AU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
Draps adversins ou avïrsins, ceux qui étaient à double face, sans envers.
Draps camelins. Voy. l'article Cameliniers.
Draps de cap et queue, ceux dont la pièce n'avait pas été entamée, qui possédaient encore leurs deux lisières.
DfiiVPS bien coiffés, ceux dont les lisières étaient très soignées, unies, de bonne larg'eur et de couleur agréable.
Draps diffamés, ceux qui avaient des défauts. L'on disait, par opposition, draps entiers ou marchands.
Draps effondrés, ceux r[ui avaient été laines trop à sec.
Draps épaulés, ceux qui avaient été tissés avec plus de soin aux lisières qu'au milieu de la pièce. « Draps espaulés, c'est à savoir draps desquels la chajne ne fust aussi bonne en milieu comme aux lisières ». Le drap épaulé, saisi par les jurés, était porté au Châtelel où on le coupait en morceaux de cinq aunes chacun. Après que le tisserand coupable avait pajé vingt sous d'amende, on lui rendait les morceaux, en lui faisant prêter serment de ne les pas réunir et de ne les vendre qu'après avoir prévenu l'acheteur - .
Draps essellés ou esselletés ', ceux qui avaient été catis au moyen de planchettes de bois.
Draps essorillés, draps défectueux auxquels, pour les distinguer des autres, on avait enlevé les lisières.
Draps dits estanforts *. Leur nom venait-il, comme le dit M. Scheler, « de la ville de Stanford, dans le Linconshire, qui jouissait déjà d'une grande réputation pour ses mannfaclures de drap ^ ? » J'en doute, et je pense (]u'il vaut uiieux chercher l'étymologie de ce \e.rmi' {estame fort) dans le mot estame ou estnin ", qui désignait la laine peignée et tordue dont était formée la chaîne du drap.
I Articles 10, 17 et 19.
■^ Litre des me'/iers, litre L, art. 33 et 34.
-I Voy. Ducango, Otossaire, ou mot esselta.
* JÀtre des métiers, titre L, art. 21.
» Lexicojirapkie latine du Ireisiéme siècle, p. 55.
* Du latin slumen.
Draps évidés, draps de mauvaise qualité, « creux et lâches ».
Draps faux ou faux draps, ceux qui dépassaient la lisière.
Draps gachiers ou cachets, draps communs dans lesquels entraient toutes sortes de laines.
Draps de graine, draps teints avec la graine d'écarlate ou kermès.
Draps d'iraingne ou d'iraigne, draps très légers comme l'indique ce nom d'iraigne, par lequel on les comparait à une toile d'araignée. Dès le quatorzième siècle, on trouve des iraignes de Rouen, de Xeufchâtel, etc.
Draps jaglolés, sans doute draps irisés : du moi jaglians qui signifiait Heurs de glaieul ou d'iris.
Draps maufumiers ou manfroxiers ', draps de qualité inférieure, dont Louviers et Tours avaient la spécialité.
Draps nay.s, nayfs ou naïfs, draps ordinairement rayés, dont la chaîne et la trame étaient de même qualité. « L'en apele drap nayf, à Paris, le drap duquel la chaane et tisture est tout d'un », dit le Livre des me'tiers *.
Draps plains, les draps unis, par opposition aux draps rayés.
Dr.\ps seiz,uns, ceux de seize cents fids de chaîne. Les tisseurs allaient jusqu'à quatre mille fils, par gradation de deux cents fils, et les draps étaient dits .-
Trente-deuxains.
— qnalrains.
— si\ains.
— huitains.
Quarantains.
etc., etc., etc.
ou TRIBLÉS. draps de trois
Dix-huitains.
Vinglains.
Vingt-deiixains.
— quatrains.
— sixains.
— hid tains.
Tren tains.
Draps tribolés couleurs ■'.
Mais, durant cette période, les drapiers fabriquaient, outre les draps, une foule d'étoffes de laine dont les noms figurent sans cesse dans les récils de nos chroniqueurs. Je citerai parmi eux.
La BIFFE, drap léger souvent rayé en travers. On trouve déjà mentionnées en 1293 des « biffes royées de Prouvins * ».
I^e bourac.vn. Voy. l'article Bouracaniers.
La BRtiNETTE, tissu très fin et de couleur sombre. Le roi Jean H, aux obsèques de son père, était velu de bruuelle. On citait les brunettes de Douai, de Commercy, de Malines, de Bruxelles, etc.
Et pour un lilanchet *, Guillemetto, Me l'aull trois quartiers de brunetle,
dil Pâte
t Voy. Ducange, au mot pannus.
- /.ivre des métiers, titre L, art. 25.
l'eut-i^lre aussi draps brouillés ou de couleurs iiielaiif^ees. Du lalin tribulare.
* \ oy. Ducaiige, au mol bi/fn.
S Camisole fort en vogue au (juatorziènie siècle.
^A'û. Coustelier, p. 7.