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COUTELIERS

Je les ai trouvés cependant cités pour l'a première fois dans le Dictionnaire de Jean de (rarlaiide, qui écrivait vers 1250. Ils vendaient, dit-il, des couteaux de table et des couteaux de poche, des stjlets pour écrire, avec leur étui, et des j^aines Jurandes et petites ' .

A celte époque, les couteliers formaient deux communautés tout à fait distinctes, et ayant chacune ses statuts particuliers. C'étaient :

1" Les fèares-cduteliers, qui fahriquaient les lames ;

2" les couteliers faiseurs de manches.

Ces deux corporations soumirent, vers 1268, leurs statuts à l'IioinoloLration du prévôt Etienne Boileau.

Les Fèvres-couteliers étaient placés sous la dépendance du premier maréchal de l'écurie royale, à qui le roi avait concédé les revenus et la juridiction professionnelle de la plupart des Fèvres. 11 fallait lui acheter l'autorisation de s'établir, autorisation qu'il ne devait faire payer plus de cinq sous. Chaque maître ne pouvait avoir en même temps que deux apprentis, et la durée de l'apprentissage était de six ans au moins. Le travail à la lumière était interdit, * quar la clartez de la nuit ne souHst au mestier ». L'atelier devait fermer à six heures en hiver et à neuf heures en été, « en charnage puis vespres sonans, en quaresme puis complie sonant». Le métier étaient administré par deux jurés *.

Couteliers p.\iseurs de manches. Ils s'intitulaient : « feseeurs de manches à coutiaus d'os et de fust ^ et d'yvoire, et faisierres de pignes * d'yvoire, et enmaiicheeurs de coutiaus ». Le métier était libre, chacun pouvait s'établir sans rien payer. En dehors de ses enfants, chaque maître ne devait pas avoir en même temps plus de deux apprentis. La durée de l'apprentissage était de huit ans au moins, les clauses du contrat étaient réglées en présence de deux jurés. Si l'apprenti s'enfuyait, le maître devait le reprendre une première et une seconde fois ; mais à la troisième il n'était plus permis à personne de le recevoir, car, ajoutent les statuts, « les aprenliz font granl domage à leurs mestres et à eus meismes quant ils s'enfuient ». Il était défendu de travailler à la lumière. Les maîtres étaient astreints au service du guet. Cependant, ils prétendent que, dès le règne de Philippe- Auguste, « dès le tens le roy Felippe, » ils avaient le droit de se faire remplacer par leurs ou\Tiers ; et ils ajoutent naïvement : « et encore en useroienl 1 volentiers, se il plaisoit au Roy ». Quatre jurés administraient la communauté. Les articles relatifs à la fabrication ont, comme toujours, pour objet d'assurer la perfection du travail et de protéger l'acheteur contre toute tentative de tromperie du fabricant. Ainsi, il était défendu de mettre à des couteaux d'os des garnitures d'argent, de peur

' Éilil. Sclifler, i>. 23.

* Livre des métiers, titie XVI.

3 De buis.

* Pi'ignes. Les peignes riches étaient souvent alors munis d'un manche et montés comme des couteaux.

que le marchand ne cherchât à les vendre pour des couteaux d'ivoire. Sur les manches en bois sans valeur on ne devait ajouter ni ornements, ni peintures, ni placages qui en pussent dissimuler la qualité '.

La Taille de 1292 mentionne 2 fèvres-couleliers et 10 faiseurs de manches ; celle de 1300 cite seulement 27 faiseurs de manches, les faiseurs de lames sont siuis doute compris parmi les fèvres. Enfin, 22 commerçants en 1292 et 38 en 1300 sont qualifiés de couteliers, sans autre désignation. Une note de M. Fagniez nous apprend en outre qu'en 1369 l'industrie des lames de couteaux occupait environ 23 maîtres*. La fabrication des couteaux constituait déjà une industrie assez active, et dont le luxe et la fantaisie était loin d'être bannis. Un très curieux passage des Comptes de l'argenterie nous apprend que, dans les maisons opulentes, on se servait de couteaux à manche d'ébène pendant le carême et de couteaux à manche d'ivoire le jour de Pâques. Ce n'est pas tout, à la Pentecôte les manches de couteaux participaient des deux couleurs, étaient à la fois d'ébène et d'ivoire. Etienne de la Fontaine, argentier du roi Jean, écrit ce qui suit dans son compte de l'année 1352 : « Thomas de Fieuvillier, coutelier, pour deux paires de couteaux à trancher devant le Roy, à tous les parepains garnis de viroles et de cinsjlètes ^ d'argent, dorées et esmaillées aux armes de France ; l'une paire à manches d'ybeiius pour la saison du karesme, et l'autre paire à manches d'yvoire pour la teste de Pasques : 100 sous par paire. . . Ledit Thomas, pour une autre paire de couteaux à trancher, à manches eseartelez d'yv'oire et d'ibenus, garniz de viroles et de cinglètes d'argent dorées et esmaillées aux dictes armes, pour la feste de Penthecouste : 100 sous *».

Le couteau à trancher qui est mentionné ici servait à découper les viandes ; on chapelait le pain avec le rhaplepain. et avec \e pa repain l'on préparait les tranchoirs. Ceux-ci, que l'on trouve mentionnés jusqu'au dix-septième siècle, étaient d'épais morceaux de pain coupés en rond et qui tenaient lieu d'assiettes.

Los convives avaient à leur disposition des couteaux, mais en petit nombre, ceux s;uis doute qui avaient servi à découper, et ils n'étaient utilisés qu'exceptionnellement. Voici ce qu'écrivait C. Calviac en 1560 : « Les Italiens se plaisent à avoir chascun son cousteau. les François au contraire. Toute une pleine table de personnes se serviront de deux ou trois cousteaux ' ».

Trente ans après, Montaigne a soin de mentionner dans la relation de son voyage que «jamais Suisse n'est sans cousteau, duquel ils prennent toutes choses, et ne mellenl guière la

* Aicre des métiers, litre WIl

* Études sur l'industrie, \>. SST.

^ On nommait ain.-ii la petite bande de métal qui lY'unit les lieux eôtivs <lu nianehe et en forme le dos.

^ I)ouet-d'.\rcq, Comptes de l'argenterie, p. 133.

5 Lu eiri/e hoH»esteté pour les eufuns. Paris 1560, in-ia

COUTELIEKS

main au plal ' ». Lui-même luaii^eail sans cuillère ni fourclielte *.

Le moyen âge connaissait les couteaux spéciaux pour ouvrir les linilres el pour ou\Tir les noix, on en trouve le des>in dans les dictionnaires de Viollel-li'-Duc ■' el de Victor (tay '.

Le don d'un couteau, quelque riche qu'il fût, passai) déjà pour un cadeau mal choisi. Je lis, eu ell'et. ilans V Eritniiile des qvenonUtes ', composé vers 1460 : « Celui qui eslrine s;» dame * par amour, le jour de l'an, de eonlean, sachez que leur amour refroidira >•.

Au seizième siècle, (ihàtellerault fabriquait des couteaux plus beaux que solides, prétend l'ambassadeur Lippomano : « le manche en est travaillé, écrit-il, d'une manière très Une, il est même quelquefois en pierre précieuse, avec des miniatures, des ciselures, des ornements de jjrand prix ' ».

Les deux corporations de couteliers furent, vers la tin du quinzième .siècle, réunies en une .seule ; on leur en associa même une autre, celle des esmouleurs de grandes forces devenus plus lard rémouleurs *. .\u mois de septembre 156."i, (chartes IX accorda à cette triple communauté des statuts qui furent confirmés sans changement en 1586 et en 1608, et qui méritent d'être analysés.

Ciiaque maître ne pouvait avoir en même temps qu'un seul apprenti, et la durée de l'apprentissage était de cinq ans. Si l'apprenti se sauvait, le maître devait l'attendre trois mois, à l'expiration desquels il avait le droit de le remplacer. Le fug^itif était dès lors « du tout dénu> hors de privilège de maistre dudil état de i-oulelier ». Cependant, si, dans la suite, cet apprenti reparaissait, revenant de la province ou de l'étranger, et se trouvait être « bon ouvrier », la corporation cessait de le repousser ; mais il devait ser\'ir trois ans dans un atelier avant de pouvoir aspirera la maîtrise. La même obligation était imposée aux compagnons qui n'avaient pas fait leur apprentissage à Piiris.

Aucuu coutelier ne pouvait abandonner son apprenti à moins qu' « il ne gît au lit malade en langueur, ou il ne laisse le métier du tout, ou il ne le fait par pauvreté ». C'est la reproduction presque textuelle île la formule employée en cette circonstance par le moyen âge. L'apprenti ainsi abandonné était placé chez un autre maître par les soins des jurés de la corporation.

La journée de travail commençait à cinq heures du malin et âuis.sait à neuf heures du soir en toute saison.

Le chef-d'(gutre était jugé par les jurés, assistés des quatre plus anciens bacheliers. Les fils de maître étaient dispensés du chef-d'œurre, pour\'U

' Voyages, p. 30.

* Essais, liv. III, chap. XIII.

' Dictionnaire du mobilier, t. II, p. 81.

* Dielionnaire arcAe'ologijue. au mot Cernoir. '^ Edit. olzévirienne, p. 41.

* Lui (ionne pour étrenues.

** Relations des ambassadeurs vénitiens, t. Il, p. 311.

* Vov. ci-dessous cet article.

qu'ils eussent servi cinq ans, soit chez leur père, soit chez un autre maître. On en dispensait également les compagnons qui épousaient une fille de maître.

Le compagnon (|ni voulait (piitter son maître devait le |)revenir huit jours d'avanci'.

Les couteliers étaient autorisés à fabriquer des lames d'épées, de dagues, de pertuisanes, de hallebardes « et autres bâtons servans à le dett'euse de l'homme », des forces, des ciseaux, des instruments de chirurgie, des étuis de mathématiques, des couteaux, des canifs, etc., etc. Ils pouvaient dorer el graver tous les objets de leur fabrication, et des lettres patentes du 15 mars 1756, accordées à la suite de discussions avec les orfèvres, les autorisèrent à « fondre et employer les matières d'or et d'argent dans leurs ouvrages ». Aussi s'inlituiaient-ils officiellement couteliers-graveurs et doreurs sur fer et sur acier.

Quatre jurés administraient la corporation.

La veuve d'un maître avait le droit de continuer le commerce de son mari. Mais si elle se remariait, elle ne pouvait con.server l'apprenti commencé par celui-ci.

En 1680, le nombre des maîtres couteliers était de 91.

La coutellerie de Paris fut toujours regardée comme supérieure à celle de Langres, de Thiers, de Caen, de Chatellerault et de Saint-Etienne, les villes de France où cette industrie occupait le plus de bras.

L'usage des couteaux sans pointe pour le service de la table ne paraît pas .remonter au delà du dix-septième siècle, et il ne put guère être définitivement adopté avant que l'emploi de la fourchette se fût généralisé. Peut-être faut-il eu trouver l'origine dans cette phrase de Tallemant : « Le chancelier Séguier' est l'homme du monde qui mange le plus malproprement... 11 se curoit un jour les dents cliez le cardinal [de Richelieu] avec un couteau. Le cardinal s'en aperçut, et fit signe à Boisrobert ; après, il commanda au maistre d'hostel de faire espointer tous les couteaux ^ ».

On nommait couteaux ù loquet ceux que l'on ne pouvait fermer qu'en soulevant un ressort ; jamhettes des couteaux de poche qui avaient à peu près la forme d'une jambe ; eustackes ou eicstacàes de dois de petits couteaux à un sou, qui avaient été inventés par un habile ouvTier de Saint-Etienne, nommé Eustache du Bois -. En 1692. la France exportait, à Lisbonne seulement, pour un million de ces couteaux ••. Ij'Eitcychipe'die méthodique * fournit l'énuméra-

I Historiettes, t. 111, p. 392.

* M. Viotiir Gay prétend en faire remonter l'origine jusqu'à un sieur Wistace ou Huistace, qui, vcre 1304, était coutelier de Philippe le Bel. Voy, son Glossaire archéologique, p. 683. — Bachaumont raconte un suicide, qui fut exécuté, dit-il, « avec un méchant couteau qu'on appelle un eustache de bois >i. 16 juin 1782, t XX,

■> Necue des provinces, année 1865, p. 533.

* Tome II, p. 50 et suiv.

COUTELIERS — Cnj-TIErîS

lion suivante des couteaux employés vers la tin du dix-huitième siècle :

A bayonnette.

A bascule.

A bec (le corbin.

A la berge.

A cabriulel.

A cachet.

A la capucine.

A la cliaroloise.

A la chinoise.

A creux.

A (lonble-joinl.

A la ij^recqne.

A "'riniace.

A la militaire.

A mouche.

De peintre.

.\ plate-bande.

A plate-semelle.

A pompe.

A poudre.

A la Ramponneau.

A ressort l)risé.

A scier.

X secret.

.A tamJKiur.

A tète d'aii^le.

A jainiie de princesse. De toilette.

A loquet. .A la turque.

On pourrait encore ajouter à cette liste quelipies noms. Ceux-ci, par exemple :

De chasse. A deux clous.

De veneur. Sans clous.

De pharmacie. A tète de compas.

A la Daupliine. D'amis ■".

A la d'Eslaino; '. De jardinage.

A attrape. A cerneaux.

A romaine *. A lames de rechange.

A pompe. Etc., etc., etc.

A un clou.

Le nombre des maîtres était alors de 120 environ, et la corporation avait pour patron saint Jean-Baptiste, qu'elle fêtait, le jour de sa décollation, à l'église des Billetles *.

Goutepointiers. On appelait cnute, au

moyen âge, ce que nous nommons coussin, lit de plume, etc., et coutepointe une couverture de lit ou (le siège, dont l'étotle mise en double était ouatée, pnif. pointe, c'est-à-dire cousue, piquée. Parfois, l'on rempla(;ait la ouate par le poil de divers animaux, et ces lourdes coutepointes portaient le nom de loudiers. On lit dans un compte de 1468 : « Douze aulnes de grosse toile, pour servir à envelopper les coutepoinctes et loudiers servans sur le lit dudit seisjneur... ^ ».

La Tuille de 1292 mentionne huit coutepointiers, et celle de 1300 en cite dix-huit.

Leurs premiers statuts datent du mois d'avTil 1290, sous la prév(Mé de Jean do Montigny *. On y lit seulement que le métier était sui-\-eillé par deux jurés, et que les coutepointiers employaient surtout le cendal et le bougran. Le cendal était une étoffe de soie unie qui se rapprochait beaucoup de notre taffetas; on l'iililisait principalement pour les tentures des chaudires et des lits. Le bougran, ici nommé boxKjueran, était alors une grosse toile de chanvre gommée et calandrée.

Une lettre de mai 1IJ03, émanant du prévôt de Paris, semble indiquer que le métier ne

' Invi'iili', (lil-on, par l'amiral de ce nom.

2 lA)riiiaiil balaïu'c.

■* A (ItMix limii's indt'pi'ndantt's.

* Iitî Masson, CnUiulrter des ctmfrèries, p. 47.

6 Dûui't-d'Ari'ci, Comptes de l'argenterie, p. 30G.

comptait alors pas plus de deux maîtres *. M. Depping a encore publié* une autre pièce d'où il résulte, (ju'au seizième siècle, les coutepointiers n'étaient pas astreints au service du guet.

En mars 1568, ils furent réunis aux tapissiers nostrés, et en 16;J6 aux tapissiers de haute lice.

On trouve encore conlrepointiers, courtepoin- Iters, roustepol/itiers, etc.

Voy. Coutiers il Couverturiers.

Coutiers. Au moyen âge, l'on nommait coete, cotte, couette, cousie, coûte, couyle, cuete, etc., tout coussin, quelles que fussent sa dimension et sa garniture. Une couette de paille était une paillasse, une couette de plumes un oreiller ou un lit de plumes. L'enveloppe se disait taie '.

Les coKS.siers, colistiers, covticcs. cousticiers, duvetiers, anc("'lres de nos matelassiers, étaient des faiseurs de matelas, coussins, traversins, oreillers, etc., et leur métier était appelé C0M*<m« et consticerie *. La Taille de 1292 cite neuf constiers, celle de 1300 eu mentionne six seulement.

On voit dans les statuts accordés aux coutiers vers 1310 par le prévôt Jean Ploibaut ^, que le métier s'achetait dix sous. La plume d'Angleterre et le duvet de Bre)<igne étaient regardés comme très inférieurs au « duvet de France » ; les ailes des oies et des poules passaient également pour mauvaises, et ne devaient pas être mêlées avec d'autres plumes.

Ces statuts furent revisés en octobre 1341, sous la prévôté de Guillaume Gourmont, puis confirmés par Charles V, le 15 octobre 1372 ". Ils sont signés de trente-sept coutiers et coutières qui formaient quinze ménages, le mari et la femme travaillant ensemble.

En mars 1568, les conliers furent réunis, ainsi que les coutepointiers, aux tapissiers nostrés, et le nom de coutiers ne désigna plus que les fabricants de la toile dite coutil.

Voy. Matelassiers et Taiers.

Coutiers. Fabricants de coutil, tissu croisé en lin ou en colon, et qui servait surtout à faire des enveloppes de coussins, de matelas, d'oreillers, etc. On avait tellement l'habitude d'en confectionner des enveloppes de ce genre, que celles-ci prenaient parfois le nom de coutils. Donët-d'Arcq a relevé, au quatorzième siècle, ces mentions : « A Pierre di> ^'illiers. duvelier. pour la taye à faire le coutil pour ledit malteras '. — Deux antres petites taies ù faire les coutils des deux aureilliers ù gésir * ».

On a dit que le coutil devait son nom à la ville de Coutances, où aurait existé une

' G.-!? llippinij, OrdoH/iaHees relalites aux métiers,

p. :i8is.

- Oritoniitmces relaliees aux métiers, p. 426.

■' Ducanf^r, au mot cotlum.

4 t)iicanf;c, au mot eiiiila.

■' l)aiis Il's Orilonn, royales, t. V, p. 54G.

<* OrtIoHH. royales, t. V, p. 546.

'' Matelas.

5 \ dormir. — Comptes de l'argenterie, p. 3Û7 et 405.

COUTIERS — COUTURIKRKS

iinportiiiite inanuractiire de ce tissu. Ses conditions de faliriciition liireiil modifiées par un règleineiil ilu 7 avril 1093.

Coutiveurs. Voy. Agronomes.

Coutres. Voy. Cousteurs.

Coutume. Au Irei/ième siècle, ce mot est souvent pris dans le se:is d'impôt, de redevance. On lit, par exemple dans les statuts des boulang;ers : a Li novia\ talemeliers doit, le premier an c[u'il a acheplé le meslier de talemelerie, XXII den. de cousiume à paier au Roy ' ». Les re^ratiers de Iruits disent de leur côté : « Li rej,''ratier pueent - achalcr es meisons de relejjion ■* siins cousiume paier ' >■.

Les receveurs de la coutume s'appelaient coût uni iers.

Druiture était à peu près synonyme de coutume.

Coutumiers. Receveurs de l'impôt appelé coutume •". Ils venaient en réclamer le montant a domicile, accompagnés d'un sergent du Chàtelet, et, s'ils n'étaient point payés, ils pouvaient saisir un ou plusieurs objets ''.

Couturières. Il se produisit en 1G75 un des plus grands événements qu'ait enregistrés l'histoire de la toilette féminine : je veux parler de l'institution des couturières.

Jusque-là, les tailleurs avaient possédé seuls le privilège d'habiller les hommes et les femmes. L'article 4 de leurs statuts de 1060 confirme encore ce monopole ; il est ainsi conçu : <>. Il n'appartiendra qu'auxdits maîtres marchands tailleurs d'habits de faire et vendre toutes sortes d'habits et accoutremens généralement quelconques à l'usage d'hommes, de femmes et d'enfaus ». Par exception, les filles des maîtres tailleurs pouvaient, avant d'être mariées, « habiller les petits enfans jusqu'à l'âge de huit ans seulement ». Le tailleur d'autrefois ne saurait donc être comparé à note couturier actuel, dont la spécialité est d'habiller les femmes, il avait le privilège exclusif de confectionner indistinctement tous les vêtements des deux sexes, même ceux de l'emploi le plus intime.

Durant plusieurs siècles, le mol couturière n'eut d'autre sens que celui de couseuse ou de lingère. Puis, quelques femmes entreprirent de faire des vêtements pour les dames ; elles réussirent peu à peu à se créer une petite clientèle, et vers le milieu du siècle nous les trouvons officiellement quadifiées de couturières. Les tailleurs, exaspérés par cette concurrence, leur

' Litre des métiers, titre I, art. 12.

* Peuvent.

^ Dans les couvents.

* Litre des métiers, titre X, art. 9.

5 Voy Ducange, Glossaire, au mot eousiumariiis, sous eoKsuetudo.

' Il Et le va cuiellir en leurs otieus (ilemeuii'.s) cil qui la coutume reçoit de par le Koy ; et s'il ne li poienl (payent) au jour nouiné, eil puet prendre gape en leurs holieus, pour ;puuniij qu'il ait I sergant du Chastelet avec lui ». Litre des métiers, titre X, art. 2.

faisaient une guerre acliarnée, les écrasant d'amendes, saisissant ithez elles étofTes et costumes, port<inl plaintes sur plaintes au lieutenant général de police.

Malgré tout, l'industrie des couturières prospérait. V.u l(i7l{, (inlbert songea à les constituer en conimniianlé. et l'éilit rendu en cette occasion, au mois lie mars, nous apprend (]u'elles étaient alors an nomiire de 3.000. L'édit ne fut pas exécuté, et dix ans après la reine se faisait encore habiller par un tailleur, le sieur George Marie ' ; elle honora aussi de sa confiance le tailleur Bandelet, propriétaire de la maisini où mourut Molière en l(i73.

Cette corporation masculine avait de tout temps employé beaucoup plus d'ouvrières que d'ouwiers, et elle savait parfaitement satisfaire à toutes les exigences, à tous les caprices de ses clientes. Klisaijelh, fille de Henri II, mariée en 1559 avec Philippe II, roi d'ICspagne, ne porta jamais une robe deux fois, dit-on : « et puis la donnoit à ses femmes et ses filles. Et Dieu sçait quelles robes, si riches et si superbes que la moindre estoit de trois ou quatre cens escuz ; car le Roy, son mary, l'entretenoit fort superbement de ces choses là. Si bien que tous les jours elle en avoit une, comme je le tiens de son tailleur qui, de pauvTe qu'il alla là, en devint si riche que rien plus * ». Klle se montrait sans doute moins prodigue à Paris, car je ne vois figurer dans son trousseau que vino-ttrois robes, dont le duc de Guise nous a transmis l'énumération ■''.

(Charles IX et sa mère Catherine dédaignèrent le luxe pour eux-mêmes, mais l'encouragèrent autour d'eux. Elisabeth d'Autriche, fenmie du roi, eut la gloire d'étaler, le jour de son mariage '. la plus longue queue dont l'histoire de France et peut-être aussi l'histoire de la folie humaine fasse mention. Elle mesurait « à veuë d'oeil plus de vingt aunes ^ », soit environ vingt-quatre mètres, et était portée par trois princesses du sang, dont les modestes queues ne dépassaient guère huit mètres.

Vers la fin du dix-septième siècle, plusieurs grandes dames se décidèrent à plaider la cause des couturières auprès du roi. Elles se permirent de lui adresser une requête, par laquelle elles le suppliaient de prendre ce nouveau métier sous sa protection, de lui accorder des statuts et de l'ériger en communauté régulière. « Plusieurs femmes et filles, dit Louis XIV, nous ayant remontré que de tout temps elles se sont appliquées à la couture, pour habiller les jeunes enfans et les personnes de leur sexe, et que ce travail étoil le seul moyen qu'elles eussent pour gagner honnêtement leur vie : elles nous auroient supplié de les ériger en communauté et de leur accorder les statuts qu'elles nous auroient présenté pour exercer leur profession ».

' Manu.sciils Delamarre, aris et métiers, t. IX, p. 128.

* Uraulonie, D;s dames, t. VIII, p. 19.

•' Mémoires, édil. Michaud, p. 44".

' Le 20 novembre 1570.

3 Godefrny, Le eérémonial français. I. II, p. 37 et 41.

corTrmKKF.s — cnrTrnii'iRS

Le roi les rcnvova au lieutenant "jénéral de police et au procureur du Cliàlelet, qui donnèrent le 7 janvier 1675 un avis favorable. « Ayant été informé, dit encore le roi, que rusay:e s'éloit tellement introduit parmi les femmes et fdles de (ouïes sortes de condition de se servir des coulurii-res pour faire leurs juppes, robbes de chambre, corps de juppes et autres habits de connnodité : (|ue, nonobstant les saisies qui étoient faites par les jurez liiilleurs, et les condamnations qui étoieul prononcées contre les coulurières, elles ne laissoient pas de continuer de travailler comme auparavant ; que celle sévérité les expnsoit bien ix souffrir de jjrandes vexations, mais ne faisoil pas cesser leur commerce : el qu'ainsi leui- elablissemeulcn commnnaulé ne lei'oit pas un ^rand préjudice à celle des maistre> laillenrs, ]juisque juscjuc^ icv elles ne travailloient pas moins, bien qu'elles n'eussent point de qualité '. 'Ajanl d'ailleurs considéré qu'il était assez dans la bienséance, et convenable à la pudeur et à la modestie des femmes et filles, de leur permettre de se faire habiller par des personnes de leur se.xe lorsqu'elles le jugeroient à propos... »

Le roi, mû encore par d'autres bonnes considérations », éricrea donc <^ la profession de coulurières en titre de maîtrise jurée, pour faire à l'avenir un corps de métier » ; respectant to\ilefois le droit des tailleurs, qui purent, comme par le passé, continuer, mais sans privilège exclusif, à confectionner tous les vêtements de femmes.

A cet édit, étaient joints les statuts accordés à la nouvelle corporation.

Le premier article reconnaît aux couturières la faculté de faire et vendre des robes de chambre, jupes, corps de jupes, manteaux, hongrelines, justaucorps, camisoles, « et tous autres ouvrages de toutes sortes d'étoffes pour babiller les femmes et les filles » : à la réserve cependant de la robe ou vêtement de dessus, qui restait le monopole des tailleurs. Elles pouvaient « employer de la ballaine "^ et autres choses qu'il conviendra pour la façon et perfection des ouvrages ». 11 leur était interdit de confectionner aucun vêtement d'homme, mais elles avaient le droit d'habiller les garçons qui n'avaient pas dépassé huit ans.

Tous leurs ouvrages devaient être bien coupés, bien cousus, de bonne étoffe, el on leur recommandait <i de bien mettre, appliquer et enjoliver ce qu'il conviendra pour leur perfection ».

L'apprentissage durait trois années, qui étaient suivies de deux années de service. Chaque maîtresse ne pouvait avoir en même temps plus d'une apprentie ; elle était cependant autorisée à en prendre une nouvelle au cours de la troisième année.

Après les cinq années de stage, l'ouvrière pouvait aspirer u la maîtrise. Elle devait d'abord présenter un cerlificat de bonne vie el mœurs, puis se soumelire à l'épreuve du chef-d'œuvre.

1 Voy. ci-dessous l'art Qualilc (Maîtres sans). S Baleine,

Les filles de maîtresse étaient dispensées de l'apprentissage el du chef-d'œtirre.

La communauté était administrée par sis jurées, élues pour deux ans. Trois d'entre elles sortaient de charge chaque année.

Les jurées devaient faire, tous les ans, au moins deux visites générales, pour lesquelles elles recevaient dix sols de chaque maîtresse.

Les tailleurs n'avaient pas droit de visite chez les coulurières, el réciproquement.

Les tailleurs conser^'aient le droit d'habiller les fillettes, et eux seuls pouvaient confectionner les vêtements ajustés destinés aux femmes, les corsets par exemple. « Ce sont eux, dit VEncychiiip/lif iiu'll«irli(jne, qui font ces corsets délicats el élégans qui. sans gêner le corps, soutiennent la taille, donnenl de l'élévation l't de la fermeté à la gorge, et rendent le maintien des femmes plus noble el plus agréable * ». Les industriels qui avaient adopté cette spécialité s'intitulaient tailleurs pour femmes, ou tailleurs de corps de femmes et d'en fans *.

La communauté reçut de nouveaux statuts le 5 février 1782. En vertu des principes établis par l'édil d'août 1776, les couturières acquirent le droit de cnnfeclionner, en concurrence avec les tailleurs, les corps, corsets et paniei-s baleinés, les robes de chambre pour hommes, les dominos pour bals, etc. La durée de l'apprentissage n'est point fixée, mais toute fille ayant travaillé pendant deux ans chez une couturière de Paris put être reçue maîtresse à seize ans ; celles qui étaient restées libres n'étaient pas admises avant vingt-deux ans.

Les couturières étaient placées sous le patronage de saint Louis, et la confrérie se réunissait à l'éçrlise Sainl-(iervais.

Vov. Corporations '. — Relève-jupe.

— Tailleurs. — Tournures postiches, etc.

Couturiers. Malgré de longues el consciencieuses recherches, je n'ai pu établir d'une façon précise le sens de ce mot. Je pense toutefois, qu'au début surtout, les couturiers étaient des causeurs chargés de faire toute espèce de couture, el plus spécialement de coudre les objets taillés ion dit aujourd'hui coupés) par les lingères, les gantiers, et les laillenrs.

En effet :

1" L'article 6 des statuts des tailleurs de robes homologués vers 1268, dislingue ceux-ci des couturiers *.

2" Les Tailles de 1292, de 1300 et de 1313 mentionnent séparément les couturiers el les tailleurs.

3° Chez les pi)urpointiers, la durée de l'apprentissage, fixée à six ans, était réduite à deux ans

I Eneyclopfilir mélliodiiiue \\~»9), jurispiudeme, I. 1\,

i .Vbbé JaubiTt, Olclioniiaire, t. IV, ]>. 181.

3 On y lamveia le texte de IVdil ijui a érif,'»' fil Comiiiuilaillé 11' iiietirr ili' oiiiturien-.

* Litre des métiers, litre L\ I, art. 0.

COUTIHIKHS

col \ l'iKTL'KIKRS

pciiir loiil on\Tier coiiliirier, t'ii iiii>(Pii de son Imliili'd" il coudre, « pour ce qu'il si;ai( de rafiuill.' » <lil Tarlicle 2 des slaluls de 1M2H.

4" Les arti(-les li)4 el 11)5 de la ijninde ordouiiauce du .'JO janvier 1351 ' visent les v< tailleurs et cousturiei-îi ».

5" La corporation des lorniiers se composait au (|ualorzième siècle des lorniiers proprement dits et des couturiers de lormerie -. Les premiers faisaient les éperons, les mors, etc., taudis que selon toute apparence, les seconds confeclionnaieiil les rênes, les étrivières, etc., qui exij^eaient un travail île coulure.

6" Il ne peut y avoir aucun doute sur le sens du mot couturière à cette époque. Comme on l'a vu dans l'article précédent, l'acception actuelle date de la lin du dix-septième siècle. Jusque-là, les tailleurs seuls eurent le privilèf^^-e d'habiller les femmes, et les couturières ne furent que des couseuses ou des linj^ères.

7° Dans la liste des artisans suitunl la Cour qui fut dressée en 1725 Ki;urenl 28 tailleurs cl 8 couturiers.

8" Sous le Bas-Kn\pire, la confection des vêtements était l'œuvre de deux industries distinctes, celle des snrcitKilnres et celle des hrnrnrii. Les premiers ne mettaient la main qu'aux vêtements flotlant-s, ceux qui demandaient seulement ù être ourlés, cousus ; les autres avaient le monopole des vêtements ajustés composés de plusieurs pièces et d'une exécution compliquée '.

Il n'est pas moins vrai que :

1" Les lettres patentes de septembre 1358 * assimilent les couturiers aux douliletiers, et les autorisent à confectionner certains vêtements dont ces derniers avaient eu jusque-là le privilège : attendu, dit le texte, que « jceulx cousturiers se connoiiseut miex ' es cousture et es taille que ne font les doubletiers ».

2° L'ordonnance dite des Bannières * mentionne les couturiers, les pourpointiers, les fripiers, etc., et ne parle point des tailleurs.

3" On lit dans la Farce des cris de Paris :

Or prens le cas qu'ung cousturier Veult tailler de ^ris oîi ite vert Une grande robbe à drap ouvert, Et puis il coult ses pièces ensemble '.

4° Dans la Farce du cousturier, celui-ci se vante en ces termes :

Il n'y a. par Diiii, euuslurier Pour tailler un babit honneste Et fait pour vestir à la feste Plus propre que moy en la ville 8.

' Dans les Ordonn. royales, t. II, p. 350.

* \oy. G. Depping, Ortionitaiices relatives aux métiers, p. 361.

' Voy. J. Quiclu'rat, Histoire du costume, p. 60.

* Dans les Ordonn. royales, t. III, p. 362. ' MieUï.

* An. 146T. — Dans les Ordonn. royales, t. XVI, p. 6T1.

'' .\n. 15-18. — Dans VAncien théâtre fran^ols, t. II, p. 320.

' .\n I,î50 — Dans V.liieieu théâtre français, t II, p 159.

5" V,\\ I5.")fî. la municipalité réclama aux coialitriirs uiu' pièce de canon qui avait été fondue, aux frais lin métier, par ordre du roi. (^elte pii'ce portail <■. l'imajje de bi Trinité ' , avec des ciseaux de tailleurs, et cette inscription : Aii.r maistres tailleurs de Paris -.

()" Dans La noncelle fabrique dex plus excellens traits de re'rite', par Philippe d'.Xlcrippe, ou lit qu'un « soldat avoil baillé du drap au coustinùer pour lui faire un habit •' ».

7" l'Inliu, Henri l'^stienne écrivait vers 1580 : « Phil.\isonk. Ne si^avez-vous pas que ceux qu'on appelct autresfois cousturiers, depuis quelques ans ont esté appelez tailleiu's 'i — Cei.topiiii.e. On n'en usoit pas ainsi quand je partis de France, ou bien je l'ay oïdjlié ». Et plus loin : « Il me souvient du poure * luol cousturier, qui a esté banni et eu la place duquel on a mis tailleur '■> >^.

11 faut sans doute conclure di' lniil leci (jui' les cousturiers représentaient les sarcmatores du Bas-Empire ; mais que, simples censeurs, ils empiétaient souvent sur le domaine des tailleurs. Dans la lauf^ue populaire, les mots couturier et tailleur étaient souvent pris l'un pour l'autre, et ils devinrent ainsi peu à peu synonymes. *

Couturiers. Voy. Agronomes.

Couturiers de lormerie. Vov. Lor-

Couverturiers. Fabricants de couvertures.

On en trouve mentionnés quatre seulement dans la Taille de 1300, mais peut-être les coutepointiers faisaient-ils alors le commerce des couvertures.

A cette époque, la couverture est de serge ou de tiretaine dans les maisons pauvres, de drap ou de fourrure dans les maisons riches. Ainsi en 1403, après l'accouchement de Jeanne de Saiat- Pol ", on acheta au pelletier Colin Vaiibrisset:

Pour la couverture destinée au lit de l'accouchée et trois petites couvertures à l'usage de l'enfant, 5.000 ventres de petit-gris.

Pour la doublure de quatre autres couvertures de drap vert, 4.500 pelit-gris.

Pour une couverture et uiu' houppelande destinées à « la feinine cpii giirda lenfaut », 2.000 petits-gris.

Pour doubler les couvertures el vêlements à l'usaire (les « bercerettes, norrice et femme de

ts ^

chambre dudit enfant, 1.200 dos de counins ' ». Au temps des grands froids, on étendait encore, par dessus la couverture, une coutepointe, élotTe mise en double rembourrée de coton ou de duvet, ei pointe, c'est-à-dire piquée.

' Patronne des tailleurs.

^ Voy. .\. Tuetey. Iteijistres des délitiértitions du Bureau de la Ville, t. H, p. 231.

3 Vers l'an, 1.-.79. — Bibliolh. elzév.,p. 118.

* Pauvre.

=> Diatotjues du langage français italianisé, édil. Liseux, t. I, p. 21)7 et 285.

" Kenime d'.Vntoine de Bourgogne, comte de Rethel.

■> Ernest Petit, Itinéraire de Philippe le Hardi, p. 369.

COUVKKTURIERS — COUVREURS

Au ilix-lniiliciiif sii'cle, presque lous les couverturiers de Paris étaient établis lians les faubourgs Saint-Marceau et Saint-Martin ; mais plusieurs villes de îs'ormandie, Darnetal et Vernon surtout, fournis'siiient à Paris une énorme quantité de couvertures.

Celles-ci étaient ornées, en général, d'une couronne à chaque an{i;le, et d'un certain nombre de barres bleues destinées à faire connaître la qualité et la valeur de robjel. Ainsi, les couvertures communes dites griniils niiirrlKUids blunrset roux portaient seulement trois })arres et demie. et \e% graniles fines en portaient jnsquà dix-sept.

Yoy. Flassadiers.

Couvre-feu. Ordinairement, les églises le sonnaient à sept heures en hiver et à huit heures en été. Au treizième siècle, la prescription d'éteindre à ce signal feu et lumière n'était plus guère obser\-ée que dans les couvents, mais il continuait à indiquer l'heure aux ouvriers. Ainsi, les crépiniers quittaient en tout temps l'atelier quand sonnait le couvre-feu, « puis l'eure que queuvrefeu est sonez à Saint-Merri ' ». Les anciennes ordonnances enjoignaient aux cabareliers de fermer boutique après le couvre-feu sonné à Notre-Dame. Une ordonnance interprétative rendue par le Chàlelet le 16 novembre I.Ô96 décida qu'il fallait entendre ces mots ainsi : A sept heures de la Saint-Remi à Pâques, et à huit heures de Pâques à la Saint-Remi.

Au dix-huitième siècle, Notre-Dame sonnait encore à sept heures le couvre-feu du Chapitre, et la Sorbonne sonnait à neuf heures le couvTefeu de l'Université.

Voj. Heures.

Couvreurs. Au treizième siècle, les couvreurs nommés recnuvreurs de mesons . appartenaient à la corporation des charpentiers. Ils étaient donc placés sous l'autorité du premier charpentier du roi, et contribuaient à la redevance de dix-huit deniers par jour qui lui était payée. Ils ne pouvaient avoir a la fois qu'un seul apprenti, et l'apprentissage durait quatre ans -.

La Taille de 1292 cite 26 couvreeurs ou recouvreeurs, celle de 1300 en mentionne 31.

Chacun de ces deux documents nous fournit encore les noms de 3 chanmiers ou chmmieeurs. Ces mots désignent-ils des couvTeurs en chaume ou des marchands de paille ? Ni M. Géraud ^ ni M. Fagniez *, n'osent se prononcer sur ce point-''.

Le privilège accordé au premier charpentier du roi fut aboli en 1314. Les couvreurs formèrent (lès lors une corporation particulière, qui rei-ut ses premiers statuts en 1321. « le mercredy après les Brandons, à la requestc du commun du niestier ». Ils furent corrigi^s, augmentés et confirmés le .') avril 1449 par « Ambroise, .seigneur di' Lore, baron divrj, conseiller, chambellan

1 Litre ilrs méliers, tiliv XXWII, arl. 8.

* Livre îles méliers, liliT XI.\ II-

3 Paris sniis Pliilime le llel. p. 106.

i Etudes sur l'iuauslrie, p. II.

" Voy. ci-dossoub l'art. Paille (Marchands do).

du Roj, et garde de la prévosté de Paris, commissaire réformateur donné et député par le Roy pour la réforme des mestiers de la ville * ».

Au mois de juillet 1.566, Charles IX donna aux couvreurs de nouveaux statuts * qui ne furent guère modifiés jusqu'à la Révolution. Voici l'analyse des dix-sept articles qui les composent :

('haf[ue maître ne pouvait avoir k la fois plus d'un apprenti. La <lurée de l'apprentissage était de six années, pendant lesqui'lles le maître était tenu de fournir à l'enfant « boire et manger, feu, lit, hostel ', chaussure et vèture raisonnablement, et à la fin desdils six ans \\\y laisser tous ses outils ». Les apprentis devaient être « jeunes garçons et non mariez ».

Lorsque l'apprenti abandonnait son maître, celui-ci devait l'attendre six mois, puis pouvait en prendre un nouveau. En supposant que l'enfant revint dans la suite, les jurés se chargeaient de le placer chez un maître manquant d'apprenti. Ils agissaient de même vis-à-vis de l'apprenti qui perdait son maître.

En raison, sans doute, des dangers que présente le métier de couvreur, le maître ne pouvait faire travailler son apprenti avant que les trois premières années de ser\'ice fussent écoulées ; encore devait-il obtenir l'autorisation des jurés, qui ne l'accordaient qu'après avoir fait subir une épreuve à l'enfant.

Aucun apprenti ne pouvait obtenir la maîtrise sans avoir fait « chef-d'œuvre, tel que les jurez luy voudront donner, pour sçavoir s'il sera suffisant ouvrier ou non ».

Aucun maître ne devait employer d'ouvriers « diffamez et mal renommez de vilains cas ».

Les ouvriers devaient se rendre au travail « de bon matin ». Ils l'abandonnaient, en hiver « à jour défaillant », en été à sept heures ; les veilles des fêtes religieu.ses, à six heures, « au premier coup de vespres sonnant de la paroisse où ils demeurent ».

Les ouvriers travaillant sur la rue « seront tenus de mettre en ladite rue défenses de perche ou che\Tons, afin que le peuple puisse voir et appercevoir qu'ils travailleront sur la dite rue. et à ce qu'aucuns inconvéniens ne s'en puisse ensuivre es personnes passant par icelle ».

Quatre jurés, élus pour deux ans, surveillaient et administraient la corporation.

Une partie du produit des amendes infligées par eux pour contraventions aux statut.s devait être employée à « substanter et subvenir aux pauvres ouvriers dudit mestier, qui tombent ordinairement de dessus les maisons, et autres pauvres nécessiteux dudit mestier ».

Ces statuts furent complétés dans la suite par plusieurs ordonnances et arrêts.

Les ortlonnances de septembre 1608 el d'avril 1663 défendent aux couvreurs de laisser séjourner

' Bil)liullii'(|Ui' natiouali', manuscrits Dolaniariv, bâiimonts, I. V, p. 'i.

* Stalitls el ordonnances, olc. In-'l». Reproduits d«ii> Fontanon. Edils el ordonnanees, t. I, p 1136-

•l I,i'v};i'niont,

COUVRKL HS — CR.WATIKHS

dans les rues où ils Iniviiilli'iit iiiiciiii j^ravois '.

L'ordoiiimiice du 7 murs H)70 veni que leurs noms t>t domiciles soient enre>;istrés chez le commissaire du quartier qu'ils habitent, afin qu'en cas d'incendie ils puissent être prom])temenl convoqués, pour & travailler ù découvrir, détacher, couper, etc., ainsi qu'il seroit jujjé le plus expédient • ».

L'ordonnance de décembre 167'2 ■' confirme leur ilroil de visiter les tuiles et les ardoises fabriquées ou arrivant ù Paris.

L'arrêt du 6 septend)re 17*27 les rend responsables des vols commis par leurs ouvriers dans les maisons où ils travaillent *.

L'ordonnance du '2(i juillet 1777, visant l'article 11 des anciens statuts, enjoint aux couvreurs occupés sur la rue de v< faire pendre au devant des maisons deux lattes en forme de croix au bout d'une corde, et d'atlacheraux dites lattes un morceau de drap d'une couleur voyante », et même, au besoin, « de faire tenir dans la rue un honune pour avertir du travail et empêcher les accidens ».

Vers la fin du dix-septième siècle, la condition des apprentis couvreurs chanirea complètement. Ils cessèrent d'être loijés et nourris chez leur maître, et reçurent vin^;t sous par jour pendant la première année d'apprentissage et deux sous de plus pour chacune des cinq années suivantes 5.

En 1678, le nombre des maîtres couvreurs était de 133, parmi lesquels on comptait 9 veuves continuant la profession de leur mari ^. En 1770, il était de 167 ', et en 1779 de 172 ».

La communauté était placée sous le patronage de saint Julien.

L'édil de 1776 réunit les couvreurs aux carreleurs, aux paveurs et aux plombiers.

J'ai trouvé les couvTeurs nommés encore Ramvaiours, racoceteurs, racovretors , recouoerteurs, recouvreors, etc. Les mots escaiUeors, etcailleteurs, escailleurs s'appliquaient seulement aux couvreurs en ardoises.

Couvreurs d'aisseau. L'aisseau, dit aussi uissau/e, aisseule, eschandole, esseulé, etc. devenu, je crois, notre ^«r^^ai*, désignait une mince planchette de bois dont on se servait pourcou\Tir les toits '.

Vov. Paille (Marchands de).

Couvreurs en chaume et Couvreurs d'estrain. Vov. Faille (Marchands de).

' Drlamarrc, Traité de la police, t. IV, p. 215 ot 227. - I)<*laiuarrt\ Tniiiê f'e In poliee, I. lA , {>. 153. 3 C.hapitiv XXIX, arl. 6.

* D.-lamarre, t. IV, p. 95.

^ Eneyelupédie mélkodique, arts cl méliers, t. II, p. 09.

* \oms. surnoms et demeure des maîtres eourreurs de maisons de Paris, 4 p. in-4° Tableau tirussè en exécution lie l'ordonnance du7 mars 1670. Dans les mss. Delamarrc, t. V, p. 15.

' Jaubert, Dictionnaire des arts etmétiers, t. I, p. 584.

' Hiirtaut et Magnv, Dictionnaire de Paris, t. I, p. 317.

' Ducangc, Olossarium, aux mots ar.isella, aisella et scindula.

Couvi'eurs de flacons et bouteilles en osier. Titre ([ui it))parlenaitàlacor[)oi'alion des verriers.

Couvreurs de livres. Vov. Relieurs.

Couvreux. Vov. Couvreurs.

Craichiers. \uy. G-ralssiers.

Craigrniers. Vov. Crlniers.

Graissiers et Crassiers. Voj. Graissiers.

Cravatiers. La mode des cravates fut empruntée au costume des cavaliers allemands dits croates ou cravates ' dont un ré^inn-nt entra au service de la France '. D'abord de dimension modeste, la cravate ne tarda pas à jouer un rôle important dans la toilette; ce fut alors une longue pièce de mousseline ou de dentelle, dont l'arrangement exigeait beaucoup d'art, et dont les extrémités descendaient jusque vers le milieu de la poitrine.

Un épisode de la bataille de Sfeinkerque, gagnée en 1692 par le maréchal de Luxembourg, devint l'occasion d'une nouvelle espèce de cravate, adoptée surtout par les femmes. Les princes, qu'une attaque inopinée avait surpris, s'habillèrent à la hâte et entortillèrent négligemment leur cravate autour du cou. Ainsi naquit la mode des steinkerques •'', auxquelles Regnard attribue sans raison une origine plus prosaïque quand il écrit. « Le col long et les gorges creuses ont donné lieu à la steinkerque * ».

Après la prise de Crémone, les cre'mones firent oublier les steinkerques. L'ornement qui emprunta son nom à ce fait d'armes consista en une légère garniture bouillonnée, cousue sur les deux bords d'un ruban.

Parmi les irmombrables officiers de tout ordre qui constituaient la cour de Louis XIV figurait le sieur Etienne de Miramond, cravatier de Sa Majesté. Cette charge, largement rémunérée, était très en\'iée, car elle permettait au titulaire d'approcher chaque jour le plus grand monarque de la terre, comme on disait alors. Tous les matins, il arrivait porteur d'une corbeille remplie de cravates qu'il présentait à Sa Majesté. Quand le roi en avait choisi une, le cravatier avait l'honneur de la remettre au grand-maitre ^ ou au premier valet de la garde-robe, chargés de la passer au cou du roi, qui la nouait lui-même. Mais à cela ne se bornait point le rôle du cravatier.

' (I Le nom lie navales a élé douiié a un corps do cavalerie étrangère, oriufinairement sortie de Ci"ualie, et pour parler réfjulièrement, il faudroil appeler ces cavaliers des croates ». Mercure de France, n" de niai 1725, p. 1042.

2 Voy. Furetière, Dictionnaire unirersel des mois françois (1727) au mot cravate. — Ménajje, Dictionnaire étymologique de la lant/nc française (1750), t. I. p. 439.

3 Voltaire, .Siècle de Louis .XJV, chap. XVI, édit. MolancI, t. XIV, p. 315.

* Attende:-moi sous I orme, comédie jouée en 1694, scène 6.

5 En 1712, c'était le duc de Larochefoucauld.

CRAVATIERS — CREPIMERS

et ses loiiclioiis lui confciiiifiit ciicoiv iliiirhliinables pi'éro{:;'alives. ]<jC(),uloz un cniUeiiiporain : « Apres que le cravalier a présenté la cravate au "•rand-maître lie la tranle-robe. il accommode le col (le la chemise du Roj. La cravate mise, s'il aperçoit quelqu'endroit qui n'aille pas assez bien, il y met encore la main. En l'absence de ses supérieurs, il met la cravate au Roy. Il attaclie tous les matins les dianians et les manchettes aux poignets des chemises de Sa Majesté ; il a entre ses mains toutes les cravates, les manchettes et tous les points et dentelles pour le liufi'e du Roy. Il plie les cravates de Sa Majesté et y noue les rubans, afin qu'elles soient toujours prêles à mettre * ».

Après la mort de Louis XIV, les cravates adoptèrent une dimension exagérée. Les bouts, fort longs, descendirent très bas devant la chemise, rappelèrent le jabot, ce tlot de dentelles qui, dans les premières années du dix-septième siècle, complétaient la petite oie. Un jour l'arlequin de la Comédie italienne u parut sur le théâtre avec une cravate qui, pendant du col, lui passoit entre les jambes et revenoit par dessus l'épaule ». Arlequin obtint satisfaction, car le Mercure de février 1732 nous révèle que la cravate était alors réduite à « un simple tour de col * ». Mais l'on attachait beaucoup d'importance au nœud qui la nouait sous le menton. 11 y eut même, un peu plus tard, des maîtres ctagrémeiis « qui formoient les jeunes gens à l'art de plaire », et leur apprenaient, entre autres belles choses, à faire le nœud de leur cravate '.

La mode des cravates avait provoqué la décadence du rabat et des manchettes qui, sous Richelieu, constituaient deux importantes pièces du costume.

On nommait rabat un vaste col rabattu ; il était attaché par devant au moyen de cordons munis de gros glands pour les hommes et de quelques nœuds pour les femmes. Il y avait des rabats garnis de dentelles, ceux de la bonne faiseuse *, par exemple, qui valaient soixante-dix ou quatre-vingts pistoles ^. Leur nom varia à l'infini : rabats dentelés, rayonnes, cannelés, houppelés, rabats à la reine, à la (iuise, à la guimiiarde, à la neige, à la fanfreluche, etc. '' Dans Le roman /jourqeois de Furelière, le rabat est déclaré « la plus difficile des pièces de l'ajustement ; c'est la première marque à laquelle on connoist si un homme est bien mis, et l'on n'y peut employer trop de temps et trop de soins ». Les manchettes , accompagnement obligé du rabat, n'en exigeaient guère moins : « J'ay ouy dire d'une présidente qu'elle est une heure entière à mettre ses manchettes, et elle soutient publi-

I Élal lie In France pour 1712, I. 1, y. 202 ut 268 ; pour 1736, t. I, p. 311.

* Papr 210.

•t S. Moiri.T, Tableau de Paris, I. II, p. 216.

^ \oy. Les prëeieiisrs ridicules, si'^n*' H.

^ H. Hi' Gcmrvilk', Mémoires, edil. Miohaud, p. 520.

^ Coun'al-Sonnot, ,Sotyre ménippée sur îes trnrerses du mariage (1621), p. 26.

quement qu'on ne les peut bien mettre en moins de temps * ». *

Crayons (Marchands de). On appelait ainsi. au dix-huitième siècle, <riiurnbles détaillants (jui étalaient leurs marchandises sur les parapets du l'onl-Neuf. Ils vendaient des crayons de mine de plomb et de sanguine, des pastels, des portecrayons, des compas, des pinceaux, « et antres insirumens servant aux jeunes élèves qui commencent à dessiner * ».

Les premiers crayons n'étaient que de petits stylets en plomb. Vers le milieu du .seizième siècle, on eut l'idée de les fabriquer avec le carbure de fer, dit graphite ou plombagine. L'Angleterre, riche en graphite, fournit pendant longtemps des crayons à tonte l'iMirope. Durant la Révolution, quand les relations avec l'Angleterre devinrent difficiles, le conseil des mines demanda au chimiste Conté de produire un graphite artificiel : il y parvint, et créa ainsi les crayons doni nous nous ser\-ons aujourd'hui.

Voy. Caoutchouc.

Créât. On nommait ainsi ■', dans les académies, un maiire adjoint à l'écu^'er principal. Mazarin fondant Ififil ) le collège qui porta son nom s'exprime ainsi : « Il y aura à l'académie un écuyer, un créât, un maistre à danser, etc. * ».

Voy. Académistes.

Crémiers. .Jusqu'à la tin du dix-huitième siècle, les crémiers ne se distinguent guère des laitiers qu'en ce que les premiers vendaient leurs marchandi.ses dans une boutique au lieu de les colporter par la ville. La 133* nouvelle des Ciintemjmraines de Rétif de la Bretonne l'an. 1782) débute ainsi : « Il y avait n'aguère au faubourg Saint-Germain une de ces marchandes de beurre frais, de laitage et de crème en boutique, que l'usage est de nommer crémières ^ ».

Crépiniers. Les crépiniers. dits aussi crespigniers. peuvent être regardés comme les ancêtres de nos passemenliers. Les statuts qu'ils soumirent, vers 1268, à Tliomologation du prévôt Et. Boileau '' lesqualifient d' « ouvriers de coiffes à dames, et toies à orilliers, et de paveillons que on met par desus les auteus, qiie on fait à l'aguille et à mestier ». ?■

Les coiffes à dames dont il est ici question n'oni aucun rapport avec l'espèce de calotte que confectionnaient les coifliers. C'était un bonnet de soie recouvert d'une résille alors appelée crépine. La mode des coiffes date du treizième siècle, el elle lui survécut, puisque Eléonore, femme de François I", portait lors de son entrée à Bordeaux (1530) « une coifFe ou crespine d'or

1 Le roinau bourgeois (publié ra 1066), édit. olzëv., p. 72.

* Savary. Dictionnaire, t. 1, p. 1600. — Ei>cyelopédit mé/iodiçue, rommcri'o, I. 1, p. 753.

S De l'italiin crealo, même sens.

l \'oy. K. F.. Histoire de In bihliotlièijue Masarinr. p. 354.

' La joUi erèmièr» t. X\I1, p. 450.

•^ Livre des métiers, litre XXXVII.

CREPIMERS — CRIEURS

frisé, dedans la (|ii('lli' fstdiciil ses cheveux, qui pciuioieiil par ilcrricre jusques aux lalons ' ».

Le mot taie, tai/e. ou loie désii^'riail, au moyen l'if^e, renveloppe (ruu lit (le plumes, d'un oreiller ou d'un coussin, lermosa lors il peu prèssynonvnies. La corporation des laiers, tuirres ou Inières en faisait aussi, mais de communes sans doute, et les statuts des crépiniei's nous montrent que tous les objets qui sortaient de leurs mains étaient fort riches, ornés de perles, de broderies, etc. On lit, par exempli', dans un compte de 1353 : « Pour un orillier de veluviiii - vermeil semé de perles d'Orient, losenj^^ié (raruinvi-rie de France et de Bourjroitjne, et va arbreciaux dor ... Pour un petit orillier de celle •' façon, il quatre petiz boutons de perles... * ».

Les pareillnns étaient les larjjes baldaquins jîarnis de rideaux qui pendaient au-dessus des lits et des autels.

A cette époque, le métier de crépitiier était libre : on n'avait rien à paver pour s'élablir.

En dehors de ses enfants, chaque niailre ne pouvait avoir qu'un seul apprenti, (jependaut s'il associait sa femme au métier, il avait le droit de prendre un second apprenti, qui était placé sous la direction de celle-ci. C'est lii une disposition très sa^^e, et que nous retrouverons dans les statuts des laceurs.

L'apprentissaf^e durait sept ans au moins. Le contrat était dressé en présence des jurés. Le maître devait leur prouver qu'il avait l'aisance et la capacité nécessaires pour assurer l'entretien et l'instruction de l'enfant : qu'il << est souffisani de avoir et de sens, par quoi il pnist cponverner et apraiulre leaprantis ». Un peu plus tard, le temps de l'apprenlissag'e fut réduit à trois ans. et le nombre des apprentis devint illimité.

Les crépiniers n'avaient pasledroitdelravailler à la lumière, « puis que l'eure de queuvrefeu est -sonnez à S. Merri » . Ils étaient donc alors groupés autour de cette église ; mais, dès 1292, on les trouve disséminés un peu partout.

Le titre de crépiniers passa de bonne heure aux passementiers,

Crépins (M.vrch.vnds de). Le mot crépin désij^ne tous les oui ils, toutes les marchandises qui servent au métier de cordonnier, excepté le cuir.

Vov. Chausse-pieds.

Crépisseurs. Ouvriers maçons qui enduisaient les murs de plâtre ou de mortier.

On les trouve encore nommés porgeteurs, pourgedeurs, etc.

Crépisseurs de crin. Ouvriers qui donnaient au crin une dernière préparation en le faisant bouillir dans l'eau.

Crépisseurs de cuir. Ouvriers qui, après avoir mouillé les cuirs une dernière fois, « les

' Voy Qiiiclicral, Hisloire du nslume. y. 189 c\ 360.

- Velours

•t Celte.

* Douët-dWicq, Comptes lie l'argenlerle. \>. Wih

tire à hi pommelle pour en faiic |)araili'e le grain du côté de la (leur ».

Crespigniers. \ n.v. Crépiniers.

Cresson ^MAR(:I1.VNDS de). An Ireizième siècle comme aujourd'hui, l'on criait dans les rues du « cresson de fontaine » el du « bon cresson orlen(u's ' », mol qu'il faut pent-èlre traduire par alénois. Les crienrs ambulants du seizième siècle étaient beaucoup moins claii-s :

Pom' gens desgoutoz, non malades, .l'ay de beau cresson de calier, l'our tm peu leur rueur escallier.

Il n'est rien meilleur pour salade *.

.l'ignore ce que pouvait être ce cresson de calier.

Cretonniers. Voy. Amidonniers.

Greuseurs. Vov. Mineurs.

Creuseurs. (]hez les sabotiers, ceux qui crensaieiil les sabots. Ceux-ci étaient ensuite façonnés par les tailleurs.

Cribleurs de g^rains. Avec quelque

soin que soient vannés les grains, il s'y trouve toujours mêlés quelques parcelles de paille , auxquelles s'ajoutent les ordures ramassées dans les greniers, les bateaux, les marchés, etc. Le criblage, indispensable avant l'emploi, fui longtemps fait aux halles el sur les ports « par des particuliers sans qualité ». Louis XIV. au temps de sa détresse financière, créa cinquante offices de « jurés cribleurs de blés, seigles et orges ». Un salaire de vingt sous par muid criblé leur était alloué.

Celle création, qui date de septembre 1704, rapporta au Trésor 250.000 li\Tes '.

Voy. Offices (Création d').

Cribliers. Faiseurs de cribles. Ils utilisaient surtout les peaux de porc, de cheval, d'àne et de mouton. Ils les préparaient eux-mêmes ou les achetaient toutes préparées aux parcheminiers*.

On les trouve aus-i nommés cliviers.

Voy. Boisseliers.

Grieurs. Voy. Aboyeurs.

Crieurs. An treizième siècle, nos journaux, nos prospectus, nos avis divers, nos circulaires nos lettres de faire-part, nos affiches, tout ce qui constitue aujourd'hui la publicité était représenté par les crieurs, fonctionnaires publics assermentés, qui criaient les actes officiels les marchandises, les objets perdus, les enterrements, les convocations, les réunions de confréries, etc. , etc.

Le criage dépendit d'abord du domaine royal. Les crieurs officiels, rémunérés par les particu-

1 Guill. de la \ ille Neuve. Les crieries de Paris.

* A. Truquet, Les cent et sept cris, etc.

■^ Delamarre, Traite de In police, t. II. p. 740.

' ^oy '''ouperoux ir.Xnfrerville, Art du criklier, dan.s J -E. Bertrand, Description des mis el métiers (llftO), t XIV, p. 570.

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