‹ Dictionnaire historique des artsChapitre 124 sur 422 · DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

DOMESTIQUES

niiiisoii (l'uiifi'iainl sciyncur devait être coniposée :

D'un intendant.

D'un aumônier.

D'un si'i'rétaire.

D'un écuver,

De lieux valet* de chambre.

D'un concierg'e ou tapissier.

D'un maître d'iiùlel,

D'un ofticier d'office.

D'un cuisinier.

D'un •rarçon d'office.

De deux <;ari;()ns de cuisine.

D'une servante de cuisine.

De deux paj^es.

De six ou quatre laquais.

De deux ct)chers.

De deux postillons.

De deux garçons de carrosse,

De quatre palefreniers.

Et d'un suisse ou portier.

Il pouvait \- avoir plusieurs autres domestiques servant aux ofticiei"s ci-dessus, connue :

Un valet pour l'intendant.

Un valet pour l'aumônier.

Un valet pour le secrétaire,

Un valet pour l'écuver,

Kt un valet pour le maître d'hôtel.

Il faut y ajouter, pour la campaj^ne :

Un capitaine de château.

Un concierge.

Un utpitaine des chasses.

Deux gardes-chasse et un chasseur.

Un receveur.

Un maitre-valet,

Vn(^ ménagère.

Une sei'vante de la ménagère.

Un berger.

Et un vacher.

Tous lesquels officiers et domestiques se payent suivant les pays et la magniticence du seigneur.

Il était entendu qu'un grand seigneur ne pouvait avoir moins de ^< quatorze chevaux de carrcsse, qui font deux attelages ».

Ledit grand seigneur est supposé jeune et garçon. S'il se marie, il lui faut aussitôt constituer pour sa femme une maison, où l'on ne saurait compter moins

D'un écuyer.

D'une demoiselle suivante.

D'une femme de chambre.

D'un valet de chambre.

D'un page, D'un maître d'hôtel.

D'un cuisinier.

D'un officier,

D'une servante de cuisine, De quatre laquais, D"un cocher, D'un postillon.

D'un garçon de cocher.

De sept chevaux de carrosse, El de quatre chevaux de selle pour monter les ofticiers.

Quanil il y a des enfants, le nombre des ofUciei-s et domestiques augmente encore, et l'on ne se peut absolument passer :

D'une gouvernante d'enfants.

D'une nourrii-e.

D'un gouverneur ou précepteur.

D'un valet de chambre.

D'un ou de deux laquais.

Et d'une servante pour la nounûce *.

Un guide à Paris prétend qu'il existait alors dans cette ville 150.000 domestiques-. Je crois ce chiffre très exagéré, et d'autres statisticiens l'ont réduit a 38.000 en 1759 et à 44.000 en 1754 ^ ; ce qui n'empêche pas Piganiol de la Force de se prononcer pour 200.000 en 1765 *. Expilly, moins inexact, donne en 1768 les chiffres suivants :

Nondjre des familles qui ont des

domestiques 17.657

Nombre de domestiques mâles 18.878

Nombre de domestiques femelles. . . 18.579

Nombre total des domestiques 37.457 ^

Un .allemand qui avait séjourné à Paris vers 1715, rend cette justice aux valets français qu'en général « ils sont fidèles. Les exemples sont rares de ceux qui ont abandonné ou volé leur maître ; un étranger a le droit, comme un François, de faire arrêter son valet pour le vol d'une bagatelle. La justice de Paris ne fait pas gramle cérémonie en ce point : celui qui a volé aujourd'hui peut être pendu demain. De plus, les valets françois sont prompts et alertes, bons à tout. Je crois qu'ils passeroienl au travers du feu pour l'amour de leur maître. Ils l'aiment et le respectent, prennent bien soin de ses hardes. Si le maître a une querelle, ils ne l'abandonnent pas, risquent même leur vie pour lui. Mais ils sont intéressés au dernier point. Ils ne dérobent pas, mais tirent gain de tout *... ».

L'ordonnance du 6 novembre 1777 veut que tous les domestiques avant d'entrer en place présentent un certificat de leur dernier maître. Ils étaient tenus de prévenir celui-ci huit jours avant de le quitter. Ils lui devaient obéissance et respect, et de son côté il devait s'abstenir de les frapper, et les traiter même ^< avec bonté et humanité ». Tout domestique sans condition devait quitter Paris dans le délai d'un mois ; sinon, il était poursuivi comme vagabond ".

Sous la Révolution, les domestiques furent qualifiés hommes de confiance et officieux.

Je dois rappeler encore qu'au dix-huitième siècle, l'on donnait le nom de domestiques aux amis, aux habitués, aux commensaux, aux favoris d'un grand, même à l'ensemble de sa maison.

' .\u<ligi,'r, /,« iimisuii rëjlie (1692], éJit. Pion, |). 11 et 68.

* Le Rougi-, /.es citriosite: de Paris (1723), t. I, p. 11). 3 Morand. Mémoire sur la population de la France.

dans la Collection acadëmii/ue, 1. XA'I, p. 59.

* Description de Paris, t. I, p. 32.

^ Dictionnaire de la France. î. V, p. 402.

* J.-C. \cmoitz, Séjour de Paris, édit. Pion, [■. 36. ' Isamb.rt, t. XXV, p. 448.

Ife.

D0M]<;STIQU1<:S — DOHELOÏIEHS

Voici «Jeux exemples empruntés à Tallemant des Réiiux : v M. Esprit, l'awuléniicieii, estoit alors domestique de M. le chancelier ». Et « Maugars demanda à prescher devant le domestique du cardinal ' >^.

Voy. Ajgentiers. — Aumôniers. — Berceuses. — Bonnes d'enfants. — Bouteillers. — Bureaux de placement. — Cales. — Capitaines des charrois. — Capitaines de château. — Chambrelaines. — Chambrières. — Chambrillons. — Chasseurs. — Cochers. — Concierges. — Cordon bleu. — Correcteurs.— Cuisina royale. — Cuisinières.

— Cuisiniers. — Demoiselles de compagnie. — Dépensiers. — Eaux (Faiseurs d'). — Écuyers. — Écuyers de cuisine. — Femmes de chambre. — Femmes de charge. — Femmes de garde-robe. — Ferrer la mule. — Fermiers. — Frocines. — G-alopins.

— Garçons de cabaret. — G-arçons d'offlce. — Gardes des aires. — Gardeschasse. — Gardes-manger. — Gouges.

— Gourmets . — Gouvernantes . — Gouvernantes d'enfants. — Grisons.

— Guitons. — Héiduques. — Hostriciers. — Intendants. — Jardiniers.

— Jockeys . — Laquais . — Maison royale (Officiers de la). — Maîtres d'hôtel. — Maîtres-valets. — Méchines. — Métayers. — Nourrices. — Pages. — Fetits-collets. — Fiqueurs.

— Porte-nappe. — Porte-queue. — Postillons. — Pourvoyeurs. — Précepteurs. — Promeneuses. — Quinolas. — Secrétaires. — Servantes. — Servantes d'auberge. — Servantes de château. — Servantes de cuisine. — Sommiers. — Suivantes. — Tapissiers. — Teneuses. — Tonneleurs. — Tournebroches. — Valets d'auberge.

— "Valets de chambre. — Valets de chiens, etc., etc.

Dominotiers. Voy. Papiers peints 'Fabricants de). Les fabricants de cartes à jouer prenaient aussi ce litre.

Dompteurs. On a vu, à rarticle Animaux féroces Commerce des\ que nos rois recliercluTenl de bonne lieiii-e ces terribles bêtes. Le zoologiste Pierre Jielon raconte même que François I" les admettait dans son intimité : « Comme nous tenons quelque petit chien pour compagnie, que faisons coucher sur les pieds de nostre licî par plaisir, François I" y avoit telles fois quelque lion, once ou autre telle fière beste, qui se faisojent chère comme quelque animal privé es maisons des païsans ^ ». C'est un contemporain qui parle ainsi, il faut donc croire que, comme dans l'antiquité, le

< Hisforielles, I. II, |.. 255 l't .132. * 1*. Bclon, Hislolrf tif lu nature tifs oi/sftni.r. ir<.5ri, in-folio, p. 191.

lion se laissait alors volontiers apprivoi.ser.

Ses successeurs se bornèrent, en général, à faire combattre les fauves les uns contre les autres '. On lit bien, dans certaines relations du carrousel donné en 1612 à l'occasion du mariage de Louis XIIL (|u'il y parut des chariots traînés par six lions, par six léopards, par huit cerfs *, par deux éléphants, p;ir des chameaux ■', niAme par quatre lions de front *. Mais il importe de ne pas prendre trop au pied de la lettre cette brillante énuniération zoologique. Il s'agit toujours ici de chevaux recouverts avec des peaux de lion, de cerf, etc. ••.

Le métier de dompteur parait avoir ttjujaurs été aussi lucratif que dangereux, et il s'en trouvait chaque année quelques-uns à la foire Saint-(i('rmain. Je copie la réclame suivante dans un j(Uirnal d'annonces de l'année 1750 : « Le public est averti qu'il est arrivé en celte ville un Levantin venant d'Afrique, qui a amené avec lui deux lions âgés de quatre mois et demi, de la grosseur d'un veau de sept mois, avec un tigre ; lesquels sont privés ensemble, et obéissent au commandement de leur maître comme font les chiens les plus dociles. 11 fait voir aussi les peaux des père et mère, qui ont dix-sept pans de longueur. On fera voir ces animaux depuis neuf heures du malin jusqu'il huit heures du soir à la l'oiri' Sainl-(ierinain '• ».

Donnés. .Séculiers qui abandonnaient leurs biens à un monastère « po\ir y vivre doucement et servir les religieux. Ils diflFéroient des moines en ce qu'ils ne faisoieni point profession, et qu'ils portoient un habil peu dill'érent de celui des séculiers '' ».

On les nomma d'abord ûWrt^s. Notons toutefois, en passant, qu'avant la création de l'hôtel des Invalides, on nommait encore oblats des soldats malades ou âgés que le roi envoyait dans une abbaye, pour y être nourris et traités comme de véritables religieux. 11 y avait très peu d'abbayes qui n'eut son obhil, ou qui ne lit une pension à quelque vieux soldat '.

Donneurs de vivres, diers.

/oy.

Vivan-

Doreloteurs. Voy. Dorelotiers.

Dorelotiers. Le mot dorelot signifiait parure, bijou, ruban, « affiquet de femme », écrit J. Nicot en 1606 ".

C'est vers la lin du treizième siècle, que les

' Voy. l'article Combats il'auimaux.

î Viilson (11' la Clolombièrc, Le rray Ikfàlre ltho»»t»r el de rheoalerie, p. .171, 403 i>t 418.

S Le eiirrousel îles pompes el miijii!/iee»ces fiiiles en faveur du mariage. .. Paris, I6I2, p. 8 ol H.

* Le camp de lit place ntgalle. ou re/alioH, etc., 1612, p. 299.

2 Le triomphe royal, eoutenaal un hrief discours — , 1012, p. 13 et 14.

* Affiches de Paris, avis divers. n° du 9 février 1750.

"ï Dueanpe, filossarium, au.\ uiots douait el oblati. — Dictionnaire de Trévoux, t. III, p. 428.

' V.-i. Cliasles, ûielionnaire de justice, I. II, p 601 *• Thrésor de la langue fra/ifoyse. p. 212.

DORRI.OTIMHS

Page 1