CAB
que, et sur les tempéramens acquis.— Tout le livre est consacré à prouver cette proposition , et à en développer les conséquences immédiates , que tous les phénomènes moraux de l'homme dépendent de modifications de son organisme; que, par conséquent, on ne peut bien connaître le moral sans le physique; que, en d'autres termes, le moral n'est que le physique considéré sous un autre point de vne. Disciple de Condillac , et surtout de Locke, dont il t>e rapproche davantage, Cabanis a complété la doctrine du sensualisme, en montrant que, dans la théorie des phénomènes moraux , on avait omis un des élémens de leur production, les impressions internes, celles qui ont leur siège dans les organes autres que les sens; et il a cherché à déterminer les conditions matérielles, et en quelque sorte le mécanisme de ces phénomènes. Il démontre que les idées et les déterminations morales sont un effet de l'action du cerveau, mise en jeu par les impressions diverses qui arrivent à cet organe , de même qne les alimens, en tombant daus l'estomac , l'excitent aux monvemens qui favorisent leur dissolution.
C'est de là qu'il a dit métaphoriquement , ce qu'on lui a si souvent et si ridiculement reproché, que le cerveau digérait , en quelque sorte , les impressions , qu'il frisait organiquement la sécrétion de la pensée. Mais avec toute l'école scnsualiste , Cabanis a trop accordé aux impressions seusoriales; il a envisagé d'une manière trop générale et trop vague l'activité cérébrale et la sensibilité; il n'a pas eu assez égard à l'organisation et à l'activité spéciale du centre sensitif , qui le rendent propre à répondre à telle ou telle impression, à produire tel on tel ordre
5»o CAB
de Dbénoinèues: conditions ouï avaient cines philosophiques. Il y déclare
été signalées théoriquement par Bon- qu'on ne peut raisonuer avec certitude
net et quelques antres, mais que, dan» que sur les choses accessibles aux
ces derniers temps, Galla cherché à sens.; que la nature des causes pie-
déterminerexpét i mentalement et d'une urièrea ne pent être l'objet que d'hy po-
manière précise. Enfin, on peut lut thèses plus oit moins probables; et
reprocher de s'être trop souvent laissé senlement alors il déduit les raisons
entraîner à des idées hypothétiques, qui tendent k /aire pencher en faveur
de n'avoir pas assez évité un vague et de l'existence d'un principe
une incertitude de langage qui jettent riel dans l'homme, de l'obscurité sur sa théorie physio- Cabanis avait inséré dans divers relogique de l'entendement humain. cueus- plusieurs articles qui ont été Coup -d 'œil sur la révolution et sur reproduits dans la collection de
la réforme de la médecine. Paris, an œuvres , publiées sous ce titre ni (1804), in-8. — Tableau rapide de OEuvres complètes et inédites de
l'histoire de la science, terminé par Cabanis , accompagnées dune notice
des vues utiles et souvent profondes sur sa vie et se* ouvrages , par Thn-
sur ce qui doit é"lre fkît pour son avan- r0 f % Paris, i8a3-a5 , in-8 , 5 vol.,
cernent et son amélioration. avec portr. — Cette édition avait été
Observations sur les affections ca- annoncée comme devant former 7 vol. tarrhales en général, et particulière-
11 n'en a paru que 5 , et sans no-
méat sur celles connues sous les noms ij C e. Outre les ouvrages indiques
de rhumes de cerveau et de rhumes de p l a8 haut, on y trouve une Note
poitrine. Paris, 1807 , in-8 ; ibid., sur le supplice de la guillotine, le
s*l3 , in-8. — Opuscule peu digne de Travail sur V éducation publique , que
Cabanis. ^ Cabanis mit fait pour Mirabeau, •e à M. F., s
Lettre à M. F., sur les cames pre- une Note sur un genre particulier
mières, aPec des notes, par Bérard, d'apoplexie , deux discours sur Hip-
Paris, 1824, hi-8. — Cette lettre, pocrate, une Notice sur Benj. Frank'
publiée après la mort de Cabanis, a Un , nn Éloge de Vicq-d'Aayr, une
été le sujet de censures ainères et in- Lettre sur Us poèmes d'Homère , des
convenantes delà part de son éditeur, finginens de traduction en vers de
v " On a prétendu y voir une rétractation Y Iliade, le Serment d'un médecin, en
de Cabanis matérialiste dans ses ou- vers. Cette pièce a été insérée dans un
r vrages et spiritualiste dans sa cons- recueil intitulé : Révélations du dixcience. Mais l'auteur, dans cette lettre, , huitième siècle. Paris , 1 814, in- 18. comme dans ses Rapports du physique (Guinguené , dans Biog. univ, —
et du moral, professe les mêmes prtn- Quérard, France litter.)
CABROL (Barthélémy) , né à Gaillac, ville du diocèse d'Atby, dans le Haut-Languedoc, étudia la médecine à Montpellier, et vint ensuite se fixer dans sa ville natale, en i555. Il y acquit bientôt beaucoup de réputation, fut nommé chirurgien de l'hôpital Saint- André de la même ville; et les succès qu'il obtint dans sa pratique