RELIGION
1. LiES Romains^ dès l'origine et la naissance de leur ville , établirent , pour principe fondamental de leur politique ,1a crainte des dieux , et le respect pour la i-elîgion : de là celte multitude de temples, d'autels, de sacrifices ; de là les augures , les aruspices , et tant de soi'tesde divinations : de là ces vœux si fréquens, formdl dans lespreêsa us besoins de Vclal >e\. aLCCorù^Yv^^N^c^xiSA
Si scrupuleuse exactitude. Persuadés par ce" reste de religion naturelle , qui n'a pu s'effacer entïërement du cœur des hommes , que la ï)ivitiité dispose de tout dans le gouvemertient de l^mvèrà ; (Jue c'est elle qui distribue aui homrhes, selon son bon plaisir, Pesprit, la raison , la prudence , la fermefë d'ame , le courage, et tontes les autres qualités d'où dépend le succès des entreprises , il ëtoit convenaï>le qu^ils implorassent la puissance céleste d'où émanent tous ers dons , et que , par des consultations religieuses , ils tâchassent d'en découvrir les arrangeiticns et l'es volontés, pour eil mériter la protection. On ne peut? croire combien cette conviction de la £)ivini(é , qu'ils croyoient être présente et présider à tout , profondément gravée dan^ l'anie eïicore tendre des cnfans par l'éducation , par l'instruction , par les discoiu-s des paretis , et sur-tout par la vue deà cérémonies publiques, faisoit danslasùite une vive impression sur leurs esprits. La sainteté des sennens qlii se font! , comme soosî les yeux de la Divinité , ne fut nulle part respectée comme à Rome. Les soldats , quelque mécontens et emportés qu'ils fussent , n'osoient quitter leurs généraux, parce qu'ils s'éloientliés à eux par le serment, ryansuné longue suite de siècles, personne ne donna jamais^ aU'censeur imefausse déclaration de ses biens. La religion arrêtoitla fougue des grandes passions.Élle rendoitles hommes plus dbciles et plus soumis à Pau torîté légitime. C'étoit le lien sacré qui unisisoitles citoyens, et quin'en formoit qu'aune seule famille dont Rome étoit la mère. En un mot' , c'étoit le plus puissant motif qu'on pût employer pour inspirer du courage dans les combaCs et dans les dangers. Cicéroji rend sur ce sujet un témoignage glorieui a sa nation. «Nous avons beau nous « flatter, dit-il, nous ne nous persuaderons jamais a « nous-mêmes que nous l'emportions par le nomJ)re sur « les Espagnols , par la force dii corps sur les Gaulois, « par l'habileté et la finesse sur lies Carthaginois, par les « arts et les sciences sur les Grecs. Mais l'endroit par «lequel nous avons incontestablement surpasse tous t les peuples et toutes les nations , c'est la piété , c'est la
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# religion , c^est Tintime persuasion où nous. avogiEi
« toujoi^Lélé qu^il y a des ^iieux qui «fknduiseat^
' % gouvdHKit l'Univers. » "^ '
M^.LenJimes adoroientle soleil avec unprofbndres»
' pect, et sur-tout le soleil levant Ils Jui con$acroient\m
çharmacnifigjie avec des chevauxdegrand prix^ etquêl*
quefois us immoloient des bœufs en son honneur. Le feu
avoit aussi des autels; on Tinvoquoit toujoiu*s le ppemif^
dans les sacrifices ; on le portoit par respect devant Je
prince lorsqu^il ëtoit en marche : les magjss setils. en
avoiént la igarde , et Ton se croyoit menicé des plijia
grands malheurs , si jamais ils le laissoient éteincure.
La doctrine fondamentale des Perses étoît qu'il y a deux principes : Tun qui est la cause de tout le bieii> l'autre qui est la cause de tout le mal. Le premier étoijt représenté par la lumière, et l'autre par les ténèbres, comme leurs propres symboles. Ils nommoient le diçji honYasdarriy ou Ôrmuzd; et le mauvais, ^iir^UTuzA. Le premier est appelé par les Grès OromcLsdès , et lejâer^, nier Arimanius. Ils croyoient qu'il y auroit une opposition continuelle entre ces deux divinités jusqu'à là fin du monde ; qu'alors le bon prévaudroit sur le mauvais , et qu'après cela chacun d'eux auroit son propre monde : savoir, le bon , son monde avec tous les gens de bien qui lui.seroient unis ; et le mauvais., aussi sonmonde avec tous les méchans qui le suivroient
Le second ZàroastrCy qui vivoit du temps de Darius, entreprit de chanfjer ce système de religion : au lieu des deux principes, il en établit un supérieur ; savoir , un Dieu suprême, auteur de la lumière et des ténèbres, et qui, par le mélange de ces deux principes, faisoit toutes choses selon son bon plaisir. Mais, pour éviter de faire Dieu auteur du mal, il disoit qu'il y a un Etre souverain, îhdépendant,etqui existe par luimêmede toute éternité^, que, sous cet Etre souverain, il y a deux anges, un ange* de lumière qui est l'auteur du bien, un ange de ténèbres qui estl'auteurduraal; que ces deux anges ont formé,da mélange de la lumière et des ténèbres, toutes les choses, qui existent; qu'ils sont continuellement en guerrePun contie l'autre ; que lorsque Tange de lumière se rend le.
maître, le bien l'emporte sur le ipal 5 et que , lorsque Fange de ténèbres a davantage, le mal prévaut sur le bien, et que ce conflit durera jusqu^\ la lin du monde ; qu'alors il aura une résurrection imiverselle , et un * jour de jugement, où chacun recevrala juste ré ti^bution de ses œuvres : qu'après cela l'ange de ténèbres et ses sectateurs seront relégués dans unlieu où ils souffriront les peines dues à leurs crimes dans une obscurité éternelle; et l'ange de lumière et ses disciples iront aussi dans un lieu où ils recevront \f^. récompense de leurs bonnes actions dansune lumière étemelle , qu'ils seront séparés pour toujours, et que la lumière et les ténèbres ne seront plus jamais mêlées et conlbndues ensf*mblc. LesPerses, avant le dernier Zorooùtrc^ n'orig(^oient nistatues, ni temple8,niautels à leurs dieux,et olilVoicnt leurs sacrifices en plein air, etpresque toujours sur des hauteurs et des montagnes. Ils regardoient comme une chose injurieuse à la Divinité delà renfermer dans lenceinte des murailles, elle à qui tout est ouvert, et dont l'Univers entier est comme la maison et le temple. Cet usage fut encore réformé par Zoroaslre ; et c'est lui qui fit bâtir des temples où l'on conservoit avec grand soin le feu sacré qu'il prétendoit avoir apporté luimême du ciel. Les lois ne permettoient à aucun Perse de borner le motif de ses sacrifices à un intérêt domestique et privé. C etoit une belle manière d'attacher les particuliers au bien public, que de leur apprendre qu'ils ne dévoient jamais sacrifier pour eux seuls , mais pour le roi et pour tout l'état, où chacun se troiivoit avec tous les autres. Voyez Adoration, Pieté.