REPARTIE
îxpliquoît à des enfans le Pentateuque. Il en étoit à [^article de Balaam. Un de ses jeunes disciples se mit 1 rire. Le ministre indigné gronda , menaça , et s^efforça de prouver qu^m âne pou voit parler^ sur-tout quand il voyoit devant lui un ange armé d'une épée : le petit garçon n^en rioit que plus fort. Le ministre s'emporta , et donna un grand coup de pied à Penfent y qui lui dit en pleurant : « Ah! je conviens que « Pane de Balaam parloit , mais il ne ruoit pas. »
1 1 . Un é vêque demandoit à M. de yermandois , amiral de France , quel âge il avoit : « Cinq ans , lui « répondit ce prince. — Montrez-les moi : on peut « montrer ce qu'on a. — Montrez-moi les vôtres , je « vous montrerai les miens. »
12. Dom Pèdre de Tolède y étant ambassadeur pour le roi d'Espagne à la cour de France , s'entretenoit avec le roi Henri 'If^. Ce prince , venant à parler familièrement de son royaume de Navarre , lui dit que le roi d'Espagne son maître le lui avoit usurpé ; que, s'il vivoit encore quelques années , il le sauroit bien recouvrer. Dom Pèdre chercha à justifier son^aaitre; et , alléguant qu'il avoit hérité de ce royaume , il ajouta que la justice avec laquelle il le possiédoit , lui aideroit à le défendre. Le roi lui réj^qua : « Bien ! « bien ! Votre raison est bonne , jusqu'à ce que je sois «Rêvant Pampelune , mais alors nous verrons qui en- « treprendra de la défendre contre moi. » L'ambassadeur se leva là-dessus , et s'en alla précipitamment vers la porte. Le roi lui demanda où il alloit si vite : « A Pampelune, sire, pour y attendre votre majesté. »
i3. Un prince d'Italie, à qui les saillies ne réussissoient jamais, parce qu'il y mettoit plus d'aigreur que d'espi it, étant un jour sur un balcon avec un ministre qu'il chcrchoit à humilier, lui dit : C'est de ce balcon qu'un « de mes aïeux fit sauter uii ambassadeur. — Apparem- « ment, répondit sèchement leministre,que les ambas- « sadeurs ne portoient point d'épée dans ce temps-là. » Le mcme prince, qui prenoit les titres de deux souverainetés oii il n'avoit pas un pouce de terre , voulant mortifier une seconde fois le même ambassadeur, lui
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demanda en public oà étoit sitaé le maniuisatdQtolil prenoit le titre : « Entre vos deux roy^iimies , môiH « seigiieur ^ 9» n^pliqua froîdemènt l'ambawadeut.
ëtoient invites à dîner par im ministre des finances^ ■/ servit au dessert du firamage de Hollande ; ^t ceUtoe "^ on parloit de ce pays-là et de ce qu'il prodùisèîtj «e ministre y en montrant le fromage , dit ^ en s'adhrâh sant aux ambassadeurs : « Voilà' du fruit de Vôtte « pays. » C'ëtoit une espèee de raille^ de la JM" lande. Les ambassadeurs s'en aperçurent ( ru)i d'bn pHt une poignée de ducats , et la j^ta au mifieu dèk salle y en disant : « En voilà aussi. »
i5. Barthelemi Socin y célhhre juriscôiisnlte dePi^ disputoit souvent sur lesmsctières de dmt contre Jûton Magnus, autre jurisconsulte trèÀ-fameux.Un foUr (fit Xsaurent de Midicis assistoit à leur dispute, Jàsim^ se \ sentant poussé à bout par son adversaire y s'aviëâ de forger sur-le-champ une loi qui lui donnoit gain de cause. Celui-ci s'aperçut dé la superôhcrie; et^éottme il n'éto^ pas moins rusé , il renversa aussitôt cette loi par une autre aussi formelle. Jtf^on, cpii n'avoît jamais entendu parlei^e cette loi , somma son adversaire d'en citer l'enOTbit. « Elle se trouve, répondit Sociny « à côté de celle que vous venez de rapporter. /> Laurent de Médicis applaudit beaucoup à cette repartit.
16. Le gouverneur deCatanne pria un seigneur des plus distingués de la cour d'Alphonse ^, roi d'Aragon, de le présenter au monarque : ce courtisanlé lui promit; mais 5 lorsque Toccasionse présenta d'exécuter sa promesse , il se trouva fort embarrassé. Le mérite du gouverneur se réduisoit à bien boire ; quel éloge foire d*«n tel homme au plus sobre de princes ? Enfin ne trouvant rien de recommandable dans le sujet qu'il présentoit, il dit simplement : « Sire, f ai l'honneur de présen- « ter à votre majesté un homme qui n'est jamais à jeéa « quand le soleil se lève. — Ejicorc moins quand 3 se c< couche , » repartit Alphonse^ en lui tournant le dos»
17. Le nvirquis de Grantmont étoit un homme à bons mot^^ et toiUle monde étoit sacrifié à sa passion pourb
^plaisanterie*
REPARTIS* l^S
plaisanteri^.Yoyant un jeune gentilhomme breton,nouveau débarqué Ma cour, pourl^embarrasser encore davantage , et lui faire 9 en quelque sorte , payer sa bien^ venue f il lui dit : « Apprenez-nous si dans votre pays on « saitcequec'estque parabole, faribole, obole? Le gcn- Ulhomme lui répondit, avec Papplaudissement de toute la cour : « Parabole est ceque vousn^entendec pas ; farine bole, ce que vous dites; obole, ce que vous valez.»
i3. Louis XlIIy à la porte d^une petite ville, su ppor-^ toit avec beaucoup de patience une harangue très-eniiuyeuse. Bautru crut qu^il feroit plaisir au roi d'interrompre rinsipide orateur. « Monsieur, lui demanda* « t-il, de quel prix sont les ânes dans votre pays ? » Le harangueur s^arréta ; et après avoir regardé Bautru depuis les pieds jusqu^à la tête : « Quand ils sont de € votre poil et de votre taille , répondit-il , ils valent « au moins dix écus ; » et il reprit le til de son discours.
ig. j4ntigénidas'y fameux joueur de flûte thébain, par sa supériorité dans son art, avoit excité la jalousie d'un musicien de sa profession , qui lui dit en colère : « Je « t^acheterai pour esclave. — Tu feras bien, lui répon- « dit-il ; je pourrai t'apprendre à jouer avec grâce. »
Il fut le maître du célèbre IsméniaSy qui, jouant un jour en public, et n^étant point apjplaudi comme il le méritoit : « Joue pour moi , lui dit Antigénidcus , et € pour les Muses. »
20. Les Gaulois ayant envoyé des ambassadeurs au grand Alexandre , pour lui demander son amitié ; ce jprince , qui s^imaginoit que son nom faîsoit trembler toute la terre , voulut savoir quelle impression ses rapides conquêtes avoient faite sur leur esprit, k Que « craignez-vous le plus ? leur demanda-t-il. — C'est « que le ciel ne tombe sur nous, et ne nous écrase. »
21. Démades se moquoit, en présence à' A gis III ^ roi de Lacédémone, des épées des Spartiates, et disoit qu'elles étoientsi courtes, que les joueurs de gobelets d'Athènes les pourroient avaler. « Cependant , avec f ces courtes épées, lui répartit Agis, nous atteignons «ces ennemis dont les épées sont si longues. »
Un méchant homme demandoit à ce rnoxi^Ltcm^ Tome ni. K
quel étoà iéfim vertnieux des Sportiatei r^ii &éÊtl € rëpondit^il j celui qui te ressemble le moîtis. » '•
- ska. Un Athâiieii disoit à jtntalcidas, capîtaineitMir- ■tiatt|l|^ ponr Tanter sa patrie: «Nous yods avons souiFeiif
•^ repoiiftsésdes bords duGëphise^^-Ëtnous, répondit *« le général lftcédëmo0Îen5nous nevotis ayons jamais -t repenssés des bords de i'Ëurotas.»
- ». On demandoità Cléominei roi de Sparte^ potor tfaoi les ' Lacëdéipomena aie consacroient pas anx '^éox les dëpomlles des eîuiemis ? « Parce qu'elles tt ont été remportées snr des lâches , » répondÛt-S. '
- Un pirate> ayant pillé les terres des Lacédémoniensy fdt pns et condait devant Cl^m^ne^ qui lui demanda
^ j^nrquoi ilvenoit ainsi ravager le pays ? «Je n'avais rien t pôm^ vivre ni pour donner aux autres, dit le corsaiie; ^ îe suis venu vers ceux qni ^voient quelque diose, et « leur ai arraché ce qo^w refbsoient de donner.— Voîtr \h une méehsmceté laoctaique y » reprit Cléomhtç.
s4* ^^*' députés de la ville de Tarragone vinrent
annoncer f^ Auguste y comme un heureux prodige >
' qu'il étoit crû un palmier sur Tautel qu'on lui avoit
érigé* « C'est une marqcbe que vous n'y faites pas
« souvent de sacrifices , » répondit-il.
PacuvÎMSy ayan^ dessein de demander une somme d'argent à ce prince , usa de ce stratagème : « Seigneur > « lui dit-il, le bruit s'est répandu que vous m'avies « £iit une Ratification considérable : chacun m'en « fait compliment , et tout le monde en parle. — Laisse sez parler le monde, lui répondit ^zfg-^^^e / mais, « pour vous , n'en croyez rien. »
23.Un Romain, nommé Jttimi^, soupoitchcK Tempes reurlVerwi. f^éjenion^qm avoit été consul sons Donatien , et dont \e% calomnies secrètes avoient causé la mort de plusieurs citoyens, étoit un des convîves.pn parla de Catulusy connu sous le règne précédent pour un infâme délateur, Nerva, qui ne soupçonnoitpas Véjenton d'avoir fait le même métier, s'avisa de dire 5 fc Qiie feroit maintenant le malheureux Catulus , s'il « eut survécu à Domitien? — Ce qu'il feroit? dit Jir- ^^iusy il souperoit avec nous 3 » reprochant finement
à Pempereur y quil avoit à sa table un homme qui ne valoit pas mieux que Catulus.
126. Les Grecs Asiatiques ^ suivant leur usage ^ nommoient,en présence d'A^ésilasj roi de Sparte, le roi de Perse , le Grand-Roi: «Comment est-il plus grand que « moi y dit-il , s^il n^es t pas plus tempérant et pi us j uste ?»
Un Argien accusant les Laccdémoniens de se gâter par les voyages , en ce qu^ils apprenoient à secarter de» sages institutions de leurs ancêtres : ^ Pour vous au- « très y leur répondit ce grince , les voyages que vous « faites à Lacédémone ne vous gâtent pas ; ils vous « rendent meilleurs. »
27. Tandis que la guerre sociale mettoit en combustion toute ritalie y Marius y retranché dans son camp , attendoit une occasion favorable poiu: attaquer Pennémi. Popédius Silo'n , son adversaire y qui cherchoit à l^attirer en pleine campagne^ lui disoit, pour le piquer: « Si tu es un si habile capitaine > viens donc combattre « contre moi. — Et toi , lui répondit Marius , si tu es « un si grand général y force-moi donc à te livrer ^ bataille, "h ^oyes Plaisanterie, Raillerie.