MODELE DES ENSEIGNES
Les Marchands & les Arcifans doivent s'y conlotmer les Rcglcnicns de Police.
d'une j;raii(li'iir excessives, el qui, pourlus mieux exposer en vue, les aviincenl, ù l'envy l'un de l'autre, quelquefois jusques au-delà du ruisseau et du milieu des rues, en telle sorte, qu'avec les autres incommodités que le public en reçoit, ce désordre empêche que plusieurs quartiers ne soient assez éclairez pendant les nuits d'Iiyver ». Le lieutenant de piilice fixait en même temps la dimension des enseignes, dont la penture devait iMre pour tontes d'un modèle uniforme, présentant seulement trois pieds de saillie sur la rue. Un dessin, ([ui a été reproduit par le commis- ^aire Delamarre ', était joint à l'ordonnance. Le serrurier du roi, Nicolas de Lobel, s'engageait à exécuter la penture moyennant dixsept livres, et à reprendre les anciennes au poids du fer.
à raison de quinze deniers la livre. Le tableau suspendu ù la penture ne devait pas dépasser dix-huit pouces ' de large sur deux pieds ' de haut, et sa partie inférieure s'élevait à treize pieds et demi * audessus du pavé.
Le docteur Lister, qui visita Paris en 1698, célèbre l'obéissance des commerçants établis dans cette ville. Sur une seule injonction de la police parlant au nom du roi, ils ont aussitôt, dit-il, diminué les proportions de leurs enseignes, « en sorte quelles n'obstruent plus les rues et font aussi peu de figure que s'il n'y en avait point ' >^. Ou je me trompe fort, ou Lister exagère un peu. Ce qui est sûr, c'est que ces Parisiens si dociles s'étaient seulement plies à une nécessité que leur apparente soumission regardait bien comme momentanée. Dès le milieu du siècle suivant, le public recommençait à se plaindre de l'obscurité qu'entretenaient les énormes enseignes qui se balançjiientau devant des boutiques. Elles avaient repris leurs colossales dimensions : des bas, des clefs, des paquets de chandelles, des pains de sucre gros comme des tonneaux occupaient parfois toute la largeur de la rue, et. les jours de vent, se choquaient entre elles, grinçaient et criaient sur leurs lourdes potences de fer.
La police intervint de nouveau. Le 25 mai
1 Traité de la police, t. IV, p. 337.
' Environ 49 ccntim.
^ Environ 06 rmlim.
' Environ 4 motros 35 coolini.
5 Yoyitge à Paris, p. 30.
fulv
I7(il, une oiiliinnanci', rendue celle fois à la requête des ijix-corps, fut uotitiée aux connnerçants. Leurs enseignes devaient être placées à quinze pieds au moins de hauteur ; on leur accordait une saillie de trois pieds ' dans les grandes rues ' et de deux pieds et demi ' dans les petites. L'enseigne entière, compris « la potence de fer, l'écriture et les étalages y pendans », ne (levait pas dépasser deux pieds de largeur sur trois pieds * de hauteur ''.
Quelques liouti([uiersse soumirenl, mais le plus grand nombre ayant négligé d'obéir, la police prit, le 17 décembre suivant, une mesure plus
radicale. Celle fois, toutes les enseignes saillantes étaient condamnées à disparaître ; on autorisait ex clnsivemcnt les enseignes ap pliquées contre les murs des maisons ou les devantures des boutiques. Les deux premiers articles de l'ordonnance étaient ainsi conçus :
Article 1^'.
Tous parliculiersmarciiands et artisans ou autres généralement quel conques de la ville et fauxbourgs de Paris, ayant sur rue, cul-de-sac, lieux, places ou passages publics, des enseignes en saillie suspendues au bout d'une potence de fer ou autre matière seront tenus, dans le cours du mois de janvier prochain, de retirer les dites enseignes, sauf à eux à les faire appliquer contre les murs et façades de leurs maisons.
Article 2. Toutes enseignes ou tableaux appliqués aux trumeaux, croisées ou autres parties des murs de face sur la voie publique ne pourront avoir plus de quatre pouces d'épaisseur ou de saillie du nu du mur, y compris les bordures, chapitaux, soubassemens, pilastres et tels autres ornemens ou marques distinetives de commerce ou de professions qui seroient joints aiixdits tableaux ou enseignes ^.
Cette sage mesure avait été prise à l'instigation de M. de Sartine, alors lieutenant général de
I Environ 1 mètre.
* Celles qui avaient au moins seize pieds de largeur. ^ Environ 0,80 centim.
* Environ 0.65 sur 1 mètre.
5 Dans Desessarts, Dielionimire de police, t. III, p. 524.
^ Ordontinnre du èitreaii des /înances de la généralité de Paris, 1761, in-4''. — Voy. aussi Barbier, CAruuiçue de la Régence, t. VII, p. 416, iX Desessarts, t. III, p. 5^6.