CRIEUSES DE VIEUX CHAPEAUX — CROQUE-MORTS
Ces crieuses se partageaient en trois catégories :
1° Les crieuses en gros, possédant une petite bdulique et achetant chaque soir h\ récolte faite par les crieuses ordinaires.
2° Les crieuses ordinaires, qui parcouraient les rues en criant chapeaux ! chapeaux ! Elles revendaient leur butin de la journée, soit aux crieuses en gros, soit aux fripiers.
3" Les novices. C'étaient en réalité des apprenties. Moyennant douze on ([uinzeécusune fois payés, la novice acconipai^nait une crieuse ; celle-ci lui apprenait les secrets du métier, et toute crieuse suivie d'une novice prenait le titre de meneuse. Cet apprentissage n'avait d'ailleurs rien d'obligatoire.
Au commencement du dix-huitième siècle, les crieuses de chapeaux étaient au nombre de LOOOà L200 '.
Crin (Enjoliveurs de). Titre que prenaient les maîtres de la communauté des cordiers.
Grincailliers. Voy. Quincailliers.
Griniers. Titre que prenaient la corporation des buisseliers et celle des cordiers. Mais les premiers avaient seulement le droit de préparer le crin destiné à leurs sas et tamis.
On trouve aussi craigniers.
Voy. Cordiers.
Cristalliers. Voy. Lapidaires.
Grocheteurs. (îagne-deniers qui portaient, sur des crochets, toute espèce de fardeaux. La Taille de 1292 en cite 42, sous le nom de norteeurs. Une ordonnance du 3 août 1527 leur défendit de se constituer en confrérie, mais ils ne s'en placèrent pas moins sous le patronage de saint Christophe. .Jusqu'au début du règne de Louis XIV, jusqu'à la création des offices d'emballeurs, les crocheteurs faisaient tous les emballages des négociants.
Au seizième siècle, on désignait sous le nom d'anges de la Grève les crocheteurs attachés au port" de la Grève, c'était une allusion à leurs crochets, qui simulaient des ailes sur leur dos. Dans son Eugène, joué en 1552, Jodelle fait parler ainsi deux personnages :
1<'lOR1MON1).
Laquais, trouve des crocheteurs.
l'iERHi;.
J'y vais, monsieur ; et quant a eux, Ils voleront l)ien tost icy.
N'ont-ils pas des aislcs aussj- 2.
Sébastien Mercier écrivait vers 1782 « Les crocheteurs emménagent ou déménagent nos meubles, portent les fardeaux du commerce. . . Vous les appelez, ils sont à vous avec leurs crochets ; appuyés sur des bornes, ils attendent
1 Savurv, Dictionnaire^ t. 1, p- 1614. * Acte lu, scène 3. Dans V Ancien théâtre f ramai. l. IV, p. 55.
qu'on leur donne de l'emploi ' ». Leurs femmes portaient, comme eux, de très lourdes charges, et comme eux aussi, étaient souvent en état (l'i\Tesse *.
Les crocheteurs ont été nommés breteleurs à cause des deux bretelles qui soutenaient leurs crochets ■* ; faisniers, faisnieurs, fuissels, faissiaux, faissiers, etc. du mot faisse qui signifiait bande, lien, etc., jmrle-faix, porle-sac, etc.
Voy. G-agne-deniers.
Groisés. Voy. Quéreurs de pardons.
Groix. Voy. Sainte-Croix.
Croix (Semaine de i.a). Voy. Peneuse (Semaine).
Groix aourée (Vendredi de). Dans les statuts des métiers et dans les ordonnances du moyen âge, ces mots désignent toujours le vendredi saint. « Le vendredi de croiz aourée * ne crient pas crieurs ^ ».
Groque- morts. Employés des pompes funèbres, chargés iTensevelir les corps et de les déposer dans la fosse. Ils paraissent avoir porté d'abord le nom de faisneurs ou faisniers, car on lit dans une lettre de rémission citée parDucange et datée de 1415 : << Pour garder icelui corps mort ont été commis certains faisniers et gardiens * ». Ducange oublie de rappeler que les mots faisneurs, faisniers, etc. ont aussi désigné tout simplement des crocheteurs, des portefaix.
Au début du di.x-septième siècle, les porteurs de morts sont devenus des corbeaux, « 11 fallut, pour l'enterrer, envoj'er quérir des corbeaux de Paris », écrit Lesloile en septembre 1606. Mais, quelques années après. Sauvai raconte que, durant une épidémie, on proposa d'aller ensevelir les morts dans l'île Maquerelle ', et il ajoute : « On craignit que les croque-morls ne les jetassent dans la rivière, pour avoir plustôt fait « >..
La tempérance n'était pas la vertu du croquemorts. Prudhomme en 1807 le dépeint ainsi : « Cet homme est toujours en habit noir. Il a une hgure bourgeonnée et enluminée ; l'on pourrait dire que c'est une futaille organisée, et chaque bouton de son visage est un cep de vigne ' ».
Le corbillard a-t-il tiré son nom des corbeaux qui l'escortaient? J'en doute. Ce mot désigna d'abord un bateau faisant le sers'ice entre Paris et Corbeil, et que le Dictionnaire de Trévoux '" définit en ces termes : « Coche d'eau qui mène
1 Tableau de Paris, t. IV, p. 29.
2 Tableau de Paris, t. II, p. 19.
•' \oy. ci-dessus l'art. Bretelles (Fabricants de).
i Ailorée.
^ Litre des métiers, litre V, art. 12.
C Voy. Glossaire, au mot Faisnator.
' Devenue île des Cygnes el réunie à la rive gauche (le la Seine vers nsto."
>* Iteckerckcs sur Paris. I. I, p. 100.
'•• Miroir de Paris. I. 111, p. 18B.
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