‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 27 sur 130 · DEVOIRS · texte numérisé non relu

DEVOIRS

U ëtoit couvert de lambeaux , et il revenoit deman" der raumône.Le roi , le montrant à Vun des sa^es de sa cour , lui dit: «Vois-tu les effels de la bonté ? Tu « m*as va combler cethomme de richesses : vois-tu quel « en est le fruit? Mes bienfaits ont corrompu ce paut vre ; ils ont été pour lui une source de nouveaux vices ( et d^une nouvelle misère. — Cela est vrai , répondit « le sage , parce que tu as donné à la pauvreté ce que i tu ne devois qu'au travail. »

2. Henri IF' ne faisoit point consister la grandeur et la gloire dans Tétenduc de la puissance d\m souverain, mais dans le bon usage qu'il en sait faire. On lui reprochoit un^our le peu ae pouvoir qu'il avoit dans la Rochelle. «Vous avez tort, répondit-il ; je fais dans cette « ville tout ce que je veux , parce quç je n'y fais que «. ce que je dois. »

Z.Aureng-Zeb', mort empereur des Mogols en 1707, sortoit d'une longue maladie, et travailloit plus que sa foiblesse ne pouvoit lui permettre. Un ministre lui représenta combien cet excès d application étolt dangereux , et quelles suites il pouvoit avoir. Le monarque lui lança un regard d'indignation et de mépris ; puis se tournant vers les autres courtisans : « N'avouez- « vous pas , leur dit-il , qu'il y a des circonstances où « un roi doit hasarder sa vie , et périr les armes à la « main, s'il le falit, pour la défense de sa patrie ? Et ^ ce vil flatteur ne veut pas que je consacre mes veilles « au bonheur de mes sujets ! Croit-il donc que j'ignore « que la Divinité ne m'a conduit sur le trône , que « pour la félicité de tant de millions d'hommes qu'elle ^ m'a soumis ? Non , non , Aureng-Zeb n'oubliera ^ jamais le vers de Sadi :

» Rois , cessez d*être rois , ou régne:^ par vous-mêmes.

« Hélas ! la grandeur et la prospérité ne nous tendent « déjà que trop de pièges. Malheureux que nous som- « mes ! tout nous entraine à la mioll^e ; tout nous *< éloigne de nos devoirs. Faudra-t-il que des ministre^ '. élèvent encore leur voix perfide pour combattre 1a Tome IL fe

loo dévotioi*.

la vcndrable Eve , recluse 3 confidente âe Julienne y Urbain If^la fit célébrer par toute la terre,

5. L^odeur de la piété de S. Louis , roi de France j s'étoit répandue jusques dans les pays les plus éloignés. Baudouin , empereur de Constantinople y étant venu en France poiu* implorer les secours du roî "Contre les Grecs , qui assiégeoient la ville impériale 5 crut gagner tout d'un coup le cœur de Louis , en lui faisant présent de la sainte couronne d'épines. Il ne fut pas trompé ; le roi l'assista de troupes et d'argent. La sainte couronne fut retirée des mains des Vénitiens , à qui les Grecs l'avoient engagée , et elle fut apportée en France. S. Louis alla la recevoir à cinq lieues de Sens j suivi de toute la cour et du clergé, il raccompagna jusqu'à Paris , avec des sentimens de componction et d'humilité , dont tout son extérieur .donnoit des marques bien sensi})les. 11 porta lui-même la relique ^ assisté de son frère le comte d'Artois^ étant nu-pieds , et ayant la tête découverte /depuis Téglise de o. AntoinC'-des-Champs^ dans un des Csiuboargs de Paris , jusqu'à celle de rïotre-Dame ; et elle. fut déposée dans la chapelle de S. Nicolas , qui tenoit i son palais. Quelque temps après , il reçut encore un morceau de la vraie croix y que les Vénitiens avcnent eu du roi de Jérusalem ; il fit abattre la oJiapeUe de S. Nicolas y et bâtit en la même place Téglise de la- Sainte-Chapelle : il y mit les divines reliques enchâsséçs dans l'or et les pierreries y il y fonda des chanoines , pour y chanter , jour et nuit , les louanges de Dieu , en présence de ces précieux monumens de notre rédemption ; et il eut pour ce lieu une dévotion particulière. Tous les ans , le vendredi saint , il s'y rendoit, revêtu des habits royaux y la couronne sur la tête; et il exposoit lui-même la vraie croix à la vénération du peuple ; mais il commençoit par donner l'exemple de l'humiliation avec laquelle on doit s'approcher de ces sacrés instrumens du salut : il se tenoit la tête découverte , les pieds nus , sans épée , et il se prostemoit d'abord , priant Dieu quelque temps : il se traînoit êur les genoux , et s'arrêtoit de nouveau pour prier

DISCEKTION. 1(H

«omime auparavant : enfin il s^approchoit de la croix > devant laquelle il prioit pour la ti^isième fois ; puis 9 étant prosterné , il la baisoit avec une humilité profonde. Voyez Pieté,

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