‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 119 sur 422 · VT · texte numérisé non relu

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Un avis sans date ' i|ue j'ai tronve dans un recueil de la bililiolhèque Mazarine - nienlionne « le sieur Lepantre. dessii^iialeur elli^^iaire », allaché au service du sieur Bausire, niailre des liantes œuvres.

Dessinateurs de jardins. Oux qui

« creeiil et tracent un jardin (lan^ un endroit où il u"v en avoil pas •' ^^. Dans \w brevet du "J.") juin lti4:}, Claude Mollet es! qualitié de h dessinateur des plans, parcs el jardins des luaisons rovales * ». Mais je vois, d'autre part ■', qu'en décembre de la inêine année ce titre appartenait au célèbre .\ndré Lenôtre.

.\u dix-septième siècle, les dessinateurs de jardin>, ditsaussi traceurs^ avaient voulu dompter, discipliner la nature. Un jardin, comme une maison, se divisait en jjaleries. en salles, en rotondes, en cabinets, les uns carrés, les autres ronds, d'autres octofjoiies ; les avenues étaient bordées de charmilles unies comme des murailles; les arbres torturés éliiient contraints de représenter des pyramides, des pilastres, des colonnes, des arcades, etc. Le parc (le Wrsailles donne une idée exacte de la doctrine alors en faveur. Une réactù>n se produisit vers la fin du dix-huitième siècle. L'Ang-leterre donna l'exemple, qui fut vile suivi par l'Europe entière. Le jardin cessa d'être une création tout artificielle de l'imaj^inalion, de\'int une copie de la vraie campagne, une imitation el non plus une parodie de la nature.

Voy. Jardiniers.

Détacheurs. \ oy. Dégraisseurs.

Détailleurs. « Ce nom se donne en général à tous ceux qui vendent en boutique des marchandises au détail, et les distribuent à plus petites mesures ou à plus petits poids qu'ils ne les ont achetées. C est chez eux qu'on trouve, en aussi petite quantité qu'on veut, tout ce qui est d'usage et de commodité, et dont on a besoin dans les ménages ^ ».

Deuil (Spéculité de). Le soin jaloux avec lequel chaque corporation était confinée dans sa spécialité '' interdisait absolument l'existence d'une spécialité forcée d'emprunter le concours de plusieurs métiers. Seuls, les merciers, qui ne produisaient rien et vendaient de tout, eussent pu entreprendre la fourniture complète d'un deuil, mais je ne crois pas qu'aucun d'eux ait eu cette pensée avant la fin du dix-huitième siècle.

En 1777 seulement, je Inmve un mercier qui peut-être tenfj» d'entrer dans cette voie : le sieur Dallemagne, demeurant rue de Poitiers, déclare en effet tenir < tout ce qui concerne particulièrement les ecclésiastiques et le deuil ». A la même date, le mercier Briceau, rue Saint-Honoré,

' Kin (lu seizième siècli'.

- Coté .\ 15.407. 9« pièce.

^ Jaul)iTt, Dictionnaire dfs nris el mrliers. t. II, p. 408.

* Arekires de l'nrt français, t. III (I8.Ï.Î). p- 272.

'• Dans A. .lal. Dictionnaire eritiijne. p. 771.

" .Vbbé Jaubert, Dictionnaire. I II, p. 29.

' Voy. ci-dpssous l'art. Travail (Réglementation du).

vis-à-vis de l'Oral lire, se dit « particnlièremenl renomme pour les galons et broderies d'acier pour deuil'.» Mais on ne saurait voir ici une tentative de spécialisation, pas pins (pie chez les co\iteliers, par exemple. (|ui depuis longtemps fal)ri(|uaient des couteaux nuniis de manches noirs el destines aux jours de morliticalions -.

Celte reclierchc date du quatorzième siècle, et il ne semble pas ([ue l'usage de solenniser un deuil par quelque marque apparente soit anlérieure à cette époque. Dès UIOU, le noir est la couleur que la tristesse a choisi pour emblème, car Maliant d'Artois, en deuil de son mari, tend de noir son lit et sa i-handire '. En 1388. quand le comte de Foix apprit la mort de son tils (iaston, il appela son barbier, « se fit rere tout jus '. puis se vestil de noir et Ions ceux de son hoslel ■' ».

Le deuil de mari parait avoir été de tous le plus rigoureusement observé, .\insi, les statuts accordés aux tailleurs en septembre 1461 leur défend de travailler le samedi ou la veille des grandes fêles, sauf « pour gens qui voidsissenl aler en voyaige ou pour porter estât de viduilé f' ». Car le deuil se reconnaissait non seulement à la couleur des vêtements, mais aussi à leur forme. Les veuves, par exemple, devaient ensevelir leur tète dans la guimpe, voile de toile fine qui enveloppait le visage, le cou el les épaules '. Ajoutez-y le long manteau, el vous aurez peulêlre ce que l'on a nommé Vhiihit de riduilc *, dont la rigueur primitive tolérait bien des adoucissements. Plus sévère que le costume mondain, moins austère que le costume monacal, il rappelait, comme ce dernier, des engagements sérieux, car on le gardait toute sa vie, à moins d'un remariage, fait assez rare et toujours mal vu par l'Eglise. L'habit de viduité, en général noir ou gris, était blanc pour les reines, de lit le nom de reines hlanches que l'on donnait alors aux reines douairières, pour les distinguer de la nouvelle souveraine. 'Toutefois, Catherine de Médicis, ayant voulu porter en noir le deuil de Henri II, fut appelée reine mère '.

Au n^ilieu du seizième siècle, le violet devient la couleur du deuil pour les rois. Henri III régnait en Pologne quand on lui annonça la mort de Charles IX, à qui il succédait. Aussitôt « il prit le violet, sa chambre fut tendue de mesme, toute la Cour fut en deuil ^' ». Les reines devaient rester enfermées durant les quarante jours qui suivaient la mort de leur mari. La règle était stricte à ce point que de Thou blâme presque Catherine de Médicis qui la méconnut ^ ' . C'est en long manteau de drap noir que l'on s'acquittait

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