FÊTES FIXES
Janvier Sainte Geneviève.
Epiphanie.
Février Purification de la Vierge.
Mars Annonciation.
Mai Saint Jacques [le Mineur I et saint
Philippe.
Invention de lu sainte Croix.
Juin Nativité de saint Jean-Baptiste.
.luii.LET Sainte Madeleine.
Saint Jacques [le Majeur] etsaint Christophe.
Août Saint Pierre es Liens.
Saint Laurent.
Assomption.
■Saint Barthélémy.
Septembre.... Nativité de la Vierge.
Exaltation de la sainte Croix.
Octobre Saint Denis.
Novembre Toussaint.
Trépassés.
Saint Martin.
Décembre .... Saint Nicolas.
Noël.
Deux jours après Noël.
Mais ce n'est pas tout. Il faut ajouter à celte liste la fêle des patrons : la corporation, la paroisse, le maître, sa femme, l'ouvTier et .sa femme avaient chacun le sien. Puis les enterrements de maîtres ou de compagnons, auxquels assistait toute la communauté; les mariages, baptêmes, communions, etc., soit dans la famille du maître, soit dans celle de l'ouvrier ; les légères indispositions de celui-ci, les entrées solennelles de rois ou de reines à Paris : toutes circonstances imprévues qui représenliiient bien en moyenne au moins une quinzaine de jours. Enfin si l'on estime à une demi-journée le chômage prescrit pour la veille des dimanches et deslètes, on arrive» cette conclusion que plus
^ Lhre lies métiers, titn* XIj\*II.
2 Livre des métiers, titre XL\'I1I-
■1 Livrer/es métiers, litres XI,^'II .1 XI,^■III
* Licre des métiers, titre I.
d'un tiers de l'année éUul perdu pour le travail. La preuve est facile à faire :
DiiTianches 52 jours.
Veille des dimanches. . . 26 —
Fêtes mobiles 4 —
Veille de ces fêtes 2 —
Fêtes fixes 22
Veille de ces fêtes 11 —
Fêtes patronales 6 —
Veille de ces fêtes 3 —
Divers 15 —
Tdtul... 141 jours.
Dans les communautés qui, comme les Iréfiliers d'archal par. exemple, donnaient un mois de congé aux ouvTiers, l'année se trouvait ainsi partagée :
Jours de repos 171
— de travail 194
soit, à peu de chose près, un jour de repos sur deux. Il n'est vraiment pas inutile de rappeler que les ouvriers étaient alors presque tous payés au mois, et que c'étaient les maîtres, qui par amour de l'art, proscrivaient le travail aux pièces.
Toutes les corporations avaient-elles autant de jours fériés que les boulangers? On est porté à le croire, puisqu'il s'agit ici d'un métier de première nécessité. Les autres statuts sont, il est vrai, beaucoup moins explicites sur ce point, et la plupart d'entre eux .se bornent à mentionner le repos forcé du samedi, du dimanche et des « quatre festes Notre-Dame ' ». Les corporations semblent n'avoir frappé le travail d'une amende que pendant ces jours-là. Mais les autres n'en étaient pas moins chômée, et loin de diminuer, leur nombre auirmenta sans cesse.
A dater du seizième siècle, les lois concernant le repos dominical devinrent de plus en plus sévères. D'innombrables arrêts - prohibèrent l'exercice de toute industrie, de tout commerce en ce jour-là. Jusqu'à la Révolution, les cabaretiers n'eurent pas le droit de donner à boire durant le temps des offices. Les boulangers étaient bien autorisés à vendre du pain, mais il fallait que leur boutique restât fermée.
Dans leurs statuts de 1636, les tapissiers de haute lice reproduisent une disposition qui rappelle tout à fait les réser\-es faites en pareille matière par le moyen âge : « Il sera défendu, disent-ils de travailler à leste feslative, si ce n'est pour le Roi ou sa gent. à peine d'amende ' ». En dépit de ce privilège, le roi, je parle du sage Henri IV, trouvait que l'on abusait fort des fêles et des chômages. Les guerres civiles avaient
' .•^s.somption, Nativité, Purilîi-ation, .\iinuiieialioD. I.irre des métiers, titre IAX\ III. art. 24.
î \'(iv. ilans Delainari'e, Traité de la poliee, t. 1, |>. 2I3".I suiv., les arrêts de 15C0, 1579, ir.88, 1638, IGGI, 1667, 1670, 1673, 1079. 109(3, 1098, olc. — Excoplionnellemeiit et jusqu'en 1027 (statuts, arl. 23), les f.iurliis.seurs purent laisser deux boutii|uos ouvertes le dinianclie.
3 Artiele 23.
DIMANCHES ET Kl-ITES — DIRECTEUR
Jociain kl populiilinii, des pliiiiii's iiiiiiiciiscs cleineuritieiit sans culture lïiule de bras, et ceux qui restaient se reposaient trop souvent pour que l'ouvrafîe avançât. Le cardinal d'Ossat lut donc chai'^é (le demander au pape la suppression d'un certain nombre de jours leriés. Le pape répondit qu'à cet éj,''urd chaque évèque était maître dans son diocèse, et la uéffocialion en resta là '.
l'allé l'ut reprise soixante-six ans plus lard par (lolberl. Louis XI\'. qui avait entrepris de lerniiner le Louvre, se plaip:nait de la lenteur avec laquelle étaient menés les travaux. Comme, après tout, l'iui n'est pas pour rien roi absolu, il défendit, le 6 novendjre 16(i0. « à toutes personnes de faire travailler ii aucun nouveau bastiment « sans sa permission expresse, et sous peine de prison pour la première contravention et des M^aières pour la seconde -. Cette mesure éner'j'ique ne donna pas les résultats qu'on en attendait. Les jours de fête étaient trop nombreux, et Louis XIV avait très bien remarqué que « ces jours, lesquels dans l'intention de ceux qui les ont établis auroient dû être emplo)'és en prières et en actions pieuses, ne servoient plus que d'une occasion de débauche ' ». Supprimer ces occasions aurait donc le double avantage de sauver l'ànie des ouvriers et de hâter l'achèvement du Lou\Te. Colbert négocia avec Hardouin de Pérétixe, archevêque de Paris *, et celui-ci rendit le 20 octobre 1666 une ordonnance qui supprimait une vingtaine de jours fériés. Il en était conservé 32 seulement, que tout le monde était tenu d'observer, y compris les Protestants : l'édit de Nantes lui-même ^ les v oblij^'i'ait. Mais les ou\Tiers avaient déjà l'habiiude lie célébrer le lundi et même le mardi ". Admettons pourtant que ce second jour ne fût l'été qu'une l'ois sur deux, nous arrivons encore à IIO j<iurs de chômao^e, c'est-à-dire à un jour sur trois. Chômag'e oblijîatoire, car l'indulfjence professée sur ce point par le treizième siècle n'était plus de mise même au dix-huitième, comme le prouve l'ordonnance de police rendue le 8 juin 1764, vingt-cinq ans seulement avant la Révolution, et dont voici l'anal^-se :
Art. I''. Aucun ouvrier, aucun commerçant ne pourront travailler ni faire commerce les dimanches et jours de fête ; « leur enjoignons de tenir leurs boutiques exactement fermées, à peine de deux cents livres d'amende par chaque contravention ».
Art. II. Défense aux portefaix, charretiers, voiluriers de travailler ni faire aucun charroi.
Art. III. « Ne pourront les piirticuliers, bourgeois et habilans, employer leurs domestiques ni aucuns artisans à des œuvres serviles».
' Lettres du cardinal itOssat, 18 janvier 1599, I. Ill, p. 2.Î9.
' Félibien, Histoire de Paris, t. II, p. 1473.
•' .Vémoires de Louis XIV, p. 277.
* Tableau de la vie et du gouvernement de M. Colbert, p. 203.
» .\rticlf 2(1.
•î Voy. S. MerciiT, Tableau île Paris, t. X, p. 34.5, cl t IV, p. 159.
.\R'r. IV. Défense d'exjioM'i' en vente unelalciaucuns livres, images ou estampes, « ni aucune sorte de marchandise au coin des rues, dans les places publiques el sur les quais ».
.\nT. V. « Ne pourront les marchands de vin, limonadiers, vendeurs de bière el d'eau-de-vie ouvrir leurs cabarets et boutiques les jours de dimanches el l'êtes pendant les heures i\e l'office divin. Leur enjoignons, el à lous maîtres de jeux de ijauine el de billard, de refuser l'enlrée de chez eux à ceux qui se présenteront poury boire ou 3' jouer, à peine de trois cents livres d'amende pour la première contravention, e( de fermeture des boutiques, jeux de paume el de billard en cas de récidive ».
.\rt. VI. « Défendons à lous maîtres à danser, cabareliers, traiteurs el autres de tenir chez eux des assemblées et salles de danse les jours de dimanches et fêles, el à tous joueurs de violon et d'instruments de s'y trouver, à peine de cinq cents livres d'amende contre chacun des conirevenans, et on outre confiscation des instrumens de nuisique ».
Une nouvelle réforme eut lieu quatorze ans après. Un mandement du 11 février 1778 supprima treize jours de fête. Mais le Parlement fil une vive opposition au mandement et refusa d'abord d'enregistrer les lettres patentes qui l'accompagnaient. On prétendit dans le public que les magistrats ne tenaient tant aux saints évincés que parce qu'ils représentaient pour eux treize jours de congé '. Ils durent cependant céder, el les malheureux saints, qui perdaient en eux leur dernier appui, eurent encore l'humiliation de se voir chansonner en treize couplets très irrespectueux ^. *
Voy. Ais (Fête aux).
Dîmeurs et Dîmiers. « Journaliers qui recueillent la dime », écrit le Dictionnaire de Tréeoux'K Ledécimateur est celui qui a le droit de percevoir la dîme, le dimier celui qui la perçoit ^.
On trouve aus^ii dîmeurs, dixmeurs et dixmiers.
Dinandiers. Dinantiers. Dînants.
Voy. Chaudronniers.
Dioramas. Voy. Fanoramas.
Directeur du balancier du Louvre, dit aussi Garde de la monnaie des médailles, et Balancier du roi. Place créée en juin 1695. en faveur de l'orfèvre Nicolas de Launay ■'.
La fabrication îles monnaies avait élé installée au Louvre en 1639. Elle fut ensuite transférée rue de la Monnaie, où elle resta jusqu'à la fin du dix-huitième siècle ; mais la monnaie des médailles et jetons demeura au Louvre.
' Mémoires secrets, ilit-s <le Bachaunionl, 22 févrirr
* .Mémoires secrets, dits de Bacliauiiiont, 19 maiï. 3 Tome III, p. 354.
* Voy. Ducanjj^e, aii.\ mots decimator et decimœ.
5 Etat de la France your 1736, t. I, p. 433. — A bot de Bazinjrhcn, Traité des monnaies, t. I, p. 82 et suiv.
DIRECTEUR — DISLOQUES
On y frappait plus de jetons que de médailles. Le premier janvier, à l'occasion des élrennes, le prévôt (les marchands et les échevins, les {jardes du Trésor, les trésoriers des guerres, des parties c:isiielles, des bâtiments^ etc., etc. apportaient une bourse de jetons au roi, à la reine, aux princes du sang, au chancelier, aux ministres, etc. Le roi en donnait à la reine, la reine en donnait au roi, et la maison rojale en recevait d'eux. Il faut lire, dans les Mémoires de Sully ', le joli passage où il raconte comment, le premier janvier KKJO. il vint présenter à Henri IV, encore au lit avec Marie de Médicis, trois grands sacs de velours remplis de jetons d'or et d'argent loul neufs. Louis XV faisait convertir en assiettes d'or les jetiiiis (|u'on lui oti'rait ainsi : en 1754. il possédait quarante-deux de ces assiettes *.
En général, les jetons portaient d"un côté la tête du roi, de l'autre une devise qu'avait composée l'académie des Inscriptions. Quant aux pièces commandées par les diverses corporations ou\Tières, et qui servaient de jetons de présence aux asseudjlées des maîtres, aux séances de réception , elc. , elles reproduisent presque toujours les armoiries de la communauté à laquelle elles étaient destinées.
Les jetons avaient encore et surloul une autre utilité, celle de servir aux calculs, de remplacer la plume et les chiffres. Je donnerai une esquisse de ce procédé à l'article Jetons [Calculs par les). M. d'Atfrj de la Monnoye, un nom prédestiné, avait rassemblé une immense quantité de jetons (plus de 5.000 pièces), qu'il a léguées en 1864 au mu.sée de Clunj.
Voj. Monnayeiirs.
Directeurs des pépinières . Voy .
Flanteurs.
Directeurs de théâtre. Ce titre n'apparaît que fort tard. Pendant longtemps, les comédiens, constitués en communauté, ne reconnaissaient ol'ticiellement aucun chef. Chappuzeau, vers 1G74, semble un moment vouloir donner ce nom à l'oraleiir^ : •■<. Comme il représente Testât, en portant la parole pour tout le corps, il seroit peut-être de l'honneur de la troupe qu'il en fût nommé le chef » ; mais, ajoute-t-il, « il n'a pas dans la troupe phn de pouvoir qu'un autre * ».
En 1760, la Comédie française, alors rue Saint-Germain-des-Prés ^, et la Comédie italienne, alors rue Mauconseil, sont gouvernées par MM. le duc d",\umont, le maréchal duc de Richelieu, le duc de Fleury et le duc de Duras, tous quatre genlilshonnues de la Chambre. Elles sont (:0NDUiTE.s par MM. de Fontpertuis. de la Ferté et Delatouche, intendants des Menusplaisirs. L'Opéra, alors rue Saint-Xicaise a pour directeurs Rebel el Francœur. L'Opéra-comique. qui se tient l'été ù la foire Saint-Laurent et
I Eiiit. Michaucl, I. III, p. 130
- Jour)nil d»' Harbier, tîii septembre 1754.
•1 \'t)y. ci-dessous eel article.
4 Le Ihéàlre français, p. 225.
3 Aiij. rue de l'.\ncienne-Couié<lie.
l'hiver à la foire Saint-Germain, est placé sous la direction de MM. Corbi, Moette. Dehesse et Favarl.
Jusqu'en 1680, la Comédie française ne jouail que trois fois par semaine, el les premières se donnaient toujours le vendredi, afin, dit encore Ciiappuzeau, de « préparer l'assemblée à se rendre plus grande le dimanche suivant, par les éloges que lui donnent l'annonce et l'affiche * ».
L'heure des représentations varia sans cesse.
Au début du dix-septième siècle, elles avaient lieu au milieu de la journée ; une ordonnance de novembre 1G09 interdit de prolonger le spectacle pas.sé quatre heures el demie, ce qui dnit faire supposer qu'il commençait vers deux heures. Ce moment fut relardé, sous Louis XIII jusqu'à trois heures, et sous Louis XI\' jusqu'à cinq. On s'en tint là pour longtemps, el si la princesse Palatine, en 1714, se rendait à la comédie vers sept heures, c'est qu'elle ne se souciait guère d'a.ssister à toute la représentation *.
En 1781. le libraire Panckoucke, publia une brochure fort curieuse, intitulée Moyens d'uuymenter h honhenr d'une partie de la nation sans nuire ù personne. Il y demandait que l'on retardât le moment du dîner jusqu'à cinq lieures, el que les théàlres n'ouvrissent plus leurs portes qu'à huit lieures en hiver et à neuf heures en été. .Sébastien Mercier désirait, de son côté, qu'on reportât l'heure du dîner à six heures el celle des Ihéâtres à neuf '. Le dix-neuvième siècle allait exaucer ses vœux, el Madame de Genlis écrivait déjà vers 1818 : « On ne soupe plus, parce que les spectacles ne fiiiisseni qu'à onze heures du soir * ».
Xolons, en passant, celte phrase que je cueille dans Tallemant des Réaux : ■< La comédie n'a esté en honneur que depuis que le cardinal de Richelieu en a pris soing ; avant cela les honnesles femmes n'y alloient point ^ ».
Voj. Théâtre.
Directeur g-énéral des haras, postes aux chevaux, relais et messageries.
( Iftice créé par édit de décembre 1785.
Les fonctions du titulaire consistaient « à régir et administrer, sous l'autorité immédiate du roi. les liaras et tout ce qui concerne la poste aux chevaux el relais, ainsi que les messageries, en laiit ([u'elles peuvent avoir rapport aux postes iu\ chevaux * ».
DislOCJués. Ce nom. appliqué à une variété (le bateleurs, exislail déjà à la lin du dix-huitième siècle. « Le disloqué, écrit (iouriel, se transforme en motte de terre pour aller à la citasse ; son corps et tous ses membres ne forment plus qu'une boule, il imite le bruit d'un coup de fusil et se met à rouler, comme courant à la recherche
I l'at;e 92.
i l.ellie <l(i 20 sepleinbn' 1714, t. I, p. I4C.
•1 Tiiblenii (le Paris, t. XII, 1>. 209.
* Diclioiiiittire des rIiijHetles. t. II, p. 265.
3 ffisloriel/es. t. VII, p. 181.
6 (îtiyot, Trnilé des of/iers. t. I, p. B27.
l)ISL<K)rÉS — DOMESTIOUES
(riiiic [jiécf df ^iliier qiu' l'aniie a ilù iiliiilliv. Diins cède silualion, il casse un iii»jaii do pèche avec son derrière. C'est ordinaireuient le soir el presque toujours dans la cour des Fontaines, une l'on voit ce personnage ' ».
\.f^ nu)t^ iWxiiffirii/e's, ilésossés, etc., son! phirécents.
\'ov. Bateleurs.
Distillateurs. L'eau-de-vie. iip|)i'lee aussi '■un li'or, eiiu de rin, emi urdenle. eau e'temeUe, riait déjà bien connue au treizième siècle. Alliert le. tirand - indique deux procédés difl'érenls pour opérer la distillation, el .\rnauld de \ illeneuve célèbre cette admirable liqueur, dont liien (les ijens avaient pu déjà apprécier les mérites : ^ Quidam appellaiil eain aquam vita", et cerle et vidi quibus expedit bene consonat nonien rei, ita i[uod dixerini aliqui de modernis ipiod est aqua perennis et aqua auri propler sublimilates operationis ipsius •" ». Klle u^uérit. ajoule-l-il, la parahsie, la fièvre quarte, l'épilepsie, les taies de l'œil et le cancer de la bouche '. Elle était donc rej^ardée comme un inédicanienl. mais il l'aut avouer que ce médicament avait devant lui un bel avenir. Les procédés de distillation, encore bien imparfaits, se perleclionnèrent peu il peu. et Ambroise Faré donne déjii ce nioven pour reconnaître la bonne eau-de-vie : « Instant posée en une cueillier et allumée, elle se consume du tout, ne laissant aucune marque d'humidité au fond de la cueillier ». D'ailleurs, c'est toujours à ses yeux une espèce de panacée, dont les « vertus sont iiitinies » ; elle « aide aux épilepsies et apoplexies, sède •• la douleur des dents, est utile aux défaillances de cœur et syncopes, Ljangrènes et pourritures '^ >>.
La ilislillation de l'eau-de-vie resta pendant longtemps le privilégie des épiciers-apothicaires el des vinait^riers. Un arrêt du 7 septembre 1624 leur donna des concurrents : puis des statuts, datés du 13 octobre 1(534, créèrent la corporation des (Itstillaleurs et vendeurs (Teau-de-cie el eau forte. Ces statuts, confirmés en janvier 1637, attribuent aux maîtres de la coninuinauté le titre de distillatt-urs en l'art de chimie et tendeurs d'eau-de-rie. Le 5 avril 1639. les statuts furent renouvelés et les maîtres furent dits distillateurs d'eau forte, d' eun-de-tie et autres eaux, huiles, essences cl esj/rits. La lecture <le ces statuts prouve que les maîtres représentaient assez fidèlement les industriels qui s'intitulent aujourd'hui fabricants de produits chimiques.
Une sentence de police du 14 août 1674 confirma leurs privilégies. Mais un arrêt du 15 mai 1676 les réunit è une communauté qui
* J.B. Gouriet, Pefsotiiiages cétébres tittiis les rufs de Paris, t. 11, p. 298.
* Mi>rl 111 12811. — De uiiniii/ièus inuiidi, édit. di" l.lim, |i. 2:i."i .■! 237.
'■> .ViiiaUlus (If \illanôva (mort en 1313], Opéra, édit. ■ !.■ 150.-., |i. 102.
* « El cancer oris ».
•* .\paist'.
6 Œ«cres. cdil. ,!,• lijOT, y. 1154.
venait d'être créée.
marchands d'eau-de-vie.
Voy. Sau-de-vie.
'Ile des liitionadiers
Distillateurs en eau-de-vie et esprit
de vin. Tilre (juc prenaieni les vinaigriers. Ils fabriquaient des vinaigres avec des vins avariés, et ils obtinrent le droit d(^ brûler les lies pour pnuluire de lean-di'-vie.
Distributeurs du papier et du parchemin timbrés. S.'lzc oftlces crées en avril
C'est (lu 20 mars 16.55 qu'est date le premier édit créant l'impôt du papier timbré, ordonnant que « tous actes et papiers portant foy, obligation ou acquis .soient écrits en papiers ou parchemins dont chacune feuille sera marquée selon leur valeur el qualité ». Le parlement refusa d'enregistrer l'édil, Louis XIV l'y for(;a. C'est même à cette occasion qu'il se sérail présenté devani la cour en justaucorps rouge el même un fouet à la main, circ(inslance qui apparlieiil à la légende plus qu'à l'histoire. Le Parlement feignit de se soumettre, mais, en réalité l'édil du 20 mars resta sans exécution.
Des ordonnances de 1667, 1669, 1670 avaient impo.sé l'emploi de formules spéciales pour la rédaction des actes. Puis une déclaration du 2 juillet 1673 prescrivit que « les commis préposés pour la distribution des formules pourront vendre à tous officiers, ministres de justice el autres le papier el parchemin qu'il Conviendra, marqué en teste d'une fieur de lys et timbré de la qualité et substance des actes, avec mention du droit porté par le tarif, le corps de l'acte entièrement en blanc pour être écrit à la main ». De cette déclaration date l'habitude d'appeler le papier timbré papier furmule ou fur mule.
Quelques provinces, la Guyenne et la Bretagne entre autres, refusèrent d'acquitter ce nouvel impôt. Elles y furent contraintes a la suite de sanglantes insurrections ' .
Avant la Révolution, le bureau général du papier timbré était installé à l'hôtel Bretonvilliers, dans l'île Saint-Louis. Il existait, en oulre. à Paris huit bureaux pour « la distribution des papiers et parchemins timbrés appelés formules - ».
Dixmeursci Dixmiers. Voy.Dîmiers.
Dizainiers. Voy. Quartiniers.
Doleurs. Nom donné parfois aux tonneliers, parce qu'ils faisaient grand usage de la doloire, sorte de hache qui sert à dégrossir et à polir le bois des douves.
Domestiques. Le riche bourgeois du quatorzième siècle à qui l'on doit le Ménagier de Paris, avait plusieurs domestiques, lui-même
^ Sur ce sujet, \uy. L. Salffianque, Le timbre d Imters l'histoire, 1890, in-4°.
- Jèzp, Étal ou Inbleuii, i-lc, p. 327.
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