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progriostic et sa èttrtttioh. Parîa, Otàtiodè cont'agio pestUehti. Lyon,
in-8 , 3r rip. PtfbHéV avec Tértiey ét Ifjffe^ ïn-^ ; tradi" franc. Montpellier,
Soollifer, roédêctes de Montpellier. .' x^i3 , iti-8.
Observations et réflexions touchant Traité des causes, , des accidens et
la nature , les événernens et te traite- de ta cure de la peste, avec un recueil
ment dè la peste de Marseille. Lyon et observations , faix et imprimé par
«Paris, i7«r , in-i*. Avec SoajftVr l'ordre du Àbt. Paris, 1744, in 4,
etVerney. ••.■<< , .î .'" '-avte Sénac; • ■• '.m; ;
Lettrede M. Chicoyn eau, pour prou- » ( Hatter, jVefW. stud.- Éloge d.w
«*r cie ya'ïi a awïwe dans ces observa-, ' Y Histoire de l'Académie royale fa Se.
tions. Lyon*, 13*1,, in-ia. — Il nw, an- ,135»., — ftpy. — Sptengel. -
ainsi qne ses collègues ,. la conf agi™ , Qaérard. )
de la peste. ,
> CHÏMIATRlte. F. ÏATRD-CHIMISME.
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CHIMIE. Oo ne trouve pas de traces de l'existence de cette science chez J es anciens peuple dont les annales composent les premières pages de l'histoire.. C'est vainement qu'on a cru prouver 1 opinion contraire ^. en confondant avec la:. chimie elle-même les procédés de quelques arts économiques ou indùstriels y et les rudimens de rart pharmaceutique, tels qu'ils existaient chei les Egyptiens > les Chinois , lés Phéniciens >èt plus tard chez les Grecs. Une étude approfondie dcfcéttô branche des connaissances humaines, déniOûtrQ clairement qu'elle ést d'une Création qui appartient tout entière aux nations modernes. . . . , .
On ne saurait faire remonter son origine plus haut qu'au septième siècle, lorsque les Arabes commencèrent à s'occuper de connaissances utiles. Les rêveries de 1' Alchimie {voyez ce mot), née dans les commencemens de Père chrétienne, avaiënt donné naissance à une foule de recherches auxquelles ont devait déjà la découverte d'un gran^ nombre de faits, tandis que lès soi-disant philosophes de cette époque cherchaient à la fois la transmutation des métaux et léjemède universel, les médecins multipliaient les médicamens , inventaient beaucoup de compositions, de préparations compliquées , qu'ils variaient à Tinfini; et, en traitant des plantes et des animaux par l'eau et le ïeu> dans des vaisseaux distiHatdirés , ils avaient recornm qu ? on en réparait des produits et dës^bstances volatiles qui se représenté; plus ou moins constamment, suivant certaines circbnstah^: f ell furent les. véritables sources ou la chimie a pris son origine, et le langage mysténeu^ et métaphorique sous lequel elle, resta si lo°S" temps cachée ou défigurée.
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Le plus ancien des auteurs arabes qui ait écnt sur !a chimie, est Geber, dont le véritablrnom était Abou-Moussah-Djafar-Al-Sofi : il vivait dans le huitième siècle. Ce qui est fort remarquable, c'est qu'il admettait trois principes ou élémens pour tous les corps, opinion qui s'est propagée depuis lui jusqu'à une époque rapprochée de nous. Au nombre de ces élémens était le soufre; il donnait à ce terme une acception' très-analogue à celle queStahl imposa plus tard à celui de pklogîstique. Il accordait à ce corps à peu près le même rôle dans la nature. Les écrits de Geber font mention, d'une manière claire et très-positive, de la coupellation pour la purification de*s métaux par l'intermédiaire du plomb et des os calcinés , de plusieurs préparations martiales et antimoniales , de diverses espèces d'alun et de vitriol, du sublimé corrosif, de quelques oxides de mercure, du nitrate d'argent, de différens sulfures alcalins et terreux, du soufre précipité de ces sulfures par les acides , des acides nitrique et nitro-muria tique , de leur action dissolvante sur différens corps, et particulièrement sur les métaux. Cet auteur décrit exactement plusieurs fourneaux et appareils distilla toires , dont l'usage s'est perpétué jusqu'à nos jours. La définition que Geber donne de la chimie prouve qu'il en comprenait bien l'objet. Cest une science qui a pour but, dit-il, de connaître l'action que les diverses substances de la nature exercent les unes sur les autres. Cependant, malgré ses connaissances étendues, Geber ne sut point s'élever au-dessus des erreurs de son siècle. Il concourut môme à les propager, comme le prouve ce qu'il a écrit sur la transmutation des métaux, et sur le remède universel.
Après Geber , les médecins arabes de l'école de Cordoué sont les seuls chez lesquels on retrouve des traces de la culture de la cnimiej et encore ils ne l'envisagèrent que dans ses rapports avec l'art de guérir. Leurs écrits attestent qu'ils ne lui firent faire que peu dé progrès. On y trouve seulement la description de diverses*préparatîons tirées du règne minéral , d'un plus grand nombre appartenant au règne végétal , et de plusieurs appareils distillatoires assez perfectionnés. En effet , c'est des Arabes, et particulièrement de M es né l'ancien , Khazès , Avenzoar , Averrhoès , que date remploi cri médecine de certains composés chimiques, usités encore aujoùr'd i hui'.'î)atts le , même temps, l'exploitation des mines d'or, d'argent; dé for, iféfcâïn, de cuivre, etc., qui s'accrut considérablement Jm^éu'* freftteW siècle, en Espagne, en France, etf Allemagne, dnt nécessairement faire approfondir peu à peu les cdflnaîssjinces qu'exige!* métàllur*
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gie ; et tout porte à croire que ces connaissances étaient plus étendues qu'on ne le jugerait en s'en rapportant aux écrits de cette époque. Les chrétiens d'Occident avaient puisé dans les écoles et les écrits des Arabes les doctrines qui y étaient professées. L'influence de ces derniers survécut à la ruine de leur puissance. Elle se fit sentir particulièrement dans la propagation de leurs erreurs; elles s'enracinèrent, s'étendirent à la faveur des ténèbres qui couvraient l'Europe. L'opinion que tous les métaux étaient composés ûe soufre et de mercure devint générale et dominante ; partout on . s'occupa de la décomposition et de la t recomposition de ces deux corps. Les moines surtout, dans la solitude de leurs cloitres, paraissent s'être adonnés à ces recherches chimériques. Toutefois, dans la période que nous examinons , c'est-à-dire depuis le milieu du treizième siècle jusqu'au commencement du quinzième , quelques hommes s'élevèrent au-dessus de leurs contemporains; et quoiqu'ils partageassent une partie des préjugés et des erreurs de leur époque, ils firent faire des progrès évidens aux sciences. Ainsi, Albertle-Grand exerça une influence marquée, autant par ses connaissances étendues, qu'en propageant Jes idées puisées dans la Physique d'Aristote et de ses commentateurs. Roger Bâcon, qui surpassa en savoir tous ceux de son temps , donna les premières notions exactes et précises de la poudre à canon, dont il est même généralement regardé comme l'inventeur ; il travailla sur tous les métaux connus alors, et il est le premier qui ait considéré comme tels le manganèse et le bismuth. Arnaud de Yilleneuve fit plusieurs découvertes, parmi lesquelles on distingue celle de l'esprit de \in. Raimond Lulle, fameux dans l'histoire de l'alchimie , fait mention du tartrate acidulé de potasse, du moyen d'en extraire l'alcali par la combustion, de la déliquescence de cet alcali, de son extraction des cendres des végétaux; il enseigne la préparation de l'acide nitrique, et parle de sa faculté de dissoudre les métaux : il composait une eau régale en mêlant du sel ammoniaque et du nitre ; il dissolvait l'or dans ce liquide , ainsi que dans les sulfures alcalins , et, suivant lui, ces derniers jouissaient de propriétés merveilleuses. L'éther, l'alcool, le muriate d'argent, l'oxide d'argent, l'ammoniaque pure , etc. , lui étaient connus. Il donne la description de plusieurs appareils et de différentes opérations chimiques.
Dans cette m.éme période, divers arts, liés à la chimie, se perfectionnèrent notablement^ d'autres furent plus cultivés et plus généralement répandus : de qç ^ombre sont les fonderies de fer»
de cuivre, les fabriques d'ustensiles métalliques, les Terreries, l'exploitation des mines, celle des aluniéres et des vitriols , les ateliers de teintures, etc. C'est de cette époque que date l'établissement des pharmacies. '1 *
Dans le cours du quinzième siècle, les chimères de l'astrologie, de la théosophie et de l'alchimie, continuèrent à dominer tous les esprits , et s'opposèrent à de nouveaux progrès en chimie. Cependant, Basile Valentùi , l'un des adeptes 'les plus renommés de cette époque, posséda des notions assez exactes sur la théorie et la pratique de cette science,. et sur son inflnence dans la préparation des médicamens. Il ajouta réellement aux connaissances qu'on avait déjà, et perfectionna plusieurs appareils pour faciliter les travaux chimiques. Ou, trouve dans son traité de l'antimoine beaucoup de préparations indiquées plus tard comme nouvelles. Jean Pie de La Mirandole, et son neveu François, ont aussi rendu des services à la science , et s'élevèrent contre les pratiques mystiques de l'astrologie. Dans cette période , on s'occupa beaucoup , en Italie surtout, de l'application de la chimie aux opérations pharmaceutiques. La première pharmacopée parut alors à Florence. Vers la fin de ce siècle , les manufactures en général , et l'exploitation des mines , prirent également une nouvelle activité.
Le seizième siècle vit paraître Paracelse, et fut tout entier rempli par l'école de ce novateur enthousiaste, dont les principes amenèrent une révolution à la fois dans la chimie et dans l'art de -guérir. H serait difficile de donner une idée précise du système chimique de ce réformateur célèbre , autant à cause des contradictions dans lesquelles lui-même est tombé-, que de l'obscurité qui règne dans ses ouvrages et dans ceux de ses disciples. On ne doit pas être étonné s'il retarda la marche de la chimie, en la combinant avec la cabale, l'astrologie, la magie, dont il empruntait les secours pour résoudre divers problèmes; mais il faut dire aussi qu'il eut des idées assez justes sur le -principe auquel Stahl degma dans la suite Je nom de phlogistique. Suivant lui , ce principe existait dans le soufre et dans les métaux, et il le regardait comme indispensable pour la réduction de ces derniers. Il connaissait des fluides élastiques permanens autres que l'air, qui n'était, d'après lui, qu'un composé d'eau et de feu. Il considérait l'étincelle qui résulte du choc du briquet; comme un produit de ce feu contenu dans l'air. On voit que ces idées renferment le germe de deux systèmes célèbres qui parurent long-temps après. Paracelse eut la prétention de trou-
ver, dans les principe» de la science qu'il enrichissait de ses découvertes;, l'explication des lois de la vie. Si ses idées erronées s'opposèrent pendant long-temps au perfectionnement de la médecine, en y introduisant la doctrine des âcretés chimiques , le système auquel elles se rattachaient eut le grand avantage de représenter la chimie comme un art indispensable pour la préparation des médicamens ; cette science acquit ainsi peu à peu plus de considération. Paracelse soutint le premier que certains poisons pouvaient être employés comme remèdes, avec beaucoup de succès; ses principes le conduisirent à recommander, contre l'opinion généralement admise alors, l'usage des médicamens tirés du règne rainerai, S la place de sirops et de décoctions qu'on employait exclusivement, malgré la nullité de leur action. Parmi les nombreux disciples et les antagonistes deParacelse, nous nous contenterons de citer Biaise de Vigenère, Glazer, Crollius, et plus tard, Be.-mn, Zwelfer, Kircher, Digby, de La Poterie, etc. Mais nous signaleront plus particulièrement deux hommes qui occu|)ent une place distinguée dans cette époque de l'histoire de la chimie. Le premier, André Libavius, de Halle, en Saxe, est un de ceux qui surent le mieux apprécier les avantages de cette science , et son influence sur la médecine. Rejetant les théories extravagantes de l'école de Pa* racelse, et son style obscur et mystique, il rédigea un Compendkm de chimie générale, le premier ouvrage de oe genre qu'on ait publié, remarquable par Tordre et la clarté qui y régnent. Au milieu des observations nombreuses qu'il emprunta à ses prédécesseurs et à ses contemporains, on en trouve beaucoup qui lui appartiennent spécialement dans l'application de la chimie aux arts. Les rapports de cette science avec les travaux des mines , et l'art d'essayer les métaux, furent également exposés avec talent, et traités pour la première ibis d'une manière Systématique par George Agricole. Son ouvrage intitulé : De re metallicâ , abonde en connaissances utiles, que les mpdernes savent apprécier encore aujourd'hui, et auxquelles ib ont peu ajouté. v < ^l 1 'î
La fin du seizième siècle, et surfont le commencement' du dixseptième, annoncèrent dans les esprits une marche plus philoso* phique que celle qui avait été suivie , une tendance à coordonner les faits qu'on avait observés jusque-là; c'est alors que se montra une classe d'éclectiques, qui commencèrent à séparer cette science des rêveries théosophiqoes. A leur téte, est André Libavius, q«* nous avons déjà cité, qui fraya le premier la route que ses sncres-
C HI 6 9 5 seuis,, t ft particulièrement Ange-$ala, suivirent pour élever la chimie au rang des véritables sciences, et la purger de ces pratiques mystiques qui la transformaient en un arjt chimérique. .Da,-T niel Sennert s'éleva avec raison contre le langage énigmatique- de l'école de Paracelse, etsecnncla de cette manière, la création d'une science qui ne devait pas tarder à naitre. A cette époque , parurent phisieurs pu vrages où Ton s'efforça d'établir un enchaînement entre les vérités qu'on avait découvertes. Nous citerons en particulier Barner et Bohn, qui, suivant iStabl, présentèrent tes premiers dans un cadre méthodique tout ce qu'avaient appris les travaux antérieurs. Les sociétés savantes qui furent fondées presque en même temps » ve,rs le milieu du dix-septième siècle 3 en Italie , en Angleterre et. en France, contribuèrent a dissiper les erreurs qu'avait enfantées le goût des sciences occultes. On reconnut que, la voie des expériences était la seulc'qu'il fallait suivre pour scruter utilement la nature. Mais ces progrès, de l'esprit humain , dus en grande partie à Bacon, Galilée, Torieelli , Descartes, Newton, ne se manifestèrent que. graduellement, et la première moitié de ce siècle se ressentit encore beaucoup de l'influence des idées qui avaient domine dans le précédent. Yanbelmont; cl Glauber non» en offrent chacun. un exemple, et cependant ljun;et l'autre ont contribué aux progrès ultérieurs de la chimie. Le premier appela l'attention sur les fluides a cri formes, qu'il sut distinguer des simples vapeurs, et qu'il désigna sous le nom générique de #V7Z , qu'on leur a conservé depuis.. Le second découvrit des faits remarquables , qui ne perdent rien de leur importance, quoique la plupart se trouvent mêlés aux rêveries mystiques de l'école de Paracelse- !:
La seconde moitié de, ce siècle fut remplie par Sylvi us de Le lioë. Son éloquence brillante favorisa singulièrement l'extension de sa doctrine, et ses principes clti iniques exercèrent sur la médecine une influence que nom» ferons connaître ailleurs. Parmi les auteurs dont les travaux et les écrits ont concouru à l'avancement de la science pendant cette période, nous citerons seulement Pccher, Sclirocder, rjolfink, Hermann Corning, Otton Tachenius, Borch (Borricliius) , Jacques Le Mort, Starkcy/Kunkel , Nicolas Lemery, Lcfcbvre et Uombert. Entre tous, se distingue le célèbre physicien Robert Boyle. Il apprit à mettre plus de rigueur et de précision dans les recherches chimiques, et montra surtout qu'il faut étudier la nature et non la deviner. On ne peut se refuser à le compter parmi ceux qui ont préparé et amené l'établissement de la chimie pneumatique.
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An milieu du mouvement général qui agite les esprits, mi commencement du dix-huitième siècle, apparaît Stanï, qui, comme l'a dit Fourcroy, fixa pour cinquante années la théorie de la chimie , dont il sut présenter l'ensemble le plus imposant, le système le plus lié et le plus étendu. Éclairé par les travaux et les vues de Kunkel, et surtout de Bêcher, dont il commenta les ouvrages , le célèbre professeur de Halle imagina sur le feu combiné '> Ou phlogistique , un système ingénieux qu'il accorda avec tous les faits connus jusqu'à lui. Dans le même temps, Boerhaavé contribuait aussi, par ses savantes leçons, à donner a la chimie une marche plus philosophique, et l'enrichissait d'une foule d'expériences sur le feu, la chaleur, la lumière, l'analyse végétale, etc. C'est dans le même esprit, et en poursuivant la carrière ouverte par ces deux hommes remarquables, que les plus habiles chimistes ont ensuite marché pendant plus d'un demi-siècle : en France^ Geoffroy aîné, Gross , Rouelle , Réaumur, Louis-Lemery, Hellot , Macquer, Baron, Bauraé, Bucquet; en Allemagne et en Suède, Hofrmann, Pott, Cronstedt, Neumann, Mar#graf, Wallerius , Lehmann , Gcllert;en « Angleterre, Freind, Shaw, Lewis; eh Hollande, Gaubius, etc. Tels sont ceux dont il suffit de citer * les noms pour rappëler lés travaux qui ont contribué , dans cette période , aux progrès de la chimie ; mais au milieu de ces travaux, nous devons citer plus particulièrement, comme ayant conduit aux résultats les plus importans , la détermination des affinités chimiques , que Geoffroy aîné imagina le premier de représenter dans un tableau méthodique, en 171 8; idée heureuse, que Senac et Macquer développèrent ensuite 3 et qu'ils éclairèrent par de nouvelles observations. Nôus n'entreprendrons pas d'énumérèr ici toutes les découvertes qui furent faites dans le laps de temps qu'indiquent les auteurs que nous venons ô*e nommer ; nous dirons seulement qu'il résulta de ces nbmbrëùijl d'heureuses modifications et des x>erfëctionneihens dans végétale et animale ; que ces recherches multipliées ; liaison, un rapprochement systématique de tons les faits conni jusqu'alors, et que les ouvrages impôrtans , publiés sûr ce sujet par Sénac, Juncker, Fréd. Hoffmann, Shâw, Cartheuser, Macquer, Vogel, Spielmanni répondirent parfaitement aûx besoins de leur époque. u *o n < : ' ' ' (l
Cependant, en étudiant les corps déjà fort nombreux qui composaient le domaine de la chimie, on avait peu tenu compte jusqu'alors de l'influence de l'air et de la formation de fluides gazeux de di-
verse nature. Les idées de Stahl , sur le feu combiné, avaient ainsi éloigné' les savans de l'examen d'un ordre de phénomènes dont la connaissance devait bientôt changer complètement la face de la science ; quoique Van-Helmont les eût entrevus et mystérieusement annoncés, que Ray, Boyle, Mayow, Haies eussent mis sur la voie des recherches qui pouvaient conduire a les faire découvrir, ces phénomènes restaient méconnus ou mal appréciés. Enfin , les observations importantes de Venel , de Black , qu'on doit considérer comme le premier moteur de la révolution chimique, dé Brownrigg et de Macbride, sur le gaz appelé air fixe par Haies ; celles de Cavendish sur plusieurs fluidès élastiques différehs de l'air , furent bientôt suivis de nouveaux faits relatifs à la nature et aux propriétés différentielles de ces corps gazeux, matériaux qui ne tardèrent' pas à fournir les bases de la chimie pneumatique. Chaque jour la science s'enrichissait de nouvelles découvertes par les travaux de Priestley, l'un des plus illustres physiciens qui aient contribué à là création de la doctrine des gaz, par ceux de Rouelle cadet, Schéèle, Bergmann, Bayen , Fontana, Berthollet, etc.: mais malgré l'ensemble qui existait dans tes efforts de ces savàns, il y avait la plus grande divergence d'opinion sur la théorie des phénomènes multipliés qui s'offraient à l'observation. Une révolution était préparée de toutes parts dans les esprits; il fallait', pour qu'elle pût s'accomplir, qu'un génie supérieur vînt en guider et en diriger la marche. Cette gloire était réservée au célèbre Lavoisier: quoiqu'on lui dôrVëune suite dé découvertes chimiques importantes, a dit Fourcroy, qui suffiraient pour le mettre au premier rang dès physiciens de son sfëcle, c'est bien plutôt par les immenses améliorations qu'il a portées dans les expériences de la chimie , par l'exactitude des résultats qu'il en a tirés , par* la force du génie qui lui' a montré et ouvert une carrière nouvelle , par l'extrême et sévère précision de ses résultats, et enfin par la création d'une doctrine fondée sur tous les faits relatifs aux fluides élastiques, que les fastes de la science consacreront son nom à k 'postérité! Aussi illustre que Stahl , par la généralité de ses idées ët la profondeur de ses vues , plus heureux que lui par la . nature des travaux de son âge qui l'ont beaucoup rapproché de là vérité, Lavoisier fut le chef de l'école qui, en détruisant toutes les erreurs de celles qui l'avaient précédée, devait élever à la nature un monument impérissable par l'établissement de la doctrine pneumatique. Embrassant toute la chimie dans ses travaux sur la combustion en général, la calcinatibn des métaux, l'analyse de l'air, la
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nature de la formation et de la décomposition des acides, les dissolutions métalliques, la composition, de L'eau, soupçonnée par l^aplacc, et étudiée par Monge, l'analyse des végétaux, la fermentation, la respiration, etc.; il consolida ainsi lès bases de sa doctrine en faisant jouer à l'oxigène le, rôle principal dans tous les phénomènes de la nature et dfe l'art,
La révolution Opérée par Lavoisier eut d'abord le sort de toutes les innovations. La propagation de ses idées trouva de nombreux opppsans. Mais enfin la vérité triompha ; et les adversaires de notre célèbre compatriote devinrent bientôt ses partisans. Bcrtholleft rat le premier qui embrassa les principes de Lavoisier ,. et son exemple fut suivi par Condorcet, La place, Cousin^ Momge, Coulomb, Dionis, Fqurcroy, Guyton-Morveau, etc. La science, ainsi xenouvelée, exigeait un langage nouveau pour éf ne présentée dans son ensemble avec la clarté de principes qu'elle avait acquise. Lavoisier, Guy ton-Morveau , BerUioJlet et Four&toy ^ se réunirent pour créer une nomenclature qui rendit dès-lors l'étude de la «chimie aussi simple et facile qu'elle avait été jusque-là compliquée et reîmUnic: elle ne tarda pas à se répandre dans* toute l'Eii^qp* avec te doctrine pneumatique. En Angleterre, Gayendisli , K.irwan , NichoJsoiî, Pearson , ^ennant 7 etc.; Black à Edimbourg,; Dandolo, Voita* Ven^ri, Spaljan^anii etc., en Italie* Gittatfner, rUaproth; Hurnbold* tfermstadt* Scherer* Schmeisser , en Allemagne; en Hollande, Peyman, Yantroos^wyck, Lauwerenburg,;etc.; en Espagne, Proust, Chabanon, ArezuU}, accueillirent unanimement la; nçuveJle doctrine. Elle imprima une telle impulsion; à ia : chimie. , {tanfr W «jours des quinze dernières années du dix-huitième siècle , * que cette science fit plus de progrès dans ce peu de temps, quelle n'en avait fait dans la longue série des sièçlcs précèdent. Ajoutons qu'on ^Lat compter parmi les principales causes de ces progrès* }*espr;it. mathématique qui s'intrpduisit dans la science , e^ lAhp*6Ç&ip,n rigour FÇuse qu'on porta, désirs dans l'examen, fa tonnes .ses: !9||é>atipnf» Bergn^anR en ftvait donné le premier, lfeaeraple, dansées niéthodes fïanarys<! ^ min^rale^^siley, Cav^ndisb et Lavoisier, montèrent * quel? résultats importons pouvaiit conduire cette manière; 4e pror , céder., : ; . \
Ces nouvelles connaissances, qui portaient la lumière dans la chimie, minera le, hâtèrent surtout les progrès , jusque-là très-lents, de la chimie organique. Pendant le seizième siècle, les essais sur Jes matières animales et végétales étaient bornés à l'analyse par le
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feu ; aussi les résultats qu'on avait obtenus étaient autant d'erreurs. Vers le milieu dit dix-septième siècle , la chimie animale fit quelques progrès : Brandés , en découvrant le phosphore , et trouvant par hasard le moyen de l'extraire dé l'urine, fit naître Une nouvelle série de recherches. Pendant la première moitié du dix-huitième siècle, on s'occupa beaucoup de l'examen de l'urine et des matières excrémentitieiles. D'autres substances animales furent également étudiées, et les travaux de Rouelle cadet, qui commencèrent en 1771 , donnèrent à la chimie animale une forme scientifique. Nous citerons ici, comme ayant contribué, vers la fin du dix-huitième siècle, à accroître singulièrement nos connaissances sur la chimie organique, Gahn, Schéèle, Bergmann, Nicolas, Macquer, Cravrférd, Carminati, BerthoHet* Fourcroy, Monge, Spallanzani , Seguin, Parmentier, Deyeux, Hatchett, Cruishank, de Crell, Jordan, savans dont plusieurs comptèrent encore assez long-temps parmi les célébrités du ' siècle suivant. À l'exemple de Berzélius , nous citerons encore Bichat, dont les expériences ont fait connaître quelques-unes des propriétés chimiques de la plupart des tissus animaux. La chimie végétale, étudiée en même temps, avait fait des progrès plus marqués; mais elle ne se composait aussi que défaits isolés, sans aucune liaison entre eux. Ainsi, dans Técole de Stahl , et surtout dans celles de Boerhaave et de Rouelle, oh avait déjà distingué , dans les végétaux, les gommes ou mucilages, les résines, les gemmes-résines, les extraits, les huiles fixes et volatiles-, on possédait et on caractérisait divers acides végétaux. Le sucre, : l'amidon, le camphre, le baume» la sève, les diverses matières ' colorantes" étaient connus et employés, quoiqu'on n'eut pas dès idées n'étïes iup leur nature intime. Telles étaient, en généYal, lés connaissances acquises, quand Lavoisier, et lés chimistes sortis de son 'écoië, vinrent les augmenter par leurs découvertes. Mais <£est à Fbnre'roy, et surtout à Vauquelln, qui y portèrent le flambeau dé r l'analyie, que rcette branche de là chimie organique dut ensuite ses plus grandes améliorations.
Le commencement du dix-neuvième siècle vit une foule d'hômmes recommandablc* poursuivre avec non moins d'ardeur que de succès les travaux qui avaient illustré la fin du siècle précédent. Toutes les parties de la chimie devinrent l*objet de recherches multipliées. 11 serait trop long de rappeler ici les nombreuses découvertes qui appartiennent à notre époque; nous ne devons d'ailleurs, dans un article de ce genre, que signaler celles qui ont exercé une influence
sur la marche ultérieure de la chimie. La doctrine pneumatique \ éclairée et perfectionnée par tant de travaux remarquables, devait subir encore des modifications importantes. Berthollet , dans sa statique chimique, avait établi de nouvelles lois pour les affinités, mais en admettant à tort que les combinaisons des corps s'effectuent en proportions indéfinies. Proust eut la gloire de démontrer cette erreur de Berthollet, et bientôt ies recherches de Richter, Dalton, Gay-Lussac, Wollaston et Berzélius, créèrent la théorie atomistique, qui consiste en un nouveau système des lois qui président à la composition et aux affinités chimiques des corps. Cette théorie, féconde en résultats utiles, qui fit faire un grand pas à l'analyse, et quia donné à la science une précision presque mathématique, a firmée plus récemment par la connaissance que l'on a phénomènes électro - chimiques , phénomènes étudiés ment par MM. OErstcd , Ampère, Berzélius, Gay-Lussac , Dulong, Becquerel , Larive , etc., etc. D'après les* principes de là chimie pneumatique , on considérait dans la théorie de l'acidification, l'oxigène comme le principe générateur de tous les acides; mais les recherches modernes ont démontré que rhydrogéneV^ phtore, etc., pouvaient former des acides en se combinant avec un autre corps; elje$ ont fait découvrir en même temps plusieurs corps jusque-là méconnus, et entre autres, le chlore, désigné auparavant sous le nom d'acide muriatique oxigéné. O.corps simple, entrevu par M. Ampère, dont la nature a été déterminée par MM. Davy, Gay-Lussac, Vauquelin, Thénard^etc, et confirmée quelque temps après par la découverte de \ïoèt,fo connaître aux chimistes un nouvel ordre de combinaisons. O* 5 ** tout le parti que la thérapeutique a tiré dans ces derniers temps des chlorures de chaux et de soude, des préparations d'iode ^ des cyanures, etc. Le génie de Lavoisier avait soupçonné depuis longtemps , dans les terres et les alcalis fixes, l'existence de métaui < p ar ~ ticuliers. En 1807, Davy vint justifier les prévisions de nttw rc chimiste français. Les métaux. nouveaux, révélés par l'action de** pile de Volta , furent, à la même époque , reconnus et étudiés ptf MM. Gay-Lussac et Thénard. Bient6t les recherches d'autres chimistes augmentèrent la liste de ces substances métalU(ni»'®° ut ^ ces découvertes, importantes pour la science èn général!, et fovr » chimie minérale en particulier, n'avaient pu être sans influence ««' la chimie organique. Aux savans que nous avons déjà *" mmps * dont la plupart s'étaient également occupés de 1'