PERSÉVÉRANCE
'est la persévérance seule qui mérite la gloire aux hommes, et la couronne aux vertus. Ce n'est pas celui qui aura commencé, mais celui qui aura persévéré jiisqu*à la fin, qui sera sauvé : car, que sert-il d'être bon , d'être sage, d'être patient et vertueux dès lespremiers pas de sa carrière , si l'on ne continue point jusqu'au bout ? La vertu de Saûl le plaça sur le trône d'Israël. Il fat heureux tant qu'il fut humble : l'orgueil domte son ame. Assez téméraire pour donner aux ordres de l'Eternel un sens conforme à ses vues , il veut épargner les Infidelles que le Tout-Puissant a proscrits. Saûl tombe dans tous les malheurs ordinaires aux mauvais princes. Il fiaiit par perdre sa couronne et la vie. n.Salomon fiitle plus sage,leplus heureux des mo-
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narques^ tant qu*il resta fidèle au Dieu de ses pèrel* Mais bientôt, abandonnant ]es préceptes du Seigneur, l ^ et se joignant, par une honteuse alliance, à des fem- ]pp mes étrangères et païennes , Salomon prostitue à def» ^ dieux de bois et de pierre un encens qui n'est dft ^ qu'au Très-Haut. Il s'avilit autant dans sa folie , qu'il i s'étoit auparavant élevé dans sa sagesse. \
3. Il y avoit à Sébi^te, en Arménie , une légion de ^î soldats, surnommée laFoudroyante, qui produisit sons ^ l'empereur Licinius^ en 3o8, quarante illustres martyn, ■ ' tous jeunes gens remplis de force et de courage. On leur ^ proposa de sacrifier aux idoles ; mais l'ayant refusé avec e constance, sans avoir égard ni aux récompenses qu'on •; leur promettoit , ni aux menaces dont on les épouvan- ;: toit , ils répondirent : « Nous ne voulons point de feufr- t <c ses richesses ; nous cherchons des biens solides et « durables. C'est n'est pas vous faire injure que de « donner la préférence à Dieu de qui nous attendons . « ces biens , si nous lui demeurons fidèles. Nous som- « mes disposés à mourir pour le Dieu que nous ser- « vons. » Le gouverneur Agricola^ à qui ils parloient ainsi, ne pouvant souffrir ia liberté et la hardiesse de ce discours , ordonna qu'ils fussent exposés pendant une nuit entière sur un étang glacé hors de la ville de Sébaste , afin de les faire mourir par la violence du froid ; et pour les tenter , il fit préparer un bain chaud, non loin de là , pour y transporter ceux qui, succombant ku fix)id , voudroient renoncer à Jésus-Christ , pour sauver leur vie. Ils coururent tous au supplice, et s'encourageoientles uns les autres , en disant qu'une mauvaise nuit leur vaudroit une éternité de bonheur : « Puisqu'il faut mourir une fois, s'écrioient-ils, mou- « rons pour vivre toujours. Nous sommes entrés qua- « rante dans la lice : faites. Seigneur, que nous soyons « tous couronnés. % 11 y en eut un néanmoins qui , perdant courage ,. aller se jeter dans le bain chaud. II y trouva la mort. Mais Dieu ne voulut pas que la prière de ces saints athlètes fut sans effet. Il y avoit là un garde qui avoit ordre d'observer. les martyrs. Il vit des espiîis célestes qui descendoleaft^u ciel , et qui di&trr-
PERSUASION. i^^
buoient des couronnés à ces généreux soldats, excepté un seul qui tenoit la couronne destinée à ce làohe qui avoit manqué de persévérance. Ce garde fut si animé au martyre parcette vision céleste, qu^il alla se déclarer chrétien, prit la place du déserteur, et reçut le bapléme, non par le ministère d^aucun homme , mais par sa pro-
re foi ; non dans Teau , mais dans son propre sang.
e lendemain , comme ils respiroient encore , le gouverneur ordonna qu^on les jetât dans le feu. On les mit donc sur des chariots , excepté le plus jeune qui avoit encore plus de vie que les autres , parce qu'on espéroit le faire changer de résolution. Mais sa mère, qui se trouva présente , s'élevant au-dessus des sentimens de la nature , ne put souffrir cette cruelle indulgence. EUle encouragea son fils : «Mon cher enfant, « lui cria-t-elle , ne rendez point inutiles les vœux de « votre mèîPe. Remplissez-la de la joie la plus vive , en « méritant la palme étemelle par la victoire que vous « rejïiporterez. » En même temps elle prit son f ils ^ le mitadans le chariot avec les autres , et le conduisit à la mort avec autant d^allégresse que si elle Teût accompagné dans un triomfâie. Voyez Constance.