DEVOIRS
1. Wn jeune roi de Perse s'abandonnoit à la dissipa-' lion et à tous les plaisirs que lui préparoient les coot: tisans. Un jcHir il chantoit , dans un festin , cea paroles: » Je jouissois du moment qui est passé ; c^ je « commence à jouir de celui qui succède. Content et « tranquille, l'espérance d'aucun bien, la crainte d'au» « cun mal ne me donne d'inquiétude. « Un pauvre i assis sous la fenêtre de la salle du festin , entendit Iç monarque , et lui cria; « Si tu es sans inquiétude pour « ton sort , n'en as-tu jamais pour le nôtre ?» Le roi fut touché de son discours. Il s'approcha delà fenêtre, regarda quelque temps le pauvi e avec attention , et , sans lui parler , lui fit donner une somme considérable. Il sortit ensuite de la saUe du festin, en faisant des réflexions sur sa vie passée. Elle avoit été opposée à tous ses devdirs. Il en eut honte. Il prit en main les rênes du gouvernement, qu'il avoit jusqu'alors abandonnées à ses favoris. On le vit travailler assidûment; et, en peu de temps il rétablit l'ordre dans l'empire- Depuis qu'il étoit occupé de l'administration de ses états, on lui faisoit souvent des plaintes delà Ucencc et du désordre dans lesquels vivoit le pauvre qu'il avoit enrichi. Enfin , il le vit un jour à la porte du palais.