‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 57 sur 138 · SILENCE · texte numérisé non relu

SILENCE

adopter les rêveries A'Epicure. » Le relî-

iit par im hom ! honi ! qui faisoit enten- i

IX amis qu'il étoit connoisseiir en celle

ii& il eut la prudence de ne se point mé-'

M'» ; conversation si échauffée. « Oh ! par-

l père , di Chapelle , qui se crut affoi-

pparente approbation du minime , il iaiit

»re convienne que Descartes n'a formé

le que comme un mécanicien qui îma-

uu lelle machine sans faire attention à, l'exé-

-.cjun. . Le minime sembla se ranger du coté de

ipelle par Un second ' ' hom ! Molière outré

aece qiie son rival triom^iiuit , redouble ses ciforb,

et détruit les opinions de Gassendi par de si bonnes

raisons , que le religieux fut obligé de s'y rendre

£ar un troisième hom ! hom ! qui seinbloit décider i question en sa faveur. Chapelle s'échauffe ; et criant à pleine tête pour convertir son juge , il ébranla son équité par la force de ses poumons , et le força de convenir de tout par ses gracieux hom ! hom 1 La dispute s'anime de plus en plus ; et les deux amis ea étoient aux convulsions , quand ils arrivèrent devant les Bons - Hommes. Le religieux demanda qu'on le mît à terre , et donna son applaudissement au profond savoir des deux antagonistes. Mais avant que de sortir du bateau , il alla prendre sous les pieds du bateber sa besace , qu'il y avoit mise Rn entrant- C'étoit un frère -lai. Les deux philosophes n'avoient point vu son enseigne ; et honteux d'avoir perdu le fruit de leur dispute devant un homme qui n'y entendott rien , ils se regardèrent l'un l'autre sans se rien dire. Molière , revenu de son étonnement, dit à Baron qui étoit de la compagnie , mais d'un âge à négliger une pareille conversation : « Voyez , petit « garçon , ce que fait le silence , quand il est observe « avec conduite. »

II, Les Romains ayant prié les Athéniens de vouloir bien leur communiquer les lois que Salon leilr avoit prescrites autrefois , l'aréopage s'assembla ; et après une mûre délibératioa , U fut résolu d'envoyer

Ji Rome un des sages de la Grèce , pour savoir si le» Romains ëtoient dignes ^ par leur sagesse y d'avoir ces lois 5 avec ordre , s'ils ne Pétoient pas , de rapporter les lois sans les communiquer. Cette résolu-^ tion ne put être si secrète que le sénat romain n'en fôt averti. Il se trouva fort embarrassé , parce qu'alors Rome étoit dépourvue de philosophes assez habiles et assez savans pour lutter contre un sage de la Grèce. 11 fut donc question d'imaginer quelque expédient pour se tirer avec honneur de ce pas difficile. Le sénat n'en trouva pas de meilleur^ que d'opposer un fou au philosophe grec y afin que , si le hasard vouloit que le fou prévalût , la gloire de Rome en fût d'autant plus grande, qu'un fou de Rome auroit confondu un sage de la Grèce ; et si ce dernier tiiom* phoit , qu'Amènes ne pût tirer aucun avantage d'avoir fermé la bouche à un fou de Rome. L'ambassadeur athénien étant arrivé à Rome , on le conduisit an Capitole y où l'on avoit placé , dans un apparte-* ment richement meublé , un fou dans un fauteuil , habillé en sénateur , et auquel on avoit expressément défendu de parler. L'Athénien avoit été prévenu que ce sénateur étoit très-savant , mais qu'il parloit fort peu ; de sorte que cet Athénien , en entrant , sans lui dire autre chose , haussa un de ses doigts. Le fou croyant que c'étoit une menace de lui crever un œil , et se souvenant qu'il lui avoit été défendu de parler , haussa trois des siens ; voulant signifier par là y que si le Grec vouloit lui crever un œil , lui , à son tour, lui en creveroit deux , et du troisième doigt , l'étrangleroit. Le philosophe qui , en élevant son doigt, avoit voulu faire entendre qu'il n'y a qu'un premier Etre

3ui gouverne toutes choses , crut que les trois doigts u fou marquoient qu'en Dieu , le passé , le présent et l'avenir sont la même chose , et jugea par là qu'en elVet cet homme étoit fort savant. Il ouvrit ensuite la main ; et la montrant au fou , il voulut exprimer que rien n'est caché à Dieu ; mais le fou prenant ce signe pour la menace d'un soufllet qu'on vouloit lui appliq,ier,présenta sa main fermée au philosophe ;> vouiauV.V\ûîàvY^ Tome ni. O

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