HONNEUR
1 . V^UELQx/uN disoit au roi Agê^ilas : « Seigneur ^ « vous vous rappellerez bien que vous m^avez promis « une grâce : or , il est du devoir d'un monarque de « tenir , non - seulement les promesses qu'il êdt de « bouche , mais encore celles qu'il fait par un signe « de tête 5 » et par ces paroles et d'autres semblables, il pressoit vivement le prince de remplir la promesse qu'il lui avoit faite. Mais Ja grâce qu'il demandoit étoit contraire aux règles de l'homieur ; elAgésilas ne l'avoit promise que par inattention. Pour se défaire de cet importun solliciteur : « Mon ami , lui dit-il , je sais « que je vous ai bien promis ce que vous me deman- « dez ; mais je sais aussi qu'il ne faut demander aux « rois que ce qu'ils peuvent honnêtement accorder. »
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^ 2» :Aristide aimoit à rendre service à ses amis ; mais jamais il ne cherchoit à leur être utile ^ ni à leur plaire aux dépens de la justice. II évitoitavec grand soind'emjloyer leur recommandation pour arriver aux charges, craignant que ce ne fût pour lui un engagement daneereux, et pour eux un prétexte plausible d^exiger de lai les mêmes services en pareille occasion. Ce grand bDmme avoit coutume de dire que le véritable citoyen > llionmae de bien ne doit faire consister son crédit et son pouvoir qu^à pratiquer lui-même, en toute occasion, et à conseiller aux autres ce qui est honnête et juste. 3.Le chevalier JJayar^i avoit été blessé mortellement en combattant pour sa patrie et pour son roi 3 et ce héros, Fhonneuret la fleur de la chevalerie, étoit couché BU pied d'un arbre. Le connétable Avlc de Bourbon y qp\
Kursuivoit Tarmée des Français , passant près de lui > et yant reconnu, lui dit qu'il avoit grande pitié de lui, le voyant en cet état , pour avoir été si vert.ueux chevalier. « Monsieur^ lui vé^poaàilBayardj il n'y a point « de pitié en moi, car je meurs en homme de bien ; « mais j'ai pitié de vous , de vous voir servir contre « votre prince , et votre serment. »
4- Le maréchaléieBrwjaCjquiavoitépuisésa fortune pour servir la patrie, eût aisément rétsAli ses affaires , s'il eût voulu entrer dans les intrigues des Guises ; mais ce seigneur trouva qu'ilachèteroittropcherleurs bien- £adts, s'il en coûtoit quelque chose à son devoir; et sur ce que ses confidens lui représentoient qu'il laisseroit sa maison sans fortune : « Au moins , répondit-il, je lui « laisserai ce qu'il a dépendu de moi de lui donner, de « l'honneur et de bons exemples 5 il ne me convient I point de rétablir mes affaires aux dépens de laFrance, « moi qui ne me suis ruiné que pour la servir. »
5. Ferdinand , roi d'Espagne, ne cherchoit cpi'à se jouer de la bonne foi deLouisXII. Ce prince s'en plai-
Eiitunjoiu*au roi des Romains, gendre de Ferdinand. e jeune monarque tâcha d'excviser son beau-père : € Won , non , dit Louis , si votre beau-père a fait une € perfidie , je ne veux pas lui ressembler , et j'aime « beaucoup mieux Hvoir perdu mon royaume de Na-
tl9 HONTE.
« pies , que je saurai bien reconquérir , que non pnê € l'honneur qui ne se peut jamais recouvrer. »