‹ Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderneChapitre 33 sur 67 · CH · texte numérisé non relu

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tîères organisées , nous ajouterons Bostock, Henry, Thomson, Chenevix , Sertuerner, Brande, Morichini, Nysten, Berzélius, Brugnatelli, John, Chevreul, Braconnot, Pelletier, Robiquet, etc., etc., auxquels cette partie de la chimie doit l'essor rapide qu'elle a pris de nos jours. Parmi ces travaux , nous citerons ceux de M. Chevreul, sur les corps gras; les recherches de cet habile chimiste ont ouvert une carrière nouvelle que plusieurs chimistes contemporains parcourent avec distinction, et particulièrement MM. Bussy et Lecanu, etc., etc. Une découverte non moins originale , et bien importante par ses résultats et ses applications thérapeutiques , est celle des alcalis végétaux, due à M. Sertuerner: ses observations sur la morphine ont été l'origine des investigations semblables , faites dans ces derniers temps par un grand nombre de chimistes, et surtout par MM. Pelletier et Caventou , qui ont fait connaître d'une manière exacte la plupart des alcaloïdes. Enfin, si l'on pouvait douter de l'influence actuelle de cette science sur l'étude des phénomènes que présentent les corps organisés, il nous suffirait de citer le travail remarquable de M. Berzélius {Journal de Physique et de Chimie, etc. , n os de novembre et de décembre 181 4), dans lequel ce savant a su faire marcher de front les recherches anafbmiques et chimiques, de manière à donner aux travaux du chimiste qui s'occupe des animaux, un but déterminé et scientifique, et qui concoure à éclairer la physiologie. Parmi Tes découvertes capitales de ce siècle , nous devons aussi mentionner celles de l'analyse élémentaire des corps organiques, qui appartient à MM. Gay-Lussac et Thénard, et qui depuis a reçu des perfectionnemens nombreux de MM. Chevreul , Bcrard, Berzélius , Ure , Prout , Dumas , etc.

Jïous ne multiplierons pas davantage les citations, pour faire apprécier les progrès que la chimie doit aux efforts des savans de notre époque. Bornons-nous à faire remarquer que le résultat le plus général des travaux multipliés qui se poursuivent de toutes parts, consiste dans le perfectionnement de l'art de l'analyse, et conséquemment dans une connaissance plus exacte de la composition de tous les corps de la nature. Comme les principes de cette science se simplifient de plus en plus, on voit aussi ses applications s'étendre et se multiplier ; il nous suffira de rappeler celles que les arts doivent à Y auquel in et M. Chevreul, celles que la toxicologie et la-médecine légale doivent aux travaux de M. Orfila. Qui ne connaît les secours que cette science fournit à la physique, à l'histoire naturelle, à l'hygiène; ceux que lui empruntent l'anatomie, laphy-

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siologie, la médecine interne et externe ; la thérapeutique, la matière médicale, et surtout la pharmacie. Du reste, nous ne cherche' rons pas à établir ici quel est l'état actuel de la chimie , car les recherches qui amènent chaque jour quelque nouvelle découverte, reculent continuellement les limites de cette science, et ne permettent pas d'assigner un terme à ses progrès futurs.

On peut consulter pour pins amples détails sur cette matière les ouvrages suivans : H. Conring, Hermetica medicina. Helmstadt, 1648; ibid. y 1669 , in-8. — Olaus Borrichius, Dissertatio de ortu et progressa chimice. Copenhague, 1668, in-4. — (Du même) Hernie tu ALgrptiorum et chemicorum tapiantia ab henn. couringii animadversionibus vindicata. Copenhague, 1674» in-4. (Du même) Conspectus chimicorum illustrium. Copenhague, 1637, in-4- — Nathan. Alhinaei, Bibîiotheea chimica contracta. Genève, iC54; ia-8. — P. Borel, Bibîiotheea chimica , cum appendice usque adannum 16 53 pertingens. Paris, i654, et Heidelberg, i656. — Manget, Bibîiotheea chimica curiosa. Genève , 170a, in-fol. a vol. — Boerhaave, Elemcnta ,chimice (dise, préliminaire) Vettel, Encyclopédie, première éàit, article Chimie. — Macquer, Die.

de chimie. Paris, 17*6, in-8, a vol. dans le Disc, prélimin.— Schroeder, Hist. de l'ancienne chimie et philosophie , etc., inséré 'dans sa Biblhth. de physique et de chimie. Marpurg. 1775, Su,8. -~ Bergmamn , de primordiis ékemice. — (Du même) Historiae chimkas médium ten obsenram avum à midio sœculo F II ad médium saculum XV H : ces à>nx dissertations sont insérées dans le 4* volume des opuscules de Bergmann. — (Du même) Oratio de nuperrimis chimice incrementis , 1777 •* inséré dans Je -Sixième vol. 4e la même collection. — Sur les progrès de la chimie^ article inséré dans The philosopha of medicinc; or. médical extracts on the nature of health and disease , including the laws of the animal aconomy^ and the doctrines of pneumàtic médecine. Londres, 1799, in-8, quatrième édi t., vol. î,p. iq3. — Graelin, Histoire de la, chimie (en allemand) traduite et insérée par extraits dans les tomes a, 3 et 4 de la Bibliothèque germanique, t— Fourcroy, Encyclopédie méthodique , art. Chimie* — • (Du même) Système des connaissances cJtimiquesy tome r . — Cuvier, Rapport historique sur les progrès des se. naturelles , depuis 1 789, et sur leur état actuel. Paris, i$io> in-4» — ^Berzélins , Discours sur les progrès et l'état présent de la chimie animale , inséré dans le. Journal de chimie , physique et hist. natur. t numéros de novembre et décembre 18 14. — J< Fr-éûVJahn, Tableaux chimiques du règne animal. Paris, 18 16, petit in-fol. — Virey , Dû' cours sur t histoire et les progrès des sciences pharmaceutiques , Inséré dans le premier volume des mém. de VAcad. roy. de médecine. Paris, 1828 , iu-4-

CHIRAC (Piewis), aé en i65o, « Çonquest en Rou*rgu«,fat d'abord destiné à l'état ecclésiastique^ et commença «es études â Rhodez dans le collège des jésuites. U vint ensuite (1678) à Montpellier, pour étudier la théologie; peu de temps après il entra en

CHI 7 o3 qualité de précepteur chez M. Caquet, maître apothicaire, afin de diriger l'éducation de sOn fils qui se destinait à la médecine. Chirac reconnut bientôt que telle était aussi sa véritable vocation, et il renonça à son premier état. Il avait trente ans quand il commença l'étude de la médecine (eh 16B0 ). Il fut distingué au milieu des élèves de la faculté, par Michel Chicoyneau, chancelier de la Faculté, qui le plaça auprès dé ses enfans comme précepteur: cette nouvelle position devint la source de sa fortuné. Chirac, tout en s'occupant de l'instruction de ses élèves, se livra avec ardeur à l'anatomie, et acquit rapidement des connaissances assez positives pour faire des cours particuliers qui lui fournirent les moyens de prendre ses dégrés et le bonnet dé doeteur en i683. Il continua pendant trois années des cours particuliers d'anatomie qui établirent sa réputation comme professeur. En 1687, Chirac obtint, par le crédit de Chicoyneau, son protecteur, la chaire de médecine dé la Faculté; et s'il dut cette place à la faveur, il justifia du moins d'une manière supérieur le choix qu'on avait fait de lui. En 1692, il fut nommé médecin des armées dû roi, en Catalogne, et vers 1695, médecin du port de Rochefort. De retour à Montpellier, après une absence de cinq années, il reprit dé nouveau la carrière de l'enseignement avec un succès qu'attestait suffisamment l'empressement des élèves à suivre ses leÇoris : c'est dans Iè même temps qu'il prit part à plusieurs discussions polémiques dans lesquelles il ne conserva pas toute la retenue convenable. En 1706, quand le due" d'Orléans partit pour aller commander l'armée du roi en Italie, lé comte de Nocé engagea ce prince à prendre Chirac pour son médecin; l'offre fut acceptée, et Chirac accompagna le prince en Ralie et en Espagne. La guérison rapide d'une blCssu^ë que le duc reçut au poignet, à la bataille de Turin, lui acquit la confiance de ce prince, avec lequel il revint à Paris, où il se fixa.JÈIomberg, premier médecin du duc d'Orléans, étant mortçn 17 15, Chirac fut nommé à sa place; en 1731, le mi l'appela près de lui en qualité de premier médecin. Chirac, profitant de la faveur dont il jouissait, voulut fonder èt Paris une académie de médecine qui eût entretenu line correspondance avec les médecins de tous les hôpitaux du royanmé;mais comme cette institution paraissait attaquer les droits àë la' faculté dé médecine, les membres de cette compagnie s'opposèrent énergiquement au projet de Chirac, qui mourut sans avoir pu le réaliser. Un autre projet qu'il forma, et qui n'eut d'exécution que pendant quelques années à la Faculté de Montpellier, reposait sur un prin-

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cipe qu'on ne conteste plus aujourd'hui. Dans le but de faire cesser la division établie entre la médecine et la chirurgie, il voulut réunir ces deux branches d'une même science, et l'on reçut des docteurs médecins-chirurgiens. Il légua même à la Faculté de Montpellier une somme de 3o,ooo livres, dont la rente devait servir à la réception gratuite de trois docteurs de cette espèce, par année (Astruc). Suivant l'auteur de l'éloge inséré dans YHist. de VAcad. des sc> Chirac avait légué cette somme pour fonder à l'école de Montpellier deux chaires nouvelles: l'une d'au a tonne comparée, l'autre destinée à l'explication du traité De molu anima lium de Borelli. De ces deux intention^du testateur, quelle qu'ait été la véritable, elles sont également honorables pour sa mémoire, et l'on doit regretter que les réclamations de sa famille aient empêché qu'on réalisât l'une et l'autre. Chirac est mort à Versailles, le I er mars i73a, âgé de quatrevingt-deux ans.: Les ouvrages qu'il a laissés sont en petit nombre, et ne répondent pas à la réputation dont il jouissait : ils sont généralement écrits dans un style fort négligé, et remplis d'explications très-hypothétiques pour la plupart. En voici les titres: , »ii

Extrait d'une lettre écrite à M. Rc- de leur racine. Sans doute Chirac n'a gis, sur la structure des cheveux. Mont- pas vn tout ce qu'il a décrit ; mais le pellicr, 1688 , in-ia. — Suivant Chi- fond de ses observations mérite qoelrac, le bulbe des poils a une enveloppe que confiance. Dans un mémoire précartilagineuse , à laquelle se rendent «enté a l'Académie des sciences, en plusieurs filamens fibreux de la face 1819, M. Dutrochet a montré que les interne du derme. En arrachant le poils offraient en effet beaucoup dapoil de cette enveloppe bulbeuse , il nalogie de structure avec les plumes, vit que sa tîge était creuse par le bas , et ses idées se rapprochent siogulièreà la manière des plumes ; mais ce qui ment de celles de Chirac.^(Voy. Journ. le surprit davantage , dit- il , c'est qu'il complémentaire du Die. des Se. méd. observa dans ce petit canal une rangée tome v, p. 366.) de petites vésicules, qui formaient une Dissertatio academica, in qua disespèce de fétu semblable à celui qu'on quiritur an incubo ferrum rubigino~ trouve dans les plumes. Ce fétu s'éteji*- suni •? Montpellier, 169a, in- 1 a . dait dans le poil près d'un pouce hors Dissertatio , in qua disquiritur an de la peau» ainsi qu'il s'en assura en passioni iliacce globuli plnmbei hyconpant d'espace en espace une pe- drargyro prceferendi ?. Montpellier t tite partie du poU. Çe sont , dit Chi- *6q4, in- ta.

rac , ces petites vésicules qui se rem- Specimina vUiosat corporis humant

plissent de sang dans la plique, et qui mechanices. (Montpellier) 1697, in-8.

sont la source du sang qui s'écoule — Rédigé par J. Gabriel de La Ville, quand alors on coupe les cheveux près Lettres ou réflexions prélhninàtres

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sur t apologie de M. Pieusséns , et strr plâtres dîgestift. Il recommande les

la préface qui la précède, Montpellier, eaux de Balaruc , ou une lessive alca-

1698, in-ia. -^ Chirac revendique la Une, si l'on ne peut se procurer de

prétendue découverte d'un acide dans ces eaux.

lesan fc' Observations sur tes incommodités De motu rtrdis udversaria arnzlf* auxqueUes sont sujets les équipages ttea. Montpellier, r6 9 8 , in- ta. — des va isseaux , et la manière de Us Chirac admettait dans le cœur des frmïer. Paris, 17*4, in-8. Q>res transversales propres à dilater Traité des p evres maUgnes et d(s les cavités de cet organe, et d'autres fi cvres pestilentielles qui ont régné à fibres moitié verticales et moitié en spi- Rochefàrt en 1694, avec des consulrares. Quant au mouvement du cœur, talions sur plusieurs maladies. Paris, Chirac recourant toujours à des hypo- 174a , in-12. — Cet ouvrage est rethèses nouvelles, considérait la fer- marquante par l'esprit d'observation mcotatiou ou l'effervescence comme que l'auteur y montre; il s'abandonne cause du mouvement du sang. Cette moins ici à ces théories hypothétiques fermentation était produite par nue qui lui sont si familières, pour se laismatière acide que le sang verse dans ser guider par l'expérience. Chirac fit des Iocnles creusées dans le tissu des de nombreuses ouvertures de cadavres, fibres dn cœur. Chirac ne fit d'ailleurs qui le conduisirent à penser que les qie répéter en. cela les explications fièvres qu'il observait étaient le résulta données par Vieussens. tat d'un* inflammation du cerveau, et Qttaseh meâico-chirurgica , utrnm des organes de la digestion. 11 déduit «osoluta noulneram sttppuratione ad de ses observations une thérapeutique promovendam cicatricem praestent de- plus rationnelle. — Georget a consitergentia salino aquea sarcoticis aliis signé dans les Archives générales de °kosis et pinguibus quibusdam medi- méd. f tome 1 , an. i8a3, un extrait c&mcntis. Montpellier, 1707, in-ia; des faits et des principes exposés par tnd. en français sons ce titre : Chirac dans l'ouvrage dont il s'agit.

Observations de chirurgie sur la Dissertations et consultations mèdi-

nature et le traitement des plaies, et cinalcs, de Chirac et Sylva. Paris,

sur la suppuration des parties molles ; 1744» in-12, a vol. — On retrouve

por M. Fizes. Paris , 174% in -1 a. — dans ce recueil les observations de Chirac

publia cette dissertation latine Chirac sur les poils, sa dissertation sur

"ur le traitement des plaies , à l'occa- l'incube, etc., et une notice biogra-

siou dfe la blessure du duc d'Orléans, phique de Chirac.

Pour le traitement de laquelle il fit Chirac a inséré dans les Epftèm. des

avec succès, des eaux de Ba la- Curieux de la nature , an iv , déc.

tw h A. part toutes les théories chimi- n , obs. ia 5, le récit d'une expé-

qaes qu \\ expose au sujet de ce irai- rience relative au vomissement ; il

««ment, il conseille eu général un pan- pense que cet acte ne résulte pas de

«ment simple pour les plaies , et leur la contraction de l'estomac, mais de la

fanion par première intention ; il compression simultanée des muscles

blâme l'emploi dea poudres et dcs*a*- abdominaux et du diàpftragme sur cet

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organe. Oo sût que M. Magendie * indiqué pur Chirac consiste

renouvelé cette expérience dans ces l'imaiflatioa de l'air dans les poa-

derniers temps, et que celles de Bé- nions, de manière à entretenir une

dard et Legallois ont fait voir la part respiration artificielle,

qne l'œsophage avait dans le vomisse- (Astrnc, Mém. pour servir à Dust.

ment. Cette expérience de Chirac est de la Foc. de Montpellier» — Haller,

aussi consignée dans YHist. del'Acad. Biblioth. anaL; id. BibL med. pract. ;

des se, an. 1700. id* Bibl- chirurg. — Eloge dans YHist.

Sur les moyens de conserver quelque de l' A cad. rojr. des se* an 17 3a. —

temps la vie à un animal, après lui Gautheron, Éloge de Chirac , dans le

avoir enlevé le cerveau , et lui avoir recueil des éloges des académiciens

coupé la tête\ inséré dans les Philos, de Montpellier; par M. Desgeuettes.

transact., n° 226 , et dans le Journal — Portai.) des savans, an. 1688. — Le moyen

CHIRURGIE. Quelque arbitraires que soient les limites que l'on ait voulu poser entre la chirurgie et la médecine proprement dite, il est certaines parties de l'art de guérir qu'on s'est constamment accordé à faire entrer dans les attributions de la première : telles sont les opérations, le traitement des plaies, des fractures, des luxations , etc. Et quoiqu'il soit impossible d'établir une distinction précise entre ces deux branches médicales, relativement aux objets qu'elles embrassent, divers motifs, que le cours de cet article fera aisément saisir, nous portent à ne pas les confondre dans un même coup d'oeil historique. Nous allons donc suivre les progrès de la chirurgie depuis sa naissance jusqu'à nos jours, signaler les hommes qui ont concouru à ses progrès, et enfin indiquer la situation civile et politique de ceux qui exercèrent Cet art.

§. I. Origine de la chirurgie, et état de cet art dans les premiers temps de la civilisation. H est très- difficile d'assigner une époque précise aux commencemens de la chirurgie. L'origine de cette remonte sans doute aux premiers âges du monde, et se confond) celle de la médecine proprement dite, dont elle n'a été séparée dans l'exercice qu'après une longue suite de temps. Toutefois , il est permis de présumer que la chirurgie est née avant la médecine interne, puisqu'elle a pour objet des maux accessibles à la vue, auxquels la main de l'homme pouvait immédiatement s'appliquer, et qui d'ailleurs devaient être, dans l'enfance des sociétés, plus communs que ceux qui sont du ressort de la pathologie interne. £i, laissant de côté toutes conjectures, nous nous en rapportons aux documens consignés dans les premières annales des peuples, nous voyons les w^mes, hommes pratiquer, sous le ..titre de médecins,

CfH ^07 dans quelques rangs qu'ils soient, et la chirurgie et la médecine interne, panser les plaies et prescrire certains remèdes dans le cas de fièvre. Les mêmes abus , les mêmes superstitions régnent sur ces deux parties du même art. A cause de oes considérations communes , qui trouveront plus naturellement leur place à l'article consacré à la médecine eh général , nous nous abstiendrons d'en dire davantage, et nous chercherons immédiatement ce qu'était la chirurgie chez les peuples anciens.

Les peuples orientaux, qui ont précédé 4e si long-temps lés Grecs dans la civilisation, ne paraissent avoir possédé qu'une chirurgie très-bornée : cette science n'y fit aucuns progrès, quoique la coutume des embaumemens, la cérémonie de la circoncision, et surtout l'art . si commun de châtrer les hommes et les animaux, semblassent devoir leur donner quelques connaissances anatomiques, et l'habitude des opérations. Toute leur médecine consistait en prescription desimpies. La cautérisation et la saignée paraissent cependant avoir été employées chez plusieurs de ces peuples; mais pour ce qui concerne toutes les autres parties de la chirurgie, on n'y trouve aucune trace d'avancement. Ce qu'on raconte des: connaissances des Égyptiens

sur les maladies des yeux, ce qu'on dit de leurs instrumens de chirurgie et de leurs emplâtres, décrits dans les livres fabuleux d'Hermès, doit se rapporter aux Égyptiens modernes ou aux savans d'Alexandrie, du temps des , Ptolomées. L'ignorance des prêtres égyptiens, qui pratiquaient la médecine, était telle, au rapport d'Hérodote, qu'ils ne purent guérir une entorse que s'était donnée 1 Darius, fils d'Hystape. Cest donc chez les Grecs seulement que la chirurgie ;a pris quelque forme: ce sont eux qui ont communiqué aux autres peuples les connaissances chirurgicales «qu'on a pu remarquer plus tard chez ces derniers. . Malgré ce que nous avons dit touchant l'antériorité présumée de l'origine 4e la chirurgie, les premières notions qui rions soient parvenues relativement à la médecine chez les Grecs, n'ont trait qu'à la médecine interne. On ne parle nullement de cure chirur^ gicale opérée par Mélampe, le plus ancien des médecins grecs> Pendant longtemps U n'est mention que du pansement des plaies à l&dt de simples employées comme topiques : ce fut là toute la stience du fameux CCntaUre Chiron, et des héros auxquels il enseigna sont art, d'Hercule, de Thésée, d'Achille, etc. Ce n'est qu'à EscnJape, élève aussf de. ce même Chiron-^ et bien /postérieur à Mélampe^ qu'on peut rapporter le premier exercice de quelques parties impor-

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tantes de Mrt chirurgical. Les'cures qu'il opéra à l'aide du fer, dii feu et desmédicamens, ont paru tellement merveilleuses à ses contemporains, que les honneurs de l'apothéose lui furent décernés. Les auteurs ,qui ont fait mention d'Esculape, disent qu'il s'appliqua particulier rement à la chirurgie; mais rien n'indique qu'il ait traité autre chose xjue des .blessures, contre lesquelles il employait les incisions et les cautérisations. Machaon et Podalyre, fils d'Esculape, héritèrent des connaissances et de l'habileté de leur père, et devinrent fameux au siège de Troie. Quoiqu'on ait lieu de penser que l'opération de la saignée était employée long -temps auparavant , c'est à Podalyre que se rapporte la première opération de ce genre, dont il est fait taention dans les fastes de l'art. • '

Quoi qu'il en soit, à ces époques peu avancées de la civilisation, l'artrde guérir n'était pas seulement exercé par une classe particulière d'hommes qui s'y consacraient. Il semble que l'étude de cet art entrât dans l'éducation de ceux que leur naissance appelait a conduire ïes peuples. Ainsi, en l'absence de Machaon et de Podalyre, Homère nous montre Patrocle arrachant les flèches , lavant les plaies et les pansant; et, presque du temps dllippocrate, Denys, tyran de Syracuse, au rapport d'jElian, incisait, brûlait v et entreprenait divers traitemens chirurgicaux. Les femmes, si souvent la cause de guerres et de combats dans ces temps barbares, comme dans cenx dé notre fabuleuse chevalerie, devaient être également portées, et par leur position et par la pitié naturelle à leur sexe, à exercer quelques parties d'un art qui a pour but le soulagement de l'humanité. Ce furent les femmes qui pendant long -temps furent chargées de cette partie de la chirurgie qui a rapport aux accouchttntns. Voyez ce mot.

Après lâ guerre de Troie , la pratique de la chirurgie ,' comme celle de la médecine interne, renfermées dans l'ordre sacerdotal des Asclépiades, ne fit que des progrès très-lents. L'obsërVatièn de» blessures, les incisions qu'elles nécessitaient, ne purent fournît que des connaissances grossières d'anatomie •: le respect superstitieux pour les morts empêchait d'en acc/uérir dé plus étendues ' Aucun monument antérieur aux écrits d'Hippocraïe ne ttc-tts est parvenu qui nous mette à même d'apprécier ks connaissances^mr»^ 31 ^ que le temps amassa successivement dans les diverses ëVoles de « médecine grecque : transtaises par tradition 1 , ce n'est qUe^P d'Hippocrate, et par lesi soins de ce grand • .homme^qWk 5 '* 0 " 1

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devenues, publiques. Ce n'est véritablement qu'à dater de cette époque qu'on tpeut tracer l'histoire de la f chirurgie,

§« IL État de* la chirurgie à l'époque d'Hippocrute, Quelque opioiOn qu'on ait çlu génie d'Hippoeraté , qui, suivant Hallers, doit être réputé, le père de Ja chirurgie aussi bien que de la médecine, on ne pourrait sans erreur lui attribuer entièrement le degré d'avancemént où nous voyons cette partie de l'art parvenue dans les écrits qui portent; son. nom. Ce n'est < qu'après de nombreux essais 'qu'on a pu arriver à hasarder des opérations aussi importantes que celles qu'on, pratiquait. déjà. a cette époque; et il a fallu plus que l'expérience et le l génie d'un .seul homme, -pour arriver à établir les règles qu'il: oons ;a tracées ayec tant d'exactitude iet de précision. Ce n'est pas ici le lieu o> olscuter l'authenticité des traités. hippocratiques où il est parlé de ctour^ie, 4e distinguer ceux qui-.paxaissent avoir ' été composés. -avant Hippocrate, ou par'quelques médecins contemporains dje l'école de Cnide, de signaler enfin ceux qui ont été composés» plus tard, et même par des médecins d'Alexandrie (V. Hippocrate y 9 ' il; nous suffit que ces écrits, sortis ou non de la plume d'Hippoerate, nous retracent assez fidèlement l'état, de la-chirurgie de son temps. Seulement il nous est 4iirîcile 4'^tablir la j^t qe'il a eue aux; progrès de cet art. On peut cpnjectur.er ,qp'il. ajjtiré de^ livres de médecine existant alors ce qu'ils^, contenaient de bon, et qu ? il a profité desmanusqriis ou des U^ditions-conser^ dans l'ordre fies A^sclépiades, „ f „ <• \> liS *ti r i >

Il fallait, comme nous l'ayons déjà remarcraé, que la chirurgie lez les Gr<*s de ^^ds; progrès ayant ^ppocrate^ poifij que 4es règles générales nous aient M transmise* '.f»r m homme célèbre., sur les opérations. , Ainsi l'on trouve c)ans f Je$ tçaités Me offiçinâmediciet de'mediçQy des préceptes excellens. sur. Jes instrumens que doit employer Je chirurgien , sur la disposition des lieux, ce}}e des lumières, sur la; siruatypnt 4$ l'opérateur , enfin sur la- /orn^e et l'effet des bandages. Len^cmabre el , la; variété des bandages étaji^nt tels, qu'à l'occasion; ; jdtcs ^actu/^j^u t nez', pippocrate s'é-t l^Y^e contre les. médecins fie is^. temps; qui, moins occupés de ljU.tkr: que 4e te complication e t A? élégance des bandages,» commetde grandes fautes* e|ipW^anft cette fraç^npe que 4jup> l aucune

tlis.).,]) v lime - i > 11 oh ! y / .

r mô^uiejii|>ar laotmaWu*, ^douleur et ippocrate .prescrirait Je^ «émolnens^ .-qu'il (désignait -sous énérique de ra^ra^tissajis, que itl^euiMes de.pPÂree,

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d'ache, d'olivier, de ronces, de figuier, etc.; tous ces végétaux étaient employés en forme de cataplasmes, cuits ou simplement broyés (De medico ). 11 observe que les corps gras y sont nuisibles (De affectionib.). Il distingue les tumeurs formées par le sang, les phlegmons, de celles qui le sont par la pituite: les premières causent de la douleur, les antrefc ne font éprouver qu'un sentiment de pesanteur (De foc. in humin.).

Sous lu dénomination d'abcès ou d'apostènie, il paraît comprendre touh collection purulente, mais surtout celles qui sont la suite (1 une dépuration ou d'une *rise, et qui ont leur siège aux articles, et particulièrement à la base de la mâchoire. 11 remarque très-bien l'inconvénient d'ouvrir ces abcès avant d'en avoir déterminé la maturité uniforme dans tous les points; il établit les signes par lesquels on peut reconnaître qu'elles ont ces qualités, et décrit les progrès, l'état et les suites de ces tumeurs (Aphor. sect. 4. — de epidem. lib. 1. — De medico — coact. prœnot.).

Il n'est fait dans les écrits hippocratiques aucune mention d'emplâtres pour le traitement des plaies; on n'y trouve indiqué que l'usage des huiles ou de quelques préparations grasses, destinées à des linimens sur les plaies ou sur certaines parties malades. Ces préparations formées par la macération de lis, de roses, etc., dans l'huile commune, quelque simples qu'elles paraissent, étaient, dans les premiers temps, ignorées des Grecs, et leur vinrent de l'Egypte; c'est de là qu'il est quelquefois question, dans Hippocrate, de certains ongucns égyptiens, Hippocrate employait peu de topiques. Exceptéles plaies des articles, il était dans l'usage de les laver toutes avec du vin (De ulcerib.). Dans les plaies des extrémités, il laissait couler le sang abondamment, dans la vue de modérer l'inflammation et la suppuration qui en sont la suite. L'expérience lui avait appris que toute plaie contuse devait nécessairement suppurer; il appliquait des cataplasmes sur les bords tuméfiés; la suppuration une fois établie, il pansait la plaie avec de l'éponge, qu'il recouvrait des feuilles de quelques plantes. La marche des plaies, leurs époques d'inflammation, de suppuration, étaient parfaitement connues. Hippocrate prescrit de s'abstenir, le troisième ou quatrième jour où Pinflammation et les autres accidens augmentent, de fatiguer les plaies, de les sonder, et de tout ce qui pourrait y porter de l'irritation : il avait t rès-bien observé que les médicamens gras ne conviennent pas aux plaies enflammées non plus qu'aux ulcères sordides (De affection, i Dans le premier cas, il prescrit les rafraîchissans, et dans le deuxième,

tes médicamens àcres, propres à déterger la partie. On ne connaissait point alors les bandages unissans que nous employons aujourd'hui; mais l'indication de réunir les plaies immédiatement avait été saisie , et on cherchait à la remplir dans l'application du bandage. Hippocrate ne se bornait pas à traiter localement les plaies, il leur appliquait le régime des maladies aiguës : peu de boissons et peu d'alimens; la diète était d'ailleurs proportionnée à la gravité du mal, et il avait le plus grand soin d'entretenir la liberté du ventre (De ukerib. - — De morb. , lib. 11). Les plaies qu'il estime mortelles sont celles du cerveau, de la moelle épinière, des intestins grêles, du foie, du diaphragme, de la vessie, du coeur ou de quelque vaisseau qui rend beaucoup de sang. Il y joint encore celles qui attaquent les grands vaisseaux du cou; cependant il observe qu'elles ne sont pas toutes décidément mortelles, en raison de la variété de siège de ces parties, et de la manière dont a été faite la plaie [De morb. y lib. jctl prœdictor. — Aphor. 18, sect. 6). Il remédiait à lTiémorrhagie des plaies en les remplissant de manière à produire une compression (Epidtm. lib. vi ), quelquefois aussi par l'application du feu ( De loc. in homin.). Enfin , les remarques consignées dans les ouvrages hippocratiques, sur la marche, le pronostic et le traitement des ulcères, montrent qu'on possédait à peu de chose près, À cette époque, les connaissances que nous avons aujourd'hui sur ce genre de maladie.

Les moyens chirurgicaux employés dans le traitement des maladies internes, ou du moins pour remplir des indications médicales, constituaient une portion très 1 importante de la chirurgie de ce temps. La saignée tient le premier rang. Il y avait peu de veines accessibles à l'instrument qu'on n'ouvrit. Comme les lois de la circulation étaient inconnues , et qu'Hippocrate croyait à un flux et un reflux du sang dans ses vaisseaux', l'écoulement de ce liquide par la saignée avait pour unique but la dérivation et la révulsion ( De toc. in homin.). Aussi devait-on ouvrir autant de veines qu'il y avait de parties malades à soulager. Avait- on mal à l'occiput, il attaquait la veine préparate ou frontale j dans les douleurs des lombes et des testicules, il incisait la saphène ou la veine, poplitée; dans la pleurésie, la veine au pli du bras; il ouvrait quelquefois les veines des narines et celles de l'anus, etc.

Les mêmes principes de dérivation et de révulsion présidaient à l'emploi des ventouses. Hippocratc appliquait les ventouses, tantôt sans faire de scarifications, tantôt en en faisant.

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