CLI
rester long-temps, après leurs études académiques, auprès des praticiens , afin de se livrer avec eux à l'observation clinique. Dans beaucoup d'endroits, Mis suivaient les hôpitaux,, assistaient à la visite du médecin : pratique utile, sans doute, mais insuffisante, pour que l'étude pratique de la médecine fut généralement sentie et cultivée, entrât dans le plan même de renseignement public. Cest «e que réclamaient quelques .bons esprits. Thurianus , de Gènes, entre autres, au commencement du dix-septième siècle, indiqua un système d'étude clinique très-avantageux (latrobulia seu de medied consultatione. Gènes, i6o5.). Ce vceu ne commença à se réaliser qu'assez long-temps après.
François de Le Boë, auteur du système iatro - chimique, est communément regardé comme celui qui eut le premier l'idée de faire des leçons cliniques dans l'hôpital qu'il dirigeait. Mais cette opinion ne se forma qu'à cause de l'éclat que le professeur et ses nouvelles théories répandirent sur ses leçons. Il parait . que long-temps avant, Guillaume Straten, médecin de réputation, faisait à Utrecht une clinique très-florissante, et que Otton de Heum, prédécesseur de de Le Boë dans la chaire de médecine pratique à • Leyde , avait introduit ce mode d'enseignement dans son hôpital. C'est ce que nous apprend Kyper ( Methodus medicinarn rite discendi et exercendi)^ qui, dans cet ouvrage, traite en général de l'établissement des cliniques, du choix de l'hôpital , de celui des médicame'ns, et de la diététique, de l'ordre des visites, de la tenue des élèves , de la manière de procéder du professeur. Déplus, Comparetti (Sdggio délia scuola clinica nello spéciale, di padova) a prouvé que la clinique de Padoue est bien antérieure à celle que de Le Boë fonda à Leyde en i658. Ce fut en 1578 qu'elle fut établie dans l'hôpital de Saint-François^Ses premiers professeurs furent Albert Bottoni et Marc Oddo , l'un chargé de la salle des hommes, l'autre de celle des femmes'. On a, du reste, peu de renseignemens sur cette institution clinique de Padoue. Il n'est pacertain qu'elle ait existé ensuite sans interruption. Une autre clinique fut aussi fondée dans le 'même hôpital de Saint- François de Padoue, en 1637. Mais il paraît qu'elle ne dot son origine qu'à l'influence des sectes qui régnaient alors; car on ne s'y occupait que de la connaissance du pouls et de l'examen de l'urine. Le premier professeur de cette clinique partielle fut Jules Sala. Elle étai* confiée aux professeurs de médecine théorique , tandis que la première était dirigée par les professeurs de pratique. •
CLI 833 Malgré l'éclat que de Le Boé répandit sur la clinique de Leyde, cette utile institution ne fut pas continuée après la mort du professeur. Ce ne fut qu'en 1714» lorsque Boerhaave fut désigné pour la chaire de médecine pratique à Leyde, qu'elle fut rétablie par les soins de ce grand médecin, qui attirait à ses leçons une foule immense d'élèves venus de tous les points de l'Europe. Malgré le peu de ressources qu'offrait l'hôpital clinique de Leyde, qui était peu considérable, Boerhaave sut le rendre fécond pour l'instruction des élèves. — Partout ailleurs qu'à Leyde, l'enseignement pratique de la médecine était à peu près nul; en Allemagne même , les élèves ne jouissaient pas de l'accès dans les hôpitaux (Bohn, De duplici officio medici clinicb nimirùm et forensi^ 1704)* L'exemple l'influence de Boerhaave furent heureux pour les institutions cliniques. # Dès 1715, une école de clinique s'ouvrait avec solennité à Rome , dans l'hôpital du Saint-Esprit, sous les auspices du souverain pontife, et dirigée par le célèbre Lancisi. En 1720, des élèves de Boerhaave, réformant l'Université d'Edimbourg, y fondèrent une clinique sur le modèle de celle de Leyde, Cette clinique n'a pas de professeur particulier; mais elle est occupée alternativement, pendant quelques mois de l'année, par chacun des professeurs de l'Université, suivant que le sort en décide. L'exemple donné par l'Université d'Édimbourg ne fut pas alors suivi en Angleterre. Plus tard, plusieurs hôpiraux de Londres devinrent des écoles de mé- -decine pratique , qui suppléèrent à l'absence d'institutions médicales publiques dans cette ville. Les Universités^ de Cambridge, d'Oxford, de Dublin, possédèrent aussi des cliniques; mais les moyens d'instruction y sont mmndres qu'à Edimbourg et à Londres.
1 • 1 L'éclat avec lequel la clinique de Vienne fut fondée , sembla décider enfin l'établissement général de ces institutions. Van Swiéten , chargé . par l'impératrice Marie-Thérèse de donner un nouveau plan à l'Université de Vienne, y établit en 1 733 un hôpital clinique, et le confia au célèbre Dehaen , dont les leçons furent continuées par Stoll , puis par Hildenbrand. Depuis l'époque de l'institution clinique de Vienne, il .en fut établi un grand nombre dans toutes les contrées de l'Europe. Gottingue, devenue, depuis Haller, une des Universités les plus célèbres de l'Allemagne , eut une clinique que dirigèrent successivement Brendel, Vogel, Baldinger et J. P.. Frank. En 1796, le professeur Arnemann institua dans cette ville une autre clinique médico-chirurgicale, où de jeunes médecins, réunis