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ÉCRIVAINS

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Aux ternifs des slatuU qui leur furent accordés, il fidlail, pour fiilriM' diiiis hi corpunilion. être (lo lioiiues vit> et uiœurs, faire profession de la relifjion catholique el avoir habite Paris depuis trois ans au moins, l>",n outre, nid ne pouvait « tenir escole puliliqtie d"éeriliire pour ensei^'ner les enfans tant à l'écriture que au ^--el el calcul», avant d'avoir été examiné par quatre des nuiUres sur la manière d'écrire, sur l'orthog^rnphe et sur « l'iirt de jetter et compter ' ».

Les maîtres étaient reconnus comme experts près les trihimaux : c'est à eux seuls que devaient être soumis les actes, lettres, titres ou sio-natures ar"ués de faux. Ils ne sont cependant qualifiés encore que de « maîtres écrivains tenant écoles d'écriture ».

Deux maîtres, élus ciiaque année par leurs confrères, étaient chargés de surveiller el d'administrer la corporation.

Ces statuts avaient été rédigés par les maîtres suivants : Antoine Périer et .Tacques Fustel. écrivains de l'Université, Thomas Danel. Malhieu Biétrv . (^hristotle Harhier . Adam Charles , Jacques Barbier. Antoine Le Grand et Martin Fustel.

On peut citer encore, parmi les meilleurs écrivains du seizième siècle :

Ange Yergèce. oiiginaire de la Crète. Nul ne l'a surpassé dans l'écriture grecque.

(reoffroy Tory, dit le maître du pot casse', nom qu'il dut à son enseigne. Il s'occupa surlo\it de perfectionner les caractères d'imprimerie, el publia en ir)29 son Champ fleury, dans lequel il établit la théorie des caractères dits ehe'rirs. Il tenta aussi de réformer l'orlliographe. et proposa plusieurs améliorations qui n'ont pas tardé à être adoptées. Il faut, pai- exemple, faire remonter jusqu'à lui l'origine de l'apostrophe, des accents, de la cédille, encore inconnus de son temps. Lui-même écrivait ainsi cette phrase : <,< En nosire langue navons point daccent figure en escriplure, et ce pour le default que nosire langue nest encore ordonnée a certaines reigles. C devant O aucunesfois est solide, comme en disant coquin, coq ; aucunesfois est exile, comme en disant ^(/»ro«, maçon... - ».

Jacques de La Rue dédia au duc d'Anjou. en 1565, un recueil de modèles qu'il avait tracés et gravés.

Pierre Hamon. né à Blois. « étoit. dit La Croix du Maine, le plus renommé de France, voire de l'Europe, par la perfection qu'il avoit d'écrire en toutes sortes de lettres ^ », et « il rendoit avec une aisance inimitable les caractères les plus difficiles * ».

Jean de Beauchène, auteur d'une méthode d'écriture publiée en 1580.

* Voy. ci-dessus les articles Arithméticiens el Jeton.s (Calcul par les).

* Champ fieury, auquel est eonlexu l'art et seitnee île la dau et traye proportion des lettres atHijuis... Voy. f" 37 verso et 52 recto.

' ûiiliotièfue fraitfoise, t. Il, p. 288

* iYouteau traité île diplomatique, t. VI, p. 199.

Claude Jes.seraiui mourut en Italie, rni il s'était rendu pour étudier les maîtres écrivains de ce pavs.

Nicolas Ouiltree, reçu maître en 1589.

Jean de Heangrand . qui lut ihoi>i pour enseigner l'écriture ii Louis XIII. cadelail avec une facilité vraimeid merveilleuse. On nommait cadeaux les encadrements, les grandes lettres initiales formées d'enlacements, d'enroidements, de lacets, de figtires tracées à la volée '.

François 1''' possédait ime belle écriture. Il est probable que hii et sa soeur Marguerite avaient eu le même maître, car leurs écritures se ressemblent fort *. Henri II et Maignerite de Savoie, sa sœur, écrivaient également bien •'. L'écriture de François II est un peu enfantine, mais celle de Marie Sluart est fort bonne '. Henri III et Henri IV avaient été élèves du collège de Navarre ; le premier écrivait comme un chat " ; l'écriture du second ne valait guère mieux '', et de plus, il resta toujours brouillé avec l'orlhograplie.

L'écriture d'Anne d'Autriche est plus illisible et plus mauvaise encore que celle de Marie de Médicis ■". Toutes deux . d'ailleurs , sont larges, élancées, el ne manquent pas d'une certaine distinction. L'écriture fine et mal formée était déjà comparée à des pattes de mouches. Dans La comédie des prorerbes, écrite en Ittlfi, Philippin dit à Alaigre : « (resl là où tu as appris ces beaux pieds de mouches et ces beaux y grégois * ».

L'écriture de Louis XIV. grande, ferme, un peu lourde, est pleine de noblesse ; très penchée à droite, elle semble dénoter la prédominance de sentiments tendres, dont le grand roi a pourtant donné peu de preuves. Il avait eu pour professeurs Lubin el Jean Lebé, dont les services étaient récompensés avec une grande parcimonie. Je vois, dans Y Estât général de la maison du Roy, publié en 16.'i7. que Jean Lebé touchait seidement 300 livres, tandis que le maître de danse du roi en touchait "2.000 el son maître de dessin 1.500 ».

On trouve dans le magnifique catalogue d'Alfred Bovel lu" 25 le fac-similé d'un devoir d'écriture provenant du petit Louis XVII, qui avait eu pour maître M. Jourdan-Dumesnil.

Revenons sur nos pas.

Les premiers statuts des écrivains furent souvent confirmés ou renouvelés au cours du seizième et dans la première moitié du dixseptième siècle. La corporation était alors en pleine prospérité. On se plaignait pourtant que les maîtres abusassent à la fois el des abréviations

* Sur rélvmoliigie du mol cadeau, dérivé sans doute de ealenn, voy. G. Tory, P» 52 verso, et Ménage, Dictionnaire ètymologiqiii', t. I, p. 278.

S Voy. le Musée des archites, n" 582, 612 et 616. 3 \oy. le .Musée des archires, n»' 628 et 630.

* Voy. le .Wusée des iirehites, n<" 657 et 658.

5 Voy. le Musée des archites, n" 668.

6 Voy. le Mu.iée des archites, n° 706.

"^ \'oy. le .Vusée des archives, n"* 790 ot 792. ' Ancien théâtre français, t. IX, p. 32. 9 Pages 115 ot 116.

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