‹ Dictionnaire Historique D'Education, ou, sans donner de preceptes, on se propose d'exercer ... les facultes de l'ame et de l'espritChapitre 8 sur 138 · PIÉTÉ · texte numérisé non relu

PIÉTÉ

il lui prit envie de voir ses psqrens ; il vint à Damas , el frappa à la porte de Ja maison paternelle. Sa mère Ini demanda son nom. « Je suis Ahmed votre fi!s » , lui répondit-il 5 et en même temps il se mit en devoir de Tembrasser ; mais cette généreuse femme le repoussant. : « Il est vrai , lui dit-elle , nous avions « autrefois un fils de ce nom ; mais nous le donnâmes « à Dieu ; et maintenant nous ne connoissons plus « pour fils ni Ahmed , ni aucun autre. » . 3. Le brave Crillon , Pim de plus grands capitaines de Henri If^ y entendoit prêcher la passion 5 et le prédicateur faisant une description pathétique de la fiaf;ellation du Sauveur, le gueiTÎer, attendri jnsqu^aux armes , se lève en portant la main sur son épée , et S'écrie : « Oii étois-tu , Crillon , 011 étois-tu ? »

4- t^/ot^w, écoutants. ile/7?y qui lisoitlaPassionjS^écria: « Que n^étois-je là avec mes Francs, pour le venger! » 5. Le grand Constantin ayant embrassé le christia* iiisme , résolut d'honorer Jérusalem d'im monument digne de son respect pour cette terre sacrée. Hélène , sa mère , remplie de ce noble dessein, partit de Rome pour l'exécuter , et pour trouver quelque consolation sur les vestiges du Sauveur. Agée de soixante et dixneuf ans ;, elle ne se rebuta pas des fatigues d'un si long voyage. A son arrivée j sa piété fut attendrie de l'état déplorable où. elle trouvoit le Calvaire. I^es païens , jwar étouffer le christianisme dans son berceau même, avoientpris à tâche de défigurer ce lieu : ils avoient élevé sur la colline quantité de terre , et après avoir couvert le sol de grandes pierres , ils Tavoient environné d^me muraille. C'étoit depuis long-temps un temple consacré ÏVenus^ où la statue de cette impudique déesse recevoît un encens profane , el éleignoit les chrétiens , qui n'osoîent approcher de ce lieu d'horreur. Ils avoient perdu jusqu^à la mémoire du sépulcre de Jésus-Christ. Hélène^ sur les indices d'un Hébreu plus instiiiit que les autres , fit abattre les statues et le temple , enlever les terres qui forent jetées loin de la ville, et découvrit le sépulcre. En fouillant aux environs , on trouva trois croix , les clous dont le Saiiveur avoit été atlachéyClsé-

f>arément rinscription Jtelle qu'elle est rapportée par es évangëlistes. Un miracle fit distinguer la croix de Jésus-Christ 5 et ce précieux instrument de notre rédemption , après avoir été enseveli pendant près de -^ trois cents ans , reparut, à la honte de Pidolâtric, pour ' . s'élever à son tour sur ses ruines.

La découverte d'un si riche trésor combla de joie le pieux empereur. Il ne pouvoitse lasser de louer la Providence qui 5 ayant si long-temps conservé un bois de lui-même corruptible , le manifestoit enfin au ciel et à la terre, lorsque les chrétiens , devenus libres 3 pouvoient marcher sans crainte sous leur étendard général. Il fit aussitôt bâtir une superbe basilique dans ce saint lieu ; et il ordonna à l'évêque Macaire de ne rien épargner pour en faire le plus bel édifice de l'univers. Il chargea iJrtf ciVîew , vicaire des préfets, et gouverneur de Palestine , de fournir tous les ouvriers et matériaux que demanderoit le prélat. Il envoya lui-même les pierreries , l'or et les plus beaux marbres. Voici la description que fait Eusèbe de ce temple magnifique. La façade superbement ornée ,s'éle voit sur unlarge parvis , et donnoit entrée dans une vaste cour bordée de portiques à droite et à gauche. On entroit dans le temple par trois portes du côté de TOccident. Le bâtiment se divisoit en trois corps. Celui du milieu , que nous appelons la nef ^ et qu'on nommoit proprement la basilique , étoit très-étendu dans ses dimensions , et fort exhaussé. L'intérieur étoit incrusté des marbres les plus précieux : au dehors , les pierres étoient si bien liées et d'un si beau poli , qu'elles rendoientl'éclat du marbre. Le plafond , formé de planches exactement jointes , décoré de sculpture , et revêtu entièrement d'un . or très-pur et très-éclatant , sembloit un océan de lu- mière , suspendu sur toute la basilique. Le toit étoit . couvert de plomb. Vers l'extrémité, s'élevoit un dôme \. en plein ceintre, soutenu sur douze colonnes , dont le . nombre représcntoit celui des apôtres ; sur les chapi- * teaux , étoient placés autant de grands va^es d'argent: ^ de chaque côté de la basilique s'étendoit un portique, , dont la voûte étoit enricliie d'or. Les colonnes , qui lui ^ étoiea t com munes avec la basiWqvxe > aNO\exiXVi^^\3^^ws%

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