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étaient formées; des chaires de grec et de latin établies dam chaque ville, et richement dotées ; les princes , les papes, Us mv nistres et les grands, se disputaient l'honneur ou de cultiver *uxroemes les lettres, on d'en <&trc «gardés comme les protecteurs. Les maJheurs de la Grèce forcèrent beaucoup d'hommes de talent à se réfugier en Italie , où ils furent accueillis avec honneur, et où 1W s'efforça de leur faire oublier les désastres de leur patrie, lis puaient cet accueil en transportant dans notre occident les trésors de la Grèce, et en enseignant à puiser avec plus de sûreté qu'on n'avait encore pu le faire dans cette mine féconde. Alors se formèrent des assemblées scientifiques; on proposait des discussions littéraires ; tout respirait la passion de l'antiquité et de l'érudition. La philosophie, les mathématiques, l'astronomie, la jurisprudence, firent de remarquables progrès. Sans marcher du même pas que toutes ces sciences, la médecine et la chirurgie ne restèrent point étrangères à ce grand mouvement Déjà les décrets de l'empereur JFfédéric II , et les travaux de Mondini avaient renouvelé l'anatomie. Malgré leur répugnance pour la pratique des opérations , un grand nombre de médecins cultivaient à la fois la chirurgie et la médecine; ils manquaient de génie, mais non d'amour poux la science , et d'ardeur pour l'étude.
Nicolas de Falconis compilait de son mieux les écrits des Grecs et des Arabes. Si l'on a la patience de fouiller à travers le fatras d'une érudition mal digérée , et de surmonter le dégoût qu'insr pire une prolixité rebutante, on trouve dans son volumineux ouvrage quelques remarques qui lui sont propres : un exemple d'opération césarienne pratiquée avec succès ; quelques cas intéressant de renversement de l'utérus , de plaies de la poitrine , et du péricarde. Léonard Bertapagba, quoiqu'il eût disséqué deux cadavres,
ju-dessous de lui, après avoir manié le scalpel , d'employer le bistouri chirurgical; il usait fréquemment du caustique, et attaquait en particulier les cancers par ce moyen. Pierre de la Cerlata ou Argelata , au contraire, quoique appartenant à la cléricature , savait au besoin mettre la main à l'œuvre, extirper un testicule cancéreux, ou inciser une fistule, etc. (Voyez Argelata. ] Antoine Gainer, Barthélemi de Montagnana, Marc Gatinaria , se distinguent parmi la foule des écrivains ou professeurs de cette époque , que leurs contemporains admirèrent , mais que l'histoire doit à peine mentionner. On lirait auj avec curiosité, dans l'ouvrage du dernier, Vkistoirt d'une
affectée d'un prolapsus de la matrice, à qui l'on extirpa ce viscère, et qui survécut à l'opération.
On ne saurait nier que les travaux de ces hommes , autrefois si célèbres, et maintenant si décrédités, n'aient enrichi l'art de quelques faits de # détail. Mais la fin du quinzième siècle est marqué en Italie* par l'apparition de deux hommes auxquels remonte, pour la chirurgie comme pour la médecine, l'épine dune" véritable régénération. Medici, dit Haller , a compilation r ad naturam ceperunt redire; et ce retour fut en grande partie l'ouvrage des deux hommes dont nous voulons parler, d'Antoine Benivieni et d'Alexandre Benedetti. Le seul traité de Benivîeni De abditis rerum cousis , est plus important que toutes les compilations réunies qu'avait vu paraître' le quinzième siècle, et ce n'est pas seulement par l'influence qu'il exerça pour ramener les esprits à l'étude de la nature, mais encore par un nombre considérable d'observations remarquables qui s'y trouvent : par exemple , le traitement d'une hernie ombilicale congénitale , un cas d'enterocèle vulvaire, celui d'une aiguille de bronze qui avait été avalée, et qui s'ouvrit un passage à travers les parties ; la guérison d'un ulcère au nenton par l'arrachement d'une dent gâtée qui l'entretenait; l'enlèvement, pratiqué avec succès , d'une nécrose du fémur ; une atresie de la vulve et des imperforations de l'anus guéries par l'opération; une angine guérie par l'incision ( de la trachée ?); une gangrène du pied, de cause interne (Senile); un exemple de régénération de l'humeur aqueuse chez une fille qui avait reçu une blessure à l'œil; la destruction d'une cicatrice, qui, à la suite d'une brûlure , avait réuni un bras avec le tronc , et la liberté rendue à ce membre, etc. Alexandre Benedetti ne se montre ni moins pourvu d'une érudition choisie, ni moins riche d'expérience , ni moins habile chirurgien. A la suite de ces deux grands hommes , on voit paraître Jean deVigo, célèbre auteur d'un ouvrage long-temps classique r dont l'histoire sera tracée sous son nom. Tout ce que nous rappellerons de lui dans ce moment, c'est qu'il parla', pour arrêter les hémorrhagies, de la ligature des vaisseaux, sans donner, à la vérité, d'une manière positive, son approbation à ce moyen, mais en le décrivant avec plus de précision que n'avait mit Albucasis. Jean de Vigo fut un des premiers qui employèrent le mercure dans les maladies vénériennes , à titre de spécifique. A la même époque, Béranger de Carpi, aussi grand chirurgien que grand anatomiste, employait le même mode de traitement ; il répandait
CHI 7 53 d'ailleurs, darts ses commentaires sur Mondini, beaucoup de remarques chirurgicales importantes, et citait, entre autres observations curieuses, l'extirpation d'une matrice en état de prolapsus. Blondus ou Biondo ( Michel-Ange ) vantait l'usage de l'eau pure pour le traitement des plaies.
Trois points importans de chirurgie que créèrent alors des circonstances nouvelles, ou le génie des chirurgiens, arrêtent l'attention de l'histoire; fct c'est encore à l'Italie que l'honneur en doit revenir. Il s'agit de la rhinoplastie, des méthodes nouvelles de pratiquer la taille par le grand et le haut appareil , et de l'histoire des plaies d'armes à feu.
•L'on sait combien est incertaine la date de l'invention de la poudre à canon ; mais on croit communément que l'Italie fut le premier théâtre de ses ravages. Quoi qu'il eu soit, bien que Jean feange, de Leoberg , dans ses lettres publiées en i533 , ait parlé des plaies d'armes à feu, comme différentes des plaies ordinaires , on peut regarder Alphonse Ferri comme étant le premier qui en ait donné une histoire complète. On trouve dans son ouvrage une foule d'observations exactes et de remarques utiles ; malheureusement l'auteur imagina , sur la nature même du mal , une doc triue essentiellement fausse, et qui exerça pendant long-temps l'influence la plus funeste ; ce fut de considérer ces blessures comme empoisonnées. Les chirurgiens qui vinrent après lui , et qui n'avaient pas autant de droits à se faire pardonner une erreur, enchérirent sur cette idée, et ajoutèrent aux moyens qu'il avait proposés , l'introduction de l'huile bouillante dans la plaie. On devine aisément les ravages qui durent suivre l'emploi d'un traitement aussi absurde. Barthélemi Maggi s'éleva de toute la force de la raison et du savoir, contre les erreurs de son contemporain. Il substitua aux opinions fausses qu'on s'était faites des plaies d'armes à feu , des notions pleines de justesse , et à un traitement incendiaire , des méthodes simples et appropriées à la nature du mal.
Jusqu'au seizième siècle, la seule méthode connue d'extraire la pierre de la vessie, était celle de Celse. Instruit à la pratique de Jean de Romani, Mariano Santo, de Barletta, opéra d'après une méthode nouvelle ( grand appareil) , en publia la description , et forma des élèves qui la propagèrent en Italie et surtout en France , où les Colot en firent un secret de famille. Cette méthode était aussi celle de Franco , qui, après quelques modifications qu'il lui fit subir, lui donna la préférence sur celle, infiniment supérieure, dont on i. 4»
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lui doit l'invention, et qu'il nomma haut appareil. -(taille su spu~ tienne.)
Enfin , ainsi que nous l'avons dit, ce fut encore dans les premiers temps de l'époque que nous parcourons , et en Italie , que furenf tentés les premiers essais pour réparer les parties détruites , et notamment pour remédier aux mutilations du nez. Nous rassemblerons plus loin, sur l'invention de la rhinoplastique» le peu derenseignemens historiques que nous possédons, en parlant du seul auteur qui, jusqu'à ces derniers temps, en eût fait l'objet d'un ouvrage ex professe, Gaspard Tagliacozzi.
Tandis que l'Italie marchait ainsi au premier rang dans la carrière des progrès scientifiques , les différentes contrées de l'Europe y engageaient leurs premiers pas. L'Allemagne, qui devait être bientôt la première à proclamer l'indépendance dê la raison et la liberté de penser, se traînait encore sur les traces de tous les compilateurs du moyen-âge. Le préjugé funeste qui défendait aux médecins ecclésiastiques de verser le sang , et par conséquent de dire la moindre opération; le préjugé non moins absurde qui donnait à la médecine proprement dite une haute préséance sur la chirurgie, et condamnait eeux qui exerçaient cette dernière à une condition presque servile, ces préjugés régnaient en Allemagne, et étaient en quelque sorte sanctionnes par les lois.
Cependant alors s'établissaient en grand nombre ces Universités qui ont formé depuis tant de foyers de lumière. On commençait à cultiver l'anatomie, et même l'Allemagne prenaiç l'initiative dans l'emploi d'Un moyen propre à en répandre la connaissance. Jacques Peiligk et Hundt, dit le Grand, mettaient au jour les premiers essais d'iconographie anatomique. La chirurgie ne pouvait rester longt-temps en arrière des autres études; elle avait aussi ses erreurs et même ses superstitions à réformer} elle dut être entraînée dans ce grand mouvement régénérateur qui agita les esprits à la fin du quinzième siècle. Sans s'élever beaucoup audessus dé la médiocrité, quelques hommes rendirent à la chirurgie allemande des services qu'il y aurait dç l'injustice à me* surer sur l'intérêt que présentent aujourd'hui leurs quvrages. Jérôme* Saler, ou Braunschweig , mettait au jour le premier traité régulier de chirurgie en langue allemande, qui nous soit connu. H ne faisait guère que compiler les. Arabes; mais c'était encore servir son pays que de mettre à son usage les connaissances à'nn peuple et d'un siècle plus instruits. Schielhans de Gersdorf mon-
irait plus de goût, en suivant de plus près les traces de Guy de Chautiac, et semant son ouVrage d'observations modernes. Son livre est le premier où l'on trouve décrits et figurés des instrumens pour l'extraction des corps étrangers lancés par des urines à feu, et des conseils pour s'en servir. Gersdorf avait lui-même pratiqué fréquemment do grandes opérations. Pour arrêter lTiémorrhagie fournie par une seule artère, il liait le vaisseau. 11 réunissait la plaie après l'amputation des membres. Il rapporte un cas de gastroraphie. Jean de Ketam mêlait à des opiuions ridicules sur l'influence des astres et la nécessité de les consulter, .quelques instructions utiles sur la saignée, et, dans un traité des plaies, prescrivait la suture avec un fil très-fin , pour celle des intestins. Dans un recueil de lettres, infiniment curieux sous* d'autres rapports, Jean Lange insérait un grand nombre de remarques neuves et importantes sur divers points de chirurgie. 11 s'élevait «avec force contre l'usage des tentes et des sétons dans le traitement des plaies ; il proscrivait l'emploi de la poudre à canon , qu'on avait l'absurde coutume de brûler sur les plaies d'armes à feu; il faisait connaître beaucoup mieux que ses prédécesseurs les plaies de tête , les accidens qu'elles entraînent à leur suite, et les indications du trépan. Enfin, pour ne parler que îles choses qui lui sont propres, et qui lui assurent des droits à notre estime, il décrivait une inflammation gangréneuse de la langue, qu'il avait vu régner épidémiquement , et dont il prévenait la , terminaison funeste par l'amputation de l'organe, pratiquée à temps. A la même époque, Roeslin , plus connu sous le nom d'Eucharius Rhodion , publiait le traité le plus complet qui eût encore été fait sur les accouchemens ; et quoiqu'il ajoutât peu aux connaissances qu'avaient eues les anciens, on peut dire que par lui l'Allemagne marchait au premier rang dans cette carrière où tant de Français devaient s'illustrer plus tard. Parlerons- nous ici de Gualt. Hermann Ryff, sous le nom duquel parurent des traités sur la plupart des sciences , mais particulièrement sur la chirurgie , dans lesquels tout n'est pas indigne de l'attention de l'histoire. Conr. Gesner, son contemporain, dont l'impartialité n'est point suspecte, 4e dénonce hautement comme un impudent plagiaire, à qui rien n'appartient de ce qu'on trouve dans les livres qu'il a publiés (f).
Enfin, la période que nous parcourons se termine, pour l'Aile*
(î) Si Percy eût connu l'auteur de ce jugement porté sar Ryff, il n'aurait pas eu le tort d'accuser Haller de calomnie.
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maenc par l'apparition de. «mv,vs chirurgicale* de Paraccisc: S 'en aient dit une fou.e tout n'est pas extrava
Sce dans ce qu'écrivit ce bizarre réformateur sur le traitement îes plaies. Nous'ne nierons point qu'il n'ait pu faire rétrograder la science par l'abus des onguens, des baumes, des emplâtres toute espèce, qui forme un des principaux caractères de sa tbe a peuUque chirurgicale; mais nous dirons, d'un autre eotc, quon S dansle premier livre de sa Grande ckirur S ic des remarques aussi justes que neuves sur la guérison naturelle des plaies, et une 2 dation pleine de justesse des limites respectives du pouvoir de la nature et de celui de l'art! Il a très-bien fa.t ressortir auss. l'étroite union de la chirurgie avec la médecine. Ce sont ces idées de Paracel.e,et non ses topiques polypharmaques qu.l ™t fa " u u emprunter. Il faut convenir cependant que «P>d«I«e^un«. de: e drogues avaient bien aussi leur mérite. Dans le nombre de celle qu'il employait contre les ulcères, et qu'il variait autant que varient elles-mêmes ces affections, on n'a pas oublié les préparions arsenicales, par lesquelles il ne craignait pas d'attaquer le cancer d'autres médicamens héroïques, au moyen desquels d opérait, du Gesner. des cures presque merveilleuses. • Tel vastes contrées du nord de .'Europe étaient encore bien éloignées du temps où elles confondaient leurs travaux littéraire, et scientifiques avec ceux des pays que nous venons de parcoum. Le Danemarck seul vient se rattacher à la période que dions, par l'établissement de quelques ^^^SlSTlSi traces de culture chirurgicale. On se ferait d.fficilemen rie. d'une ignorance et d'une grossièreté comparables a celles des an ciens Saxons. Depuis qu'ils furent soumis . la domination de Cl.arlemagne , l'introduction d'une reUgion nouvelle adoucit leur barbaru I2SS; dans la même proportion, leur esprit tition Le Danemarck devint le pays des reliques et des mirac . Nulle' nart les moines de toute couleur ne pullulèrent plus rap.demÎ, e avec eux les pratiques superst.tieuses , qui empire sur le peuple, et faisaient leur fortune. Les premières « a de l'exercice de l'art de guérir se trouvent mêlées a eelu. de le, cérémonies. £groùs, dit l'auteur des Premières Chroniques danoises, <,uipro sanitate idotis sacrificas,ent,et a P^'T'"^"
Autant qu'il nous est permis d'en juger par les renseigne mens que possédons, ce fut en cela que consista tout la,, d,
guérir jusque vers le quinzième siècle. L établissement de l'Université de Copenhague, eu 1/478, eut peut-être quelque iuflueuce favorable sur l'étude de la médecine, mais ne fit rien pour la chirurgie. Çhrîstian III, en réformant cette Université en i53g, fit plus pour cette branche de l'art de guérir, que n'avaient fait ses prédécesseurs. On est surpris, à la vérité, de ne pas voir le nom de la chirurgie parmi ceux des connaissances que devaient enseigner, d'après ses réglemens, les deux médecins occupant des chaires à rUnivcrsité; mais Christian prescrivit 1 etude*de l'anatomic, et c'était le premier pas à faire pour arriver à former des chirurgiens. Jusquelà, c'étaient les barbiers qui, sous la conduite des médecins, pratiquaient les opérations peu difficiles. Quant à celles qui demandaient plus d'habileté, elles constituaient le domaine d'une classe un peu plus relevée d'opérateurs sur lesquels nous ne savons rien, si ce n'est que leur nombre, à Copenhague, ne s'élevait pas au-delà de BÎK. La première moitié du seizième siècle . prépara les voies à un meilleur avenir. Les médecins qui, d'après les réglemens de l'Université, devaient, pour achever leurs études, voyager dans les pays étrangers, rapportèrent de l'Italie l'amour de la chirurgie, ou du moins l'estime que devait faire rejaillir sur cette branche de l'art de guérir le mérite éminent des hommes qui en faisaient leur principale étude. En 1677, Frédéric II constitua légalement le Collège des chirurgiens de Copenhague, protégea leur indépendance, et prescrivit des règles à l'enseignement. Cette institution, qui semblait promettre des résultats avantageux, ne porta quelques fruits qu'à une époque éloignée.
Le quinzième siècle fut pour l'Angleterre une époque de profonde ignorance. On pourrait croire, dit l'historien Henry, que dans ce* temps orageux , où les belliqueux habit ans de la Grande-Bretagne faisaient presque perpétuellement la guerre, on encourageait avec soin l'étude de la chirurgie. Mais l'anatoinie, si indispensable au perfectionnement de l'art de guérir, était non-seulement négligée, mais même un objet d'horreur et d'indignation. Parmi le petit nombre des chirurgiens qui pratiquaient en Angleterre, il s'en trouvait infiniment peu qui eussent quelque réputation. Lorsqu'cn Henri \ entra en France avec une flotte et une année puissantes, il n'emmena qu'un seul chinurgien , Thomas Morstède, qui s'engagea à conduire avec lui douze hommes de sa profession. Le même Henri eut encore plus de peine à trouver un nombre suffisant de chirurgiens dans sa seconde expédition contre la France. 11 fut réduit à auto-
riser, par un mandat, Thomas Morstède i faite embarquer de force tous les chirurgiens qu'ii croirait nécessaires, et des artistes pour fabriquer leurs instrumens. Ces circonstances suffisent pour faire connaître l'état où se trouvait réduit notre art à cette époque» Il fit peu de progrès en Angleterre jusqu'au temps que doit embrasser la période où nous allons entrer bientôt.
L'Espagne et le Portugal n'offrent rien au quinzième siècle et dans la première moitié du seizième, qui puisse mtéresser l'historien de la chirurgie. A peine contient-il de nommer ici quelques auteurs qui écrivirent sur les maladies vénériennes, tels que Francisco de Villa Lobos, Francisco Delgado, Rodrigo Dias de Isîa, et Juliano Guttierres, auteur d'un Traité de la guérison de la pierre, sur lesquels l'historien portugais de la chirurgie moderne, Manoel Gomès de Lima, ne fournit d'autres renseigneraens que ce qui concerne leur personne et le titre de leurs ouvrages.
Si l'on jette maintenant un regard en arrière, pour embrasser dans son ensemble la période que noms venons de parcourir, on verra l'Italie briller au premier rang dans la carrière des découvertes, la France marcher à sa suite, l'Allemagne y hasarder ses premiers pas, et le reste de l'Europe faisant à peine quelques efforts pour secouer la rouille du moyen-âge , s'élever lentement au degré d'instruction où l'on était parvenu dans Tantiquîté.
§. VII. Depuis Ambroise Paré jusque vers la fin du dix-septième siècle. — Une ère nouvelle s'ouvre pour la chirurgie dans la dernière moitié du seizième siècle. Les admirables travaux de Vesale,Eustachi, Fallopia et tant d'autres, ont dévoilé la structure du corps et les rapportsdesorganesjTopérateurpourra désormais diriger avechardiesse et sûreté l'instrument tranchant à travers la profondeur des parties. Que manquera-t-il aux chirurgiens pour s'avancer rapidement dans les* routes si heureusement ouvertes par les anciens au milieu de circonstances bien moins favorables? Des communications fréquentes transporteront a l'avenir chaque découverte, chaque observation nouvelle, d'un bout de l'Europe à l'autre, éveilleront partout l'amour de la science, exciteront une noble émulation. On verra s'affaiblir ces différences qui mettaient à une si grande distance les unes des autres les contrées de notre Occident. Cependant l'Italie, qui a mérité à si bon droit de dormet son nom à l'école anatomique de ce grand siècle, redoublera d'efforts pour conserver fa suprématie qu'elle dut aux Berengario de Carpi, Jean deYigo, Mariano Santo, Maggi; mais grâce au génie de son Ambroise
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Paré, la France aura la gldire de tenir, au moins durant la vie de ce grand homme, le sceptre de la chirurgie. Il est donc- juste de commencer par elle la revue des travaux qui remplirent cette période.
Entre i5a5 et i58o, il y eut, suivant Pasquier, une paix de . plus d'un demi-siècle entre les chirurgiens et les médecins de Paris. Mais cette paix ne fut qu'apparente, et les contestations continuèrent avec autant de vivacité qu'on en pouvait mettre sans y faire intervenir les tribunaux. Les sourdes menées des médecins ne laissèrent jamais leurs rivaux jouir en paix des droits qu'ils tenaient de leur institution primitive, oû des privilèges nouveaux qu'ils avaient obtenus. Les dispositions bienveillantes de François I er , Henri II et Chartes IX, pour la chirurgie, furent en quelque sorte obligées de céder devant la résistance de la Faculté; et les édits de François I er et de Henri II , pour l'affiliation des chirurgiens à l'Université , ne purent avoir la sanction de l'enregistrement. Cependant la faveur des rob ne fut point perdue. A défaut d'honneurs, qui perdaient beaucoup de leur prix par cela seul qu'on les refusait au mérite, la chirurgie y gagna de voir redoubler le zèle de quelques hommes distingués qui la cultivaient. Guillaume Vavasseur et Rodolphe Lefort se firent une réputation qu'il ne nous est plus permis de juger que sur les témoignages de leurs contemporains; Mathurin de Lanoue et Jean, son fils, se firent remarquer par leur savoir, Thierry de Hery par son habileté , surtout dans le traitement des maladies vénériennes ; Tagault exposait avec plus de clarté la doctrine de Guy de Chauliac et l'enrichissait de commentaires; Guido Guidi ( Vidus Vidius ) , enseignait dans toute sa pureté l'ancienne chirurgie grecque.
Instruits par leurs utiles leçons, les esprits n'attendaient plus que cette impulsion du génie qui les pousse à la découverte des vérités nouvelles. Les besoins de la science firent naître Ambroise Paré. Il semble en effet avoir été créé pour elle. Doué à un haut degré de toutes les dispositions qu'exige son culte sacré, animé, comme le furent depuis Jean -Louis Petit et Desault, du plus vif enthousiasme pour la chirurgie*, en dépit de la fortune qui semblait le con»~ damner à l'obscurité , il s'éleva rapidement au-dessus de ses prédécesseurs et de ses contemporains , et mérita le titre , que lui "ont conféré à l'envi les nations même rivales de notre gloire , de père de la chirurgie moderne. Nous n'indiquerons ici que quelques-uns (le ses titres à un pareil honneur. C'est lui qui, malgré les contestations