‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercerChapitre 75 sur 130 · La fureur du jeu, fondée sur l'espérînce qu'aç · texte numérisé non relu

La fureur du jeu, fondée sur l'espérînce qu'aç

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compagne inséparablement la crainte , perpétue \eS anciennes erreurs, en produit de nouvelles, etraniène les hommes à la pusillanimité qu^inspiroit Pignor: n e dans les siècles de barbarie. « Toutes les fois cnie monsieur coupe , disoit une joueuse , je suis sure de « perdre. — D^où vient cela ? -^ Que sais-je ? c'est « apparemment qu'il a la main malheureuse. » Un autre disoit à son voisin : « Je vous avouerai que je « ne suis pas assez riche pour que vous restiez auprès « de moi. » Quelques-uns ne jouent qtie de. l'argent d'emprunt, se figurant que cet argent doit leur porter bonheur. Fdschafius Justus , quoique naturaliste , ëtoit persuadé que quelque démon l'empêchoit de gagner à son tour. Il invoquoit ce démon , il tâchoit de le fléchir. Un étranger , que Fon ne soupçonnoit pas d'êlre trop crédule , croyoit néanmoins que sa tahatihre lui portait malheur : « Toutes les fois que « je la tire, disoit-il, je suis sûr de perdre mon argent. »

19. Le célèbre Cardan , l'un des hommes les plus universels de son siècle , déclare , dans sa vie écrite par lui-même , que la fureur du jeu lui coûta longtemps la perte de sa réputation , de sa fortune , et qu'elle retarda ses progrès dans les sciences.

20. Rotrou ayaBt reçu deux ou trois cents louis , les sema dans un endroit rempli de sarmens , afin de ne pas tout perdre en unr.seul jour. Vaine" précaution \ La nuit suivante , il secoua jusqu'au dernier fagot.

21 • Dans l'une de nos dernières guerres , un simple particuUer vint à l'armée pour y prendre possession * d'un emploi militaire assez distingué : tout étoit nouveau pour lui, le brillant habit qu'il portoit,la haute noblesse qu'il fréquentoit, et les jeux immodérés dont il ne fut d'abord que simple spectateur. Moins effrayé des risques , que séduit par l'espoir de s'enrichir prompte-^ ment , U osa enfin tenter la fortune. Son bonheur fut tel, ou plutôt il eut le malheur de gagner des sommesc si considérables , qu'il perdit la tête en voulant léa compter sur sa table ; sotai train , ses manières , sa auaison , tout fut à l'instant changé. Il voulut avoir à Paris un magmficjue hôtel et le3 plu3 brillans équi-

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