‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 120 sur 422 · I.-!M. Kii-hard, /.a comtesse Mnknul. p · texte numérisé non relu

I.-!M. Kii-hard, /.a comtesse Mnknul. p

* Kascr de près.

'> Froissart, Chronltjuc. liv. III. chap. XIII.

<> Dans les Ordonn. roijales, t. XV, p. 62. — Les tailleurs habillaient alors les deux se.\es.

" Sur la t,'uimiie, vuv. Viollct-lc-Duc, Dictionnaire du mobilier, t. III, p. 20S i^t suiv.

1* Vov. Ducanp'. au mol riduce.

9 Voy. Henri Élif^nne, Dialogue.^, l. I, p. 267 et suiv.

10 pi'en-e Matthieu, Histoire de France, p. 3U0. '• Hislorianim .<«(' temparit lib. XXIII.

DEUIL — DIAMANTAIRES

des visites de condoléances. Des piles de mantenux se trouvaient dans les antichambres du défunt ; un valet vous en plaçait un sur le dos à votre arrivée, et le reprenait à la sortie. Pour le deuil des proches, la tenue de rig^ueur était le chapernn, nom que l'on donnait à un lonpr et étroit manicau noir surmonté d'un coqueluchon mou et plat.

Tonte la nalion porlail le deuil du roi. Pendant ime année enti^re, il n'y avait si petit bourg'eois qui no dût s'hahillerde noir, renniicpraux bijoux, f't vêtir, au moins de (douleur sombre, sa famille et ses domestiques. La maison royale fournissait les habits de deuil à toutes les personnes relevant directement de la couronne. Et cela allait très loin, car les fonctionnaires de la Cour des comptes par exemple, aussi bien que ceux des Monnaies, réputés commensaux de la maison du roi, avaient droit de deuil.

Le dernier deuil de Cour que la France ait porté, « et il le fut spontanément comme une mode *. » est celui de Louis XVIIL La répulilique n'a cependant pas rompu tout à fait avec cette tradition, car à la mort fin président Caruot, ordre fut donné aux fonctionnaires et agents de tous les services publics de porter le deuil durant trente jours ^, dans l'exercice de leurs fonctions. Tous les gens de qualité prenaient le deuil de père à la mort de l'aîné de leur famille, même s'ils n'étaient cousins qu'au vingtième degré. Mais ni le roi. ni la reine, ni laCourne portaient le deuil des Enfants de France morts au-dessous de sept ans ^.

Un seul personnage en France ne portait jamais aucun deuil, c'était le chancelier. Chef suprême de la justice, elle s'incarnait en lui, et il devait dès lors paraître inaccessible aux faiblesses humaines. « On a voulu marquer par là, dit Guyot, que la justice doit toujours conserver la même sérénité * ». * Voy. Selliers.

Dévideurs. « f)n donne ce nom à des ouvriers qui, dans les manufactures, ne font autre (•hûse que de mettre sur des bobines les soies, fils, filoselles, laines, etc. qui étoient auparavant en bottes ^ >v

Devineurs. Vu y. Devins.

Devins. « Devins et enchanteurs ne ionl que Iromper et abuser les incrédules qui vont au l'ecours a eux. . . Il faut du tout fuir ces hommes et les chasser loin '' ».

Voy. Aéromanciens. — Astrologues.

— Bateleurs. — Cartomanciens. — Chiromanciens. — Enchanteurs. — Faciniers. — Géomanciens. — Hydromanciens. — Météoromanciens. —

^ Gi'orgt's SancI, Histoire de mn vie, I. II], p. 44.3. * A clatei- (lu 25 juin 1894.

■'' Sainl-SiniOD, Mémoires. I. IV, p OP. et I. VI, p. 298. - Barbier, Jou.rnnl, t. lA', p. 296- » Traité des offices, t. IV, p. 174. S Abbé JaubcrI, Dictionnaire, (. II, p. 29. « A. Paré, Œuvres, édit. fie 1607, p. 1044.

Métoposcopiens. — N^écromanciens. — Oniromanciens. — Ornithomanciens. — Pyxomanciens. — Fthabdomanciens. — Hhapsodomanciens, ete.

Dévoirants ou Dévorants. Nom que prenaient certains membres de l'association dite des Enfants de maître Jacques. Le Devoir des dévoirants comprenait fies menuisiers , des serruriers el des forgerons, auxquels s'adjoignirent des teinturiers, tles tanneurs, des cordonniers, etc. Ils eurent de fréquents démêlés avec les Gavot.s ' .

On les nommait aussi chiens.

Voy. Enfants.

Devoirs. On nommait ainsi certaines associations formées par les compagnons tle divers métiers. Les plus connues étaient celles dites : Enfants de Saimnon, comprenant les Loups et les Gavols ; Enfants de muHre .Jacques, comprenant les Loups-garo\is el les Dévtiiranls ; ou Dévorants; Enfants de maître Souiise ou Bons drilles.

En 1789, on comptait 29 professions dont les ouvriers élaienl affiliés aux Devoir.s. C'étaient les chamoiseurs, les bourreliers, les chapeliers, les charpentiers, les charrons, les chaudronniers, les clouliers, les cordiers, les corroj-eurs, les couteliers, les couvreurs, les ferblantiers, les fondeurs, les forgerons, les maréchaux, les menuisiers, les plâtriers, les poëliers, les selliers, les serruriers , les tailleurs de pierre , les tanneurs, les teinturiers, les toiliers, les tondeurs de drap, les tourneurs, les vanniers el les vitriers ^.

Voy. Enfants.

Dévorants. Voy. Dévoirants.

Deyciers, Nf)m que la Taille de 1S92 donne aux faiseurs de dés à jouer, et le Livre des métiers aux faiseurs de dés à coudre.

Diablotins. Dans les fabriques trhuile, on donnait ce nom aux ouvriers qui surveillaient le travail du moulin aux olives.

Diamantaires. Titre qui appartenait à la corpi irai ion des lapiilaires.

Dès le treizième siècle, les diamanl.s furent très recherchés à la cour de France. Au siècle suivant, ils brillent non seulement sur les ornements royaux, mais aussi sur les coiffures des élégantes. En 13."i8, le roi Jean donna à Blanche lie Bourbon, reine de Castille. une couronne d'or el un « eliapel ^> décoré de seize « dyamans *. ■•> Jeanne, fille tlu même roi. exhibait, de son côté <■< huit dyamans» sur son chapeau *.

' -\gi'- PiTilij^TiiiT, Le livre du compagnonnage, t. I, p. 38.

' É- Li'va.s.s('Ui', Histoire des classes ouvrières, t. 1, p. 602 cl suiv., I. Il, p. 814 ol suiv.

■I Dépenses faites à toceasion du mariage de BUncke de Bourbon, p. 3(10.

* Compte d Etienne de la Fontaine, tlans Douët-fl'.\rc<j, Comptes sur l'argenterie, p. 168.

DIAMANTAIRES — DIMANCHES ET FftTES

Le (liamaiil prosi'iilail alors un l'clal au(|iiel l'art n'ajoutait ijucre. l'ourtaiit, au milieu tlu quatorzième siècle, ou roj^ularisait ses facette^ de manière à aug'menler ses feux, et en 1382, un Allemanil nommé Jean Boule avait inventé ou apporte a Paris les movi'iis de le (ailler '.

Quand FnuKjois 1"'' maria au duc de Clèves sa nièce Marjjfuerite (|ui n'avait pas encore treize ans. « elle estoit si chargée de pierreries et de robe d'or et d'arfi^enl. (|ue par la l'oililesse de son ciirps n'eusl sceu marcher : le Hov commanda à M. le connélalile - de la prendre au col et la porter ù réalise ■' .>.

Henri II dédaigna les diamants* mais Henri IV eu couvrit (iabrielle d'i'îslrées d'aliord ■', puis sa femme. Au liaplème de Louis XIII, la robe de Marie de Medicis « estoit fort eslolïée de trois mille diamans et de viu<;t-deux mille perles *>, dit le continuateur de Jean <le Serres ">. A cette occasion, le iluc d'Epernon avait ceint une épée dont la j^anle étincelait de dix-huit cents diamants.

En 1669. lorsque Louis XIV reçut l'ambassadeur du grand Turc, il portail un liabil surcliarj^é de diamants. Il yen avait pour quatorze millions ". somme qu'il faudrait au moins douhlei' pour avoir son équivalent en monnaie d'aujourd'hui. Les grands seigneurs qui entouraient ce merveilleux v^temenl étaient tout aussi reluisants de pierreries *. Enfin, l'année même de sa mort. en un temps où M"'* de Maintenon condamnait la cour à l'austérité, Louis XIV recevant l'ambassadeur de Perse, portait « un habit d'une étoffe or et noir brodé de diamans ; il y en avoit pour douze millions cinq cent mille livres, et il étoil si pesant que le roi en changea aussitôt après son dîner ' ». Il « plovoit sous le poids », dit Saint-Simon '".

Une élégante faisait alors remonlersesdiamants tous les deux ou trois ans ^ ' .

Un arrêt du 4 juillet 1720 défendit de porter aucun diamant ; ou accordait aux marchands un mois pour les faire sortir du royaume. Cet arrêt fut révoqué quatre mois après '-, heureusement pour M"'* de Mailly , maîtresse de Louis XV, qui aimait à coucher « toute coiffée et la têle pleine de diamans i^». Vers 1780, on songea à les remplacer par l'acier '*, mais

' \ o.V (-1. Fagnit'Z, Kludes sur l'industrie, [i 267.

- Ut' Montmiiri-noy.

3 Branlôni<% Des dnmes, t. VIII, p. 117.

* Du Haillan, Discours sur Us cnases de l'extrême cherté fui est aujourd'hui en Fronce, dans Éd. Kournier, Variétés, t. yil, p. 17;-..

^ I.ostoiU-, Journal, 15 septembre, 6 t't 12 novembre

6 /«te» taire de l' histoire de France, édit. de 1648, t. II, p. 259.

' Oliv. Lcfèvre d'Ormesson, Journal, t. II, p. 577.

S Galette de France, n" du 6 novembre 1669, p. 1165.

» Uanirtau, Journal, 19 février 1715, t. XV, p. 364.

'" Mémoires, lome XI, p. 90.

" Mercure galant, année 1673, t. III, p. 294.

'* Mat. Marais, Mémoires t. I, p. 315 et 490.

13 Duc de Luynes, Mémoires, 14 août 1739, l. III, p. 7.

•* Mme de Genlis. Dictionnaire des étiquettes, t. I, p. 8 et 37.

Marie-Anloinette ne le permit pas'. Toulefois leur valeur s'en ressentit et diminua un peu -. Voy. Bijoutiers en faux et Lapidaires.

Diamentiers. \ ov. Diamantaires.

Diction tion.

(M.\ÎTKKs de). Voy. Déclama-

Dimanche.

- Repus, etc.

Vov. Clou.

Etrennes.

Dimanches et fêtes. L'Eglise, an moyen, âge, voulait que le dimanche iVU un jour de repos et de prière ; toulefois. l'interdiction du travail élait beaucoup moins absolue qu'elle ne le deviid par la suite el même (|u"elle ne le lut au dix-neuvième siècle. Liberté complète était laissée aux faiseurs de hauberts ■' et aux faiseurs de biirils *. Un défemlait seidement aux lormiers d'exposer des marchanilises hors de leur boutique •*. Les selliers pouvaient le dimanche réparer un bouclier on un hanuiis *, les barbiers saigner et purger ', le> bouquetières faire des chapeaux de roses ". les fourbisseurs aiguiser un couteau ou une épée '.

Ces derniers obtinrent même, en 1290, de lais.ser à tour de rùle deux boutiques ouvertes chaque dimanche "•. Et il y avait bien d'autres corporations dans ce cas. Chez les orfèvres ' ' , les chapeliers de feutre '*, les poorpointiers '■•, les drapiers '*, une boutique restait ouverte, le dimanche. Les chaussetiers étaient autorisés à en ouvrir trois '5. Chaque gantier pouvait vendre un dimanche sur six, et en 1268 quatre boutiques restaient ainsi ouvertes '•', d'où l'un doit conclure qu'il y avait alors à Paris 24 maîtres gantiers.

Par obéissance aux règlements ecclésiastiques, l'atelier observait les vigiles. Les veilles des dimanches et des grandes fêles, il fermait à vêpres, a none ou à compiles, les foulons étaien même libres dès huit heures du matin ". Les charpentiers et les faiseurs de portes laissaient le travail à trois heures, à moins toutefois que les premiers ne fussent en train de poser une charpente qui ne pi'it rester sans appui, el que les seconds n'eussent à livrer une porte ou une

I Mémoires secrets dits de Bachaumunt, 17 avril 1779. ^ Séb. Mercier, Tableau de Paris, t. \'III, p. 47.

^ Licre des métiers, titrr XX^'I.

* Licre des métiers, litre XL\ I 5 Licre des métiers, titre LXXXII.

S Licre des métiers, titre LXX\ IIl.

" Ûrdunn. de décembre 1371, dans les Ordonn. royales, t. V, p. 440.

8 Livre des métiers, titre XC.

8 Litre des métiers, titre XCVII.

10 G. Depping. p. 366.

II Livre des métiers, titre XI.

12 Livre des métiers, titre XCI.

13 Statuts di- 1323, art. 13.

1* Statuts d'avril 1309, confirmés en 13G2, 1304 et 1392. V..V. Ordonn. roijales . I. III, p. 581; t. IV, p. 535 ; t. VII, p. 555.

15 Livre des métiers, tilr.' LV, art. 8, 1 1 statuts de 1346, art. 4.

16 Litre des métiers, titre LXXWIIl.

1" Livre des métiers, titre LUI.

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