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DENTELLIÈRES — DENTIFRICES

Le mol passement s'appliquait alors ù louto espèce (lodenlelles, el Ton iioininail^OjW toute tlenlelle faite il riii^fiiillt- '.

La Dec/arutioii du 27 mai Kifil rapporta le inalencoiili-eux êdil de raiiiiée précédente. « Nous avons été louché de compassion, v est-il dit, d'apprendre qu'un j^rand noudire d'artisans qui tiroient la suiiststauce de leur famille de la manufacture des passemens el dentelles étaient réduits, faute d'ouvrage, en de grandes nécessites. A ces causes, nous disons, déclarons, voulons... que nos sujets puissent porter toutes sortes de passemens el dentelles, pourvu qu'ils soient faits el manufacturés dans notre roj'aume ». Ce n'est pas tout. .\ l'instigation de Colberl, le comte de Marsan amena de Bruxelles à Paris sa nourrice nommée DumonI avec ses quatre filles, el il obtint pour elles le droit exclusif d'v établir des ateliers de dentelles. Colbert leur accorda trente mille livres, avec lesquelles elles s'inslallèrent au faubourg Saint-Antoine ; un des Cent-Suisses du roi gardait la porte de cette maison, où l'on vit bientôt réunies plus de deux cents ouvrières, presque toutes appelées du Hainaut et de Venise. Cette manufacture fut ensuite transportée rue Saint-Sauveur, puis dans la rue Sainl-Denis à l'ancien hôtel Saint- Chamond.

Sous Louis XIII et sous Louis XIV les hommes se covivraient de dentelles tout comme les femmes, el la fabrication prit dans toute la France, à la fin du dix-septième siècle, un développemenl inouï. Aux sortes que j'ai citées déjà, l'on peut ajouter :

Le point de France, dû à la tenace volonté de Colbert. Lorsque ftirenl créées les manufactures d'.\rras, d'Aurillac, de Sedan, d'Auxerre, du Mans, de Sens, de Boiirges, etc., tous leurs produits devaient porter le nom de point de France, qu'ils fussent faits au fuseau ou à l'aiguille : mais à dater de 167Ô, le point de France est presque exclusivement représenté par le point d'Alençon *.

he point à la reine, beaucoup plus léger que le point de France, fut surtout faliriqué dans les Pays-Bas par les ouvrières Alenronnaises que l'édil de Nantes avaient chassées de leur patrie.

Le poiyil cotcpe', sorte de guipure faite à l'aiguille, et dont les dessins se composaient de figures géométriques reliées entre elles par des brides. ■.< Si la perfection peut exister sur la terre en quelque chose, ce miracle a été réalisé par les inventeurs du point coupé de Venise ^ ».

La nonpareille, étroite et commune.

La bisetle, demi blanche.

La mignonnette, blonde de fil, claire, fine et très lésrère.

' G. Dt'spii'n-ts. HUtuire du ii'iliil d'Àleii(Oii, p. 3.

* Sur k'S iffurls r(ur fit ('.olbert pour ilévfloppor la fabrication du point (lo France, voy. G. Despiorrus, 1866, in-S", passim, el Levasseur, Hisloire des classes ouvrières, édit. de 1900, t. II, p. 246 el suiv.

■' J. Séguin, La dentelle, hisloire. description, etc., p 111.

La campane, lissu blaiic. desluii' le |)lus souvent à élargir ou l'i orner d'aiilres dentelles.

Le point de Paris.

Le point de Lille.

Etc., etc., etc.

Les dentelles étaient vendues par les merciers et par les lingères. Au dix-septième siècle, les lingères le plus en vogue pour ce genre de commerce logeaient aux environs des halles, dans la rue Sainl-Denis, ilans la galerie du Palais ' et dans la rue Daupliine -. .\ii début du dix-huitième siècle, on recommandait surtout les magasins de la rue Troussevache, de la rue du Coq, de la rue des Lavandières, etc. ^. Enfin. à la fin du siècle, les maisons à la mode étaient celles de M""''' Bernard, rue Saint - Honoré ; M"'' Dufresne, rue Plàtrière ; M""^ Murgalet, rue Neuve-Saint-Roch, etc. *.

Le plan de Brelez (173!)i nomme, par erreur sans doute, rue dr la Dentelle, la petite rue de la Lanterne des Arris, auj. rue Pernelle.

Vov. Bisettiers. — Blondiers. — Remplisseuses de points, elc.

Dentifrices iCommerce des). La Cicililé d'Érasme, publiée en 1530, nous apprend qu'à cette date, certaines personnes, les Espagnols entre autres, avaient l'étrange coutume de nettoyer leurs dents avec de l'urine: « Il faut, dit Érasme, soigneusement prendre garde d'avoir les dents nettes ; car de les blanchir avec des poudres, il n'appartient qu'aux filles ; les frotter de sel ou d'alun est fort dommageable aux gencives ; et se servir de son urine au mesme effet, c'est aux Espagnols à ce faire = ».

Laurent .Toubert, médecin de Henri III, préconisait le vin trempé d'eau ^. Montaigne qui eut toujours d'excellentes dents, les frottait avec une serviette '.

Le dentiste Bunon, fort en vogue au début du dix-huitième siècle, fut l'inventeur de nombreux dentifrices. Il mourut en 1748, et sa veuve en continua le commerce, qu'elle transmit à son fils. Celui-ci, non moins dentiste que ses parents, s'empressa d'informer l'humanité souS'rante , qu'il tenait à sa disposition :

1" « Un élixir antiscorbutique, qui rafl'ermitles dents , dissipe le gonflement et l'intlammalion des gencives, les fortifie sensiblement, prévient toutes les affections scorbutiques et calme la douleur des dents. Les plus petites bouteilles sont de 30 sous.

2" Une eau souveraine, qui produit une partie des mêmes effets, qui de plus guérit promptement les chancres et les boutons formés dans

• Dans La lingére du Palais, pièce jouée à la Comédie italienne en 1634, .\rlecinin invectivant une lingère l'appelle <i vendeuse de points d'Angleterre faits à l'aris ». Voy. fiherardi. Thcàlre italien, édil. de 1717,1. I, p. 53.

i Licrf cvmmadt' pour IHO^, I. II, p. 15.

3 Liger, Le towineur fidèle (1715), p. 361

i Almanach Dauphin pour 1777.

3 Traduction Claude Hardy, 1613.

I» La santé du prince. 1579. p 624

7 Essais, livre III, chap. XIII.

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