EGARDS
'T. Arsène , dans le long cours de sa pénitence, fut souvent affligé de maladies cruelles ; et comme il étoit aussi docile à faire en cet état ce qu'on lui prescrivoit, qu^il Tavoit tcujours été à se corrifferdes * moindres défauts dont on Pavertissoit , cette aocilité le fit un jour consentir qu^on mît sous lui un matelas et un oreiller, par ordre du prêtre quiavoit soin de lui. Un solitaire , des plus anciens du désert. Tétant venu visiter alors , en fut scandalisé. Le prêtre qui s'en aperçut , le prit en particulier , et le pria de lui dire Ce qu^il étoit dans le monde , avant qu^il se fît religieux. « J'étois berger , lui dit ce solitaire , et je n^avois pas j « de quoi vivre — Cela étant , reprit le prêtre , vous | « avez donc trouvé plus de commodité dans la vie re- ^ « ligieuse , que votre premier état ne vous en auroil • « donné. Il n'en est pas de même du père Arsène que = « vous voyez ; il étoit autrefois le père et le maître des « empereurs ; il avoit tout en abondance ; il vivoit ^. « dans les délices ; il couchoit sur de bons lits : pouvéz- « vous donc trouver mauvais que , pour lui procurer « quelque soulagement dans sa vieillesse, et dans nne « si grande maladie , nous lui donnions un oreiller « et un matelas , un peu moins durs que la pierre ?»
éloges/ i35f
. d. Lùids XIV £iisoit un conte à se$ couerlisans. II avoit promis qu^il les divertiroit beaucoup' : il ne di- ▼ertit personne , quoiqu^il fût du roi. M. le prince à'Ârïnagnac , qu^on appeloit M. le Grand , sortit alors de la chambre ; et le roi dit à ceux qui Festoient : <i Messieurs , vous avez trouvé mon conte *% fort insipide , et vous avez raison ; mais en vous le « rapportant , je me suis aperçu qu^il y avoit un trait « qui regarde de loin M. le Grand y et qui auroit pu « Tembarrasser. J'ai mieu3[ aimé le supprimer que « de le chagriner : mainlenant qu^il est sorti , voici « mon conte. » Il l'acheva , et Pon rit beaucoup.
3. Quelques seigneurs français s'expliqiioient d'une façon trop libre sur les malheurs du roi d'Angleterre. « Henri est mon frère , leur dit St. Louis ; c'est un <c grand roi : si dans ma cour son nom ne le met pas « à couvert des langues satiriques , je deviens cou- « pable de le souffrir. Il est à plaindre d'écouter de « mauvais conseils. Après tout , sa piété et ses au- ^ mônes le rendent estimable ^ et ne sauroient m^- « quer d'avoir leur récompense. »