‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 6 sur 138 · PERSÉVÉRANCE · texte numérisé non relu

PERSÉVÉRANCE

'est la persévérance seule qui mérite la gloire aux hommes, et la couronne aux vertus. Ce n'est pas celui qui aura commencé, mais celui qui aura persévéré jiisqu*à la fin, qui sera sauvé : car, que sert-il d'être bon , d'être sage, d'être patient et vertueux dès lespremiers pas de sa carrière , si l'on ne continue point jusqu'au bout ? La vertu de Saûl le plaça sur le trône d'Israël. Il fat heureux tant qu'il fut humble : l'orgueil domte son ame. Assez téméraire pour donner aux ordres de l'Eternel un sens conforme à ses vues , il veut épargner les Infidelles que le Tout-Puissant a proscrits. Saûl tombe dans tous les malheurs ordinaires aux mauvais princes. Il fiaiit par perdre sa couronne et la vie. n.Salomon fiitle plus sage,leplus heureux des mo-

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narques^ tant qu*il resta fidèle au Dieu de ses pèrel* Mais bientôt, abandonnant ]es préceptes du Seigneur, l ^ et se joignant, par une honteuse alliance, à des fem- ]pp mes étrangères et païennes , Salomon prostitue à def» ^ dieux de bois et de pierre un encens qui n'est dft ^ qu'au Très-Haut. Il s'avilit autant dans sa folie , qu'il i s'étoit auparavant élevé dans sa sagesse. \

3. Il y avoit à Sébi^te, en Arménie , une légion de ^î soldats, surnommée laFoudroyante, qui produisit sons ^ l'empereur Licinius^ en 3o8, quarante illustres martyn, ■ ' tous jeunes gens remplis de force et de courage. On leur ^ proposa de sacrifier aux idoles ; mais l'ayant refusé avec e constance, sans avoir égard ni aux récompenses qu'on •; leur promettoit , ni aux menaces dont on les épouvan- ;: toit , ils répondirent : « Nous ne voulons point de feufr- t <c ses richesses ; nous cherchons des biens solides et « durables. C'est n'est pas vous faire injure que de « donner la préférence à Dieu de qui nous attendons . « ces biens , si nous lui demeurons fidèles. Nous som- « mes disposés à mourir pour le Dieu que nous ser- « vons. » Le gouverneur Agricola^ à qui ils parloient ainsi, ne pouvant souffrir ia liberté et la hardiesse de ce discours , ordonna qu'ils fussent exposés pendant une nuit entière sur un étang glacé hors de la ville de Sébaste , afin de les faire mourir par la violence du froid ; et pour les tenter , il fit préparer un bain chaud, non loin de là , pour y transporter ceux qui, succombant ku fix)id , voudroient renoncer à Jésus-Christ , pour sauver leur vie. Ils coururent tous au supplice, et s'encourageoientles uns les autres , en disant qu'une mauvaise nuit leur vaudroit une éternité de bonheur : « Puisqu'il faut mourir une fois, s'écrioient-ils, mou- « rons pour vivre toujours. Nous sommes entrés qua- « rante dans la lice : faites. Seigneur, que nous soyons « tous couronnés. % 11 y en eut un néanmoins qui , perdant courage ,. aller se jeter dans le bain chaud. II y trouva la mort. Mais Dieu ne voulut pas que la prière de ces saints athlètes fut sans effet. Il y avoit là un garde qui avoit ordre d'observer. les martyrs. Il vit des espiîis célestes qui descendoleaft^u ciel , et qui di&trr-

PERSUASION. i^^

buoient des couronnés à ces généreux soldats, excepté un seul qui tenoit la couronne destinée à ce làohe qui avoit manqué de persévérance. Ce garde fut si animé au martyre parcette vision céleste, qu^il alla se déclarer chrétien, prit la place du déserteur, et reçut le bapléme, non par le ministère d^aucun homme , mais par sa pro-

re foi ; non dans Teau , mais dans son propre sang.

e lendemain , comme ils respiroient encore , le gouverneur ordonna qu^on les jetât dans le feu. On les mit donc sur des chariots , excepté le plus jeune qui avoit encore plus de vie que les autres , parce qu'on espéroit le faire changer de résolution. Mais sa mère, qui se trouva présente , s'élevant au-dessus des sentimens de la nature , ne put souffrir cette cruelle indulgence. EUle encouragea son fils : «Mon cher enfant, « lui cria-t-elle , ne rendez point inutiles les vœux de « votre mèîPe. Remplissez-la de la joie la plus vive , en « méritant la palme étemelle par la victoire que vous « rejïiporterez. » En même temps elle prit son f ils ^ le mitadans le chariot avec les autres , et le conduisit à la mort avec autant d^allégresse que si elle Teût accompagné dans un triomfâie. Voyez Constance.

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