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ECRIVAINS

el (les ornements inutiles. Le Parlement ne se rei^arda pas comme incompétent en semblable matière, el résolut d'adopter des modèles qui pussent servir de types pour l'expédition de tous les actes. Le soin d'exécuter ces modèles fut confié au célèbre Barbedor et à Lcbé. La Cour déclara leur travail parfait, el un arrêt du 26 février 1633 ordonna que les écrivains chargés d'enseif^ner la jeunesse s'inspireraient désormais de ce type officiel ; « qu'à l'avenir, on ne suivroit pas d'autres alphabets, caractères, lettres et forme d'écrire que ceux qui éloient figurés et expliqués dans les exemplaires présentés à la Cour ; que ces exemplaires seraient gravés, burinés et imprimés au nom de la communauté des maîtres écrivains vérificateurs ; enfin, que ces exemplaires resteroient à perpétuité au greffe de la Cour, et que les pièces qui se tireraient des gravures seraient distribuées dans tout le royaume ' ». Je ne sais quel fut le sort de cet arrêt; mais, dès les dernières années du règne de Louis XIII, on voit apparaître la grande, belle et ferme écriture qui dominera au dix-septième siècle.

Barbedor et Lebé avaient d'habiles confrères, dont quelques-uns méritent d'être mentionnés.

Guillaume le Gangneur occupe parmi eux le premier rang. Son talent fut célébré par les poètes de son temps, et il a laissé trois traités sur son art.

Desperrois, Ktienne Blegny, L. Senaull, Lucas Mafherot, Nicolas Goujenot, Nicolas LesQ-ret ont donné aussi des modèles estimés.

Raveneau publia en 1665 un Traite' des inscriptions en faux et des recagnaissances d'écritures, dans lequel il indiqua le moyen de les contrefaire. L'ouvrage fut jugé dangereux ; un arrêt du Parlement * (10 février 1670) en interdit la vente et raya du lableau des experts l'auteur qui, douze ans après, finit par être condamné à une prison perpétuelle.

Antoine Rossignol se rendit célèbre par la facilité avec laquelle il interprétait les écritures chiffrées. Une dépêche de ce genre, interceptée lors du siège d'Hesdin et lue par Rossignol, avança de huit jours, dit-on, la reddilion de la ville ^.

Jean-Baptiste Allais de Beaulieu * fut protégé par Limvois, et Senault par Colbert.

Les manuscrits de Nicolas Jarry valent aujourd'hui pres([ue leur pesant d'or. C'est lui qui écrivit la Guirlande de Julie, le plus célèlire monument calligraphique du dix-septième siècle. Lors de la vente La \'allière, ce volume fut payé 14.510 francs.

François deBarrème, établi rue Dauphine au bout du Pont-Neuf, était plus arithméticien

1 Ji' n'ai pu trouver l'oripiiial de cet arrêt. Je le cite il'aprèsV/îiiri/elopëdie mëlhodique, arts et métiers, t. II, p. 358.

^ Cet arrêt nous apprenti que le nombre des écrivains exerçant a Paris était alui's de 33 environ.

3 Talleniant des Réaux, t. II, p. 32. — M. Paulin Paris, éditeur de Talleniant, croit que do cet habile Hos.si^ol vient le nom donné au crochet qui ouvre toutes les serrures.

* Sa classe , la plus aristocratique de Paris , lui rapportait 80.000 livres par an.

qu'écrivain. Son petit livre des Comptes faits, imprimé en 1670, donna à son nom une notoriété qui est devenue proverbiale * .

Au mois de janvier 1691 , les écrivains présentèrent au roi une requête * où étaient exprimées des doléances qui paraissent assez légitimes.

Ils se plaignaient d'abord, qu'au mépris du privilège inscrit dans les statuts de la corporation, les juges employassent pour les vérifications d'écritures des greffiers , des notaires , des commis, et seulement deux ou trois maîtres écrivains. Ils demandaient donc que toutes les vérifications fussent réservées aux membres de la communauté. Ils déploraient aussi que des gens sans instruction usurpassent la qualité d'écrivains, et que l'on osât mettre en vente des modèles d'écriture sans les avoir préalablement soumis à l'examen de la communauté. Enfin, ils se plaignaient que dans les Petites-e'coles placées sous l'autorité du chantre de la cathédrale, on enseignât l'écriture et rarithniétique, tandis que, disaient-ils, les maîtres devaient s'y borner à la lecture.

La corporation eut beau obtenir du Parlement des arrêts favorables à ses prétentions, faites état que l'on n'en continua pas moins à enseigner l'écriture dans les Petites-écoles. Aussi, les maîtres écrivains, alors au nombre de 65 environ, prirentils la résolution de modifier leurs statuts. Des lettres patentes de décembre 17"27 sanctionnèrent la nouvelle rédactioji, composée de trente articles dont voici la sidjstance.

Nul ne pouvait être reçu maître qu'il ne fît profession de la religion catholique ; ce que le candidat devait établir <,< par son extrait liaplistaire et un certificat de son confesseur et de deux notables bourgeois ' ». Dans aucune autre communauté, je n'ai trouvé cette condition entourée de telles garanties.

Les maîtres avaient le titre de Jurés écrivains, expéditionnaires et arithméticiens, teneurs de lirres de comptes, établis pour la térificatiin det écritures, signatures, comptes et calculs contestés en justice.

Il fallait, pour obtenir la maîtrise, avoir vingt ans accomplis, et subir pendant trois jours un examen « sur l'art de toutes les différentes écritures, sur l'ortographe ' , l'arithmétique universelle, les comptes à parties simples cl doubles, les chany-es élrany-ers. les arbitrages. les vérifications d'écritures, signatures, comptes et calculs, sur la diction des mémoires et placels au Roy, aux princes et aux ministres, et sur le dressé et arrangement des comptes, états et bordereaux ».

Les fils de maîtres étaient reçus à dix-huit ans, et après une « légère expérience » ; mais ceux qui étaient nés avant la maîtrise de leur père ne jouissaient pas de cette faveur. Dans Ions les cas.

1 Voy. l'aftiele .-Vrithniéticiens.

* Voy. à la Bibliothèque nationale, le manuscrit français coté 21,717.

^ Cet article n'eii«le plus dans les statuts de 177B. » .Sic.

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