Dans un spectacle qui se donnoil a^owve > q\i Tome IIL
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Êiîsoit combattre des criminels contre des bétea £6roeei« Parmi les plus terribles deces animaux, on* rémaiiqiiiinl sur-tout un lion, dont la grandeur énorme , les rugis-. semensaj|^ux> la crinière flottante, lesyeuxétinceËms inspiroieiït en même temps Fadmiration et la terreur.Un malbeureux s'avance dans la carrière} Panimal fuirieùx court au devant de sa victime. Tout-à-coup il s'arrête^; et, quittât sa fierté naturelle , il s'approche de lui avec un air de douceur, remuant la queue, comme les chiens qui flattent leurs maîtres ; il le {oint, et lui lèche affectueusement les mains et les jambes. L'homme , caressé par cette béte fiirouche , revient peu à peude sa frayeur } il reprend ses esprits ; il considère attentivement le honj et, le reconnoissant , il le caressa \ son tour avec des transports de joie auxquels Tanimal répondoit à sa ma* nière. Un événement si merveilleux rempUt toute l'assemblée de surprise el d'admiration: on applaudit, on battit des mains ; et l'empereur CaUgula lui-même, qui étbit présent^se fit amener lliomme épargné par lelion; lui demanda qui il étoit,etpar quel charme u avoit désarm^ce terrible animal? «Je suis esclave, répondit-il; mon nom est ^^n^rocZw j.Dans le temps que monmaître étoit proconsul d^Afrique , me voyant traité par lui avec toute sorte de ri^uew et d'irûiumanité j je pris la fiiite ; et comme tout le pays lui obéissoit , pour me dérober à ses recherches , je m'enfonçai dans les déserts de la Lybie , résolu , si je n'y trouvois ma subsistance, de chercher la mort par la voie la pIUs prompte. Au milieu des sables 3 dans la plus grande chaleur du midi , j'aperçus un antre, où j'allai me mettre à l'abri des ardeurs du soleil. A peine m'y étois-je réfugié , que j'y vivS entrer ce même lion , dont la douceur à mon égard vous étonne, poussant des cris plaintifs , qui me lirentjugerqu'iletoitblessé.Cetantre étoit sademeure: je m'y cachai dans l'endroit le plus obscur , tremblant, et croyant êtic au dernier moment de ma vie ; il me découvrit et vint à moi ; non pas menaçant , mais comme implorant mon aide, et levant son pied malade pour nie le montrer. 11 lui étoit entré sous le pied ime très-grosse épine que j'arrachai ; et , m"onhardissant par la patience avec laquelle il souffroit l'oçération ,
1*e pressai les chairs pour en faire sortir le pus : j'essuyai a plaie ; je la nettoyai le mieux qu^il me fut possible , et là mis en état de se cicatriser. Le lion soulagé se coucha , laissant son pied entre mes mains ^ et dormit paisiblement. Depuis ce jour ', pendant trois ans , j^aî vécu avec lui dans le même ant^ et des mêmes nourritures. Il alloit à la chasse , et^lm'apportoit régulièrement quelques quartiers des bêtes qu'il avoit prises ou tuées. Pexpôsois cette viande au soleil , n'ayant point de feu pour la faire cuire. Enfin je me lassai d'une vie si sauvage 3 et pendant que le lion étoit sotû pour la chasse, je m'éloignai de l'antre. Mais à peine avois-je fait trois journées de chemin, que je fus reconnu par des soldats qui m'arrêtèrent ; et l'on m'a transporté d'Afrique.à Home, pour être Uvré à mon maître : condamné par lui à périr, j'attendois la mort sur l'arène. Je comprends que le lion a été pris peu de temps après notre séparation , '^et que , me trouvant , il m^a payé le salaire de l'utile opération par laquelle je l'avois autrefois guéri. » Ce récit courut en un instant toute l'assemblée , qui demanda à grands cris la vie et la liberté pour VhenreuxAndroclus.On lui donna Tune et l'autre : de plus , on lui fit présent du lion ; il alloit dans les rues de Rome , menant cet animal en laisse ; on lui jetoit des petites pièces de monnaie ; on couvroit le lioû defleurs, et l'on se disoitles uns aux autres: «Voici le lion « qui a exercé l'hospitalité envers un homme ; voici «l'hommequi a é télemédecin du lion.» ^oyezFiDÉLiTK.
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