rrft du 22 février
talions (If iidIiv (luiir de l'ai-leiiii-iil. \<'A avant reconnu quo roxccution di- qurlqui's-unes des dispositions que L-elle loi cunlienl pouvoil entraîner des ineonvéniens, Nous avons cru devoir nous occuper du soin d'y remédier ».
Mais les paroles de Turg;ot avaient eu trop <récho, elles étaient encore trop présentes à tous les esprits pour qu'il fût possible de n'en pas tenir compte. 1/étlit d'août lut ilonc un compromis entre les aspirations populaires et l'opiniàtrele du l'arlenienl. Les métiers ayant entre eux le plus (ranal(ijj;'ie étaient réunis, et le nombre des corporations ainsi réduit à cinquante. Les bonnetiers, les pelletiers et les chapeliers, qui composaient auparavant trois comnumautés distinctes, n'en formèrent plus qu'une seule ; il en fut de même pour les couvreurs, les plombiers, les paveurs et les carreleurs ; pour les tanneurs, les corroyeurs, les peaussiers, les méjjis.siers et les parcheminiers. etc., etc. Moyennant certaines formalités, on put appartenir à deux corporations ditl'erentes. L'edil autorisait la concurrence entre quelques communautés : celle des marchandes (le modes et des pluniassiers, par exemple, eut, comme celle des brodeurs, la liberté de se livrer au commerce de la broderie. Enfin, les droits à payer pour obtenir la maîtrise étaient diminués de plus d'un tiers, et vintït-deux métiers peu importants, jadis constitués en corporation, étaient déclarés libres.
L'édit conservait à la tète du commerce parisien les Sij-Corjjs ' ; mais afin d'étendre ce privilège, plusieurs comnnmautés furent réunies dans chacun d'eux et leurs rano-s ainsi réijlés :
Drapiers.
Merciers.
Épiciers.
Bonnetiers.
Pelletiers.
Chapeliers.
Orfèvres.
Batteurs d'or.
Tireurs d'or.
Fabricants d'étofies et
de gazes.
Tissutiers-rubaniers.
Marchands de vin.
Le nombre des corporations était réduit à quarante-quatre, savoir :
.\midonniers.
Arquebusiers.
Fourbis,seurs.
Couteliers.
Bouchers.
Boulangers.
Brasseurs.
Brodeurs.
Passementiers.
Boulonniers.
Carliers.
Chaircuitiers.
Chandeliers.
Charpentiers.
' \'ov. ci-dessous e<^t article
Charron^.
(Chaudronniers.
Balanciers.
Potiers d'étain.
Colfreliers.
(îainiers.
Cordonniers.
Couturières.
Découpeuses.
Couvreurs.
Plombiers.
Carreleurs. Paveurs.
l'icrivains.
Faiseuses de modes.
Marchandes de modes.
Plumassières.
Faïenciers.
Vitriers.
Potiers de terre.
Ferrailleurs.
Cloutiers.
Eping'liers.
Fondeurs.
Doreurs sur métaux.
(rraveurs sur métaux.
Fruitiers-Orangers.
Grainiers.
Gantiers.
Boursiers.
Ceinturiers.
Horlogers.
Imprimeurs en taille douce.
Lapidaires.
Limonadiers.
\'inaigriei-s.
Lingères.
Maçons.
M;n'l|-cs m l'ail iraiMiies.
M.iréchaux-ferrants.
l'',|)cri)nniei's.
Menuisiers-Ebénistes.
Tourneurs.
Layeliers.
l'iiuniiers,
Peintres.
Sculpteurs.
Relieurs.
Papetiers.
Selliers.
Bourreliers.
Serruriers.
Taillandiers - Ferblan -
tiers.
Maréchaux grossiers.
Tabletiers.
Luthiers.
Evenlaillistes.
Tanneurs- Hongroyeurs.
Corroyeurs.
Peaussiers.
Mégissiers.
Parcheminiers.
Tailleurs.
Fripiers d'habits et de vètemens.
Tapissiers.
Fripiei's en meubles et
ustensiles.
Miroitiers.
Teinturiers en soie, laine
et fil.
Teinturiers du grand
teint.
Teinturiersdu petit leint .
Tondeurs de draps.
Foulons.
Tonneliers.
Boisseliers.
Traiteurs.
Rôlisseui"s.
Pâtissiers.
EDITS DE 1776 — EGOUTIERS
Enfin, les professions suivantes étaient déclarées absolument libres :
Bouchon jiiers. LiniiTes-p'ilassières.
Bouqut'liéres. Nal tiers.
Brossiers. Oiseleurs.
Boyaudiers. Pain d'épiciers.
Cardeurs de laine et de Patenôlriers.
coton. Pêcheurs à vern;e.
(]oëfteuses de femmes. Pêcheurs à ejiyins.
Cordiers. Savetiers.
Danser (Maîtres à). Tisserands.
Fripiers-brocanteurs. ^'anniers.
Fouets : Faiseurs de;. VidansTeurs.
Jardiniers.
Cet édit ne satisfit personne, ni le Parlement qui le trouvait Irop libéral, ni les ouvriers qui le trouvaient trop oppressif, ni les maîtres qui n'avaient pas désiré qu'on élargit le cadre de leur conunnnauté, et qui se voyaient forcés d'acheter le droit d'exercer des métiers dont ils ne se souciaient guère. Leur résistance, ou tout au moins leur mauvaise volonté fui telle, que l'organisation créée par Tédit d'août n'était pas encore un fait accompli lorsque éclata la Révolution. *
Voj. Corporations.
Editeurs. Ils ont pour ancêtres les stationarli ' du moyen âge. Mais le mot par lequel on les désigne aujourd'hui est tout moderne. Le Dictionnaire de l'acaJé'iaie ne l'enregistre pas encore en 1814. L'édition de 1835 l'admet enfin, et elle le définit ainsi : « Celui qui fait imprimer l'ouvrage d'autrui en se donnant quelques .soins pour l'édition. Par extenlion, les libraires prennent quelquefois le titre d'éditeurs des ouvrages qu'ils publient à leurs frais ^ ».
Elffigiaires. Voy. Dessinateurs.
Égards ou Elsg^ards. Nom donné aux jurés dans certaines manufactures de tissus, à Amiens entre autres.
EgOUtiers. Paris, situé au fond d'une vallée, était le réservoir naturel des eaux venues des collines environnantes. A Ménilniontant, à Belleville, à Montmartre prenaient naissance de petits ruisseaux qui, trop faibles pour se creuser un vrai lit et même pour inonder un vaste espace, se bornaient à former sur leurs parcours des flaques, des cloaques, des marais. Le .seul de ces ruisseaux quiarrivàt parfoisjusqu'à la Seine' était celui de Méiiilmonlant, aussi est-ce vers son cours que furejil dirigés d'abord les égouts.
Hugues Aubriot, prévôt de Paris sous Charles V, passe pour avoir été le créateur de notre système d'égouts. En réalité, il eut seule-
1 Voy. l'art. Libiains.
î Toiiif 1,1). 609.
•i I.o.s anciens plans in(lii|m'nl U' cours île ce ruisseau. Formé au lias dt» la collin'- de Mûnilmonlant, il coulait de l'est au sud-ouest, et allait se jeter dans la Seine audessous de la butle de Chaillot, a peu près à la hauteur du la rue actuelle de la Manutention.
ment l'idée, fort heureuse d'ailleurs, de voûter une grande rigole qui, suivant la direction de la rue Montmartre, allait se déverser dans le ruisseau de Ménilniontanl.
Les eaux de la rive gauche se rendirent pendant longtemps dans la Bièvre. Mais, à dater de 1356, des fossés ayant été creusés en dehors et tout le long du mur d'enceinte, les égouts y aboutirent. Les boues et les immondices étaient ainsi conduites jusqu'à la Seine, où elles se jetaient à la hauteur de l'hôtel de Nesle (aujourd'hui rinstitulj.
Sur la rive droite, les eaux du quartier qui entourait la Bistille se réunissaient vis-à-vis de l'église Saint-Paul ; là, elles entraient dans un égout pratiqué sous la rue Saint-Antoine, qui les amenait dans les fossés de la forteresse. Cet égout, appelé le Punl-Perrin. était un voisinage aussi désagréable que malsain pour les habitants de l'hôtel Saint-Paul, alors séjour ordinaire des rois de France, et l'on se décida vers 1412 à le détourner. Son point de départ resta à l'église Saint-Paul, mais on dirigea son cours tout droit vers le nord, le long du palais des Toiirnelles et à travers la culture Sainte-Catherine, sur l'emplacement de la rue de Turenne actuelle ^ . Arrivé au mur d'enceinte, il s'inclinait vers l'ouest, suivait les fortifications du Temple jusqu'à la porte de ce nom. traversait le fossé de la ville au moyen d'un canal en maçonnerie, et allait se jeter dans le lit du ruisseau de Ménilmontant. A son tour, l'hôtel des Tournelles devint bientôt inhabitable ; aussi, la ducliesse d'Angoulème, mère de François I", qui y résidait en 1518, se décida-t-elle à acheter dans un quartier éloigné une propriété appartenant à M. de Neuville, et qui devint plus lard le palais des Tuileries.
Un autre égout, qui aboutissait également au ruisseau de Ménilmontaiit, partait de la rue Saint-Denis, un peu au-dessous du couvent des Filles-Dieu, et suivait la direction des rues actuelles du Ponceau et du Vert-Bois. Cet égout, comme le précédent , coulait à ciel ouvert : de petits ponts o\\ 'ponreaux permettaient le passage aux endroits ou ils traversaient des rues importantes.
Les eaux du quartier des Halles coulaient dans le sens de la rue du Cadran actuelle, et allaient rejoindre l'égoul voûté de la rue Montmartre. Celui-ci franchissait le fossé dans une auge de madriers reposant sur des charpentes, se transformai! en simple rigole découverte à travers le faubourg Montmartre, et se vidait aussi dans le lit ilu ruisseau de Ménilmontant, devenu égout collecteur.
Cet état de choses resta sans changement jusqu'en 1605, année à laquelle le prévôt François Miron fit voûter l'égout dit du Ponceau, depuis la rue Saint-Martin jusqu'à la rue Saint-Denis -.
En 1636, il existait à Paris 24 égouUs, mais
^ .Vulrefois rue de l'Éf^oul puis rue Sainl-I.ouis. - (l'est ainsi <]ue furent créées le.s rues des K^utâ et du IVnceau.
ÉGOUTir^RS — ÉLECTRICIENS
tous oirraienl un aspecl repoussant et répandaient une odeur infecte. Parenl-Duchdtelet estimait la lonijueur de ces égouts ù 0.148 toises, dont 1.027 t lises ét^iient voûtées; tout le reste coulnil à ciel ouvert '. L'ancien lit du ruisseau de .Méiiilniontant, devenu le i/rant/ e'qoiit dëcourerl. l'ornuiil autour de la rive droite, entre les Filles-du-Calvaire et Ciiaillot, une ceinture empestée, aux environs de laquelle nul n'osait construire. Cependant les quartiers du Louvre, de Sainl-Honoré, île la butte Sainl-Roch s'étaient, durant la Régence, couverts de riches hôtels qui en avaient chas.sé les artisans, et il devenait indispensable de reculer les limites de la ville. Des lettres patentes du mois de mars 1721 ' ordonnèrent la réfection complète du grand égoul ; mais, pour entreprendre uu pareil travail, l'argent manquait. L'egoul n'avait jamais été l'objet d'aucune amélioration ; la tranchée ouverte au milieu des marais n'avait point de soutien, et la pente était devenue peu ù peu si irrégulière que, les jours de grandes pluies, eaux et ordures refluaient dans Paris. En 17:J5. uu sieur Caquier fut chargé de rectifier cette pente, et son premier soin devait être d'enlever les détritus qui, depuis tant de siècles, s'entassaient au fond du canal. On craignit de provoipier une épidémie, et le projet fut abandoniu'. Il fallait pourtant en liuir-, et au mois d'avril 17lj7 ^. la ville prit un parti héroïque, qui reçut aussitôt un commencement d'exécution. On renonça à curer le grand égout ; son lit fut cédé aux propriétaires riverains, et le prix qu'on en retira servit à paver eu partie le terrain nécessaire pour créer un nouveau canal de six pieds de large. Celui-ci fut établi avec uu soin extrême, et pavé au moyen d'énormes dalles de pierre. Afin de faciliter le nettoiement, on ne donna que cinq pieds de hauteur aux murs latéraux, construits en maçonnerie. Enfin, un vaste réser\-oir fut élevé à l'oriffine de l'étrout, en face de la rue des Filles-du-Calvaire. Alimenté par les eaux descendant de Belleville, il pouvait contenir vingt-deux mille muids, qui, subitement lâchés dans le canal, en opéraient le lavage. L'ensemble de ces travaux était terminé en 1740. et les quartiers environnants, faubourg Montmartre, Chaussée d'.\ulin. Ville-l'Evèque, faubourg .Sainl-Honoré, devinrent bientôt si peuplés que les riverains du nouvel égout demandèrent l'autorisation de le voûter à leurs frais. Les cureurs d'égouts ou égoutiers appartenaient à la corporation des vidangeui's. *
Egratig'neurs. Au moven de l'égralignoir, in>trument tranchant et dentelé, ils formaient sur les rubans, sur les étoffes des ornements pour le costume des femmes. Ils appartenaient à la corporation des Jécoupturs, et prirent, au dix-huitième siècle, le nom iX'agré- 'ininistes.
Vov. Agréministes et Découpeiirs.
^ Ksmi sur /ex c/uiiçues de la cille de Paris, p. 37. - Drljmariv. Traifê de la police, I. IV. [i. 408. ■' D'iaiiiarrc. Traité de lu police, t. IV, p. 783.
Ég-run. ^'o^. Aigrun.
Éguilletiers. \ Hy. Aiguilletiers.
ÉgTlilIiers. S'^y. Aiguilles (Fabricants d').
Élagueurs. « Esmunder, eslaguer, étester, son! les œuvres convi'iiables à la rameure des arbies avancés, qu'on emploie pour abaisser l'orgueil des jeunes et luxurieux arbres, et hausser le cœur aux vieux et langoureux ' ». Page 650, Olivier de Serres écrit eslargueur. mai* c'est la, je crois, une faute d'impression.
Les mots élirancheurs. élronçonneurs, élélifurs, l'iruiffiieurs, e'ciiiieurs. étroHMeum. ont à peu près le même sens.
Élarg-ueurs. N'o.v. Élagueurs.
Electriciens. \ oici ce qu'écrivait, vei's 1702. le l'ère Lebrun, dans son Histoire critique des pratiques superstitieuses qui ont se'duit les peuples et emljurrusse les srarants - : « Le Père Kirchrer et (iaspard .Schott ont remarqué qu'on s'est servi de l'aimant pour des usages évidemmenl superstitieux; et j'ai ouï dire plusieurs fois que quelques personnes s'éloienl communiquez des secrets à plus de cinquante lieues loin, par le moven de deux aiguilles aimantées. Deux amis prenoient chacun une boussole autour de laquelle étoieni gravées des lettres de l'alphabet, et on prétend qu'un des amis faisant approcher l'aiguille de quelqu'une des lettres. l'autre aiguille, quoique éloignée de plusieurs lieues, se tournoil aussi vers la même lettre. Je n'assure point le fait ».
Dès le douzième siècle, l'on attribuait a l'aimant d'étranges propriétés. Albert de Bolstadt affirmait que si on le place sous la tête d'une femme adultère, elle tombe du lit tout épouvantée ; au contraire, si elle est bonne et chaste, elle embrasse son mari •*.
On disait aussi que les vaisseaux se rendant en Orient n'étaient «point cloués avec des clouds de fer. à cause de la fréquence des rochers daymant, par lesquels ils seroyent attirés et emportés ». Mais cette doctrine était déjà combattue au dix-septième siècle *.
Aux dix-septième et di.x-huitième siècles, la médecine faisait encore usage de l'aimant. Louis XIV ayant eu un anthrax en 1696, P'agon lui ordonna un emplâtre compo^é de litharge, de térébenthine, d'huile d'olive et d'aimant ^. Le célèbre Lémery, mort en 1715, professait que « les pierres d'aimant sont astringentes, et ai'rêtent le sanif * ».
' 01. de Serres, Tliêàtre d'agriculture, p, 722.
- Edition de 1732, I. I, p. 218. La picniièie édition est de 1702.
3 Albert le tirant translaté de latin en français, lequel traite de la vertu des herbes, des pierres précituses. fk*. In-I8, sans date (st'izjèmi- siècle', et sans pagination.
* Voy. (lli. de rÉclu.se (C. Clusius), //isloire des drogues et espiseeries, tnid. en français par .\nt. Colin, 1619, in-8°, p. 300.
5 Journal de la santé de Louis XIV, p. 433.
6 Dictionnaire des drogues, p. 821.
EMAILLEURS — EMBATEURS DE ROUES
Emailleurs. La Taille de 1292 cite cinq emiiiiilliftiirs, celli' i/i' 13(}(J en nomme six, qui très proliiiblemenl apparleiiaieiil à la corporalioii (les orfèvres. En 1209, ils étaient au nombre de trente-huit ; ils demandèrent à se constituer en communauté distincte, et des statuts spéciaux li'ur furent accordés au mois de septembre. Ils y sont qualifiés esmaillenrs irDrfarerie, expression d'autant plus exacte que, jusque-là, les orfèvres avaient presque tous employé l'émail dans la décnration de leurs ouvrages. L'apprentissage durait dix ans, et quand l'apprenti avait aclievé sa cinquième année de service, on pouvait lui en adjoindre un second. Le travail à la lumière était interdit.
Ces statuts furent renouvelés en juillet L")66. Les maîtres sont dits hIok palenos/riers et hmloniiiers (Tesmail. La durée de l'apprentissage est limitée à cinq ans et huit jours, mais l'apprenti ne peut devenir maître sans avoir parfait un chef-(r œuvre. En avril 1583, des lettres patentes les nomment patemstriers-boiitomiiers (Fesmail, verre et cristal; celles de septembre 1599 les autorisent à fabriquer et vender « les marchandises de verre, bouteilles, flacons couverts et non couverts, et toutes autres espèces de verre ». Enfin, un arrêt du 21 septembre 1706 réunit à la corporation des verriers celle des emailleurs, qui prirent le titre de emailleurs - verriers faïenciers-palenôtriers-lioulonniers en émail et verre cristallin.
On nommait :
Emaux de plicte, de plique, de plite, d'oplite, etc. des émaux exécutés sur de petites plaques, et disposés de manière à pouvoir être soudés à une pièce d'orfèvrerie ou cousus à une étoffe.
Émaux de'sesmaillés ceux que l'usage avait dégradés.
'Rmnwx efface's, ceux qui avaient été usés par le frottement.
Emaux de France, de Botirgogiie, etc. ceux qui représentaient les armoiries de ces nations.
Emaux de niellure, niellés ou tioirs ceux dans lesquels entraient le soufre, l'argent et le plomb.
Le.s emailleurs avaient pour patron saint Clair.
Voj. Baromètres (Marchands de) et Yeux artificiels.
Emballeurs. Dans l'origine, les crocheteurs, les o-ag-ne-deniers faisaient tous les emballages de marchandises, pour le service de la douane comme pour celui des particuliers. Mais ce métier fut un de ceux que Louis XIV' érigea en titre d'office lors de ses embarras financiers. 11 créa quatre-vingts charges d'emballeurs, dont le nombre fut encore augmenté par la suite, et qui conféraient le privilège de « faire seuls, et à l'exclusion de tous autres, tous les emballages à la douane et dans la ville et fauxbourgs de Paris, sans néanmoins 6ter aux marcliands la faculté d'emballer eux-mêmes ou de faire endialler leurs marchandises chez eux, mais par leurs gardions et domestiques seulement >>. Des lettres patentes du 10 juin 1690 les qualifient officiers
emballeurs, chargeurs et déchargeurs, sons corde, chaîne de fer. garrots * de rouliers, etc.
L'habileté d'un emballeur consistait surtout à faire tenir en un ballot le plus de marchandises possible et à les classer de fa(;on à ce qu'elles y fussent en sûreté. Ce sont eux qui écrivaient sur les toiles d'emballage « le numéro des ballots appartenant au même marchand et envoyés au même correspondant, les noms et qualités de ceux à qui ils sont envoyés et les lieux de leur demeure. Ils ont aussi soin de dessiner un verre, un miroir ou une main sur les caisses des marchandises casuelles, pour avertir ceux qui les renmeront d'user de précaution. Toutes ces choses s'écrivent ou se peignent avec de l'encre commune et une espèce de plume de bois ou petit bâton large de deux ou trois lignes et long de six pouces, dont un bout est coupé en chanfrein * ».
En 1719 le nombre des emballeurs fut limité à soixante. Il était de trente seulement en 1776, et leurs offices valaient alors de troisù quatre mille livres. La comnumauté servait une pension aux maîtres devenus hors d'état de travailler.
Les emballeurs s'étaient placés sous le patronage de saint Nicolas, ce qui ne les empêchait pas d'avoir, à l'église Saint-Julien des Ménétriers, une confrérie dédiée à saint Fortuné '.
Les gens exerçant le métier d'emballeur ont été dits lieeum. hcors. luifurs. etc.. etc.
Vov. Offices (Créations d').
Eniballeurs. Nom que l'on donnait à douze ou quatorze hommes de peine att«ichés à l'Hôtel-Dieu. Ils étaient chargés de conduire aîi cimetière de Clamarl le chariot des morts '.
Les malheureux, décédés dans les hôpitaux, étaient enterrés durant la nuit, et tous ensemble. A quatre heures du matin, un vaste chariot, pouvant recevoir cinquante corps arrivait à i'Hôtel-Dieu. On y entassait pêle-mêle les morts de la veille, cousus chacun dans une serpillière. Douze hommes s'attelaient au lourd véhicule, et le convoi, précédé d'une croix, d'un prêtre et il'un crieur. s'acheminait jusqu'au cimetière dit de Clamart. Arrivé la, on versait le cliargenieiit dans une large fosse toujours béante, et où diaque rangée de cadavres était successivement recouverte de chaux vive '. Le chariot restait là, attendant la nuit prochaine, n'osant se montrer au grand jour dans les rues où, après le passage de la mort, recommençait la vie.
Embateurs de roues. Ceux qui embataienl les roues, c'est-à-dire en garnissaient de fer la circonférence. L'ordonnance du 19 novembre 1666, renouvelée le 4 février 1683, défend aux « maréchaux, charrons, embateurs de roues, etc. 9 d'encombrer la voie publique •*.
J On nuiuiiif yai-i-ut un hàlou gros vl court qu'où passe ilans une ounli' pour la srmr au moyen il'uno torsion.
î .)aul)i-rt, Diclioitmiire. t. II, \\. loà.
•' Le Masson, Calendrier des confréries, p. 92.
^ .MliMz, Tableau de t'humnnile' ou de la hienfaisanee, etc., 17tî!), in-18, p. 41.
5 Seb. M.Tcie-i-, Tableau de Paris, t. III, p. 232.
* ^ov. l>i'lurnaiTi', Trailr de In police, t. IV, p. 333 et 711."
EMBAl'CHAOE — EMBAUMEURS
Embauchage. Dès le treiziéiue siècle, il y iiviiil lies emlioils spéciaux où les ouxTiei-s non en<;'a^;és se rasseniMaienl pour alleiidre les propositions tles patrons. Le titre LUI du Lirre (Ifs métiers nous appreiiii. en elTel, que les foulons se rendaiejil au travail à l'heure où les maçons et les ehaipenliers se réunissaient sur la place où l'on venail les end)auiher, « ù l'eure que li maçon et li charpentier vont en place pour eus alouer >^. I,es louions avaient même deux lieux île réunion ; l'un destiné aux ouvriers qui voidaient travailler ù l'année, l'autre pour ceux qui préféraient se louer ù la journée. Les premiers « doivent aler, disent les statuts, en la placejurée, à l'Aii^le, ou ' quarrefour des Clians pour eus alouer ». Les seconds « doivent aler en la place au chevet S. (îervais. devant la maison la Converce; el ileuc vont querre li mesire vallès - quant il leur faillent. ù la vesprée on ans autres eures du jour •' ».
Je n'ai retrouvé aucune trace du carrefour des Chumps. Mais la maison de l'Aigle était située près de la place Baudojer, et c'est peut-être à elle que la partie de la rue Saint-Antoine qui aboutissait à la porte Baudoyer dut son nom de rue de l'Aigle. La maison de l'Aigle avait été donnée en 1222 à l'abbaye de Saint-Maur îles Fossés par un relio;ieux nommé Nicolas, et elle est souvent citée dans lescarlulaires *. La /«'/!. so« la Conrerse était peu éloij^rnée de la précédente, au chevet de l'église Saint-Gervais ; c'est tout ce que j'en sais. Elle parait toutefois avoir survécu à la maison de l'Aigle, car dans les statuts donnés aux foulons en 1443 ', je lis : Tous foulons voulant embaucher des ouvriers « seront lenuz iceulx aller prendre et allouer en la place des Foulons, devant Saint-Oervais, comme acconstumé a esté et est de tout temps, ouquel lien lesdicls oiuTiers qui vouldront gaigner seront tenuz aller le lundy à matin ».
Les statuts des tondeurs de drap n'admettent également l'embauchage que dans des lieux déterminés, mais ils négligent de nous en indiquer l'emplacement ; les ouvriers se réunironl, disent-ils, « es places accoustumées * ».
Dans la suite, les ouvriers sans travail devaient s'adresser au bureau de leur corporation ; c'est la que siégeait le clerc chargé de tenir les écritures. Défense est faite aux maîtres, disent les pâtissiers ', d'engager « aucuns serviteurs sinon par les mains du clerc du mestier * ». Au dix-septième siècle, toutes les corporations n'avaient pas encore un Bureau organisé qui pût servir de lieu de réunion, aussi beaucoup d'entre elles étaient restées fidèles à d'anciennes traditions. Les ouvTiers verriers se rassemblaient rue
' El là les maîtres vont quérir uuvriei-s.
•■< Article 8.
* « Domus .\quilœ, in vico Baldaeri ». — n Donius .\quiltB. sita apufl porlam Baudcrii n. — u Domus sita jiiila (lunimu qua; ilicilur aniiquu numine Aquileia u. Vov. Jaillol, quartier .Sailli -.\iitoine, p. 5.
S" .article 11.
6 Statuts de 1384, art. U.
" Statut.^ de 1566, art. 31.
* \'ov. aussi les statuts des tailleurs, 1660, art. 23.
Saint-Denis, les apolhicaires vue de la Huchelle, les tourneurs et les tableliers rue de la .Savonnerie, les tanneurs au faubourg Saint-Marcel, les pâtissiers rue de la l'oterie. les teinluriers rue de la Tannerie, les nieiniisiers rue des Ecoufl'es ', etc., etc. Jusqu'à la lin du dix-huitième siècle, les maçons, manœuvres, limousins, etc., se tirent embaucher sur la place de (irève. * Voy. Compagnonnage.
Embaumeurs. On .sait peu de choses sur les procèdes employés au moyen âge pour l'embaumement des corps. Dans le compte des dépenses occasionnées par les obsèques du petit roi Jean - mort en 1316. on voit mentionnés:
2 onces d'ambre,
1/2 once de musc,
4 onces d'eslorat-calmite ■' et mierre *.
De l'encenz et du laudanon •", qui peuvent bien avoir eu celte destination.
Nous possédons plus de détails sur la manière dont fut embaumé le roi d'.\ngleterre Henri V, mort à Vincennes en 1422. •,< Son corps, dit JouveneldesUrsins*, fut mis par pièces et bouilly en une paesie ', tellement que la chair se sépara des os. L'eau qui resloit fut jettée en un cimetière, et les os avec la chair furent mis en nn coffre de plomb avec plusieurs espèces d'espices, de drogues odoriférantes et choses sentant bon ».
Charles VI ftit moins maltraité : « Son corps, vuidé des entrailles el rempli d'épices el d'herbes sentant bon, fut mis en un coffre plombé * ». On dut procéder autrement vis-à-vis de Charles VU, car le 17 octobre 1793, quand fui faite à Saint- Denis l'ouverture de son cercueil, on y trouva « ilu vif argent qui avait conservé toute sa fluidité ^ ».
Les belles statues qui sont étendues sur le tombeau de Lotus XII et d'Anne de Bretagne les représentent tels qu'ils furent ensevelis, ou plutôt reproduisent un moulage destiné à servir d'effigie **. Toutes deux portent au tlanc la marque des incisions qui avaient été pratiquées pour enlever les entrailles et les remplacer par des aromates.
L'u.sag'e des embaumeinenis était encore peu répandu à la fin du dix-huitième siècle. Sébastien Mercier écrivait vers 1782 : « Les rois et les princes du sang se font embaumer après leur mort... Cet art ne regarde point la roture, c'est aux princes el aux grands à se féliciter de cette découverte *' ».
Voy. Figures de cire.
' Le Litre commode pour 1692, t. II, p. .50.
- Dans Douët-d'Arcq, Comples de l'orgenlerie. p. 18.
3 Estorat-catamite.