goûter Un peu, « et à voir par vous-même quel est mon sort? — Très-^ <c volontiers , seigneur. » Aussitôt on le pliace sur uri lit d'or, couvert de riches carreaux, etd'uU tapis dont l'ouvrage étoit superbe ; on étale sur plusieurs buflfets une magnifique vaisselle d'or et d'argent; on fait venir de jeunes esclaves , tous d'une rare beauté , et qui y les yeux fixés sur lui , dévoient le servir au moindre^ signe. On prodigne les essences , les guirlandes , les parfîims ; on couvre la table des mets les plus eîquis, \o\\hDamoclès qui nage dans là joie. Au milieu de cet appareil , le tyran fit suspendre au plancher un glaive élincelaut , qui ne tenoit qu'à un crin dé cheval , et

qui

qui donnoit précisément suf'r la léte de cet homme si enchanté de son bonheur. A Tinstant , ses yeux ne virent phis ni ces beaux esclaves qui le servoient , ni cette magnifique vaisselle : il perdit Tenvie de toucher airx ragoiits délicieux : déjà ses guirlandes tomboient d'elles-mêmes. II demanda enfin au tyran la permis^ sion de se retirer, et lui dit qu'il ne vouloit plus être heureux. Damoclès qmitalaconVj bien convaincu que ce n^est pas sur le trône qu'on trouve le vrai bonheiu*»

1 2. Ovinius Camille , seigneur des plus distingués de Rome sous Pempire à^ Alexandre-Sévhre , méditoit seefètement une révolte , et aspiroit au trône. Il se m^loit dans toutes les affaires ; il se rendoit maître des décisions du sénat : aifable , doux ^ honnête envers tout le monde, il ne refusoit son secours à personne ; il n'y avoit aucune partie du gouvernement à laquelle ses soins ne s'étendissent, oa vigilance et son zèl^ eussent été très-utiles, si le motif en eût été meilleur. L'enrpereurfut informé de ses desseins ; et pour ne pas perdre un homme estimable d'ailleurs , il le punit d'une manière toute nouvelle. Il le manda ; et après l'avoir remercié des soins qu'il prenoit pour la conduite de l'état 5 il l'introduisit lui-même au sénat , le déclara publiquement son associe à l'empire ; le fit loger dans son palais , et revêtir des ornemens impériaux : enfin, il le pria de l'accompagner dans un voyage qu'il avoit à faire ; et tandis qu'il marchoit lui-même à pied, il voulut qn'Ovius allât à cheval. C'est ainsi qu'après l'avoir comblé d'honneurs , il le renvoya bien corrigé.

i3. M. de Turenne , étant dans son camp près de Lens, eiisoy^Xecomi^ de Grand-Pré ^ depuis maréchal de Joyeuse y à la tête de quelqnes escadrons , pour escorter un convoi qui venoit d'An\is. Le jeune comte, par attachement pour une femme , laissa partir le convoi sous les ordres du major de son régiment, et se flatta de le rejoindre avant qu'il arrivât au camp. Un parti espagnol qui rôdoit attaqua l'escorte ; mais il fiitrepoussé et défait par le major, qui amenaheureusement le convoi à Lens. Turenne apprit la faute du comte de Grand-Pre ; et sachant qu'elle Tauroit peràa bi \3ii To772e II. i)

5o CORRECTION.

cour y il dit aux officiers qui Tenvironnoient. « Le comle m de Grand-Pré sera fâché contre moi, à cause d^une « commission secrète que je lui ai donnée , et qui Ta « arrêté à Arras , dans un temps où il auroit eu ocxîa- « sion de signaler son courage. » Le comte , de retour, apprit ce qu^avoit dit son général. Il courut à sa tente , se jeta à- ses genoux , et lui marqua «a reconnoissance et son repentir par des larmes pleines de tendresse. Le vicomte lui parla alors avec une sévérité

f)aternelle. Ses remontrances firent un tel effet sur 'esprit de. ce jeune officier , que , bien loin de tombet dans la même faute , il se signala par les plus grandes acjions , pendant le reste de la campagne , et devint un des meilleiu-s capitaines de son siècle.

14. Khan-Hiy empereur de la Chine, avoit coutume de faire servir sur sa table des vuis d'Europe. Un jour, ce .prince ordonna à Un mandarin , son plus fidclleËivori , de boire avec lui. Il s'enivra. Le mandarin , qui craignoit les suites de cette intempérance 9 passa daïis l'antichambre des eunuques, et leur dit que ^empereur étoit ivre ; qu'il étoit à craindre qu'il ne contractât ITiabitiide de boire avec excès ; que le vin aigriroit encore davanUge son humeur déjà trop violente, et que, dans cet état, il n'épargneroit pas même ses plus chers favoris. « Pour éviler un si grand mal, ajouta le sage man- « darin , il faut que vous me chargiez de chaînes , et « que vous me fassiez mettre dans un cachot , comme « si l'onlre en étoit venudePempereur. » Leseunuques approuvèrent cette idée , pour leur propre intérêt. Le prince , surpris de se trouver seul à son réveil , demanda ce qu'étoit devenu son compagnon de table ? On lui répondit qu'ayant eu le malheur de déplaire à sa majesté , on l'avoit conduit , par son ordre , dans une étroite prison , où il devoit recevoir la mort. Le monaïque parut quelque temps rêveur, et commanda enfin que le mandarin fût amené- Il parut chargé de chaînes , et se jeta aux pieds de son maître , comme un criminel qui attend l'arrêt de sa mort. «Qui t'a mi» « çn cet état ? quel crime as-tu commis ? » lui demanda Je prijice. « Mon crime ? je Tignore , » lui répondit le

CORRECTION^ 5l

inandarin ; « je sais seulement que voire îna)cstc m'a c&it jeter dans un noir cachot , pour y»étre livre à « la mort. » L^empereur retomba dans une profonde rêverie : il parut surpris et troublé. Enfin , rojotaiit sur les fumées de Tivresse luie vielencc dont il ne conservoit aucun souvenir , il fit ôter les chaînes au mandarin ; et Pou rcm.irqua que , depuis , il évita toujours les excès du vin.

i5. Jean d^ Auhigné usa d'un moyen bien extraordinaire, pour corriger Théodore d' Auhigné. , son (ils , qui i'étoit livré à la aéJ)auchc , et déshonnroit sa naissance par une vie oisive et criminelle. 11 lui envoya par un de »es domestiques^ un habit de grosse se rqe; et, dans rot équipage y il le fit conduire dans toutes les })0uliques le la ville , lui disant de choisir quel métier il vouloit ipprendre,. puisqu'il nienoil une vio indigne d'un genilhommCi Le jeune d'u4uhignè fut si sensible à eet ilTront public , quil en tomba malade , et pensa mourir.

16. Les rnœurs à' Auguste n'étoient pas trop chastes ; ît ce prince n'étoit pas fort délicat sur les moyens de latisfaire ses passions aveugles. Mais la pliilosophie rat à bout de corriger ses penchans dépravés* Epris les charmes de Pépduse d'un ami particulier du phiosophe Athénodore , il l'envoya chercher dans une itière couverte , pendant que le sage étoit au logis le son ami* Le mari ot la femme furent également consternés ; mais ils n^avoient pas le eourage de résister à ^empereur. Le philosophe s'ollrit a les tirer l^embarras ; et , prenant les habits de la dame , lorsque la litière fut venue , il y entra à sa place , et (ut porté dans la chambre de l'empereur. Ce prince ayant levé les rideaux de la litière , fut bien surpris d'en voir sortir, Tépée à la rimin /Athénodore , dont il respectoit la vertu. « Eh quoi ! César y lui dit le sage , « vous ne craignez pas que quelqu'un n'imajjiné,pour « attenter a votre vie , Partifice que j'oniploie inno- ". cemment?» Auguste , surpris des dangers où ses dés'irs impétueux pouvoient rentraînor ^ rectifia son cœur ;, et l'accoutuma bientôt»\ n'aimer que rc qui esthonnête^

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