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dont parie Rhazès n'a pas l'ombre de la ressemblance avec celle tl'Anel ou de Laforest; c'était tout simplement une lotion de l'intérieur de l'ulcère 9 qu'on pratiquait ayant d'y introduire de l'ellébore noir : Ma cura fiât post clysterizationes fislulœ, et exindè impie atur\ opération qui ne différait en rien de l'injection ordinaire des autres fistules. La compression au moyen de laquelle Rhazès guérit une tumeur lacrymale, (si tant est qu'on puisse dire que ce fut la compression qu'il employa, e^ qu'il eût affaire à une tumeur lacrymale) (z) ne ressemble pas davantage à la méthode de compression proposée par J. L. Petit. Quant à la troisième opération dont Sprengel veut faire honneur aux Arabes, l'historien allemand dit : « Avicenne est le premier qui conseille dé porter un fil dans les voies lacrymales Obstruées. » A cela je n'ai qu'un mot à répondre, c'est tju'Avicenne ne le conseille pas ; il veut seulement, ce qui est bien différent, qu'après avoir sondé avec art toute la profondeur de la fistule, on y introduise, dans cette fistule, du coton imbibé de substances astringentes. Et de meliore qiddem regimine ejus, est ut mensuretur ejus profunditas cum tenta : deindè involvatur radius cotto submerso in medicinis, et ponatur in ipsd, siva sit medicina eurrens, sive pulvis ; lib. III, f. III, tr. a, cap. i5. Il n'y a nulle obscurité dans ce passage; et s'il y en avait, il me suffirait de dire que les écrivains du moyen âge , Bernard de Gordon et Baiescon , en particulier , qui l'ont copié fidèlement , n'y ont pas trouvé d'autre sens que le seul qu'il semble possible d'y trouver: Vainement chercherait-on dans les ouvrages des médecins antérieurs à Vesale ides principes de quelque solidité sur la fistule lacrymale, ou des méthodes rationnelles de traitement; ce n'est que depuis les travaux de ce grand anatomiste, qu'on commença à connaître les voies lacrymales. Fallopia décrivit avec beaucoup de soin les conduits des v M»w *>it\rw> <"l ïh:\ ru ail > *^ *<:\>r.>*
' (i) Voici le seul passage de Rhazès où Sprengel ait pu croire avoir trouvé la méthode de la compression (l'indication qu'il donne est inexacte) : Erat tiliua cujusdam nomineSacde: et patiebator apostema in lachrymali : sed erat debile : et est fricatum et nihil flnxit ab eo : et postea passns est ophthalmias : et ligari feci ejus oculum per aliqnot dies : et denuô refricari feci apostema : et disparuit : et manifesté curatus est : et ob hoc non curetur talis inorbus niai prius ligetnr per très dies : et exindè fricetur : «i non fuerit emioentia in oenlis : et si apparet eminentia est cura sufficiens ligatnra. l.ib. n, cap. rr , tit. 3. Qui oserait, d'après ce passage de Rhazès, répéter avec Sprengel, qu'il est clair que cet habile médecin avait déjà observé et traité l'atonie des voies lacrymales ?
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larmes et le canal nasal ; mais il avait encore une fausse idée de la marche que suit le liquide dans leur intérieur. Il semblait pourtant qu'au point où il était parvenu, il ne restait plus qu'un pas à faire pour pénétrer la nature de la fistule lacrymale , et en fonderie traitement sur la connaissance du siège et des véritables indications à remplir : eh bien ! plus d'un siècle et demi devait s'écouler encore avant qu'on arrivât à ce point. Stahl montra parfaitement tout ce qu'il y avait de faux dans les opinions reçues jusqu'alors sans contestation, relativement à la nature du mal; mais il n'aperçut qu'une faible partie de la vérité, quand il le fit consister en une affection du conduit lacrymal supérieur ; ce fut lui qui, le premier, reconnut la possibilité de sonder ce canal. On regrette de voir quelques erreurs conservées dan* l'ouvrage de Mattrc-Jan ; mais du reste, Fauteur dit positivement que la cause essentielle de la fistule consiste dans l'obstruction des voies lacrymales.
Depuis Anel, ce point de doctrine fut définitivement établi sur les bases incontestables de l'observation; et la chirurgie, quiju*qu'alors avait agi en aveugle et n'avait guéri que par hasard, connut au juste l'objet qu'elle devait se proposer de remplir. Des moyens, sinon toujours efficaces, du moins toujours appropriés, quoiquà des degrés différens, au but qu'il fallait atteindre, ne manquèrent plus désormais. Anel et J. L. Petit ouvrirent la carrière : lepremier créa l'art de sonder les voies lacrymales, et d'y porter des remèdes propres k les désobstruer et à combattre directement les causes de leur engorgement. Bianchi et Laforest modifièrent sa méthode, et peut-être la perfectionnèrent. J. L. Petit, moins soucieux qu'Anelet Bianchi d'éviter l'emploi de l'instrument tranchant, inventa une opération bien plus efficace; il sut au reste, dans des cas simples et favorables , tirer parti de la compression : non pas de cette compression aveugle et dangereuse employée par les anciens, sans autre vue que d'affaisser une tumeur, mais de l'art de suppléer, p» une force mécanique , au défaut de ressort d'un sac trop longtemps détendu. L'histoire doit placer immédiatement après J. I* tit, un chirurgien injustement oublié par Sabatier , Sprengel et beaucoup d'autres, à qui l'on doit un procédé préférable à celui de Petit qui lui servit de modèle, et qui n'a laissé d'autre peine i Desault pour inventer sa méthode, que de changer la direction d'un séton. En 1 734 j Le Cat guérit une tumeur lacrymale de la manière suivante: il fit une incision à la tumeur, porta à travers le canal nasal une sonde garnie de plusieurs fils, alla saisir ces fils dans les fosses na-
sales avec un crochet et les amena au dehors, retira sa sonde, et fixa à l'extrémité du fil sortant par Fincision faite à la tumeur une mèche qui fut tirée chaque jour de haut en bas dans le canal (i). Les pror cédés de Monro, de Jurine et de Desault rentrent, à peu de chose près, dans celui de LeCat. Méjean proposa une autre méthode; ce fut de faire passer par le conduit lacrymal supérieur le fil destiné , comme dans les méthodes précédentes , à entraîner un séton dans le canal nasal. L'avantage qu'offre cette méthode d'éviter toute incision au devant de l'œil, est compensé et au-delà par ses difficultés, et par l'inconvénient qu'elle a de fatiguer le conduit lacrymal , ou même de l'altérer d'une manière grave ; l'opération de Pouteau est moins sûre encore que celle de Méjean.
Bien que toutes ces méthodes soient fort rationnelles. , il s'en fallait bien qu'elles fassent toujours suivies de succès. Le canal nasal , lors iriéme qu'on réussissait à lui rendre sa liberté , restait sujet À s'obstruer de nouveau. Cest pour parer à cet inconvénient, que Foubert y plaçait à demeure une canule d'or ou d'argent ; Pellier réussit quelquefois par cette méthode ; Jonathan Waten et Ehrlich la trouvaient supérieure à toute autre , et Benjamin Bell la regardait au moins comme l'une des plus efficaces. Il convient au reste de rappeler qu'elle n'était qu'une imitation d'un procédé introduit par Woolhouse dans l'emploi d'une autre méthode dont nous avons encore à parler.
Nous avons yi que les anciens pratiquaient la cautérisation de l'unguis , et allaient jusqu'à perforer cet os. Comme ils ne fondaient cette pratique que sur un faux principe, elle était tombée en désuétude et en oubli, au point qu'on fit honneur à Woolhouse d'une invention quand il proposa d'y revenir. A* la vérité, cet oculiste fameux, instruit par des récidives que la route artificielle qu'on ouvrait aux larmes avait une tendance continuelle à s'obstruer, avait imaginé , pour s'assurer de sa permanence , d'y mettre à demeure une canule d'or ou d'argent. Un grand nombre de chirurgiens adoptèrent la méthode de Woolhouse ; la plupart perforaient Pnnguis au moyen du fer rouge; Chéselden. en particulier, donnait la préférence à ce procédé. Monro en montra les inconvéniens, et y substituait le trocart, instrument plus innocent que celui qu'avait proposé Lamorière. Post suivit à peu près les sentimens de Monro , et Hunter ne s'en écarta
( i) Le Cal fit insérer l'exposition de sa méthode daus le Journal de Verdun , du mois de ferrier 1735. Je n'ai tu nulle part citer cette source originale
que pour remplacer le trocart par un emporte-pièce. Ces perfectionnemens divers n'empêchent pas que la perforation de l'unguis ne soit une méthode qu'il faut rejeter des cas ordinaires , et qu'on doit réserver pour ceux où le délabrement des voies lacrymales ne permet plus d'en essayer d'autrès. rtr h .
Cataracte. Les anciens ne connaissaient point la nature de cette maladie. On trouve à ce sujet, dans les historiens, des assertions et des documens contradictoires; mais cela tient à une circonstance dont on a quelquefois oublié de tenir compte , et qu'il ne faut jamais perdre de vue. Les chirurgiens antérieurs à l'époque qui nous occupe , admettaient bien que le cristallin pouvait devenir opaque ; mais cet état constituait pour eux le glaucome, maladie essentiellement incurable, puisqu'elle avait pour siège la partie de l'œil «qu'ils considéraient comme l'organe immédiat de la vision. Le nom de cataracte désignait au contraire, ou une toile opaque qui bouchait la pupille, comme l'avait enseigné Guillaume de Salicet, ou une humeur trouble et coagulée placée enjre la face postérieure de l'iris et le cristallin, suivant l'opinion des médecins grecs. S'il arriva maintes fois aux chirurgiens d'abaisser le cristallin , ce fut l'effet d'une méprise , et parce qu'ils avaient confondu ( ce qui dut leur arriver: fréquemment ) le glaucome avec la cataracte. Rolfinck nous apprend que vers le milieu du dix-septième siècle, Quarré, chirurgien de Paris, s'était élevé dans ses leçons contre l'opinion commune, et avait soutenu que ce que l'on prenait pour la cataracte était un glaucome , et que le glaucome n'était pas une maladie incurable. Déjà, en 1660, Pierre Borel se déclara partisan de l'opinion de Quarré. Ce fut à peu près dans le même temps que Lasnier, célèbre chirurgien de Paris , enseigna la même doctrine. H insistait sur le peu de nécessité de la lentille cristajline pour la vision, et disait qu'abaisser la cataracte , c'était détrôner le cristallin. Lasnier ne trouva presque que des incrédules. Il faut excepter l'illustre Gassendi , qui reconnut et publia cette vérité. Mariptte l'admit après lui, et le cartésien Rohault ne craignit pas d'être gassendiste en ce point.
Cependant la cataracte passait encore généralement, au commencement du dix-huitième siècle, pour une pellicule formée dans l'humeur aqueuse, en arrière de la pupille. En 170$, Brisseau lut à l'Académie un ouvrage dont l'objet était de prouver que le cristallin n'était point l'organe immédiat de la vue , et que l'opacité de ce corps constituait la cataracte. Deux ans plus tard, Maltre-Jan appuya cette doctrine d'observations qui lui étaient propres, et qu'il
croyait avoir faitesie premier. Les deux La Hire, Littre et Mery,
combattirent l'opinion de Brisseau , jusqu'à ce que les nombreuses dissections de Maresdial, Petit et Saint- Yves, l'eurent mise complètement hors de doute. La dispute était encore dans toute sa force à Paris, que déjà Boerhaave enseignait publiquement à Leyde, en 1 708, la doctrine nouvelle qu'il avait puisée dans l'ouvrage de Maître- Jan. Heister, en 1 7 1 3 , s'en déclara le défenseur ; la vieille doctrine trouva des champions dans Woolhouse et Andry. De ces débats , auxquels prirent part Pourfour du Petit, "VVinslow, Bouquot, Morgagni, Lancisi, Lapeyronie et Morand, résulta la preuve de l'existence de deux sortes de cataractes : l'une qui consiste dans l'opacité du cristallin , l'autre dans celle de son enveloppe, comme l'avait déjà enseigné Muralto. Antoine Deidier,' Houin et Benomont découvrirent que cette dernière peut être secondaire, c'est-à-dire succéder à l'abaissement du cristallin cataracté. Houin reconnut que dans quelques cas l'opacité commence par l'humeur de Morgagni et que dans un certain nombre elle y peut indéfiniment rester limitée. Enfin, les observations de Morgagni et de Maitre-Jan apprirent que le cristallin peut perdre sa transparence , sans prendre cette couleur blanche à laquelle il est si facile de reconnaître la maladie , et constituer la cataracte noire. Cette espèce, dont la rareté a fait long-temps nier l'existence , fut observée , dans le dernier siècle , par Pellier, Janin , Wenzel et Arrachard.
L'histoire de la cataracte fournit , comme beaucoup d'autres points de chirurgie, l'occasion de remarquer que la thérapeutique ne subit pas toujours des changemens proportionnés à ceux de la pathologie et du diagnostic. Des deux méthodes employées pour guérir la cataracte, la plus suivie de nos jours le fut aussi par les anciens, et l'autre n'est point aussi moderne qu'on le pense généralement.
Abaissement. Les médecins grecs, en général, pratiquaient l'opération par abaissement ; Celse et Galien n'en décrivent point d'autre. Exposée avec plus de détail par Guy de Chauliac , Bernard de Gordon, elle traversa le moyen âge et fut seule pratiquée par les chirurgiens des seizième et dix-septième siècles. Au dix-huitième, quand on sut généralement en quoi consistait la cataracte, des idées hypothétiques, plus, sans doute, que l'expérience, jetèrent de la défaveur sur cette opération. Hovius la condamnait formellement ; Rau la regardait comme une des plus incertaines de la chirurgie , et Heister assur ait qu'il l'avait très-rarement vue réussir. En France, on la jugeait moins défavorablement; mais l' extraction proposée par Daviel, et si son-