‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 28 sur 130 · D I S C R É T I ON · texte numérisé non relu

D I S C R É T I ON

1- i^ouscHiRVAN, surnommé le Juste ^ roi de Perse, étant à la chasse , voulut manger du gibier qu'il avoit tué ; mais il n'avoit pas de sel. Il en envoya chercher au village le plus voisin , en défendant de le prendre sans le payer. « Quel mal arrivcroit-il , dit un des « courtisans , si Ton ne payoit pas un peu de sel ? « — Si un roi 3 répondit Nouschirvan , cueille une r pomme dans le jardin de ses sujets ^ le lendemain € ses favoris couperont l'arbre. )>

2. Le consul Métellus , à qui la conquête de la Macédoine fit donner le surnom de Macédonique y ne communiquoit jamais ses vues à personne. Un de ses amis lui avant demandé ce qu'il comptoit faire après qu'il auroit soumis les Arbaques , peuples de Macédoine : «Je me dépouillerois de ma tunique, répondit- « il , si je soupçonnois qu'elle sût mon dessein. »

3. Le vicomte de Turenne s'étant emparé du château de Solza , quelques soldats lui amenèrent une femme d'une grande beauté ^ qu^ils avoient trouvée dans la place y et la lui présentèrent , comme la part la plus précieuse du butin. Le vicomte n'a voit alors que vingtsix ans ; il n'étoit pas insensible : cependant il feignit de ne pas pénétrer le dessein de ses soldats y et loua beaucoup leur retenue y comme s'ils n'avoient pensé y en lui amenant* cette fename , qu'à la dérober à la brutalité de leurs compagnons. 11 fit chercher son mari ; et la remettant entre ses mains y il lui dit que c'étoit à la discrétion de sts soldats qu'il devoit l'hon-^ neur de sa femme.

Page 1