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DOUBLES

laceurs île fil et de soie prirciil le lunn de frniii/ersihiY/vlitrs, el les pri'inieiN statuts qui Icsdcsi^^iiciit siiiis ce mmveiiii titre sont du 25 niiirs l.'J2'7.

Les Tailles de 1292 et de l;iOO cilenl cliiicune quatorze dorelotieis ou dorelodères, et eu 1404 la corporation fui représentée devant le prévôt de Paris par vinj,''l-sept maîtres ou maîtresses '.

Au début du quinzième siècle, les dorelotiers. dorloliers, dorloUurs ou doreloteum mndifièi'enl encore leur nom et devinrent rubuniers.

Doreurs sur cuir. Au seizième siècle, l'on ne connaissait pas encore le papier peint, mais on commençait à utiliser comme tenture le cuir doré, arj^enlé. jjaulVé, etc.

Dans un compte de 15ô8, un siriir .leliaii Foucault, doreur sur cuir, reçoit de Catherine de Médicis 310 livres tournois, pour avoir garni loul une pièce en cuir de mouton doré, ary;eiilé el frisé. Un peu plus tard, ini des personnaj^es de l'île des Ilermaplirodiles nous apprend qu"il « s'occupoil à rej^arder la tapisserie du lieu, qui esloil d'un cuir doré, entremeslé de vert * ».

Les ouvTiers qui confectionnaient ces riches tentures furent constitués en corporation par Henri IL au mois de janvier l.">58''. Dès 1594, ils tirent renouveler leurs statuts, où l'on trouve une longue liste des petits objets qu'ils étaient autorisés à fabriquer : cadres de miroirs, boites à poudre, gaines pour horloges, tablettes à écrire, étuis à poids, a balances, à peignes, etc., mais sous condition que tons ces objets fussent en cuir orné el doré, .\ussi les maîtres sont-ils officiellement qualifiés àe doreurs sur cnir-ijarnisseurs-eiijnlireurs.

La communauté ne fit point fortune. « .^Itendvi, dit un arrêt de 1619, la pauvreté du mestier, qui n'est nécessaire, ains d'enjcdiveures, plaisirs et curiosités, occasion pourquoi la plus grande partie des maistres dudit mestier ne peuvent gagner leur vie... ». Ils furent donc autorisés à ne plus faire d'apprentis pendant dix ans, afin de restreindre la concurrence. Cet expédient resta inutile, el, en mai 1680, les doreurs sur cuir se fonilirent dans la communauté desmiroiliei's, contre laquelle ils n'avaient cessé de lutter depuis un siècle.

Les doreurs sur cuir s'étaient placés sous le patronage de saint .lean-Baptiste.

Doreurs sur fer et sur acier. Titre qui appartenait à la corporation des couteliers.

Doreurs de livres, ^'ers la fin du quinzième siècle, (jiiand vint la mode des reliures couvertes de dorures, les ouvriers relieurs ([ui avaient adopté cette ^pécialilé oblinrenl d'être admis à la maîtrise. Ils eurent, à ce sujet, de longs démêlés avec les libraires * . L'édit du 7 septembre 1686. sépara les libraires des relieurs, et donna à ceux-ci le titre de relieurs-doreurs de livres.

Voj. Relieurs.

' l''agni''Z, Ktmtfs xur r industrie, p. 12.

- N . Gav, (ilossoire archêoiogit^ue, I. I, p. Dlrt-

' Vuy. ci-dessus, p 2U0.

' Voy. E. Tlioinan. Les relieurs français, p 27 el suiv.

Doreurs sur métaux. La Taille de t2'.)2 cite quatre doreeurs. celle de l.'iOO en inenlionne trois. La dorure et l'argenture étaient pratiquées déjà avec beaucoup d'habileté, mais on interdisait le fourre' que nous appelons aujourd'hui doublé ou plaqué. V,\\ LWti, un orfèvre de Paris faillit être expulsé de la corporation, parce qu'il s'était permis de donner un revêtement d'or à un hanap d'argent ' .

Vers cette <late, la durure parait avoir constitué seulement nue spécialité dans le corps des orfèvres, le métier ne prend une réelle importance qu'au seizième siècle quand se développe le troùt des armes luxueuses. .Yussi est-ce seidement en 1565 que les doreurs-graveurs songent à se constituer en corporation et reçoivent leurs premiers statuts. Ils y sont qualifiés doreursarqenteurs sur fer, acyer et latoii *. On exige cinq ans d'apprentissage, qui seront terminés par le chef-d'œuvre •; celui-ci consistera à dorer ou argenler une épée , une paire d'éperons ou d'élriers, etc.

Ces statuts furent révisés et complètes en août 1773. J'y vois que les maîtres « feront tons les ouvrages de doreurs et damasquineurs sur fer, fonte, cuy\'re et lalon ■* ; pourront, dorer corcelets, morions, arquebuses, espieux. espérons, mors, selles, fers de .sainctures. gardes d'espée et de dagues, et damasquiner toutes sortes d'ouvrages ».

En fait, le métier de doreur sur métal était alors fort disséminé, car les couteliers et les fonrbisseurs avaient le droit de dorer e\i\-mêmes leurs produits. La corporation des doreurs se spécialisa dans les objets les plus riches et , comme travaillant les méliiux précieux, fut soumise à rautorité de la cour des Monnaies.

Des statuts imprimés en 1757 donnent aux maîtres le titre de mallres et murcknnds ciseleurs. doreurs, argentenrs, damasquineurs et enjoliveurs sur fer, fonte, cuivre et laiton. L'apprentissage reste fixé à cinq ans, mais il est suivi de cinq ans de compagnonnage ; le nombre des maîtres s'élève à en^n^on 370, et la corporation est placée sous le patronage de saint Eloi.

On les trouve nommés aussi aureurs.

Dorloteurs et Dorlotiers. Voy. Dorelotiers.

Douaneurs ou Douaniers. Fermiers ou commis de la douane. Celle de Paris était dite kâtel des fermes du roi. C'est là que se réunissaient les fermiers généraux et aussi que se centralisait le produit de toutes les douanes.

Outre deux commis principaux, le receveur général et le directeur général des comptes, le personnel de la douane de Paris ccntiprenait un receveur particulier, un contrôleur et quatre visiteurs.

Doubles Faiseurs de\ Voy. Doubletiers.

' fi. Fagnicz. Études sur /'industrie, p. 262. 2 et 3 Sic. pour laiton.

DOUBLETIERS — DRAPIERS

DoiLbletierS. <tn nimuimil ilimlilcl mil' sorte de Inng^ue camihole, commune aux deux sexes et qui recouvrait la chemise. Fait de coton, de toile, de soie ou de drap, le douhlet était aussi appelé fulaine ' on hlanrhel, et les fi^ens du peuple sortaient souvent sans autre vêlement sur le torse.

Pîn 1460, le roi Jean offrit « un blancliet double » à Jehan, son fou -. Le blanchet est encore mentionne au quinzième siècle dans La farce de. Pnlhelin. '. Durant l'hiver, on le remplaçait ou on le renforçait par \e peliron oi\ pe/issnii, chaud pardessus qui, comme son nom l'indique, était fail de pelleteries.

Les ilonbletiers se fondirent de très lionne heurta dans la corporation des pourpointiers. Dès 1323, les statuts accordés à ces derniers les autorisent à confectionner des doublets ^.

Je les ai aussi trouvés désignés sons le nom de faisenm de donbJes.

DoubletierS- Fabricants de pierres fausses dites doiMets.

Voy- Bijoutiers en faux.

Doubleurs. > Dans les manulactures de laine, ce sont des (invriers uniquement destinés ii doubler la laine sur un rouet. Les doubleuses de soie sont celles qui, dans les inanuractnres de cette matière, la doublent sur des ijnindres. qui sont des espèces de rouets. EUesla remetlentensnite au luouliiiier. pour lui donner une seconde façon ^ ».

Drapeaux ^Commerce des). L'article 18 des statuts accordés, en septembre 1678, aux selliers-carrossiers leur accorde le privilège de « fournir les banderolles des timbales, les guidons, étendarts, etc. ».

Drapelières. Voj. Chiffonnières.

Draperie (Commerce de la). Voj. Auneurs. — Boujonneurs. — Cameliniers.

— Colleurs. — Concierges. — Courtiers. — Drapiers. — Draps. — Drousseurs. — Épinceuses. — Splucheuses.

— Ports de la halle. — Foulons. — Laine. — Laineurs. — Ourdisseuses. — Poulieurs. —Retondeurs. — Tondeurs.

Drapiers. Des 1183, les drapiers iy>«w»«;7'/; sembleni avoir formé une corporation organisée. Nous les voyons, en effet, au cours de cette année, prendre à cens vingt-quatre maisons que Philippe-Auguste venait de confisquer sur les Juifs expulsés *. Ces maisons étaient situées dans une voie qui allait de la rue de la Juiverie ' à la rue de la Barillerie ', et qui prit alors le nom de

1 On noiiiiiiail ;ms.si fittnine, iinr l'Iortr nii-|piiiMii' (il r*t colon.

* Dout'I-d'AriMj, domptes de l'nrqenterie, y. Ti.'^.

3 Édit. de 172:>, p. 7.

4 Articles fl à II.

» .liiuhi'i-l, Dirliniuiaire (177.3), t. Il, p lîH- '' Sauvai, Aiilii/iii/r's de Paris, t. II, p. 171. — I. I)i'li.'-le, Aetes de /'/ii/ijwe-Ai(giis/e, ii" SB. ' .\iij. rui' de la Cilc.

* .Vuj buul(\aid du Palais.

Jndœaria pannificorum, La Taille de 1202 l'appelle déjà La Viez Draperie ' , mais elle n'y fait figurer aucun drapier ; en revanche, la Taille de 131.1 y mentionne, sur 18 habitants, 10 drapiers. 1 tondeur de drap et 2 (ailleurs *. La rue de la Vieille-Draperie a conservé ce nom jusqu'en 1838, époque où la rue de Conslantine aujourd'hui rue de Lutèce) s'éleva sur ses ruines.

Les statuts accordés aux drapiers en 1573. mentionnent, dans leur préambule, des statuts antérieurs datés de 1188, et que je n'ai pu retrouver. Mais, au mois d'août 1219, la corporation révèle de nouveau son existence. Les « mercatores confratres de draperia » achètent à un bourgeois de Paris, nommé Raoul du Plessis « Radulfus de Plesseio », une maison et son pourpris, situés derrière le mur du Petit-Pont. « domum cuni toto porprisio rétro maceriem Parvi Pontis ' ».

En dehors des pelleteries, dont toutes les cla.sses se couvrirent presque exclusivement pendant longtemps*, l'étoffe dominante pour les vêtements fut la suie au quatorzième siècle et le drap au treizième. Aussi, ce dernier commerce, quoique alimenté moins par la fabrication locale que par les importations de Normandie, de Flandre, de Champagne et de Languedoc, éUiitil déjà fort actif à Paris. Le poète qui a rimé le Dit du Lendit "" qualifie la draperie de « niestier hautain, » et place au-dessus de tous les autres marchands « li drapier que Dieu gart. » (]es drapiers étaient à la tète de l'industrie parisienne, les Tailles levées en 1292, en 1300 et en 1313 ne laissent aucun doute sur ce point. Pour la perception des tailles, chaque habitant était imposé proportionnellement à sa fortune, d'un dixième environ lorsqu'il s'agissait d'une taille extraordinaire, comme celle de 1313. Dans celle-ci, les trois commerçants les plus imposés et par conséquent les plus riches de Paris, sont trois drapiers :

Vasselin de Gant, taxé à 1.50 livres.

Jacques Marciau, — 135 — Pierre Marcel, — 127 —

(Jn ne s'étonnera donc point que les drapiers aient soumis, vers 1268. à l'homologation ilu prévôt Etienne Boileau des statuts très détaillés et très curieux ".

Ils V sont appelés loissaran^ de lange, c'esl-àdire tisserands de laine.

Le droit de s'établir s'achetait au roi. Mais cet achat était rare, car les maisons se transmet laient presque toujours de père en fils, ou du moins se perpétuaient dans la même f;imille.

Les statuts ont tout prévu pour favoriser ce résultat. Ainsi, chaque maître ne doit avoir chez soi « en son hostel » plus de trois métiers, mais

2 l'ap' lôd.

•' I/acti' dr vinlc a èlé |iublic dans la HibliothèqMe de l'éeole des Cknrles, \" scrii', t,\ , p. 477.

* \a\. l 'article Fourreurs.

5 Hiiiliolli. nationale, m.ss., fonds français, n" 24. 132, f"261.

S Litre des métiers, litre L

1)H,\PIKRS

on l'untorise à piviulro sous son loit ses enfants, ini frore et un neveu, et il peut coniier u cluicun (Peux, t«nt qu'ils ne sont pas mariés et reslenl NOUS son autorité, encore trois métiers. Ce tils, ce frère ou ce neveu étaient dispensés de la plupart des redevances acquittées par les membres de la corporation. Ils n'avaient rien à payer non plus s'ils prenaient l'établissement : celui-ci était lensé n'avoir pas clianj^^é de maître.

A pari les membres de sa l'aniille, ciiaqiie drapier ne devait avoir qu'un seul apprenti, el l'apprentissaj^e durai! lon^lemps. U était île sept ans po\ir l'entant sans ar}»-!'!!!. de six ans pour celui qui apportait vino;t sous, de cinq ans pour celui qui apportait soixante sous, et de quatre ans pour celui qui apportait quatre livres parisis.

Les statuts semblent avoir voulu qu'il ne fût pas fait de ditierence entre l'apprenti étranjjer et les apprentis membres de la faïuille : un article spécial assurait au premier une protection contre son uiaitre. L'apprenti qui croyait avoir de sérieux griefs à formtder pouvait quitter l'atelier, el, soit directement, soit par l'intermédiaire lie ses amis, porter sa plainte au Maître des tisserands. Celui-ci nuindait le patron, l'interrog^eait, el s'il était reconnu coupable, lui enjoi- "fuaif « que il tien<^ne l'apprenliz honoral)lemenl comme fils de preud'oume. de veslir. de chaucier, de boivre el de raangier, el de toutes autres choses». Si quinze jours après, le maître n'avait pas obéi, on plaçait l'apprenti dans une autre maison.

Les drapiers disaient tenir de Blanche de Castille, « de la roine Blanche, qui Diex absoille », le droit de teindre eux-mêmes leurs draps, sauf pourtant quand il s'agissait de la teinture bleue appelée i]uède ' . el que deux maisons seulement pouvaient employer. Lorsque le maître d'une de ces maisons mourait, son successeur était désigné par le prévôt de Paris. Les teinturiers, qui prétendaient cumuler le lis.sage el la teinlure, eurent à ce sujet de longs démêlés avec les drapiers. Ils demandaient, ou que les drapiers cessassent de teindre, ou que les deux métiers fussent réunis, et que drapiers et teinturiers pussent également teindre et tisser. Les drapiers refusèrent d'abandonner aucune de leui-s prétentions, et la victoire finit par leur rester.

Les statuts recommandent de n'employer aucun ouvrier menant une mauvaise conduite. Il suffisait qu'il eût une maîtresse à Paris ou en ■lehors, qu'il « tiegne sa meschine au chans ne il l'oslel », pour se voir aussitôt chassé, non seulement de l'atelier, mais encore de la ville.

Le travail à la lumière était interdit. Nul ne pouvait se mettre à l'œuvTe « devant l'eure de ■ioleil levant ».

Dans l'origine, tous les maîtres vendaient les draps qu'ils avaient tissés ; mais, dès la fin du treizième siècle, on vit se produire cette division entre l'industrie el le commerce que nous offrent aujourd'hui toutes les branches delà production.

' Elle a été remplacét; par l"indigo.

Les maîtres les plus riches se boinerenl a vendre les draps qu'ils faisaient fabriquer ; ils furent appelés Grands maîtres, par opposition aux Meiiii.s maîtres, nom donné aux producteurs. Dans la suite, ces derniers piirent le nom de Drapiersdrapans, qui les distingua des Marcnaudsdrapiers.

La corporation était administrée par un maître, dit le Maître des tisserands, el par quaire jurés. Le Maître des tisserands, personnage important, relevai! direclemeni sous certains rapports de Taulorilé royale, pour l'organisation du service du guet, par exemple.

Dans le chapitre que le Lirre des métiers consacre aux droits dont les draps étaient alors imposés ', on trouve cités les lieux de production suivants :

Beauvais. Louviers.

Châtres*. Tours.

Cambrai. Douai.

Saint-Denis.

Les statuts que je viens d'analyser lurent revisés le 23 avril l.'JOO ', mais celte nouvelle rédaction esl presque exclusivement relative à l'organisation de la confrérie, el elle modifie sur très peu de points les statuts précédents. La confrérie se réunissait le premier dimanche de l'année , « le premier dimanche après les estraines * ». Un banquet suivait les exercices religieux, et les pauvres n'y étaient pas oubliés. A chacun de ceux de l'Hôlel-Dieu, on envoyail un pain, une pinte de vin el ^< une pièce de char 5, buef ou porc ». Les prisonniers du Chàtelel recevaient à peu près autant, et s'il se trouvait dans le nombre un gentilhomme il avait droit à deux mets. On donnait encore un mets au roi el à chaque accouchée de l'Hôtel- Dieu, un pain à chacun des religieux jacobins el corileliers et à tous les mendiants qui se présentaienl pendant le repas. Les restes en pain, vin, grais.se, etc., étaient remis le lendemain <•. aux religieux de \ au-par-fonde ^ » et aux hôpitaux de Paris. Ces mêmes statuts, qui l'urenl confirmés sans changement en juillet 1362. en février 1364 et en mars 1392. autorisent les drapiers à laisser ouverle, à tour de rôle, une de leurs boutiques le dimanche.

Quand Louis XL en 1467, eut l'idée d'enrégimenter sous soixante et une bannières tous les métiers de Paris, les tixerands de lanqe formèrent à eux seuls la trentième bannière, tandis que les marchands druppiers en composaient une autre ''.

Quelque temps après, les drapiers eurent la satisfaction de voir disparaître une communauté qui leur avait pendant longtemps fait concurrence, celle des chaussetiers. Ses dépouilles furent

' II" partie, litre XXIV.

- .\uj. .Vrpajon.

■* Orfionn. rot/ntes, t. III, p. 5yl.

* Les l'trennes.

» Di' chair.

•> I/abbaye de Valprofond ou ilc \ aui'aifuud, ilan.'» la valléi' de la Bièvre.

" Ordumi. royales, t. X\ 1, p. 671.

DRAPIERS — DRAPIERS DTjR ET DE SOIE

ptiriay;('i>s pntrf les liiiUiMirs. li-s liiij^cn's i-l les drapiers. Ces derniers ulitinrent le droit de l'aire et vendre les chansses en drap, serge, drogue! et autres tissus de laine, ainsi que celles de toile peinte, et ils prirent à partir de cette époque le litre de drapiers-chaussellers.

Leur industrie subit le sort commun pendant les guerres civiles du seizième siècle : lorsque Henri IV monta sur le trône, elle était discréditée et il peu près ruinée. Elle pruduisait quatre fois moins qu'auparavant, k Provins, où dixhuit cents métiers avaient jadis man^lié. à Seidis. à Meaux, il Meliin, à Saint-Denis, aussi dans d'autres localités des environs de Paris, la fabrication était ralentie ou presque arrêtée.

La pacification du royaume et Téditde Nantes rendirent cette industrie moins précaire, mais la France restait toujours tributaire de la Hollande et de l'Angleterre. Antoine de Montclirestien pouvait écrire en 1615 dans son Trairtr de rœrmiomie imlitùpie : « Il ne nous est permis de porteren .\ngleterre aucune draperie, à peinede ciuitiscalion. Au contraire, les Anglois. en pleine liberté, apportent en France toutes telles draperies qu'il leur plaist, voire en si grande quantité ([ue nos ouvriers sont maintenant contrains pour bi plusparl de prendre un autre mestier, et bien souvent de mendier leur pain ' ». Un demisiècle plus tard, pareille pensée n'eût pu venir à ces ouvriers. Nicolas Cadeau avait créé la manufacture de Sedan i'I(5461. Josse van Robais celle d'Abbeville ( IfiC5\ el une foule de fabriques secondaires existaient dans le reste de la France.

A cette époque, les drapiers parisiens étaient régis par des statuts de février lii73, revisés le 17 février 1646. L'apprentissage durait trois ans, et était suivi de deux ans de compagnonnage. Chaque maître ne pouvait avoir en même temps qu'un seul apprenti ; il était cependant autorisé il en prendre un second quand le premier avait terminé sa deuxième année. Aucune boutique ne pouvait plus rester ouverte le dimanche. La corporation était administrée par six jurés ou gardes.

La révocation de l'édit de Nantes avait arrêté l'élan pris par nos manufactures. Beaucoup d'ouvriers protestants s'expatrièrent, passèrent soit en Angleterre soit en Allemagne, et la production des draps ordinaires subit un ralentissement qui, sons Louis XV, s'étendit aux draps de luxe. La Cour, d'ailleurs, avait misa la mode la soie et le velours, et d'Argenson écriviiil, le 29 septembre 1753 : « Nos principales manufactures tombent de tous côtés. Celle de M. van Robais, qui éloit si riche et si fameuse, ne travaille presque plus ; nos gens riches ou qui se piquent de l'être, ne voulant plus se vêtir que d'étoflfes de soie en toutes saisons, ce qui accomplit la prédiction du duc de Sully que l'on quitteroit les vers pour la soie *. A Andelvs, en Normandie, il j avoit une manufacture de beaux draps ; et de soixante-dix métiers battiiiis qu'il y avoit, il n'en reste plus que neuf ^ ».

I II" partir, p. 02.

i Sir.

3 D'.Vrgensun, Hémoirts, l \\\\, p 131

Les drapiers paraissent iivoir toujours t«nu le pn'mier rang parmi les Six-Corps, privilège qu'ils conservèrent jusqu'à la Révolution. Le nondire des maîtres, tombé ù 190 en 1725, était de 200 en 1770 et de 192 en 1779.

Le bureau de la corporation était situé rue des Déchargeurs. En 1527. les drapiers avaient acheté à .Jean le Bossu, archidiacre de Josas, un vieux logis appelé la mnixoii (les (Uirni'anj '. Ils le liri'iit démolir vers 1()70, el Jacques Bruant éleva sur ses ruines un joli monument de style dorique, qui subsista jusqu'en 1786; il fut alors remplacé par l'affreuse halle aux draps et aux toiles qui a disparu sous le second Empire.

Les drapiers avaient pour patrons saint Nicolas et sainte Marie l'Égyptientie. Des lettres patentes de 1541 constatent que « de grande ancienneté et passé plus de trois cens ans, les drappiers ont tousjours eu chappelle el coiilrairie fondée en l'église des Saiucis Innocents ». Les statuts de 1573 fixent la date de cette fondation à l'année 1188*. *

Drapiers d'or et de soie. En y mettant

un peu de bonne volonté, les drapiers d'or et de soie pouvaient faire remonter leur origine jusqu'au treizième siècle, jusqu'aux ouvriers de draps de soi/e et de tt'luynus, el de bourserie en lice qui, vers 1268, présentèrent leurs statuts à l'homologation du prévôt Etienne Boileau.

Disons tout de suite que le reluyau est du velours, que la bourser ie déû^ne les riches étoffes dont on faisait des bourses et <les aumonières. et que la lice, lisse ou chaîne est l'ensemble des tils que traverse la trame.

Au moyen âge, l'ouvrier qui voulait .s'établir drapier de soie devait, avant tout, prouver qu'il connaissait le métier. Il devait « le .savoir faire de touz poinz, de soj , sanz conseilou ajde d'aulruy >>, aussi était-il examiné par les jurés du métier, à qui il versait dix sous >,< pour leur paine ».

Chaque maître ne pouvait avoir à la fois plus de deux apprentis.

La durée de l'apprentissage était de huit ans pour l'enfant sans argent, de six ans seulement pour celui qui apportiiit six livres parisis •'.

Le travail à la lumière éliiit interdit, sauf quand il s'agissait du roi, de la reine ou des enfauLs de France.

La veuve d'un maître pouvait continuer le métier, pourvu qu'elle le siit « faire de sa main »..

La mesure des étoffes était fixe el conforme à l'étalon déposé au Chiîtelet. Sur commaiule spéciale, on iivail droili île faire plus large, en aucun cas, on ne pouvitit faire plus étroit. La chaîne devait avoir 1.800 fils de soie retorse ou 1.900 fils (le soie simple '.

Cette première corporation de drapiers avait siuis doute disparu depuis longtemps quand, vers 1470, Louis XI appela, de Grèce et d'Italie, divers artisans habitués à travailler la soie. Il les

' Salivai. I. Il, p. 472.

- l'ri'aiiilïiilv-.

•' Cent francs, prul-Miv.

> J.ipre lies iHititrs, tili'P XL.

DRAl'lKKS 1)(IK MT DK SOIl')

DKAI'IKHS-DHAI'ANS

iiis(iill;i il Tours, où ils furent pliu-cs smis riiiiloritf (11' ( iiiilliuiiiR' Bri(;imiii't. seoretaire des liiiiuici's. I)ix mis après, le 23 ili'i'emhre 1480, (les lettres patentes leur aceiirclèreiit exeiuptioii pleine et entière de tout inip<M. (^Jiarles \'II1 leur confirma ce privilège en 1497 ; l'ordonnance qu'il rendit à cette occasion fixe à cinq ans le temps de service des apprentis, afin qu'ils arrivent u « parfaitement savoir hesonjjner de l'un des quatre lions draps, c'est assavoir satin, damas, velmix et drap d'or ' ».

Celte seconde tentative échoua c imme celle qu'avait inaufîurée le treizième siècle ; elle fvit ruinée par les édits somptuaires, par les jruerres civiles, de sorte qu'au seizième siècle, aucune industrie de ce genre ne semble exister en France.

Henri IV eut la gloire de ranimer, de recréer plutôt, cette industrie. Malgré l'opposition du clergé et celle de l'austère Sulh* -, il lit venir d'itiilie des ouvriers renommés par leur haliilelé et les logea, en 1603, rue de la Tixeranderie dans le vieil hôtel d'.\njou, dit alors luMeL de la Macque ■'. Ils firent là, écrit Palma (^avet ^< des pièces excellentes en rehaulsenient de fils d'or et d'argent, draps d'or et d'argent, toiles d'or et d'argent, d'or frisé de toutes les façons, avec une naïfveté tant des estoffes que des estofifures, tellement qu'aux damas figurés, salins et autres ouvrages, il semlileroit que les c iiilenrs qui j esclatent sont toutes choses naturellement procrées, tant est l'industrie naïfve et sulilile de leurs tissus ' >>.

Cette manutiicliire fut ensuite transportée dans ce qui restait des bàliments du vieil hôtel des TourneUes.dont la démolition, ordonnée en 1565, n'était pas encore achevée. C'est là que l'on mit en œuvre pour la première fois les soies obtenues dans les magnaneries établies par le roi. Mais les ou\Tiers s'y trouvèrent bientôt à l'étroit, il fallait construire, et cette nécessité donna à Henri IV l'idée de la place Royale, qui fut élevée, comme on sait, sur les jardins de l'hôtel des Tournelies.

l'jU 1606. on fabriquait des velours à L^'on, des salins et des damas à Trojes, des crêpes à Nantes, et d'immenses et luxueux locaux abritaient la corporation de Paris ^. Isaac de LatTémas pouvait citer avec fierté « ces orgueilleux bastimens de la place Royale, dont le front menace de ruyne les estrangers qui vivoient de nos dépouilles, et dont la seule baterie des mestiers que nos Francoys y ont montez fait peur à tout un pays ^ ».

Les lettres patentes qui avaient fondé ce bel établissement sont datées de 1603. Ses premiers administrateurs furent anoblis, sous la condition qu'ils dirigeraient les travaux pendant douze ans.

' Ordonii. royales, l. XX, p. 598.

* ^oy. ci-(lps.sous l'article Soie (Commerce de la).

' Jaillol, quartier de la Grève, p. 52. — Sauvai, Becherehes sur Paris, t. II, p. 76. — Cet hôtel figure encore .sur le plan de Gomboust (1647).

* Chronologie septf'naire, édit. Michaud. p. 258.

^ Procès-verbaux des nssembUes du clergé, t. I, p. 765. ^ Histoire du commerce. Dans Ciniber cl Danjou, Archicts curieuses, t. XH'.

.Xprès le même laps de temps, I iiis les ouvriers employés dans la maison devaieiil recevoir gratuitement des lettres de maîtrise.

k. l'issue des douze annéo-s fixées pour l'expérience, les ouvriers se virent donc ccuistitnés en communaulé (juillet 1()15) et leurs statuts furent enregistrés. La durée de l'apprenlissage, désormais réduite n quatre ans, fut suivie de trois ans de compagnonnage. Chaque maître put avoir à la fois juM[ii'à trois apprentis. Les fils de maître furent exempts du eoinpagnonnage et du rhefiTeFurre. Le compagnon éponsani une lille de maître éUiit dispensé du rhff-irirnrre seulement. Trois jurés furent élus pour administrer la nouvelle corporation.

Celle-ci eut, en ell'et, d'iucessanls démêlés avec la communauté des tissutiers-rubaniers. Une transaction, signée en mai 1644 et confirmée en février 1648. inlei-viiil. qui réunit les ileuxc^rps d'étal en un seul ; les lis^uliers restant, d'ailleurs, soumis à leuis slaliils de l.")8.') et les di'apiers de soie à ceux de 161.').

La mauulactiire de la [ilace Royale avait décliné peu à peu. ainsi que bien d'autres, après la mort de Henri IV ; il n'en resta bientôt plus, dit très bien M. Francisque Michel ', que la leçon d'une expérience chèrement acquise et un exemple à suivTe.

Heureusement Colbert arriva. Il reprit la grande œuvre due à l'inilialive de Henri 1\ , et rétablit l'ancienne nianufaclure. V,i\ même temps, il sépara les deux corporations rivales, et leur donna de nouveaux statuts (avril 16(i4 et juillet 1667). Les lissulier.s-rulmniers furent désignés sous le nom A^ouvriers de lu petite nacette et ne durent pas fabriquer d'étoffe dépassant en largeur un tiers d'aune. Les drapiers de soie, dits ourriers de la grande narette pour les distinguer des précédents, eurent le droit de faire des tissus aussi larges qu'ils voulaient, et les statuts de 1667 leur donnent officiellement le titre de minslres et marcha nd.t ourriers en draps d'or, d'argent et de soye et autres étoffes meslange'es. Chaque maître ne put avoir à la fois qu'un seul apprenti. L'apprentissage fut fixé à cinq ans et le compagnonnage à trois ans. Le chef-d'œuvTe dut être « fait sur l'un des quatre draps cy-après nommez, sçavoir : sur le velours plein, le satin plein, le damas et le brocard d'or et d'argent ». Six jurés administrèrent la corporation, et deux autres, choisis parmi les anciens jurés, surveillèrent les jurés en charge. La communaulé était placée sous le patronage de saint Louis.

Le nombre des maîtres, qui était de 318 en 1725 - , paraît avoir peu varié jusqu'à la Révolution.

Drapiers-drapans. Titre que prenaient

les fabricants de draps pour se distinguer des marchands drapiers.

Les cardeurs se disaient également drapiers-

• Francisque Michel, Reeherekes sur les lissus de soie au mogt» âge, t. II, p. 434.

* Savaiy, Dictionnaire du commerce, l. II, p. 434.

DRAPIERS-DRAPANS — DRAPS

(Ira pans. Leurs statuts leur reconnaissent, en effet, le droit (le fabriquer du drap, de le teinilre même en « noir, musc el brun >», et de le vendre, mais en g'i'os seulement ' .

Les foulons, avec moins de rais<in, s'attribuaient le même titre.

Draps (Noms divers donnés aux). Dans cet article, complément de celui que j'ai consacré aux drapiers, on trouvera seulement l'explication des termes techniques qui se rencontrent le plus souvent, soit dans les documents consacrés à la draperie, soit dans lus mémoires historiques relatifs à l'histoire de France.

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