R-E VERITE
de ses hracereU aux branches d'un chêne sonu lequel il s'étoit reposé; et, l'ayant oublié , ce bracelets y demeura Uois ans, personne n'ayant osé y toucheiv
3. L'empereur Adrien , voyant un de ses esclaves se promener iièrement entre deux sénateurs, voulut ven-î ger la dignité du aénat, avilie dans cette rencontre, ef panir l'insolence de ce valet, orgueiUeux d'appartenii ï(usouYerain.Paj:spn ordre, quelqu'un alla lui donnes^ un soufflet (i), et lui dit . «Gardê-toi de tepromenepJ ^ entre ceux dont tu peux encore être l'esclave !» -(
4- Un marchand de mauvaise foi vendit à la femmtjl de l'empereur Gallien dc^ diamans faux, qu'il lui fi payer comnip s'ils eussentétévénla])les.L'impératricain ayant découvert l'imposture , en demanda venf;eancç^; ^ son époux- GalUeniit si|isir le fripon , et le coudamii*^ | aux bêtes. Il fiit conduitdajis l'arène , et le peuple , qui i étoit venu eu foule i ce spectacle , s'attendoit à voisparoilre iinlioiilenible. Le marchand croyoit toucher) . ap derraier moment de sa vie , lorsqju'au lieu du foM nijdable animal , on vit paroitre un chapon; il s'éleva! toutrà-coup un grand éclat de rire dans l'asseuiblée , et le prince fit crier par un héraut ; «Le trompeur est trompé à son tour. »
5. Les censeurs Sclpion Nasica elM. Popilius, faisant la revue des cheyalierSi, aperçurent un cheval maigre et élancé , dont le maître étoil fort gras et d'un raçrveilleuxi embonpoint. «ï>'où vient donc , lui dirent-* «ij4,une.sî grande différence entre vous et votre che-J c val -''-^C'est que je me soigne moi-même , répliqua ki « chevalier, au lieu que c'est mon valet qui soignci « mon cheval. » Celte réponse trop hajdic excita l'ani-! madversion des censeurs ; et la négligence du cheva-. lier, jointe à ce manque de respect, fut punie par une entière dégradatiop , qui ne lui laissa plus d'autre droit de cîLoyen , que celui de payer les tributs.
6. Peudant le siège de Carthage , qui fut prise par Scipion , un Jeune chevalier romain donna un repas à
^') C'étoil ainsi qu'à Rome on reiidoit la liberté à ceus i gm l'avoieul pei'due.
SEVÉHfTlÊ. igS
ses amîs , où il ht servir un grand gâteau en fortne de^ ville , à qui il donna le nom de Cartnàge. « Allons , mes « amis , leur dit-il , pillons Carthage. » Chacun des confîtes j à ces paroles, se jeta sur le gàteaujet dans un ins^ tant il disparut. 5*c^£o» , dans la suite, ayant été censeur, ôta a ce jeune homme son cheval, ce (Jai étoitun^ grand déshonneur pour les chevaliers , et lui dit : «C^est « pour vous punir d'avoir piUé Carthage avant moi. yi^
7. Caton Tancien , ce magistrat sévère , chassa àvi: sénat, pendant sa ceiisure , 3îanilius , citoyen d^une illustre naissance , pour avoir embrassé sa femme en' présence de sa fille. Après une vive réprimande , il ajouta que sa femme ne Pavoit jamais embrassé , que quand la crainte du tonnerre la forçoit'de se jeter entre' ses bras.<^uelle étoit donc, dans ces temps heureux , f austérité des mœurs romaines , puisqu'une faute sV légère fut jugée digne d'un tel châtiment !
8. Quelques jours avant la mort de I^sandre , deux* des principaux citoyens de Sparte avoient fiancé se$ devix filles 5 mais quand ils surent l'état misérable où cet illustre Laeédémonien avoit laissé ses affaires,. ils refusèrent de les épouser. La république ne laissa point impunie une telle bassesse d'ame, et ne put souffiîr q[ue la pauvreté deL3rjû«£ire,qiiiétoit la plus grande preuve de sa justice-et de sa vertu, fiit regardée comme un obstacle qui dût empêcher de s'allier à sa famille. Us furent condamnés à un amende, couverts de honte , et exposes au mépris de tous les gens de bien.
Q. Galba y qui dans la suite monta sur le trône des Césars , n'étant encore que proconsul d'Espagne , fit couper les mains à quelques banquiers convaincus de firaude et de rapines, et les fit clouer sur leur bureau, pour être les monumens terribles de leur injustice et de sa juste sévérité.
10. Hum ain à l 'égard de ses ennemis , Totila punissoit sévèrement k crime dans sei propres soldats. Un Romain de laCalabre AtntluidematKferjustice contre un de ses gardes, l'accusant d'avoir feit violence à sa fille. Le coupable, sur son propre aveu, fut condamné à mortL Comme c'étoit un guerrier renommé par sa valeur , \^%
ig6 8 K ^É R I T É.
principaux officifirsseréunirent pour demander sag race. Le roi , après les avoir écoutés avec bonté , leur répondit en ces" termes: «Ne Diesonptonnezpas de cruauté ;neH ne me touche plus sensiblement que les malheurs de mes compatrioles. Mais le plus yrand mal que je leiir poorrois faire seroit de laisser les crimes impunis. Je sais que le vulgaire nomme clémence une indulgence ' meurtiière , qui nourrit les forfaits et les multiplie. Au contraire , celui qui , par une sévérité salutaire, maintient Tautorité des lois , est regardé comme dur et impitoyable. C'est la licence qui renverse ainsi les vrais noms des choses pour se piocurer l'impiinité. Vous n'avez point de part au crime ; songe?, qu'en le défendant, vous vous rendriez complices. Je liens également coupables l'auteur du forfait, et celui gui en empêche la punition. Choisissez de sauver un ciiminel ou la nation entière. Au commencement de li guerre , nous étions puissans et fortunés : le nombre et la bravoure Be nos soldats , nos richesses , nos victoires passées nous rendoient formidables. Toutes les forteresses de lltalic étoient en nos mains. L'injustice de Théodat a détruit notre empire ; Dieu s'est armé contre nous : il a marché à la tête d'un petit nombre de Romains , et nos armées innombrables ont disparu devant de foibles ennemis. Rassasié de vengeance , il se tourne maintenant vers nous ; son bras puissant relève ceux que son bras avoit abattus : nous n'attendions que la mort ; il nous a donne la victoire. Conservous-la par notre iiistice ; n'attirons pas sur nos têtes le châtiment que le coupable a mérité. » Ces sages réflexions pénétièrent le cœur desGolhsnls abandonnèrent le criminel; il fut exécuté, et ses bieni furent donnés à la liile qu'il avoit outragée.
1 1 . Les Romains , sous les ordres des consuls ]\/Ian- Uus et Décius , faisoient aux Latins une guerre sauglante. Les généraux , jjue quelques échecs avoient rendus circonspects , donnèrent uv édit quîMéfendoit, sous les dernières peines, de combattre hors de rang, sans une permission expresse. T. Mahlius , (ils du consul, ayant été envovc, avec un détachement de cav*-
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erie , pour reconnoître les mouyemens des ennemis [ui n^étoient pas loin , s^avança presque jusqu^aux »ortes de leur camp. Un des principaux officiers lalins e défia à un combat singulier, et lui parla même vec une insultante hauteur. Le jeune Romain, plein le feu et de courage , ne peut se contenir : il oublie i Pinstant ce qu^il doit à la majesté paternelle , et lUx ordres suprêmes des consuls. Il s^élancé sur son idversairé 5 il le terrasse ; il l'immole 5 et, couvert le ses dépouilles , il retourne , comme en triomphe , ivec sa petite troupe qui le comble d'éloges. Il arrive u camp ; il vole vers son père : « Je me suis montré c digne de vous , lui dit-il 5 je viens déposer à vos ( pieds les dépouilles d'un audacieux , qui , par ses c outrageantes bravadas , a provoqué ma colère : sa c mort a vengé votre fils. » A ces mots , le sévère ma- ^trat détourne ses regards ; il repousse , en quelque orte , des yeux et de la main , le téméraire vainqueur 5 ît sur-le-champ il fait assembler toutes les légions. Un raste silence annonce l'attente des Guerriers 5 et le ionsul fait entendre ces terribles paroles : «Mon fils , ( sans respecter ni la majesté consulaire , ni Tautorité t paternelle , vous avez osé combattre , hors de rang , s contre notre défense : vous avez aboli, autant qu'il If étoit en vous , la discipline militaire , qui , jusqu'à t ce jour, fut le plus ferme soutien de la république; K et je me vois réduit à la triste nécessité , ou de t trahir les intérêts de l'Etat , ou de me sacrifier % moi-même^ avec tout ce que j'ai de plus cher; mais i il est juste que nous portions la peine de notre faute , K plutôt que de la faire retomber sur la patrie inno- K cente. Je crois que ^ous-même , s'il est vrai que t mon sang coule dans vos veines , vous vous sacrit fierez volontiers pour rétablir , par votre supplice , tla discipline militaire , que vous avez renversée par K votre désobéissance. Approche, licteur ; attache-le r au poteau. » Toute l'armée fut saisie de frayetir en intendant un ordre si violent et si atroce. Le licteur re saisit du jeune Manlius , et lui trancha la tèle eu présence de tous les soldats.
SEVERITE
[vtme guerre contre lesSamnites, Papiriuf-
à commaiidoit l'armée romaine en qualité
r, étant obligé de retourner à Rome, laissa
3ement à Fabius , maître Ae la cavalerie ,
ne plein d'ardeur et de courage ; mais il
expressément de comLattre enson absence.
e vit pas plutôt parti, qu'il songea à former
trepnse, sur-tout lorsqu'il eut appiis l'es-
gence qui réf[noit paniii les ennemis depuit
e Papirius. Il se hàla d'attaquer les Sani-
succès du combat fut aussi heureux qiiil
^, ^uauuméni. ctateurs'yfût trouvé en
itci^uiiiie.ijegénéralctkssoiaats firent égalemeotWn
irdevoir jet plus de vingt milk ennemis restèrentsur
place. Aussitôt après l'action, /^aÂi'uj écrivit à Rome
lur y utander la nouvelle de sa victoire. 11 adressa les
jf>« au sénat, et non pas au dictateur, faisant asseï
u e par là qu'il ne prélendoitpointpartagcravec
Il oire des avantages qu'il avoit rempoités.
. „ui.e la ville fut dans la joie à cette nouvelle. Le seul Papirius n'y prit point dé part , et ne témoigoi que du mécontentement et de l'indignation. II partit à l'insLaut, faisant contre Je maître de la cavalerie les plus terri})les menaces. Fabius, averti par ses amis du ïessentimeut de Papirius , assembla ses soldats , et les conjura de le défendre contre la cruauté et la jalousie du dictateur. Cependant Papirius arrive , et convoque l'assemblée. Il fait citer Fabius , et lui demande, en premier lieu, s'il n'est pas vrai qu'il lui a défendu de combattre ? Kn second lieu , s'il n'a pas néanmoins livré la bataille ? Fabius, embarrassé de lépondrô i ces deux questions, se jette à 4'écart : il se plaint d'avoir dans le même homme son accusateur et son jujiei il s'écrie à haute vois, qu'on peut bien lui ôter la îie, mais qu'on ne peut lui enlever l'honneur d'une illustre victoire : il mêle les justifications aux reproches , utaii» ces discours vagues et tout à la fois oÔeii^aas , ne font qu'aigi'ir la colère du dictateur , qui ordonne au lirleur de saisir le maître de la cavalejie. Fabius, Cil ce Moment , appelle loaa les soldaiLs à son secouMi
ê iy à Kl T i. 1^9
et s'ctant débarrassé des licteurs , il va chercher un asile au milieu de Parm^ qui le reçoit et Tenvironne. Un tumulte affreux- règne dans te catop : ici l'on entend des prières ; là, des menaces. Papirias ordonne qu^on fasse silence ; mais le bruit horrible , qui croît «ans cesse , empêche qu'ottne p\tisse entendre sa voix, ni celle dé ses huissiers. Ekifîn, la nuit, comme il arrive quelquefois dans les bataillès,séparà les contes tans. Fabius est ajoutué au lendemain ; mais , par le conseil de ses amis, il s^enfuit à Rome pendant \h nuit, et , le lendemain matin , il assemble le sénat. Pleiidaht qu'il y déclamoit contre la rigueur et Tinjustice de son général, on entend tout-à-cotip à la porte le bruit des ncleurs qui faisôient écarter la foule : c'étoît lé dictateur, qui , ayant appris la retraite dû maître de h Cavalerie ,l^âvoit suivi de p'ès. La querelle recommence , et Papîrius ordonne à ses licteurs de saisir lé coupable. Fjï \A\n le sénat entier lui deinande grhce : toujours inflexible, il persiste dans sa résolutibn. Alors M. Fabius , père du maître de la cavalerie, eut recours à là dernière ressource qui lui restoit; et adressant la parole au dictateur : « Puisque , dit-il j rien n'est capable de tous « teitcher, ni l'autorité dû sénat, ni la vièillestsé d'un « père infortuné , ni le mérité et la noblesse de Tacite cut^> j'en appelle au pewjple, qui certaihement a plus « de pouvoir que ne vous en dbriné votre dibtatùre. » Eln conséquence -de cet apipel , oti se transporte dans la place publique ; et Papirius monte à la tribune aux harangues. Fabius avoit pour lui la majesté du sénat, la faveur du peuple, les voèùx dé l'aribéé. De l'autre côté , Papirius faisoit valoir l'âutoriié dil comînaridement, regardée jusques-là comme inviolable •, la discipline militaire, les ordres des dictateurs, toujours res- Eectés comme dêè oracles} l'éxémpié de Maniius^ et i tendresse paternelle isacrifiéé à l'Etat : il s'autorisoit encore du supplice que BrutU^y foridateur de la république, avoit fait souffrir à ses deux énfâhs. Tous ces môtifei qu'il détailla dans un discours prononcé d'un Ion sévère et d'un air imposant, firent une terrible impressionsur les esprits. Le peuple n'osa absoudre Fû&ii^^ : il ^cvVV^.
SEVERITE. 1
etde conjurer le dirtatcurdelniacrordOT I xibuns joignirent leurs prières à celles du i redeFabius,Fabiusln\-}nême,seie\S;teiit ^apirius, le suppliant, avec larmes, dp se Alors le dictaleur, ayant fait faire silence: ; n „ .ent, dit-il ; la discipline militaire , la ma"
8 ï veraincominandement,qiiiontcouniris-
K l'hui d'être abolis pour jamais , ont enfin i
.,.., ''ahius, qui a osé corobaltre contre l'ordre |
s rai , n'est point défendu comme innocent,"
« ...ait, lu pour coupable. Il obtient le pardon d&
«son c-.„-q prièrL„ Jw peuple romain etdes tri-
«bims, qui i.tmandentpourlui la vie comme unegrace, « et non comme une justice. Vivez , Fabius, plus heu- « reux mille fois parce consentement unanime de ton» ^ vos concitoyens a s'intéresser pour vous , que par 1» «victoire qui vous causoit tant de joie. Vivez , après « avoir commis une faute que votre père lui-même n'autf roit pu vous pardonner, s'il eût été en ma place; et « sachez que la pins grande marque que vous puissiez « donner au peuple romain de votre reconnoissanre , (I c'est d'apprendre, parce qui s'est passe aujourd'hui, « à obéir avec soumission, tant en paix qu'en guerre , « \ ceux qui auront sur vous une autorité légitime. » i3. Un serpent d'une énorme grandeur , causoit beaucoup de désordres dans l'île de Rhodes , et avoil même dévoré quelques habitans. La retraite de ce furieux animal étoit dans une caverne située au boni d'un marais , au pied du mont Saint-E tienne, à deux millesdela ville. Il en sortoit souvent pour chercherst proie : il mangeoit des moutons, des va<;hes , et quel^ quefois des chevaux, quand ils approchoient de f'ea» et du bord du marais. On se plaignit même qu'il avoit dévoré de jeunes p.îtres qui gardoient leurs troupeaux.' Plusieurs des plus braves chevaliers, endifférens temp» et à l'insu des autres, sortirent séparément de la vitiej pour tâcher de le tuer; mais oan'en vit revenir auctin.) Comme l'usage des armes à feu n'étoil point encore iiP venté , et que le peau de cette espèce de monstre étolf couverte décailles à l'épreuve des flèches et de. daidJ
les plus acérés , les armes y pour ainsi dire y n'étoient pas égales, et le serpentlesavoitbîentôt terrassés. C^est pourquoi Hélion de f^illeneuvcy alors grand-maitre de Tordre, défendit aux chevaliers de tenter davantage une entreprise qui paroissoit au-dessus des forces humaines. Tous obéirent, à ^exception du chevalier Dieu-Donné de Gozojiy qui forma secrètement le dessein de combattre cette bête camacière , résoin d'y périr, ou d'en délivrer TUe de Rhodes. Pour commencer à mettre son projet à exécution, il passa en France, et se retira dans Je château de Gozon , qui subsiste encore aujourd'hui dans la province de Languedoc. Ayant reconnu que le serpent qu'il vouloit attaquer n'avoit point d'écaillés sous le ventre , il forma, sur cette observation, le plan de son entreprise. 11 fit faire , en bois ou en carton , une figure de cette bête énorme; et il tâcha sur-tout qu'on en imitât la couleur. 11 dressa ensuite deux jeunes dogues à accourir à ses cris, et à se jeter sous le ventre de cette affreuse bête, pendant que, monté à cheval , couvert de ses armes et la lance à la main, il feignoit , de son côté, de lui porter des coups en différens endroits. Le chevalier employa plusieurs mois à faire tous les jours cet exercice ; et il ne vit pas plutôt ses dogues dressés à ce genre de combat , qu'il retourna à Rhodes. A peine fut-il arrive dans llle, que, sans communiquer son dessein à qui que ce fut, il fit porter secrètement ses armes auprès d'une église située au haut de la monta-
Ke de Saint-Etienne, où il se rendit, accompagné seunent de deux domestiques qu'il avoit amenés de France. 11 entra dans l'église 5 et après s'être recommandé à Dieu, il prit ses armes, monta à cheval, et ordonna à ses deux domestiques,s'ilpérissoit dansle combat, de s'en retourner en France 5 mais de se rendre auprès de lui, s'ils s'apercevoient qu'il eût tué le serpent, ou qu'il en eût été blessé . 11 descendit ensuite de 1 a montagne avec ses deux chiens, marcha droit aumarais et au repaire du serpent. Aubruit que faisoit l'intrépide chevalier, le furieux animal accourut, la gueule ouverte , et les yeux élincelans, pour le dévorer. Gozon Importa iuicoupdelance,que l'épaisseur etladur^lé de^èc^^e,^
le-IIsepreparoilàredoublerses coups; maïs i Spouvanté des sifllemens et de l'odeur du use d'avancer, recule et se jelte h côtë.ll aaiusedela piîrle de son maître, si, sans s'étont mis pied à terre.Tirant anssilôt son ép6e, édecesdeuxfidellesdoguesjiljointcettehorit lui porte plusieurs coups en dilTérensenla dureké des écailles empêche d'entamer. )tcanimal,d'uacoupdequeue,le jeta même en auroit été infailiihlement dévoré , si les I ne sefusaentattachésauvenlre du serpent,
"■"-' de "es morsures , sans que,
^„ -t- - is, il pu ui' faire lâcher prise. Le t rer,i la favetirde ce secours, se relève, et se joi-
guniit k ses dogues, enfonce son épée jusqu'à ia garde dans un endroit qui n'é toit point défendu par desëcailles; il y fit une large plaie dont il sortit des flots de sans. Le monstre,Llessé à mort.,tombesurlechevalier,qii'iIabat une seconde fois; et il l' auroit étoulfé par le poids et la masse énorme de son corps, si les deux domestiques, spectateursdececc«nbat,ne fussent accourusausi?cours de teur maître. lis le trouvèrent évanoui, cl ils le crurent mort, mais après l'avoir retiré de dessous le serpent avec beaucoup de peine, pourlui donuerlieuderespirers'il étoit encore envie, ils lui obèrent son casque ; et après qu'on lui eut jeté de l'eau sur le visage, il ouvrit enfin les yeux.Le premier spectacle , elle plus agréable quipouvoit se présenter à sa vue, fut celui de sou ennemi mort. On n'eut pas plutôt appris dans la ville sa victoire et la mort duserpent/iu'unefouled'habitans sortit au devant de lui. Les chevaliers le conduisirent en triomphe aupaluisdu grand-maître. Mais, bu mîheu de ces acclamations, !e vainqueur fut bien surpris, quand le grandmaître, jetant sur lui des regards courroucés , lui demanda s'il ienoroit les défenses qu'il avoit faites d'attaquer celte dangereiise bête, et s'il croyoit les pouvoir violer impunément- Aussitôt ce sévère observateur de la discipime, sans vouloir l'entendre, ni se laisser fléchi? parles prières des chevaliers, le fitmcttre en prison. Ensuite il convoqua le oouseil,-oùif représenta que l'ordre
si V É R I T i. 2o3
ne poiivoit se dispenser depunirrigoureusementunedé- .soLéissance si fonnelle^et^ comme un «lutre Manlius^ il ropinahautement à rendre cette victoire funeste au yain<^ queur.Le conseil obtintqu^il se contentâtdele priver de rhabil de Tordre. Le malheureux chevalier s^en vit honteusement dépouillé; mais le grand-mailre après avoii^ satisfait à son devoir par ce châtiment, revint à son caraelère naturellemepl doux et plein deLonlé,et rendit l^abità ce brave chevalier^auxinstantesprièresdesprin- •€ipanx(':on»mandcur8deTordre.6'ozon,danslasuitejen devint le chef^et soutint dans i^etle dignité suprême la -haute réputation due aux vertus qui l'y avoient élevé. i4- Trois jeupes gentilshommes flamands , envoyés parleurs parens à Pabbaye de Saint-Nicolas- des-Bois, •pour apprendre la langue française, allèrent im jour se
{jromener hors du monastère^et s'amusèrent à tirer des apins à coup de flèches. L."'ardeur de la chasse les em-^ porta jusque dans les bois A'Enguerrandde Coucv yOix ils furent arrêtes par les gardes de ce seigneurie plus violent et le plus emporté de son temps, qui les fit pendre «ur-le-champ sans les entendre, et sans leur donner le temps de se préparera unemoit qu'ilsnecroyoientguère èvoir mérité. S. Louis en futaverti par un proche parent d'un de ces malheureux étrangers. Touché d'une action si barbare , il donna promptement ses ocdres pour en foire informer. Le crime fut avéré, et Comcy assigné à comparoitre devant les juges orditiairesde lacourduroi. il se présenta, m ais sans vouloir répondre, sous prétexte qu'étant baron, il nepouvoit être juge que par les pairs. On lui prouva que cette prérogative ne lui appartenoit pas : il fut arrêté, et très*étroitement gatdé dans fa tour du Louvre, non par les paii's ou par les chevaliers, mais par les huissiers ou sergens dû roi.Cette action derigucur étonna tous lesbaronsde la France, la plupart parens ou alliés du coupable : ils commencèrent à craindre pour sa vie : Louis vouloit la peine du talion; il "s'en expliquoit ouvertement. Le monarque assembla son coriseil^am-
{)osé, dans celte circonstance, de tous les barons et de a plus grande noblesse du royaume. Cowcy, \\\V.e.Y\oi^é, par le roi même^ et presque epnvaîncu, tve n\V. à?«xvVx^
SEVKHITE.
-> ter sa condamnation, que de demander de
drecoiiseildesesparens,ee quifiitaccordé.
irs i prouve bien lanoblesse du coupable, toui
baron" -o levèrent et sortirent avee lui. Quelque ps an ,ils rontrèrenl',etCoHcy,àleurtête,ntalB ', ofTi le s'en justifier par le duel. Mais ce moyeit ' rejet r le prince, qui le traita de monstrueux bii- "ffigt. ?etle inexorable fertneté fit trembler pouf Iheui ixEn^Kcrra/wi.Lesaint monarque convaia* eu quelajus lice doit êtrclapremière vertu desrois, senvbloitoublierla qualité du '~'~'""iel, pour ne songer qu'à l'énorraité de son crime. iide<:t'Lteidée,ilordonne
aux barons de reprendre leur place , et de donner leur avis.Alorsil.se fait un profond silence; aucun ne veut opiner ; tous se jettent aux pieds du monarque, pour de»> mander grare. C'oHcylui-mcme,prostemé S ses genoux^ et fondant en larmes, implore sa miséricorde. On peut juger de l'effet que produisit unescène si twichantesnr un creur comme celui de Louis; il insistoitnéanmoîns eucoresurlanécessitédepunirsévèrementuneactioasi înhumaine.Maisenfinn'cspéranI plus obtenir le consentementde ses barMis,necroyantpas devoir mépriser lei sollicitations de tousiesgrandsde son état, contentd'ailleurs de leurs soumissions et de celle d'un homme de la première qualité , il laisse tomber un regard sur lui : « Enguerrand, lui dit-il d'un ton de maître, si je savois « certainementqueDJeum'ordoRnàtde vous faire mou- « rir , toute la France et notre parenté niêm^ ne vou» « sauveroient pas.» Ces paroles , mêlées tout-à-la-ftw de clémence etde sévérité, remirent le calme dans l'assemblée, qui De demandoit que la vie du coupable. Oa allaensuiteauxopinitHis, qui furent toutespour un chitiment exemplaire. Coucy fut condamné à fonder trois chapelles où rondiroit desmesses à perpétuité pour les trois gentilshommes flamands; à donner à l'abbaye de Saint-Nicolas f le bois fatal où le crime avMt été commis; à perdre danstoutes ses terres le droit de haute-justice et de garenne; à servir trois' ans à la Terre-Sainte, avec un certain nombre de chevaliers ; enfin , à payer douze miJJe cinq cen\&.\i\i;es-à.'amaQ.dû , «çie le mo-
narque se fit d*?Uvrer avant que de le mettre en liberté. i5. Au siège de Vigual, fait parle maréchal éZe JBrwjoc, un jeune gontlibommej, nommé /èJB^^aréZ^eBowjf, par un^ témérité digne de son âge , part de sa troupe sans attendre aucun ordre, monte surla brèche, tire un coup . d^arquebnse, et metUnt lepée h la main,s^y maintint quelque temps.Quelques-uns de ses compagnons , Va-
Eercevant dai;ïs cedanger, courent à la brèche, y comattcntavec valeur, et appellenlle reste de l'armée, que le maréchal fut obligé d'envoyer à leur secoiirs.La place fut ainsi emportée après un combat furieux. Quelques ]Ours après, le maréchal assembla Parmée,et il se plaignit delà désobéissacce des soldats qui, sans son ordre, avoient eu l'audace de monter à Vassaut. 11 fit arrêter jBowjfi,qu'ilremit lié etgarotté entre les mains du prévôt. Onlecondamnaàmortcommeinfracteurdeladiscipline militaire. Plusieurs officiers se jetèrent en vain aux genoux du général, pour obtenir sa grâce : il fut inflexible. Cteipix)noncala sentence au malheuréuxJSow«,etleprévôt alloit l'emmener au supplice, lorsqu e le maréchal lui ordonna de se retirer, 11 fit alors approcher le coupable. « Boissiy lui dit-il, ta vertu et ton courage, téméraire- « ment montrés à Passant deVignal. m'excitent h la pi-
« tié. Ta faute est plutôt Peffet d'une valeur inconsidé- « rée,que d'un esprit de désobéissance : je te pardonne « en cette considération , et en faveur de toute l'armée « qui m'en prie ; et de mon côté , pour reconnoître l'in- « trépide courage qui t'a fait jeter à corps perdu dans la « brèche, je te donne cette chaîne d'or, que je te prie « de porter pour l'amour de moi : mon écuyer a ordre « de te remettre un cheval et des armes , avec les- « quelles tu serviras désormais auprès de moi. »
16. Epaminondas ayant trouvé une sentinelle endormie , la perça de son épée , et comme on lui reprochoit cette sévérité , il répondit : « J'ai laissé cet « homme tel que je l'ai trouvé. » Le sommeil est l'image de la mort.
17. Pendant laguerredesThébains contre lesLa/cédémoniens, ce même général, obligé de retourner à Thèbes pour l'élection des magistrats, laissa le commande-
lëeàsonfilsjavecimedefenseexpressed'en-' balàsonabsence;niaisle jeune hommene jorterles reproches de l'ennemi, oublia le*' père, attaqua lesSpartiates, etlpsdéfiten- )a/ninont^aiiétanldei'Ctout'aucafnp,son6lf' nterà lui, tout fier de savietoire. Ce père couronna d'abord eomme vainqueur, et!e' ourir comme rebelle à ses ordres. '1
i officiers dépensoient leur bien en jeux; eÇj esfitmetLreen prison. Gellejuste sévéritftj .^ i^y^^*" "^'■'"1 ■/•«troupes. L'emperenr, san#nj M étonner , morne sur son i ; etietantsurles mutiné , ■
un regard terrible, il les c i e tous , puis, d'un torf foudroyant , il leur ordop e mettre bas les armes. Tons les soldats surpris, «"«-ertés , obéisent à l'instant, et l'empereur lit por armes et lesdrapeaui dans son palais , au milieu )euple d'Antioche .- quelque temps après , il leur " ''^ana ; et il n'eut ensuite qu'à se louer de leur co et de leur obéissance. ' * i