‹ Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderneChapitre 5 sur 67 · e t de la maladie vénérienne , de B · texte numérisé non relu

e t de la maladie vénérienne , de B

Êlèmcns de médecine pratique de Bell. ; traduit de la deuxième édition M. Cullen , traduits sur la 4* et der- anglaise , et augmenté d'un grand nière édition, avec des notes , dans les- nombre d'observations sur les moyens quelles on a refondu la nosologie du de reconnaître et de traiter les malamême auteur, décrit les différentes es- dies des voies urinaires , de la peau pèces de maladies, et ajouté un grand et autres, qu'on confond souvent avec nombre d'observations qui peuvent don- les symptômes de la maladie vénéner une idée des progrès que la méde- rienne. Par Ed. Fr. M. Bosquillon , cine a faits de nos jours; par M. Bos- etc. , avec le portrait du traducteur, quillon. Paris, 1785-1787, in-8, 2 vol. Paris , an X-i 802 , in-8 , 2 vol. — Nouvelle édition, revne par A. J. de Les notes du traducteur sont pins Lcns. Paris, 18 19 , in-8 , 3 vol. — Le étendues que l'ouvrage de Bell : il en travail du traducteur est très-étenda est plusieurs qui sont excellentes, et très-important. La première édition Mémoire sur les causes de ï hydroest préférable à la dernière, qui ne phobie, vulgairement connue sous le contient qu'une partie des commen- nom de Rage, et sur les moyens dataires de Bosquillon. néant ir cette maladie. Paris, an XI-

Traité théorique et pratique des ul- 1802 , in-8 de 3a pp. Inséré dans les cères, par B.Bell, trad. sur la 4* édit. t Mémoires de la Société médicale d'Eaugmenté de quelques recherches sur mulation ( 5 e année) dont Bosquillon ht teigne. Paris, 1788, in-8. Le même, était membre. — L'auteur nie l'existraduit sur la 7' édit., augmenté de tence du virns rabiéique. Suivant lui, notes , de recherches (nouvelles) sur la - l'hydrophobie n'est contagieuse que teigne, et d'observations nouvelles sur par l'influence de la terreur qui saisit les tumeurs blanches des articulations, les personnes mordues par un animal 3* traduction française. Paris , an XI- enragé. « Quelque absurde , dit-il , que i8o3, in-8. — Les Recherches su* la puisse paraître l'opinion que je proteigne s'étendent de la page 243 à la pose , je ne doute nullement qu'en page 282. Il y en a eu des exemplaires prenant toutes les précautions convetirés à part. Les Observations snr les nables pour inspirer à nos enfans une tumeurs blanches sont extraites d'une entière sécurité à l'égard de la rage, dissertation de Brambilla. Les notes on ne parvienne un jour à anéantir sont répandues en asse* grand nombre entièrement cette maladie, au point dans le volume. que son existence paraîtra aussi in-

Tràité de la matière médicale , par croyable à nos arrière - neveux que

M. Cullen , traduit sur la seule édition celle des sorciers et des rëvenans,etc. »

Observations sur une affection par- Traduction des Aphorisme* d'Hip-

ticulière des testicules , accompagnée pocrate. — Bosqnillon a eu part à la

d'un f uns us produit par cet organe ; traduction rte Y Abrégé des Transac-

par Williams Lawrence ; extraites du tions philosophiques. Il a augmenté le

journal Medico-Chirurgical d'Edim- Vocabulaire de Waifly des termes de

bourg , 1 808 , in-8 ; insérées dans le médecine et d histoire naturelle ; don-

Journal général de médecine t etc. , né une édition , avec notes , des Aven-

tom. 36, p. 447-4^8. titres de Télémaque , et revu la tra-

Rapport sur V ouvrage en grec mo- ductiou de Y Histoire de la Médecine , derne et en latin de M. Anast. Geor- de Sprenge\ t par M. Jourdan. giades Antipacée , sur les causes qui ( Dubois , Notice sur Bosquillon , rendent en général difficiles à guérir t dans Journal général de méd. — Andes maladies qui pourraient sè guérir cien Journal de méd. — Magasin ennaturellement. Paris, 18x2, in-8. cyolopédique.)

BOSSCHE (Guillaume Van den), de Liège, médecin et échevin de la. ville de Dendermonde, s'est fait connaître, d'une manière peu avantageuse, par la publication de l'ouvrage suivant, qui n'est qu'une compilation sans critique, et dont le titre indique suffisamment le contenu.

Htstoria medica in qua libris quatuor an'unaUum natura et eorum medica utiUtas exactè et luculenter tractantur. Bruxelles, 1639, in-4, Cg.

BOTALLI ( Léonard) , nommé communément Botal, était natif d'Asti, dans le Piémont. Il commença ses études à l'Université de Pavie vers Tannée i53o, et il y reçut le bonnet de docteur en médecine et en chirurgie. Il fut un des disciples de Fallope. Après avoir servi quelque temps avec son frère dans les troupes françaises, en qualité de chirurgien, il vint à Paris vers l'an i564, fut médecin de Charles IX, puis médecin du duc d'Alençon, quatrième fils de Henri II, qu'il suivit en Angleterre, où le prince allait pour recevoir la main d'Elisabeth , et ensuite dans les Pays-Bas, dont ce prince avait le gouvernement en qualité de duc de Brabant et de comte de Flandre". Botalli devint plus tard médecin de Henri III. Aucun biographe n'indique l'époque* de sa naissance ni de sa mort.

La pratique médicale de Botalli, à qui sa position donnait un certain crédit, apporta de grandes modifications dans celle de la plupart des médecins français de son temps. Jusqu'alors on n'avait employé la saignée qu'avec beaucoup de circonspection et dans des cas fort rares. BotaJli la recommanda, non-seulement contre toutes les affections compliquées de malignité, mais encore

contre la goutte, la dyssenterie, etc. Nonobstant les succès qu'il obtenait, la Faculté de Paris condamna la méthode de Botalli comme hérétique et extrêmement dangereuse ; elle fut l'objet des critiques de Bonaventure Granger; mais elle n'en continua pas moins de se propager dans toute la France, et on l'accueillit bientôt avec transport dans la patrie de son apologiste. Botalli a laissé les ouvrages suivans :

De curandis vulneribus sclopeto- teà cbgnitus. De lue venereâ. De vul-

rum. Lyon, i56o, in*6 ; Venise, i565 neribus scîopetorum , qui est uberiori

et 1 598, in-8. Ce traité fat aussi im- discursu auctus de vulneribus. capi-

priiné collectivement avec ceux à" Al- tis, mtdtisque figuris instrumentormn

phonse Ferri et de François Rota, sur cephalicorum ; dcclaraùone capitis

le même sujet , à Anvers , r584» in-4. sexti methodi Galeni. Lyon, i565.

— Botalli réfute l'opinion d'après la- in-r6. Le traité De lue venereâ a

quelle on considérait les plaies d'ar- été imprimé à part dans la collection

mes à feu comme des brûlures on des des écrits snr cette matière. Venise ,

plaies envenimées, et se comporte à i566, in-fol. — On trouve dans ce

leur égard de même que daus les cas recueil une description anatomique

de simple contusion. II s'attache, avant très-délaillée de deux reins qui étaient

tout, à retirer le projectile; mais il réunis et confondus en partie ; celle du

laisse Us esquilles, et attend que le trou ovale ou inter-auriculaire , que

bandage expulsif les chasse au dehors. Galien avait vu et décrit , de même que

C'est dans ce livre qu'il proposa, le Vésale , Aranzi, et dont Botalli voulut

premier, une méthode cruelle et digne s'attribuer la découverte, ainsi que

de blâme pour faire raraputalion : 71 celle du canal artériel : il a dn moins

laissait tomber une grosse hache ren- réussi à lui imposer son nom.

due plus pesante par des poids eu De curatione per sanguinis missio-

plomb , sur le membre qui , lui-même, nem. De incidendœ r vcnœ t cutis scari-

était appuyé sur une autre hache bien ficandœ, et hirundinum affigendarum

tranebaute. modo. Lyon, i5?7 et i58o, in-8; An-

De catarrho comme ntarius. Addita vers, i58a et i585, in-8; Lyon, i655,

est in fine monstrosorum renum figura in-8. La meilleure édition de cet ou-

nuper in cadavere repertorum. Paris, vrage est celle d'Anvers, juin i58a,

i564 , in-8. — Cet ouvrage a été réuni qui fut corrigée et augmentée par Tau-

au suivant : teur lui-même. — C'est dans ce livre

Comme ntarioli duo, aller medici, que Botalli expose son opinion sur les

aiter de eegrçti munere. Acofiditfungi émissions sanguines; il prétend non-

strangulatorii admonitio. De catarrho seulement que la saignée est indiquée

commentarius ; incujus fine addita est dans presque tous les cas où les hu-

figura mori trosoriim renum in coda' meurs sont altérées d'une manière quel-

vere repertorum. Ostenditur etiam lo- % conque ou sont trop abondantes, mais

eus per quem fertur sanguis in smis- encore que c'est le plus efficace de

trum cordis veritriculum nondùm >w- tous les moyens; que, tes aecideas

qu'elle peut occasionner ne doivent être attribués qu'à l'ignorance de ceux qui la prescrivent, et qu'en elle-même elle est moins à craindre que l'usage des laxatifs. Il pense qne , même chez les personnes âgées , il est très-bon de pratiquer quatre à six fois par an la saignée , lorsque lesbumenrs sont altérées, et qu'elle convient même chez les plus jennes enfans. Elle est surtout indispensable dans la dysenterie, parce qu'il existe une très-grande affinité entre cette affection et la pneumonie; dans la fièvre maligne compliquée d'hémorragies nasales. La quantité de sang que l'on doit tirer à chaque fois est de deux 'à trois livres; on a lien d'être étonné non-seulement de la hardiesse de Botal , mais surtout du grand nombre de cas où cette méthode fut couronnée du plus brillant succès quoique reposant sur des idées généralement paradoxales. •

De via sanguinis à dextro in sinis»

trum cordis ventriculum. Venise, 1 640, in-4; réimprimé avec d'autres écrits sur le même sujet. Franefort, 1641 , in-4. — Cet ouvrage de Botalli, dont nous avons déjà fajt mention à l'occasion du recueil dans lequel il se trouve aussi, contribua sans doute à le fiire considérer comme l'auteur de la découverte du trou inter-auricuïaire , par la grande publicité qu'il lui donna.

Ratio luis venereas curandœ* Cet opuscule, qui fait aussi partie du recueil indiqué, fut également inséré dans YJppendix du tome I de Morbo gallico. Il parait qu'il fut publié à part sous ce titre : De luis venereee curandœ ratione. Patis, i563, in- ra ( Astruc ). — L'auteur recommande l'usage du mercure, et .cite beaucoup d'observations oui lui sont propres.

Judicium Apollinis circà opinionem de via sanguinis. Venise , in-4 , sans date d'impression.

De Horn a rassemblé tous les écrits de Botalli, et les a publiés sous le titre suivant : Opéra omnia medica et cArrurgica hâc postremâ editione à mendis repurgata , methodicè disposita , paragraphe distinct a, notis marginalibus , et authorum testimoniis aucta , hinc indè annotalionibus illustra ta , prodeunt à musœo Joannis Van Horne, cum figuris. Leyde, 1660, in-8. — Cette édition des œuvres de Botalli est très-bonne, et l'éditeur l'a enrichie de planches. Outre les divers écrits déjà mentionnés qu'elle renferme, on y trouve encore les deux suivans :

Observatio de ossibtts inventis in ter utiumque cerebri ventriculum.

Observatio de venâ arteriarum nutrice.

( Van Horne, Prof, ad Botalli opéra. — Mazzuchelli. — • Haller. — Bayle. — Sprengel. )

BOTANIQUE. Les besoins physiques de l'homme ont été l'origine de ses premières notions sur les plantes. La nécessité de pourvoir à sa conservation le conduisant naturellement à rechercher les végétaux qui pouvaient lui fournir un aliment commode et sain, il dut faire de bonne heure des tentatives pour cultiver et multiplier ceux qui servaient à sa nourriture. J/agriculture fut sans doute ainsi la première source de la botanique; mais l'homme ressentit aussi dès sa naissance. les atteintes de la douleur, il dut chercher en même

BOT 481 temps les moyens de s'y soustraire, et de calmer ses souffrances; et ce besoin, non moins impérieux que celui de pourvoir à sa subsistance, dirigea ses investigations sur les propriétés des végétaux qui l'entouraient. On peut donc dire avec raison que l'agriculture et la médecine ont contribué simultanément à créer la botanique. Afin de ne pas perdre ces premiers résultats de l'expérience, on s'attacha à retenir les caractères les plus apparens des plantes usuelles , et c'est ainsi qu'en recueillant les connaissances empiriques acquises chaque jour, on rassembla les premiers élémens de la science des végétaux. Quoique tout annonce que la botanique remonte aux premiers âges du monde, les poèmes d'Homère, la Bible, et les débris de la sculpture antique, sont les seuls înô*numens qui nous offrent quelques vestiges des notions botaniques des plus anciens peuples dont les noms soient venus jusqu'à nous. A la vérité, la mythologie grecque attribue à Chi- . ron, Esculape, Achille, Mélampe, Orphée, des connaissances profondes dans les propriétés médicales des plantes ; mais ces récits „ n'ont pour appui que des traditions fabuleuses. Les prêtres d'Isis , et les Mages, qui cultivaient toutes les sciences avec ardeur, ne restèrent pas sans doute étrangers à la botanique : toutefois, aucun document historique ne le démontre , à moins qu'on n'admette que Pythagore ait puisé chez eux les connaissances qu'il avait acquises. En effet, ce philosophe est, suivant Pline, le plus ancien des auteurs grecs qui ait écrit un traité sur les propriétés des plantes : il avait voyagé en Egypte, et s'était instruit par ses communications avec les prêtres d'Isis. Empédocle, d'Agrigente, un de ses disciples, semble aussi avoir eu des 'idées assez nettes sur quelques points de la physiologie végétale, ainsi qu'AwAXAGoaE (voyez ce mot).

Dans ces temps reculés, la botanique ne fut étudiée que comme moyen thérapeutique; c'est pourquoi les écrits d'Hippocrate ne font mention que des plantes employées en médecine : elles sont citées sans description, en sorte que les détails sur les propriétés médicinales de ces végétaux sont absolument perdus pour nous. Aristote avait composé deux livres sur les plantes; mais ils n'ont pas été conservés. Néanmoins, on voit dans son Histoire {/esanimaux qu'il considérait les plantes comme des êtres intermédiaires à ces derniers et aux minéraux. Elles ne se distinguent pas des animaux par l'hermaphrodisme, dit-il, car dans ceux d'un ordre inférieur, il se trouve des espèces hermaphrodites ; elles ne s'en distinguent pas non plus par la privation d'un centre de vie,

puisque certains animaux en sont également privés ; mais elles n'ont point d'excrémens solides, et les animaux en ont; elles n'ont point d'organes pour se connaître elles-mêmes , et pour connaître ce qui existe hors d'elles , et les animaux en sont pourvus. Toutefois, c'est moins comme médecin que comme naturaliste qu'Aristote envisage le règne végétal ; aussi n'insista-t-il pas -sur les applications utiles qu'on peut faire de son étude. Théophraste, disciple et ami du philosophe de Stagyre, est le premier auteur de botanique dont l'antiquité nous ait transmis les ouvrages. Dans son Histoire des plantes, dont nous possédons neuf livres, il traite séparément des plantes aquatiques , parasites , potagères , des arbres forestiers et des plantes céréales; il indique les usages auxquels chaque végétal est propre, le pays et le lieu où il croit, sa nature ligneuse ou herbacée, etc. Mais sa nomenclature est vague, ses descriptions insuffisantes; il ne connaît ni les genres ni les espèces. Mais ses vues générales et sa physiologie, qui font le sujet de ses six livres sur les Causes de la végétation , sont supérieures à sa botanique. 11 montre beaucoup de sagacité dans l'examen des divers organes extérieurs, qu'il définit avec soin ; il distingue les cotylédons des feuilles, décrit les formes de ces dernières, donne des idées assez, justes de leurs fonctions et de celles . des racines , et présente quelques observations assez exactes d'anatomie végétale. Théo- *phraste a jeté plusieurs traits de lumière sur le phénomène de la fécondation, et l'on peut considérer ce philosophe comme le fondateur de la botanique chez les Grecs. Pline rapporte que Métrodore, disciple de Démocrite et contemporain de Théophraste que Cratévas et Denis, imaginèrent de joindre des, figures aux descriptions des plantes. Ces figures, malgré' les imperfections qu'elles pouvaient présenter, auraient jeté un grand jour sur l'histoire de la botanique; mais elles ne sont pas parvenues jusqu'à nous. D'après les écrits de Théophraste, on voit que le nombre des plantes connues de son temps était de cinq cents environ. Plusieurs siècles s'écoulèrent sans rien ajouter aux connaissances déjà acquises. Quoique les rois de Pergame et d'Égypte s'efforçassent à l'envi d'encourager les sciences, que des écoles fussent établies à rimitation de celles d'Athènes, de même que des jardins où se trouvaient réunies les plantes les plus curieuses, la botanique, loin de faire des progrès, rétrograda, au contraire, parce qu'on chercha moins à puiser de nouveaux matériaux* dans la nature que dans les livres, et que les -manuscrits d'Aristote et de Théophraste ne furent

transmis dans Alexandrie et dans Rome que par des copies défectueuses, remplies d'erreurs et d'omissions.

Chez les Romains, la botanique ne lut étudiée long -temps que sous le rapport agricole : c'est ainsi qu'elle fut l'objet des observations de Caton, Vairon, Virgile, Columella et Palladius; mais par cette raison même on trouve quelquefois dans leurs écrits des notions exactes sur la physiologie végétale : l'histoire de la greffe, en particulier, y est assez bien développée. Il faut arriver à Dioscoride pour voir cette science s'enrichir de nouvelles acquisitions. Il traita plus particulièrement de l'histoire des plantes ; et , quoiqu'inférieur à Théophraste comme botaniste, l'autorité prodigieuse qu'il acquit dans le moyen-âge, et la direction qu*il imprima aux esprits , le placent parmi les chefs d'école. Ce médecin célèbre parcourut la Grèce, l'Asie-Mineure, l'Italie, et observa les plantes de ces diverses contrées ; cependant rien ne prouve dans son ouvrage qu'il ait travaillé d'après ses propres recherches. Ses descriptions, quelquefois plus détaillées que celles de Théophraste, ne sont pas moins inexactes , et souvent il n'indique que les noms et les propriétés , de manière qu'on ignore de quelle plante il veut parler; l'on ne reconnaît bien que celles qui sont généralement très -communes, et dont l'identité se trouve en quelque sorte confirmée par la nature des usages qu'on en fait encore aujourd'hui. Dioscoride dut spécialement sa renommée au soin qu'il eut de désigner les propriétés des plantes, et les noms sous lesquels chaque espèce était connue de son temps. C'est donc de son époque , qu'on peut dater l'origine de la science, car il a décrit la plupart des plantes dont U traite, et qu'il divise en aromatiques, alimentaires, médicinales et vineuses. Ces plantes sont au nombre de six cents; ce qui montre combien alors étaient lents les progrès de la botanique, puisque, dans l'intervalle des quatre siècles qui séparent Théophraste de Dioscoride, on n'ajouta qu'une centaine de plantes au nombre de celles qui étaient déjà connues.

Cest moins par ce qu'il a laissé sur les plantes, que par l'influence immense de ses écrits sur l'histoire naturelle, que Pline doit être indiqué ici avec Dioscoride. Il ne fit, en effet, que copier ses devanciers; et quoiqu'il traite, depuis son onzième livre jusqu'au vingtseptième, à peu près de tout ce qui avait été dit jusqu'alors sur les végétaux, et qu'il en ait même mentionné un nombre bien plus considérable que celui que ses prédécesseurs indiquent, néanmoins, son défaut d'ordre, ses descriptions trop brèves et toujours in-

complètes, enfin ses longs détails sur les propriétés, souvent fausses et imaginaires, des plantes dont il parle, expliquent assez pourquoi ses travaux ont été négligés par le plus grand nombre des botanistes. Après lui, Galien s Oribase, Paul d'Égine et JEtius, étudièrent successivement les vertus des végétaux, mais sans s'occuper de la partie descriptive. En résumé, les Grecs et les Romains ne distinguèrent qu'environ douze cents plantes, employées pour la plupart dans la médecine, dans les arts et dans 1 économie domestique; ils ne les distinguèrent qu'empyriquement, puisque les descriptions qu*ils en ont laissées roulent presque toutes sur des caractères si vagues, .qu'ils sont insuffîsans pour faire reconnaître chacune d'elles.

Nous arrivons^ maintenant a ces temps de ténèbres du moyenâge, où le fanatisme religieux, rivalisant en quelque sotte avec l'esprit dévastateur de peuplades sauvages, s'attacha à détruire le# monumens des arts et des sciences. La botanique partagea la proscription commune. A la vérité, quelques moines , étrangers aux premières notions des lettres, voulurent parler des plantes de Théophraste, de Dioscoride et de Pline, dont ils ne comprenaient pas les écrits ; mais ils ne firent que mêler à des erreurs de faits les superstitions les plus honteuses. Ce fut au milieu dé* ces siècles d'ignorance que les Arabes devinrent les dépositaires et les propagateurs des sciences, après avoir été le fléau de la civilisation. Ils considérèrent les végétaux plus en médecins et en agriculteurs « qu'en botanistes; ils parlent d'un grand nombre de plantes de la Perse, des Indes, de la Chine, qui étaient ignorées des anciens. Serapion, Mésué, Rhazès, Avicenne, Averrhoès, Beithar, etc., ont rendu leurs noms célèbres dans cette science, quoique la plupart se soient plutôt attachés à. commenter des traductions vicieuses de Théophraste, de Dioscoride et de Pline, qu'à consulter la nature. Toutefois, les Arabes enrichirent la matière médicale de plusieurs plantes utiles, et dont l'usage est conservé de nos jours. Leurs écrits forent traduits à leur tour, et commentés par l'école de Salerne, au douzième siècle. Dans le siècle suivant, les communications avec l'Orient prirent une marche qui influa sur les progrès des sciences naturelles; les excursions lointaines de plusieurs voyageurs firent connaître des plantes nouvelles; on imagina vers cette époque de composer des herbiers, et cette invention fut une des principales causes qui hâtèrent plus tard les progrès de la botanique.

BOT /,8j

Jusqu'à la fin du quinzième siècle, cette science resU stationnaire; toute cette période est remplie par des recherches d'érudition, qui servirent, il est vrai, à rétablir le texte des manuscrits anciens sur l'histoire des plantes, mais qui éloignèrent de l'observation; cependant elles eurent quelques résultats utiles. On commença aussi à joindre des gravures aux descriptions de végétaux. La confusion qui résultait des contradictions nombreuses des commentateurs et des traducteurs, força de recourir à la nature, et de chercher à découvrir dans les plantes elles-mêmes les caractères propres à les distinguer. Toile fut l'origine des jardins botaniques, fondés d'abord en Italie , et qu'on retrouva bientôt chez les autres nations. Cette création date du commencement du seizième siècle. Jusqu'alors la botanique n'avait été considérée que comme une partie de l'art de guérir, et les moyens qu'elle fournit à la thérapeutique expliquent assez pourquoi son étude avait été cultivée exclusivement par les médecins. Mais, à partir de l'époque où nous sommes arrivés, cette science commença à être séparée de la médecine : aussi aurons-nous peu * de choses à ajouter à l'esquisse rapide que nous venons de présenter.

Les jardins botaniques rendant les comparaisons <les plantes entre elles plus faciles, et leurs descriptions plus correctes, en même temps que les voyages de découvertes ajoutaient une foule d'objets au catalogue des plantes connues, et faisaient naître des idées de comparaison plus étendues, les botanistes sentirent dèslors la nécessité de rassembler leurs connaissances dans un ordre un peu régulier. De là les ouvrages méthodiques publiés sur le règne végétal par Conrad Gesnèr, Dodoens, Dalcchamp, L'Écluse, Césalpûu Jungermann, Lobel, Jean et Gaspard Bauhin. Le dix-. septiè^Ë siècle fut presque entièrement consacré à des applications de méthodes et de systèmes, qu'il n'est pas de notre objet d'examiner ici; il nous suffit de citer à ce sujet, dans le siècle suivant, les noms de Tournefort, Linné, Haller, Adanson et Bernard de Jussieu, pour indiquer la marche qui fut alors imprimée à la science. Les trois derniers surtout luttèrent contre les systèmes artificiels , et cherchèrent les principes de la méthode naturelle, qui enfin a prévalu, et qui sert aujourd'hui de lien commun à toutes les connaissances botaniques que nous possédons. La science des végétaux, agrandie encore par les travaux d'une foule d'hommes re-* commandables, parmi lesquels nous citerons Antoine de Jussieu , pesfontaines, deLamarck, Broussonnet, Commerson, Dccandollc-,

Humboldt et Bonpland, Saint-Hilaire, Richard, Du Potit-Thouars , Labillardière, etc., etc., n'a pas fourni des applications bien plus nombreuses à la médecine par suite de ses acquisitions nouvelles et de ses modifications importantes; mais elle a conduit à grouper et à généraliser les faits connus sur les propriétés des mcdicamens. Les observations remarquables de M. Decandolle prouvent en effet, ainsi que la plupart des auteurs anciens paraissaient le croire, que l'action médicale des plantes est analogue dans toutes les espèces appartenant à un même genre et à une même famille. Les recherches des botanistes moderne* ont aussi fait connaître la véritable source d'un grand nombre de produits végétaux qu'on employait en médecine, et dont on ignorait l'origine. D'un autre côté, la chimie végétale est parvenue à retirer d'une foule de plantes le principe auquel elles doivent essentiellement leurs propriétés, et ces résultats de l'analyse ont simplifié singulièrement la thérapeutique. Mais l'étude des matériaux immédiats des plantes offre encore beaucoup de lacunes qu'on doit d'autant plus désirer voir remplir, que sur cette étude repose toute la connaissance de l'art de préparer les végétaux pour nos besoins, et la possibilité de les remplacer les uns par les autres.

{V oyez pour plus amples détails sur cette matière : Linné , Amœnitates acad. t tom. III, dissert. 47. — Haller, Jîibî. bot. — Sprenge), Historia rei herbariœ. — De Lamarck, Encyclop. method., article Botanique (dise, prélim.). — Decan-dolle, Essai sur les propriétés médicales des plantes , iu-8. — Mirbel, Êléinens de physiologie végétale et de botanique.)

BOUCHER (Pierre-Joseph) naquit à Lille îe 10 mai 1715, et fut élevé avec beaucoup de soin sous les yeux de son père, médecin recommandable par ses talens. Il fit ses études médicales dans la Faculté de Douai, et se distingua surtout par l'ardeur avec laquelle il se livra aux travaux anatomiques. Revenu dans sa ville natale, avec le titre de docteur en médecine, il fut successivement médecin des indigens et médecin des hôpitaux Comtesse et Saint- Sauveur. Après la bataille de Fontenoy, en 174$, ces hôpitaux étant devenus l'asile d'un nombre prodigieux de blessés, Boucher y déploya un zèle et une habileté au-dessus de tout éloge. Les États de Flandre le désignèrent plusieurs fois pour commissaire observateur des épidémies qui ravageaient ces contrées; et la confiance publique lui conféra les fonctions honorables de magistrat. Les .malheurs publics furent pour lui une source de chagrins ,

qui abrégèrent ses jours : il mourut le 22 juin i'79'i, à l'âge de 78 ans, universellement regretté. Boucher n'a point publié d'ouvrage étendu; mais on lui doit un assez grand nombre de mémoires, dans plusieurs desquels il a fait preuve d'un talent véritable pour l'observation. ^

Observations sur des plaies d'armes maux de gorge gangreneux épidémià /en, compliquées de fractures , aux ques. Ibid., t. VIII, p. 556. articulations des extrémités , ou au voi- Observations sur une hydropisic de sinage de ces articulations. Dans les jW- poitrine, accompagnée de circo rismoire s de F Académie de Chirurgie, tances singulières,. Ibid., tome VIII, t, II, p. 199 et 3aa, éd. in-8 (l'auteur page 533.

était associé à l'Académie). — Boucher Description de la fièvre putride-ma-

établit, dans la. première partie, que ligne quia régné dans quelques can-

l'on abuse souvent de l'opération en tons de la châtellenie de Lille pen-

pareil cas. Dans la deuxième partie, il ^ant l'année x 758. Ibid. ( Journal de

examine, en général, si, dans les cas médecine), t. X, p. 442.464 et 5a 3-

de nécessité absolue de recourir à i'am- 55 1 . « putation , il n'est pas plus avantageux Observation sur une maladie singu-

de la faire d'abord que de la retarder. Hère des artisans. Ibid. , t. XTI , p. ao.

Observations sur les pierres biliaires. Observations sur les effets perni-

Dans le Recueil périodique cTobserva- deux des vapeurs des charbons allu-

tions de médecine , par Vandermonde, més. Ibid. , t. XIII, p. 109. tome V, pages 346-364. Observation sur un anévrisme ènor-

Uistoire dune fille des environs de me. Ibid., t. XIV, p. 55. Lille en Flandre , à qui l'on a tiré Mémoire sur la gangrène épidémi-

pendant dix à douze ans des aiguilles que qui a régné dans les environs de

de toutes les parties du corps. Ibid., Lille dans les années 1749 et 17 5o.

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