‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 11 sur 422 · XX PREFACE · texte numérisé non relu

XX PREFACE

munautés d'arts et métiers a Paris, conservait libres certains genres de métiers et de commerce, réunissait les professions qui ont de l'analogie entre elles et établissait a l'avenir des règles dans le régime des dits corps et communautés « '. C'était une notable simplification en comparaison des cent et quelques corporations du temps de Louis XV ; les corporations voisines, entre lesquelles il y avait eu précisément le plus de procès, étaient réunies ; les droits de maîtrise étaient réduits, etc. Mais c'était un recul profondément regrettable relativement à l'édit de mai et le reniement du principe de la liberté du travail.

Le compromis de Necker entre la liberté et la réglementation eut un très médiocre succès et la réorganisation des communautés ne se fit pas sans difficultés de la part des anciens maîtres et même de la part des nouveaux qu'on voulut y agréger. Pendant la guerre d'Amérique, le Trésor puisa une fois de plus dans la caisse des communautés d'arts et métiers qui s'endettèrent. En somme, l'esprit et les procédés des Corporations changèrent peu à Paris.

Mais l'esprit public était préparé et la reconnaissance de la pleine liberté de l'industrie et du commerce par la loi du 2-17 mars 1791 ne souleva pour ainsi dire alors aucune réclamation. Les espérances de rétablissement du régime corporatif que quelques fidèles des anciennes traditions conçurent sous le Consulat et sous la Restauration avortèrent. La liberté du travail, malgré les critiques qu'on peut lui adresser et malgré la condamnation svstématique que le socialisme a prononcée contre elle, est restée, et reste encore en 1905, le fond de l'organisation économique de la France ; elle a été au XIX'' siècle une des conditions fondamentales du grand développement de l'industrie et de la richesse.

Les métiers de Paris sont le sujet principal du Dictionnaire ; plus de la moitié des articles leur est consacrée. C'est pourquoi nous avons pensé qu'il n'était pas inutile de donner dans cette préface un aperçu d'ensemble de leur destinée à travers les siècles. Nous

< V" Edits de 1775.

Page 1