‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 118 sur 422 · DENTISTES — DÉS A COUDRE · texte numérisé non relu

DENTISTES — DÉS A COUDRE

experts établis dans la ville l'I faiihouro- de Paris. ou enfin sons plusieurs maîtres ou experts des autres villes pendant trois années : ce qu'ils seront tenus de justifier par des certificats en hi mne forme.

Article cxxviii. Seront reçus lesdits experts en subissant deux examens en deux jours difïérens dans la même semaine... Ils seront interrotrés le premier jour sur la théorie, et le second sur la pratique, par le lieutenant de notre premier chirurgien, les quatre prévôts et le receveur en charge, en présence du doyen de la Faculté de médecine, du doyen du collège de chirurgie...

Article cxxix. Défenses sont faites auxdits experts, à peine de trois cents livres d'amende, d'exercer aucune partie de la chirurgie que celle pour laquelle ils auront été reçus. e( de preiulre sur leurs . enseignes ou placards, affiches ou billets, la qualité de chirurgiens, sous peine de cent livres d'amende. Ils auront seulement la faculté de prendre celle d'experts herniaires ou dentistes ».

lu" Almanach Dauphin, recueil d'adresses et aussi de réclames, publiait dans son édition de 1789 les renseignements suivants, qui me serviront de conclusion :

GHIRURGIENS-DENTISTE.S ET EXPERTS POUR LES MAL.\DIES DES DENTS ET DES GENCIVES.

BoTOT, place Maubert. Un des plus renommés pour tout ce qui concerne les maladies des dents et gencives, a établi en celle capitale un cours public et pratique sur l'art de conserver et d'extraire les dents. Cet habile et célèbre artiste, qui donne chaque jour de nouveaux témoignages de son zèle et des connoissances qu'il a acquises dans cette partie, n'a pour but que d'instruire les jeunes élèves qui se destinent à aller en province, et les mettre à portée de connoîlre et faire usage des instrumens qui facilitent le plus l'artiste dans ses opérations et causent moins de douleurs au malade.

Courtois, ne et près la Come'die-Franeoise, à VhAlel de la Fautrière, est auteur d'un nouvel instrument pour l'extirpation des dents doubles, avec lequel il remédie aux inconvéniens que la pratique présente journellement dans la manière de les ôler.

Le Roy, rue de Grenelle Saint- Honoré^ chirurgien-dentiste de feu S. A. S. madame la duchesse d'Orléans, est un des plus renommés pour guérir toutes les maladies de la bouche, el pour tirer les dents, les ranger, plomber, réparer, nettoyer et en remettre d'artificielles. Il seniit à souhaiter que cet habile artiste voulût bien donner au public le manuscrit précieux qu'il a fait sur l'art du dentiste. "

Voy. Dentifrices (Commerce des) et Dents (Fabrication des).

Dents (F.\bri(:ation des). Une phrase que je trouve dans les lettres de Gui Patin tend à prouver qu'au dix-septième siècle, cette industrie appartenait a>ix tabletiers. « Il avoit un sien neveu, labletier et remetteur de dents d'ivoire ».

écrit Patin le 5 octobre 1657 '. Deux arrêts des 20 juin 1736 el .SO janvier 1738. confirnujs le 12juillet 1745. reconnaissent aux tabletiers le droit de « découper, tailler, sculpter, cizeler et travailler l'yvoire de toutes formes et modes ». L'article 17 des statuts qui leur furent accordés en 1741, les autorise à « travailler, dépecer et façonner la baleine, l'écaillé, l'yvoire, les os, la corne, les argots [ergots de bœufs |, les bois (l'ébeine, violette, garnadille [grenadille |, pali.ssandre, buis, nacre, ambre et autres bois exquis qui se tirent des Indes ■>.

DéparteuTS. Voy. Afflneurs.

Dépeceurs de carrosses. Voy. Crieurs de vieux fers.

Dépensiers. Intendant, maître d'hôtel, économe dans une grande maison. Le Me'naaier de Paris (1393i recommande à « Jehan le despensier » d'inscrire sur « son papier de la despense - » quand il engagera une nouvelle servante, le nom de celle-ci, « celui de son père et de sa mère et d'aucuns de ses parens, le lieu de leur demourance, et le lieu de sa nativité ^ ».

Dans les couvents, le despencier ou despansier était le religieux qui avait soin de la cave et écrivait les dépenses.

Dépositaires Gardes.

des archives . \ov

Deposuit (Cérémonie du).

fréries.

Con-

Dérouilleurs. Nom donné parfois aux fourbisseurs. Voy. Ducange, Glossarium, au mol

erubiginare.

Dés à coudre iFabrica.\ts de). Ale.xandre Neckam, poète et lexicographe du douzième siècle, consacre au dé à coudre ces deux lignes d'un latin barbare : « Tecam habeat nimphida corigialem , acus insidiis obviantem , quod vulgariler policium vel digitale appellatur * >.. Fait assez rare, les mots dont l'explication offre ici quelque difficulté ne figurent pas dans l'admirable glossaire de Ducange. Le sens général de la phrase est d'ailleurs bien clair. Pour se préserver des atteintes de l'aiguille, la servante doit avoir un dé de cuir, qui est ordinairement appelé polilium ou digitale. L'expression corigialem semble bien prouver que les dés à coudre se faisaient alors eu cuir, mais il n'en était plus de même au siècle suivant. Pour traduire le mot digitale, les équivalents ne manquent pas. car je trouve les dés ti coudre nommés dets, deaul •'", dedal, deel à mettre nu dng pour qneudre *. del à queuldre ', tevj',

I Edil. Hovcillé-Pm-is.', t. II, p. 344.

* Son tivre tic tli'prnst'.

3 TiMiic II, p. 58.

* Kitit. Sclioler, p. 91.

^ nucanj^c, v^ tligitiittulum.

' Ducanjje, v" Hlgilarium.

UÊS A COUD me — DKS A .lOlKH

dfeuj- ', dffux -, (len, tlcr à (hmex pour roudre ■', mais pnlirium inViuharrasse. Kanl-il li- traduire par le mot pnucit^r qui, suivant Liltré, siijiiitie « (loifj^tier de corne ou de mi'tal qui sert à couvrir le pouce ? >^ Peul-t^lre. et il nous faudrait eu conclure qu'à la fin du douzii-me siècle le dé se mettait, non au second doij»t comme aujourdMuii, mais au pouce.

Au treizième siècle, les laliricanls de dés à coudre se nommaient deelifrs * et driliers '. Le Livre des me'tiers écrit deyciers '*, forme évideuunent fautive ", et qui désiijnait les fabricants de dés à jouer.

Deux communautés s'occupaient alors de la confection des dés à coudre : les fermtiifliers faisaient les dés en laiton, les ùoiitoiDiiers-deiliers ceux d'archal, de cuivre et de laiton.

Je ne trouve pas les dés mentionnés dans les statuts accordés aux boulonniers en Ifiôli. Ils devinrent alors la spécialité des aijruilliers, qui avaient pour armoiries im semis d'aiy:uilles et de dés à coudre. Au reste, vers cette époque, la plus i»rande partie des dés employés en France se fabriquait à Blois, ainsi que les déaiur ou dés sans bout, à l'usage des tailleurs, des bourreliers, etc. « *

Désarticvilés. Voy. Disloqués.

DesbacleuTs. ^ oy. Débacleurs.

Descharcheeurs et Deschargeeurs.

Vov. Déchargeurs.

Désossés. \ ov. Disloqués.

Despansiers. Despenciers. Despensiers. \uy. Dépensiers.

Dés à jouer (F.\bricaxts de). Ils ont leurs statuts dans le Litre des métiers ', qui les nomme deyciers. deiciers. feseeurs de dez à tables '" et à escAie's •', d'os et d'yroire, de cor '* et de toute autre manière d'estojfe " et de métal. Le métier était libre. Kn dehors de ses enfants légitimes. chaque maître ne pouvait avoir à la fois plus d'un apprenti ; il lui était cependant permis d'en prendre un second au cours de la dernière année de ser\'ice du premier. La durée de l'apprenlissiiire était de neuf ans pour l'enfant sans argent, de huit ans pour celui qui apportait vingt sous. L'apprenti qui abandonnait son maître ne pouvait être recueilli par un autre. S'il entrait chez un deicier habitant hors de Paris et venant vendre ses produits dans la ville,

' Litre des mf fiers, litre XLII.

- « J'ai les defus à costuriéres. » Vil d un mercier (XIV« siècle.)

i Litre des iiie'lierSyiUrr LXXll.

» Taille de 1292.

i Taille dt 1313.

* Litre des métiers, titre LXXII.

^ Deel, deeliers sont issus du latin digitale.

' Savarj', Dictionnaire, t. I, {>■ 1652.

9 Titn- LXXI.

'" \'oy. ci-dessous.

>" Echecs.

" De corne.

13 De matière première.

il était interdit (h> rien acheter à celui-ci •< devant que il ait jetez d'entour lui l'apreiitiz au deycier (le Paris >.. .■Vucnn luarchand parisien ne devait rien achètera un l'oraiii avant que la marchandise eiM été examinée par les jurés du métier; c'était lit, au reste, une règle commune n presque toutes les corporations. Le travail de nuit etail défendu. Deux jurés administraient la communauté.

La T'ii/l' de /?.'?? cite sept maîtres deiriers ou deciers^ celle de 1300 en mentionne ([uatre seulement. C'est encore beaucoup, et une si importante consommation suppose une passion eIVrénée piuir le jeu. Il est vrai que, aux termes de leurs statuts, les deiciers fabriquaient non seulement des dés, luais des tables et des échecs, des tabliers, des échiquiers, des inareliers. etc., etc. Kt puis, il ne faut pas l'oublier, les cartes n'étaient point encore inventées, et les joueurs n'avaient « leur disposition que les nombreuses variétés des jeux d'échecs, de dames et de dés.

On nommait alors ta/des les petits palets de bois, d'os ou d'ivoire que nous appelons aujourd'hui des dames. De là le nom di^jeu.r de tuiles ou des tables donné à tous les jeux oi'i l'on employait les dames, et de table m\ tablier à la surface plane sur laquelle on les jouait. Celte dernière expression finit par s'appliquer à tous les tableaux disposés pour jouer à un jeu quelconque, Yérhiquier cependant tendit toujours à conserver son nom et à rester distinct du tablier.

On trouve très fréquemment cités, dans les anciens inventaires, des échiquiers et des jeux d'échecs en chêne, en ivoire, en marbre, en cristal, en jaspe, mêmeen^rtto<r^d'or et d'argent, ce qui signifie que les cases étaient faites de petites plaques de ces métau.\ réduits en feuille. Le célèbre jeu d'échecs qui passe pour avoir été offert à Charlemagne par Haroun-ar-Raschid. et qui fut successivement conser\'é au trésor de Saint-Denis et à la Bibliothèque royale, est en ivoire. Il date, d'ailleurs, du onzième siècle seulement, le costume des personnages constituant chaque pièce ne laisse aucun doute à cet égard. On n'a rien conservé des « jeux de tables et de eschiez » qui. suivant Joinville ', furent envoyés par le vieux de la montagne à saint Louis ; «idean mal placé, au reste, carie bon roi avait horreur du jeu et des joueurs.

Son exemple ne fut guère suivi, et pendant bien longtemps l'art de jouer à tous les jeux en vogue compléta l'éducation d'un gentilhomme :

Puis aprist il as tables et as esehas jouer,

écrit de son héros W\\[e\\TAePariseladti.chesse*. Dans une foule d'autres romans du moyen âge ', on voit vanter l'adresse d'un seigneur aux échecs et aux dés comme à la chasse. El cette tradition passa sans s'altérer de siècle en siècle. .\ la fin du dix-septième siècle, Hamilton voulant peindre un gentilhomme accompli, lui fait dire : « Tu sais que je suis le plus adroit homme de France ;

I Edit. de Wailly, p. 163.

- Cité par Ducange, Olossnrium, V .Scacci. 3 \'oy. entre autres Gérard de Roussillon et Huon de Bordeaux.

DKS A JOUKH — DESSINATEURS EFFIGIAIRES

j'eus bienlôl appris li)u( co qu'on y iiiiuitrc ; el, chemiii faisaiil, j'appris encore ce qui perfeclionnp la jeunesse et rend honnête homme, car j'appris encore toutes sortes de jeux aux caries et aux dés ' ». On sait que l'expression honnête homme désignait alors un homme poli, bien élevé, de bonnes manières. Quatre cents ans auparavant, Jacques de Gessoles, songeant à composer un traité de morale universelle, ne trouva rien de Tuieux que de le baser sur le jeu des échecs. La marche des rois, des pions, des tours lui lournit des préceptes de conduite q\i'il appliqua à tous les étals et à toutes les conditions de la vie. Ce liber de scacc^îseul une vogue immense, et fut presque aussitôt traduit en plusieurs langues.

En dépit de Jacques de Gessoles et de sa morale, on ne se faisait guère scrupule de tricher au jeu, et c'est encore là une tradition qui se conserva longtemps. Jusqu'au dix-huitiome siècle, tous les i/moiVe« laissés soit par de grands seigneiu-s soit par des bourgeois en font foi. On trichait même à la cour, même au jeu de Louis XIV ^, et l'on peut juger par là de ce qui se passait au treizième siècle. Les merciers vendaient alors des dés qui avaient la propriété de tomber, les uns sur les nombres les plus bas, les autres sur les plus élevés, d'autres toujours sur l'as ^.

Les statuts des deiciers interdisent sévèrement la fabrication îles dés pipés, et nous révèlent ainsi les fraudes les plus fréquentes dont ils étaient l'objet.

On appelait dés y;fo»wrr * ceux dont une des faces éUiil rendue plus pesante que les cinq autres par l'addition de plomb ou de vif argent. Les dés mesjmim présentaient sur chacune de leurs faces le même nombre de points : « ce est à savoir qui sont touz d'as, ou touz de Il points, ou touz de m, ou de rai, ou de v, ou touz de VI ».

Les dés ^)e« ou tiompers ^ étaient ceux où le même nombre de points était reproduit deux fois : « dez à deus ii, ou à deus as, ou à deux v, ou à deus m, ou à deus ira, ou à deus vi ».

Les dés longnez avaient une de leurs faces frottée sur une pierre d'aimant.

Tous les dés de ce genre devaient être confisqués et brûlés par les jurés, et le fabricant coupable payait une amende de cinq sous.

Les faiseurs de dés figurent, sous le nom de deciers, dans l'ordonnance dite des Bannières (1467). Ils se réunirent ensuite à la corporation des patenôtriers d'os et de corne. Une pièce de 1586 les nomme deessiers.

1 Mémoires rie tlramonl, cliap. III

* Voy. Saint-Simon, Mémoire!,. I. III, p. 1{18. — Daiiprau, Journal. (. II, p. 6f). — M""" (li- Sévif^nr, Lettre du 18 mai's 1071. — Mereure gnlniit, n" dr décembre 1682. — Rien n'était cliaiigi' sous Louis XVI. Voy. les Mémoires dits de llnckaumont. 311 octobre et 24 novembre 1778, etc., etc.

■^ ^'oy- le Dit d'un mercier.

l Plombés.

S Pairs ou impairs.

Dessin (Maîtres de). Louis XIV eut pour maître de dessin un sieur Henry Davire i, qui n'eut jamais à se louer beaucoup de son élève. Louis XV, au contraire, montra quelques dispositions *.

L'allemand Nemcitz, qui vint visiter Paris vers 1715, engageait ceux de ses compatriotes désireux d'y séjourner, à s'y perfectionner dans l'art du dessin. «. (Certains profes.seurs, écrit-il, enseignent seulement le dessin appliqué aux forlificalions. la manière de lever im plan et de le laver, par exemple. Mais ceux qui voudroienl aller plus loin, apprendre même la peinture, trouvent les plus excellens maîtres à l'Académie des peintres, au Louvre. Quelques-uns d'entre eux excellent dans la miniature, d'autres dans le portrait, le paysage, les fleurs, la peinture sur émail, etc '' ». Il n'en est pas moins certain que le dessin, considéré comme art d'agrément, éljiit encore peu répandu à la lin du dix-huitième siècle *.

Un ouvrage publié en 1826 s'exprimait ainsi : « Il n'y a pas quarante ans que le de.ssin n'était qu'une partie fort accessoire de l'éducation des personnes des deux sexes, et qu'un jeune homme ou une jeune fille qui apprenaient à dessiner, ne se livraient à cette occu[)atioM que par manière de délassement; encore appartenaient-ils à des familles opulentes: point de dessin dans les couvens et fort peu dans les inaisons particulières. .Vussi les dessinateurs étaient-ils presque tous réduits à travailler dans leur cabinet pour le compte des riches amateurs, des marchands d'esûimpes et des libraires. Depuis vingt-cinq ans, la nécessité de connaître l'art du dessin s'est fait généralement sentir, et la plupart des pères de famille qui jouissent d'une certaine aisance croiraient n'avoir donné à leurs enfans qu'une éducation incomplète, s'ils ne leur avaient fait apprendre à dessiner le paysage ou quelques lèles. r)e là est venu cette multitude de maîtres de dessin, et cette aptitude d'un si grand nombre de jeunes gens et de jeunes personnes à prononcer sur le dessin d'une gravure, d'im morceau de sculpture ou d'un taljleau.

Un maître de dessin est un homme dont les pensionnats de jeunes demoiselles ne peuvent pbis se passer, puisque son art est devenu une partie essentielle de l'éducation d'une jeime personne, à laquelle on ne pardonne point si elle ne sait au uioins représenter avec le crayon un arbre ou une fleur, et luême si, en sortant du pensionnat, elle ne peut présenter à .ses parens un ou deux chefs-d'œuvre de sa façon ^ ».

Dessinateurs effigriaires. Titre que

portaient les artistes chargés de représenter les traits des condamnés exécutés par effigie ; le tableau prenailla place qu'eiJtoccupéelecoupable.

' Estai général de la maison du Hoy pour 1657, p. 116.

* Voy. le Magasin pittoresque, I. XVII (1849), p. 148.'

■I Séjour de Paris, édition de 1807, p. 22.

* ^'uy. .lêze, Etat ou tableau de la ville de Paris pour 1760, p, 189.

" Vie puHique et pritée des Français, I II, p. 260.

DESSINATEURS EFFKilAIHlvS — DEUIL

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