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VERTU

(ietle industrie était surtout représentée, au siècle suivant, par uii sieur Hnyer, ilemeuranl rue Saint-Martin el qui, s'il faut l'en croire, fabriquait une encre double, simple et luisante, indélébile, incorruptible, sans Heurs, dépôts ni champignons '.

Voy. Cornetiers.

Encriers. N'ov. Encre (Fabricants d").

Enfants bleus.

de la).

iiv. Trinité (Maîtres

Enfants de cuisine. Vov. G-alopins.

Enfants de maître Jacques. Association de compagnonnage. Elle prétendait remonter à un (iaulois nommé maître Jacques, qui aurait travaillé au temple de Salonion. Les membres de ce Deroir se divisaient en Lnups-gnroiis et en De'rorants ou Bevnirnut.i Les premiers, dits aussi compagnon.^ j)a.$sants, étaient presque exclusivement des tailleurs de pierre : les seconds, d'abord menuisiers, serruriers et forgerons, finirent par admettre des teinturiers, des tanneurs, des cordonniers, etc. '.

Enfants de maître Soubise. Association de compagnonnage dont les membres prétendaient descendre de maître Soubise qui aurait assassiné maître Jacques, un des maçons employés à la construction du temple de Salomon. Presque tous étaient charpentiers et connus aussi sous le nom de Bons drilles ■*.

Voy. Devoirs.

Enfants-roug-es (Hôpital des. Un des lieux pririlégie'.s de Paris. Son organisation était absolument la même que celle de l'hôpital du Saint-Esprit ; mais, mal administré et mal soutenu, il lut supprimé en 1772.

Voy. Frivilégiés (Lieux).

Enfants de Salomon. Association de cvimpagnonnage . qui prétendait remonter à .\iloniram, architecte du temple de Salomon. Les membres de ce Deroir se divisaient en Loups et en Gatots. Les premiers étaient presque exclusivement des tailleurs de pierre, les seconds comprenaient des menuisiers, des serruriers et des forgerons *.

Enfermiers. Infirmiers '.

Enfileurs. Ouvriers qui passaient les tètes des épingles dans le fil, et les disposaient à y être fixées.

1 Almanach Daujiliin pour l777. ]•- 19. * A. Perdigiiier. Le litre du eomutignuiinage. t. I, p. 37. 3 É- Levasseur. Histoire des classes ouvrières, t. II, p. 815, et .\gr. Perdiguier. t. I. p. 41.

^ -Vgr. Perdiguif^", Le litre du compagnonnage, t. I, p. 31 . ' \'oy. Dueangu, Glossarium, au mot inSrmariiu.

ENFOURNEUKS — ENLUMINEURS

Enfourneurs. Chez les briquelii.Ts, (jiivriers qui disposaient les briques clans le fourneau. Ils appartenaient à l'équipe des briqueteurs '.

Chez les boulang'ers, ouvriers qui mettaient les pains au four et les y surveillaient -.

Engastriloques. Engastrimandres.

Engastrimythes. Eng-astromandres.

\'o y. Ventriloques.

Engaveurs. Vov. Gaveurs.

Engrais ((Commerce n'). La Taille de l2'Ji' cite dfux fienseur.i qui étaient, selon toute apparence, des marchaiids de fumier, (;ar r/f/ienxer une terre, c'élait la fournir d'eno^rais. Je lis dans le Cnmple des dépenses fuites par CJuirles V an château du Lourre : « A Jean Dudoj, jardinier, pour avoir livré audit Louvre 400 de fiens et les enfouis en lerre ' ».

Au seizième siècle, les fienseurs parcouraient les rues, prêts à enlever les fumiers (hmt on voulait se débarrasser :

N'y a il poini de tiens?

S'il vous plaist d'y regarder, Ne me faietes plus cy tarder, J'en ay autrefois eu céans *.

Le règlement de police du 3 février 1348. souvent renouvelé, voulait, en effet, que « nul/, ne fut si hardjs de mettre ou faire mettre fuerres ■'. fiens, boes ^, cureures ne autres ordures sur les carreaux ' du Roy », sous peine de soixante sous d'amende ".

On a cru pendant lonjjflemps que certains enf^rais pouvaient communiquer aux légumes des propriétés malfaisanles. Ainsi l'article 14 des statuts octroyés aux jardiniers en lô99, leur défend « de fumer aucune terre d'immundices ny de fîens de pourceaux, pour éviter aux maladies tant contagieuses qu'autres ». Il est vrai que les maraîchers d'alors recherchaient presque uniquement les matières fécales. Il fallait exercer sur les voiries spéciales une surveillance incessante pour empêcher les cidlivateurs devenir y remplir des tonneaux, qu'ils déversaient ensuite sur leurs terres '. On en autorisait loulefois l'emploi quand elles avaient séjourné pendant trois ans dans les lieux de décharge, encore ne devaient-elles être enlevées que l'hiver, du 15 octobre au 15 mars.

En ce qui concerne les autres immondices provenant de la ville, les ordonnances voulaient qu'elles fussent transportées « dans des terres labourables, non dans des jardins potagers où croisseid des légumes '" ». Sébastien Mercier écrivait donc avec orgueil vers 1782 : « Le

I Kncijcliiii'itif mrlhnd'iqiie. arts et métiers, I. I. p. 33,5. - Kiinjeliijjfd'H' mi'lliuiliqHe. arts d métiers, I. I, p. 219 et 27!l.

■I Publie piir !,.■ Houx de l,iney, p. 34.

'' A. 'rrui|Ui'l, l,es cent et xtul cris. ele.

» l'ailles.

!■ Hou.s.

■; l'iives.

** I)elaniai-re, Trititi- de In pi>lici\ I. I\', p. 2U2.

i' \i)V. les arrêts des 2 mai l't -1 ontulire 172li.

I» Dêlamanv, l. IV, t. 282.

jardinage est cultivé aux environs de Paris, sans engrais, avec un soin admirable par (pielques amateurs qui se livrent tout entier à cet art innocent et utile. Les plantes potagères acquièrent de cette manière un goût excellent ' ».

Enhayeurs. Ouvriers briquetiers, dits aussi metteurs en knie. Ils étaient chargés de préparer le séchage des briques. On donnait le nom de haies aux murailles factices disposées de manière à ce que l'air put frapper la brique de l ms les côtés -.

Enjoliveurs. Plusieurs corps de métiers avaient le droit d'enjoliver, c'est-à-dire de parer comme ils l'entendaient, les objets qu'ils fabriquaient, même en empruntant des produits dont i d'autres corporations avaient le monopole, l'or ou l'argent, par exemple, aux orfèvres.

Parmi les communautés qui ajoutaient à leurs litres celui d'enjoliveur, je citerai les bouqiietiers. les boulonniers, les doreurs sur cuir, les doreurs sur métaux, les merciers, les miroitiers, les passementiers, les plumassiers et les tableliers.

Enjoliveurs de crin. Titre qui appartenait à l:i communauté des cordiers.

Enlumineiirs. Des mains du copiste, les

manuscrits passaient dans celles de l'enlumineur, qui se chargeait de ï/iistorier, de remplir les espaces laissés en blanc par le premier aux endroits réservés à une lettre ornée ou à une minialiire. L'art d'enluniiner s'appelait illuminare, balminare, du mot bahom ■', alors employé pour désigner les étranges figures qui ornaient parfois les marges ou accompagnaient les initiales des manuscrits. Certains moines portèrent si loin le luxe de ces ornements, que des ordres mendiants, les Dominictiins entre autres, en interdirent l'usage, et prescrivirent à leurs copistes de s'appliquer surtout à former des caractères lisibles. Les enlumineurs laïques mettaient leur talent à très h.iut prix ; l'on redoutait même pour les fils de famille la séduction qu'exerçaient ces artistes sur déjeunes esprits. Le jurisconsulte Odofredo *, qui égaya souvent d'anecdotes ses coinmentaires sur le droit ', parle ainsi d'un écolier passionné pour les livres historiés : « Le père donne à son fils le choix d'aller étudier à Paris ou à Bologne avec cent livres par an. Que répond le fils'? Il choisit Paris. Là, il fait embabuiner ses manuscrits de lettres d'or ". il se fait chausser de neuf tous les samedis : il est ruiné ». Les dépenses de costume devaient plus contribuer à cette ruine que celles de l'embabuinage, car les livres acquéraient un prix considérable quand l'enlumineur les avait ornés d'initiales en or, d'encadrements, d'armoiries, de vignettes.

I Tnhtemi de l'nris. t. II. p. 31)5.

* Eacijcloiiédie mrtiodiçiie, arls et métiers, t. I, p. 30U. •• ^ oy. I)ueanj;e, aux mots àniewiHHs et iaio^HUs.

* Treizième siècle.

'^ « \'ir er'at festivissimi in^inii ».

f' n Kecit lihros suos l)aliuiuare de lileris aureis ». Maurus Kallorinus, Oe clnris //ononienxis /irofessoriiits, t.I, p. 151.

ENLUMINEURS — ENSEKJNES

de niiiiiiiliires. Dauiiou ciilculail en 1824 qu'au (reiziènie siècle un volume in-l'olid enrichi de peintures, représenliiit comme prix ■,< celui des choses qui coûleroient iinjourd'hui quatre ou cinq cents francs ' » ; évaluation hien arbitraire, car la valeur du volume dépendait du nombre des tijïures el de la finesse de rornementalion.

I.a Taille de t'39'3. cite 13 enlumineurs -. don! 8 demeuraient dans la rue Erembourf? de Brie-", dite au quatorzième siècle rnedes Ivdumineurs *, et qui est aujourd'hui la rue Boulebrie. Eu 1391, ils formaient une seule corporation avec les sculpteurs et les peintres. Charles V, le duc de Berri, Charles VIII, Louis XIL Anne de Breta<;ne. Isabean de Bavière eurent à leur service des enlumineurs dont quelques-uns étaient des artistes de talent. Tantôt ils dessinaient toutes les Hjjjures à la plume, puis appliquaient les couleurs l'une après l'autre ; tanlcU ils s'en tenaient à une sorte de j:;risaille. de dessins en hachures. Quelquefois ils emplovaient le camaïeu, cherchaient à obtenir le chatovant, le moelleux, surtout dans les ouvrag'es de dévotion. L'œil se repose avec joie sur ces jolies pajjes d'un aspect si doux et si bien assorti aux prières el aux médiations pieuses qu'elles accompa<;nent ^.

Les premiers produits de l'imprimerie pouvaient èlre confondus avec des manuscrits. Comme dans ceux-ci, les pajjres n'étaient point numérotées, el l'on n'y trouvai! aucun des sijjjnes usités plus lard pour faciliter l'assemblage des cahiers qui composaient le volume. Au commencement des chapitres, un petit espace laissé en blanc représentait la place de la première lettre ; les feuilles sortant de la presse étaient livrées à l'enluminenr, charu^é de dessiner et de peindre ces initiales, d'y ajouter parfois d'éléyi^antes dentelles, de riches encadrements ou de fines miniatures. Il fallut abandonner cet usage lorsque l'on se préoccupa de produire des livres à un prix abordable pour toutes les bourses. Que devinrent alors les enlumineurs el les copistes, à qui l'imprimerie avait enlevé leurs moyens d'existence'? Ils se résicrnèrent à donner des leçons de dessin, des leçons d'écriture. Toutefois, au seizième siècle, l'éfi^lise Notre-Dame entretenait encore un enlumineur ^^ illuminator librorum ». Le 23 décembre 1534, il reçut 36 sols, pour avoir orné de lettres dorées quatre manuscrils apparlenanl ù la bibliothèque du chapitre ".

Les quelques artistes qui purent continuer à vivre du métier d'enlumineur durent s'associer à la communauté des peintres et sculpteurs. Entre eux el les premiers, il n'y avait, disail-on. d' « autre diirérence, sinon que le peintre se sert d'huile en son ouvrage et l'enlumineur de gomme ». En mars 1608, ils demandèrent à se constituer en corporation distincte, ce qu'une

' Histoire lilléraire Je la France, t. X\'I, p. 33. ' La Taille de 1300 en mentionne 15.

■'' l'ago lôfi.

^ Jaillut. Quartier Saiitt-AHilré, p. -14. 5 Viiv. V Histoire littérnire. t. XXIV, \<. 726. ^ Vov. \. F . /.es nneiennes bibliothèques de Pai t. I, p. 60.

sentence du Chàtelet leur refusa. .l'y lis (pi'à ce nuiment le métier d'eiduminetir était « utile à pauvres gentilshommes et gens d'église qui, s'élant adonnez ù tel art gagnoient leur vie à enseigner la noblesse, ù faire livres d'église el autres ouvrages plus ordonnez po\ir l'embellissemenl que nécessaires au public ».

.\ la fin du dix-iiuilième siècle, les eiduminenrs sont devenus imiiqers el rnlnriste.i. Ce sont eux « qui font imprimer tontes sortes de planciies et qui vendent (ouïes sortes île cartes géographiques el d'estampes enluminées ou non, el qui ont droit de les enluminer s'il leur plaît ». J'ajoule que les miniaturistes actuels ont été regardés comme descendants des enlumineurs du moyen

Ces derniers sont dils parlois baôutneurs, chrysoifniji//es, liiatiirii-iis, i/fii>/iuinii;i. elc.

Voy. Dessin (Maîtres de).

Énoueuses. \'ov. Épinceuses.

Enquêteurs. Xo\.

police.

Commissaires de

Enquêteurs et commissaires examinateurs. Ol'ticiers jures (li'pfiulanls des greniers à sel.

\'oy. Sel (Commerce du).

Enseignes. Les enseignes, encore assez rares au treizième siècle, devinrent nombreuses au quatorzième. Elles étaient tantôt incrustées dans la pierre, tantôt peintes sur une planche de bois ou une plaque de métal ; la plupart d'entre elles, suspendues par des anneaux à une potence de fer. formaient saillie jusqu'au milieu de la rue, procédé encore adopté par les auberges de province. Le plus souvent, l'enseigne se balançait au-dessus de la porte principale ; on en accrochait parfois aux pignons dans les rues très étroites, el à l'encoignure dans les maisons d'angle.

Chaque maison était désignée par son enseigne, et plusieurs rues de Paris ont dû leur nom à l'enseigne la plus originale ou la plus apparente qui s'y balançait.

Les siècles passèrent sans que leur forme variât beaucoup, mais les sujets dont elles étaient tirées variaieiit à l'infini. Il y avait des enseignes mystiques, chevaleresques, mythologiques, historiques, satiriques, facétieuses, etc. Toutefois en dehors d'une centaine de molifs habituels, les types originaux sont peu communs. Ad. Berty a calculé que sur six cents enseignes prises au hasaril, celles de Xotre-Dame, de Saint-Jean., de Saiiit-Martiii, de Sainte-Catherine, de rEcu de France, de la Corne de cerf, de la Fleur de lis, et de la Croix comptaient pour quatre-vingt-sept, soit pour un septième *.

Les images pieuses, les emblèmes sacrés, la Providence, F Annonciation, le Saint-Esprit, le Siqne de la croix, le Bon pasteur sont les plus employées.

' Etudes archéologiques, t. XII (1855), p. 5.

tt.

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