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CRIEURS — CRIEURS DE CORPS

liers, payaient en reloiir à l'Étal une redevance, qui devint pen à peu la source d'un important revenu. En vertu d'une coutume dont on rencontre de nombreux exemples, le roi finit par affermer à un seip^neur, nommé, Simon de Poissj, le produit du criaije de Paris, crieriee parisiensis. Simon faisait administrer la corporalion par deux déléj^ués, qtu prenaient le titre de Maîtres des crieurs, et dont l'un surveillait les crieurs de la rive droite et l'autre ceux de la rive gauche. ]']n 1189, Simon de Poissy n'était plus, et ses droits avaient pa.ssé à sa veuve *. Il est problable qu'elle ne laissa point d'héritier, car les criages de Paris revinrent au roi, et, par acte daté de l'année 1220, Philippe-Auguste les céda pour une rente annuelle de trois cent vingt li\Tes à la Hanse (h'-^ marchands de l'eau, origine de la municipalité parisienne.

l']n 1292, le maître des crieurs chargé d'assurer le service de la rive droite se nommait Yve le Breton, et demeurait rue Guillaume-Bourdon ^ ; celui qui régissait la rive gauche s'appelait Hervi, et habitait la rue de la Serpent'*.

La grande ordonnance de le\Tier 1415 eut surtout pour oiijet de régler les fonctions, les droits et les devoirs des ofticiers-jurés dépendani de la municipalité. Le chapitre IX, qui est consacré tout entier à la communauté des crieurs. réorganisa dans Paris le service de la publicité.

Il supprime toute distinction entre les crieurs. Les mendires de la corporation sont chargés d'annoncer les vins, les huiles, les oignons, les pois, les fèves, les réunions de confrérie, les décès, les objets perdus, les enfants, mules, chevaux disparus, « et toutes autres choses qui appartiendront à crier en ladite ville ».

Au fur et à mesure des extinctions, leur nombre devra être réduit à vingt-quatre.

Lorsqu'un office de crieur venait à vaquer, le prévôt des marchands et les échevins devaient choisir pour remplir ce poste de confiance « homme qui, par information deiiement faite, sera trouvé estre de bonne vie, renommée et honneste conversation, sans aucun blasme ou reproche, habile, suffisant et idoine pour iceluy office exercer ».

Le nouveau crieur prêtait aussitôt le serment « que bien lojaument il exercera ledit office en sa personne, et qu'il ne prendra nj demandera plus grand salaire que celuy qui est ordonné pour ledit office exercer ; qu'il gardera les ordonnances faites tant sur ledit office que .sur la Marchandise ; et que s'il sçait chose qui soit faite au préjudice des privilèges, franchises et libériez de la Ville ou contre les ordonnances d'icelle, il le fera sçavoir aus prévost et eschevins ou au procureur de la Marchandise, et obéyra à leurs commandemens ».

Le crieur versait une caution et était mis en possessi(]n de son office par un .sergent de la municipalité.

1 Voy. L. Dflisle. Calaloijue des actes de Philippe-Auguste, n» 232, p. 56.

* Dcvrnuc lue Bélliisy.

3 Auj. 1111- S.rpenk-. — Voy. la Taille de 1292, p. 18 et 153.

Il lui fallait alors payer trente-deux sols parisis destinés au service de la confrérie. Clwque crieur donnait, en outre, deux deniers par semaine, qui formaient un fonds de secours au profit des malades et des vieillards «pour mettre en la boiu-sede leurdile confrairie, pour estre employez et convertis à ayder ceux d'iceux crieurs qui cherront eu mendicité ou nécessité de maladie ou de vieillesse, pourquoy ils ne puissent leurdits offices exercer, ne gagner leur vie ».

On verra, à l'article crieurs de cwps, qu'au siècle suivant la communauté se borna à monopoliser le service des enterrements.

Les crieurs avaient pour patron saint Martin ', que l'ordonnance de 1415 nomme saint Martin le bouillaul. On célébrait, eu effet, à Paris deux fêtes de saint Martin : la Saint-Martin d'hiver le 11 novembre et la Saint-Martin d'été le ôjuiliel; cette dernière, tombant à l'époque des grandes chaleurs, était appelée fête de saint Martin le bouillant. D'après Le Masson, qui écrivait vers 1620, les crieurs tenaient alors la réunion solennelle de leur confrérie le 11 novembre ; ils avaient donc abandonné saint Martin le bouillant pour la Saint-Martin d'hiver -. *

Voy. les articles suivants.

Crieurs de corps. Au treizième siècle, les ren>eignemenls qui les concernent .sont rares. Vers le milieu du quatorzième, leur rôle se bornait encore à annoncer les décès et, parait-il, à faire tinter leur sonnette autour du défunt pendant qu'il était exposé. On lit, en effet, dans le compte des obsèques de Gelfroi de Varennes, mort chambellan du roi en 1352, ce passage : « Pour deniers payez à Jehan Vint-Soulz, crieur de corps, pour li et sept variez crieur.s de corps, pour leur salaire de sonner entour le corps dudit chevalier par deux jours, et d'icelui crier au Palais et aillieurs à Paris, 40 sols ' ». A la fin du siècle, ils commencent à fournir quelques objets relatifs aux enterrements ; ainsi, lors des obsèques du chanoine Jean de Guisery en 1379, ils « louèrent des cotes noires pour ceux qui portèrent les torches * ».

J'ai dit, à l'article crieurs, que l'ordonnance de février 1415 avait réformé la communauté et supprimé toute distinction entre les classes de crieurs. Ceux qui avaient à « crier un corps » allaient jiar les rues annoni^anl les décès, indiquant le jour e( l'heure des enterrements. Chaque crieur ne devait notifier qu'un seul décès par jour. « affin qu'un chacun d eux ait des besongnes ^ par égale portion, au mieux que faire se pourra*».

L'accès que cet office leur donnait dans les maisons mortuaires tirent que les familles s'adressèrent à eux pour différents apprêts qu'exigeait la cérémonie. C'est ainsi qu'ils

t Ordonnance de 1415, art. 5. — Slaluls de 1641, arl. 24.

* \'oy. le Calendrier des confréries, p. 16. 23 et 98.

3 Douet-d'.\rri|, Comptes de l'argenterie, p. 181.

A Voy. les Mémoires de la société de l'histoire de Paris, t. IV, p. 133.

' Du travail

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