ÉCRIVAINS — ÉCRIVAINS PUBLICS
nul ne poiivnil faire (le vérifications d'écrilures iiviinl viiij;l-ciiiq iins révolus.
L'iispinml à la miiîtrisp subissait son exiimen en présence du doven el de vin};(-(|ualre Anciens. Ou in7,e jours iiupanivaiil, on lui coinniuniqnait un formulaire indiquant les matières sur lesquelles il (levait être interroffé.
Nul étranger à la corporation ne pouvait ^< tenir classe publique d'écriture chez lui, ni enseigner en ville directement ni indirectement l'art d'écrire, l'arithmétique et tout ce (pii en est émané, chiv. qnelcpies personnes de telle qualité et condition (jnelles puissent être même dans aucun collège ni communauté ». Cet article accordait de nouveau aux écrivains un monopole pour lequel ils luttaient depuis longtemps. On ne le leur contesta plus, mais on n'en tint pas plus compte que par le passé. La corporation vit bien qu'il fallait céder. Impuissante à empêcher la concurrence, elle voulut an moins la réglementer autant que possible et en tirer profit. Elle se décida donc un peu plus liird à accorder, moyennant une redevance annuelle de vingt-quatre livres, l'autorisation de donner des leçons d'écrilures en ville ; moyennant quarante-cinq livres par an, on pouvait ouvrir une école publique.
Seuls aussi, les membres de la corporation pouvaient « mettre en façon d'enseigne, au devant de la maison où ils tenoient leur classe. un ou deux tableaux ornés d'une ou plusieurs plumes d'or, cadeaux et autres ornemens... et y exposer une montre écrite à la main de toutes les écritures usitées dans le royaume, qui seront faites au naturel de la plume, sans artifice ni g^a^^l^e ».
La veuve d'un maître était admise à c mserver l'établissement de son mari, mais elle ne devait mettre sur son enseigne autre chose cpie ces mots: Céanx on enseigne l'art d'écrire, l'ortografe '. r arithmétique, et prend pensionnaires.
Tous les deux ans, les maîtres élisaient un syndic et un greffier chargés d'administrer la communauté. Le syndic ne pouvait prendre aucune résolution sans en avoir conféré avec les vingt-quatre Anciens, « qui doivent naturellement être regardés comme ses adjoints ».
Tout maître arrivant à une assemblée l'épée au côté, devait déposer celle-ci entre les mains du syndic.
Les titres et papiers de la communauté étaient Conservés dans une armoire confiée à la garde du syndic el fermant à trois clefs. On remettait la première au doyen, la deuxième au syndic et la troisième au greffier.
Ces statuts furent revisés en 1779, et une académie d'écriture, de calcul, de vérification d'écritures et de grammaire, dont les premières bases avaient été jetées en 1760, fut cléfinitivement organisée, sous le titre de Bureau académique d'écriture. 11 était présidé par le lieutenant général de police et se réunissait quatre fois par mois à la bibliothèque du roi.
1 Sic.
Parmi les maîtres écrivains qui se sont le plus distiuirués dans leur art au dix-huitième siècle, je citerai seulement :
Olivier .Sauvage, neveu d'.\llais de Beaulieu.
Louis Rossignol, qui enseigna l'écrilurc au duc d'Orléans grand-piîre du roi Louis-Pliilippc.
Paillasson, qui rédigea l'article Écriture pour V Encyclopédie .
Rolland, auteur d'une bonne méthode d'écriture.
Poiré, professeur an cidiège Lnuis-le-( iiand.
.\lexandre, plein d'iniaginalion et de feu.
Bergerat. à qui l'on reprochait trop di" calme.
Bernard, écrivain du cabinet du roi. Il excellait dans les portraits à la plume. Pendant une séance du Bureau académiijue, il fit à main levée ceux du lieutenant de police Lenoir et du procureur du roi Moreau. La ressemblance, paraît-il, était frappante.
Pierre Adrien se signala surtout par des travaux d'une finesse extrême.
Il eut pour rival en ce genre un gendarme nommé Vincent. Celui-ci mettait « le pater en françois sur un papier de la forme et de la «rrandeur de l'onule, et cette écriture vue à la loupe présentoit une netteté charmante de lettres égales, distinctes, bien liées, avec les intervalles entre chaque mot, les accents, les points el les virgules ».
A côté de ces importants persoiuiages, un grand nombre de maîtres, vêtus d'un habit râpé, couraient le cachet, donnant à domicile des leçons d'écriture el de calcul. Sous l'Empire, quelques-uns d'entre eux commencèrent à ouvrir lies cours, « annoncés, sous les galeries du Palais - Royal et ailleurs, par des tableaux modèles, véritables chef-d'œuvre d'écriture * ».
La corporation des écrivains était placée sous le patronage de saint Jean l'Evangélisle, dont elle célébrait la fête le 6 mai et le 27 décembre.
Voy. Arithméticiens et Buissonniers.
Écrivains à la peau. Leurs fonctions consistaient à « écrire seuls, de leur main, tous les arrêts, exécutoires, matricules d'avocats, décrets et généralement toutes les autres expéditions sur parchemin ».
Henri III, au mois de décembre 1077, avait créé un écrivain à la peau auprès de « chaque cour et juridiction ». De nouvelles créations eurent lieu en Uj74 et en 1692.
Écrivains publics. Ils appartenaient à la corporation des écrivains, sauf pourtant ceux qui étaient établis dans les salles du Palais et qui partageaient la plus belle clientèle avec ceux des Innocents. Les échoppes de ces derniers occupaient le rez-de-chaussée des longues galeries ou charniers remplis d'ossements qui entouraient la vieille nécropole. Le poète Au\Tay (1623) a consacré à ces humbles scribes une longue pièce de vers que je n'ose reproduire. Berthod (1650) est moins difficile à citer. Il nous présente
' Vie publique el pritée des français, t. II, p. 245.
ECRIVAINS PUBLICS — ÉCUELLIERS
un garçuii plus amoureux qui' Icllrc et qui s'adresse ainsi à un écrivain :
Monsieur, je suis très malheureux.
J'ayme une jeune demoiselle, Mais je ne suis point connu rrelle.
Elle se nomme I.ouïson.
Et je sçav fort bien sa maison.
Il faut que vous preniez la peine De ni'escrire une letti-e, pleine De beaux discours, oii vous marquiez Par des vers, ofi vous expliquiez Le jour que j'eus sa connoissance.
Et qu'il n'est point dedans la France D'homme plus amoureux que moy ; Que je luy vi'ux donner ma foy.
Après, vous luy direz encore Que dans mon âme je l'adore.
Que ses beaux yeux me font mourir.
Vous sçavez fort bien discourii" ; Vous ferez, s'il vous plaist, le reste, Et conmie enfin je luy proteste Que je veux vivre désormais Son serviteur à tout jamais.
Et puis, sur le dessus d'icelle, 11 faut mettre ; A Mademoiselle, Mademoiselle Louïson, Demeurante chez Alizon, Justement au cinquiesnie estage, Pi'ès du cabaret de la cage, Dans une chambre à deux châssis.
Proche Saint-Pierre des Assis '.
Sébastien Mercier, plus d'un siècle après, nous dépeint ainsi ces plumitifs : « La lunette sur le nez, la main tremblante, et soufflant dans ses doigts, le scribe donne son encre, son papier, sa cire à cacheter et son style pour cinq sols. Ces écrivains sont les dépositaires des lejulres secrets des servantes ; c'est par eux qu'elles font écrire leurs déclarations ou leurs réponses ainoureuses. Elles parlent à l'oreille du secrétaire public comme à un confesseur, et la boîte où est l'écrivain discret res.semble à un confessionnal tronqué * ».
Les écrivains publics se chargeaient aussi de mettre au net les c impies des cuisinières et, paraîl-il, les aidaient souvent k ferrer la mule ', en sorte qu'ilsg'agnaient bien leur vie, quoiqu'ils fussent nontbreux. « Il n'y a, dit un ouvrage imprimé en 1779, presque point de rues un peu grandes nù l'on ne trouve quelques petites lioutiques volantes oti échoppes occupées par des écrivains publics * ». Le travail le mieux rémunéré étaient les placels adressés au roi ou aux ministres ; on les payait douze sous, « parce qu'il y entroit de la bâtarde et que le style en . éloit plus relevé ».
Les serre'laires des Innocents^ comme on les appelait, s'entretenaient sans cesse avec le souverain et les princes, « on ne voit a la cour que leurs écritures». En effet, tous les jours de la semaine on pouvait présenter des placels au roi, à la reine et à la famille royale ; il suffisait de s'adresser au capitaine des gardes en service. Le
1 Le haut style des secrt-fuires de Saincf-Innocepif, dans /.Il tille lie Piirls en rers burlesques (165111, édil. de IS.'iil, p. 12H.
* Tableiiu lie Paris, t. I, p. 266.
3 \oy. ce mot.
* Hurlant et Mapnv, Dictionnaire de Pnris, t. 1. p. 707.
dimanche malin, on dressait une petite table dans rantichambre du roi, et tout le monde était admis à y déposer des placels. Ceux-ci étaient portés au roi, puis transmis au ministre compélenl. Ou abusa, parait-il, de ces facilités, qui furent fort restreintes dans les dernières années (hi dix-huitième siècle '.
Ecuciers. Fabricants d'écus ou l)oucliers. Jean de Cîarlande, qui les nomme scutarii, nous apprend qu'ils vendaient des écus recouverts de toile, de cuir, de laiton -, et ornés de lions et de fleurs de lis '. Les Tailles de j-302 et de i300 client chacune un seid de ces industriels.
L'écu étjiit suspendu au cou ou maintenu en banddulière par une courroie appelée guige. L'appareil intérieur destiné à le manœuvrer portail le nom (Ve'narmes et se composait de courroies. La dimension du bouclier fut toujours en raison inverse de la force de l'armure. Immense au douzième siècle, il diminue à mesure que l'armure de mailles se perfectionne et disparaît quand l'armure de plates est complète. Toutefois, dans les corps à pied, les officiers portèrent un bouclier jusqu'à la fin du seizième siècle *.
Les ecuciers ne lardèrent pas à se fondre dans la corporation des armuriers.
Ecuelle (Archers de l'). Voy. i^chers des pauvres.
Écuelliers. Dans les statuts qu'ils -soumiriMil, vers 12()8. au prévt'jl Etienne Boileau ", les esqueliers se ilisent « venderres ^ d'es([ueles ', de hanas de fusl * et de madré '', de auges, fourches, pelés ", beesches '^, pesteuz '*, et toute autre fustaille ». Le métier était liiire et le nombre des apprentis illimité. Les maîtres écuelliers se rachetaient du service du guet bourgeois en fotirnissant chacun et chaque année sept auges de deux pieds de long destinées au cellier royal : « Et de ce que ils sont quite du gueit, doivent chascuns, chascun an, au Roy VII auges pour son celier, c'est à savoir anges de II piez de loue ».
La Taille de 12i)^ cile neuf escueliers, celle de 1300 en mentionne trois seulement.
On les trouve encore nommés escueilliers, escuilliers, esquelliers^ escaliers, etc.
A dater du quatorzième siècle, on perd la trace des écuelliers, que iu)Us retrouverons sous le nom de tourneurs.
Ecuelliers.
faïences «grossières
Marchands ambulants de
' S<'b. .Mercier, ut supra.
* (I \'en(lunl mililibus scula tela tecta, corio et cricaleo, leonihus et foliis liliiirum depicta ».
3 Voy. ci-dessus l'article .Vrmoyeurs.
* Voy. les (gravures de Torlorp! et Périsflîn. ^ Livre des métiers, titre XLIX.
'• \"enileur,s.
^ D'éeuelles.
>* De b,lliaps de bois.
^ \"oy. l'art. Madreliniers.
m Pelles.
Il K^ehes.
'- Pilons, balloira.
ECIRKURS — KCUYEHS CAVALCADUUHS
Écureurs. \i>y. Cureurs.
Ecurie du roi (I'ersonnei. de l'I. Le ^niricl ciiivt'r ilc Frarue poiirvoviiit à toutes les pliicfs viU'iiLik's dans la graiiile et dans la peliU^ écurie royale. « A la morl des rois, (ous les chevaux île l'écurie et du haras, les haruois et les ineuliles appartieiiiieiit au [^raïul écujer ».
tiRANDE ÉCURIE.
I premier écuyer.
II ecuyers ordinaires.
r> écuvers de cérémonie.
écu vers cavalcadours.
pajjes.
gouverneur des pagres.
>ous-jj(Uiverneurs.
|)recepleur ordinaire.
aumônier ordinaire.
1 ar<;entier.
1 "•énéalo'riste.
1 maiire de malhémaliques.
1 uiailre en fait d'armes.
1 maître pour les exercices de guerre. 1 maître pour la danse.
1 maître à dessiner.
1 maître à écrire.
I maître à voltiger.
4 premiei-s valets.
'2 cuisiniers.
1 sommelier.
1 aide de sommelerie.
1 lavandier.
42 grands valets de pied ou laquais.
4 fourriers.
4 palefreniers.
4 maréchaux de forge.
'2 médecins.
4 chirurgiens.
2 apothicaires.
l garde-malades.
1 garde-meubles.
1 écuyer ambleur.
l lavandier.
1 portier.
1 conducteur du chariot.
1 arroseur du manège.
2 drapiers.
2 passementiers.
'2 merciers, tj tailleurs.
2 selliers-carrossiers.
2 éperonniers.
1 charron.
1 bourrelier, l cordonnier.
1 brodeur. 1 menuisier.
1 intendant-contrôleur.
1 trésorier.
l argentier.
12 chevaucheurs ou courriers du cabinet. 1 roi d'armes de France.
1 premier héraut d'armes.
10 hérauts d'armes.
2 poursuivans d'armes.
3 porte-épée.
2 porte-manteaux.
2 porte-calians.
12 trompettes.
12 liaulhois.
6 musettes.
8 lifres et laniliourius.
."i cromornes et trompettes marines.
1 courtier des écuries.
l lancier.
1 concierge.
Petite écurie.
1 premier écuyer.
4 écuyers ordinaires.
20 écuyers.
26 pages.
1 gouverneur des pages.
1 précepteur, l aumônier.
4 premiers valets. 1 argentier.
1 trésorier des menus.
2 médecins.
4 chirurgiens.
1 apothicaire.
l ainhleur.
1 garde-meubles.
1 porte-cabans.
1 maître de mathématiques.
I maître pour dessiner.
1 maître pour le blason et l'écriture.
1 maître en fait d'armes.
1 maître à danser.
l maître à voltiger.
1 maître pour la pique et le mousquet. 4 fourriers.
2 cuisiniers.
1 sommelier.
l lavandier.
24 valets de pied.
4 maréchaux.
14 palefreniers.
6 cochei-s.
1 postillon.
1 concierge.
Soit en tout environ 400 personnes *.
Écuyer de France (Gra.vd). Il posséda certains droits ^u^ la corporation des armuriers*. Vov. Maitre des armuriers.
Ecuyers académistes.
mistes.
\ oy. Acadé-
Écuyers cavalcadours. Officiers qui prenaient soin des chevaux et des équipages d'un prince. Le roi avait trois écuyers cavalcadours, et ils appartenaient au service de la grande écurie.
Voy. Écurie du roi.
1 État de la France pour 1736, t. II, p. 196. Voir
pour les années antérieures, \'Ètat de 1687 , t I p. 251 et VÉtat de 1712, t. I, p. 546.
* Voy. aussi l'art, precédent.