ENSEIGNES
Les saints préférés sont, nuire ceux que j'ai cités plus haut, saint JJenis, saint Jacques, saint Michel, saint Pierre, saint Christophe.
Le soleil, la lune, les croissants sont moins utilisés que les étoiles.
l'iirmi les animaux, le citerai, le lion el la truie tiennent le premier ranjj:. Mais on ne dédairrne pas le dauphin, le renard, le singe, le chien, le daim, le cerf, le bœuf, le mouton, Yapieau, la vache, le conin ', la salamandre, le t/ri/fon, la licorne, Y aigle, le fiyy«c, le ^^ao?», le perroquet, le coafo» ^, le faisan, la ca?i« et la canette, le coy, la y«Yî«« ^, Véci'evisse, etc., etc.
Les véffétaux sont surtout représentés par le figuier, le mûrier, la »-o««, la pomme de pin, le chêne, etc.
Les armes par le heaume *, la /««c/(#, l'c/^cV, Varl/alète, le pistolet, etc.
Les outils par les ciseaux, le rai^o/, la /aaj-, le maillet, la .wc/)^.
Les ustensiles de menante par le gril, le soufflet, la c/*^/", le mortier. \e gobelet, le i^«?-î7. le^w/ (Fétain. le ;V«< détain, le chandelier, la balance, Xécuelle, le panier, le miroir, etc.
Les hôtelleries affectionnent l'râf rfe France, d'Orle'ans, de Bretagne, etc.
Les syrènes et le rtfîVa d'amour ont leurs partisans, aussi bien que les /««« chetal, lo^ tours, el les (^ari^M qui sont le plus souvent d'or et d'artjenl . Les lettres couronnées ne sont pas rares, surtout l'A, l'M. l'H, l'F et même le Q. Mais il ne faut pas oublier que les balanciers prenaient souvent pour enseigne le poinçon avec lequel ils étaient tenus de marquer leurs produits, el que ce poinçon reproduisait la première lettre de leur nom, surmontée d'une couronne lleurdelisée. Dans la suite, plusieurs métiers adoptèrent ainsi, pour la composition de leurs enseignes, un emblème particulier, que certains corps d'état n'ont pas encore répudié. Il leur était parfois imposé, comme en témoignent lesstatuts accordés aux barbiers en 1718. L'article 42, préoccupé d'établir une distinction entre eux el les chirurgiens, stipule que les premiers devront peindre leurs boutiques en bleu elj suspendre des bassins blancs (ceux des chirurgiens étaient jaunes) accompagnés de cette inscription : Céans, on fait lejmileton tient bains etétuves. Au seizième siècle, les sao-es-femmes avaient pour enseigne soit une femme portant un enfant, soit un petit garçon lenant un cierge, soit un berceau surmonté d'une fleur de Ijs. J'ai retrouvé une sentence du 25 féATier 1729 qui, sans alléguer aucune raison, interdit aux cabaretiers de faire figurer sur leurs enseignes un chou. Le même règlement veut que toutes leurs bouliques soient munies <le barreaux de fer, tradition qui s'est conservée jusqu'il nos jours ^.
I l,e lapin.
- Iji' pipc'on.
:i I.a p.iulr.
1 Li' easi|Uf.
5 .Sentence île police, en forme de règlemeiil, ijiii ordonne aue les miirchaniU de tins auront à leurs maisons des enseignes et barreaux, avec défenses d'y mettre un chou. Paris, 1729, in-i".
Les jeux de mois où se complaisaient tant nos pères, les calembours, les rébus jouaient également un grand rôle dans la rédaction des enseignes. En veulr-on quelques spécimens 'i
A la Roupie, avec une roue et une pie. Au Puissant vin, avec un puiK duquel on lirait un seau d'eau.
A la Vieille science, avec une vieille femme sciant l'anse d'un vase.
Aux Gracieux, avec trois gros personnages sciant du bois.
Aux Chassieux . avec des chats sciant du boi>. A V Abricotier. (Tétait l'enseigne de la maison que s'était fait construire, rue Saint-André des Arts, Jacques Goitier, le célèbre médecin de Louis XI.
A r Assurance, avec un A sur une anse. A l'Y. Au dix-septième siècle, les grègues. qui représentaient notre culotte, étaient réunies aux bas de chausses ou bas par des aiguillettes ou par un lien devenu ainsi un lic-grègues. En 1777, les deux pins importants aiguilletiers de Paris, Delaslre, rue de la Huchette, el Loupia, rue Saint-Honoré, avaient tous deux pour enseigne l'Y.
A la Petite vertu, avec un U de petite taille peint en vert .
La plupart de ces enseignes étaient constituées par de lourds et immenses tableaux qui, dépassant parfois le milieu des étroites rues de cette époque, contribuaient encore à les assombrir. Aussi une ordonnance de police du 22 septembre 1600 interdit-elle de placer aucune enseigne sans l'autorisation du grand voyer. Puis, un arrêt du 2(i octobre 1666 chercha à réduire la dimension des auvents et des enseignes, défendit de poser celles-ci « à l'avenir plus bas que 15 pieds et autrement que sur une même ligne ». Le 2 novembre, (îui Patin écrivait à son ami Falconet : « On réforme ici les auvents des boutiques qui étoienl trop grands, à quoi les commissaires du Châtelet sont fort occupés ; il y en a même deux d'interdits de leurs charges, pour n'y avoir vaqué avec assez d'exactitude ' ». Mais on se heurtait à des habitudes datant de plusieurs siècles, et il fallut toute l'énergie de M. de la Reynie. alors lieutenant de police, pour en triompher. En 1669, il réunit les jurés des Six-Corps, réclama leurs conseils et leur intervention. Deux moyens se présentaient : réduire la dimension des enseignes, ou exiger qu'elles fussent, comme aujourd'hui, appliquées sur la devanture des bouliques. Les Six-corps repoussèrent ce dernier système, déclarèrent que les enseignes saillantes étaient beaucoup plus avantageuses. M. de la Reynie se soumit el rendit une ordonnance qui débute ainsi : (< La réduction des enseignes à une même grandeur, hauteur el avance sur les rues est à désirer pour la décoration de la ville et pour empêcher l'abus de plusieurs marchands et artisans qui alt<ichenl à leurs maisons des enseignes d'une dépense el
I Tomi' m, p. 62.Ô.
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